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Efficacité de l’aide et co-développement (10.02.13) Annie Takarli - Présidente de la plate-forme France EUNOMAD

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Le développement : un processus à hauteur d’homme visant à améliorer « le bien-être de l’ensemble de la population et de tous les individus, sur la base de leur participation active, libre et significative au développement et au partage équitable des bienfaits qui en découlent » - Droit au développement, ONU - 1984

L’inclusion des actions et des initiatives portées par les associations de migrants vers leurs pays d’origine dans les stratégies de développement apporte en terme d’efficacité une dimension que l’on commence à peine à entrevoir. Mais de quoi parle t-on ?
Les associations de migrants sont elles mieux placées que d’autres acteurs pour agir dans leurs pays ? Ne sommes nous pas dans un discours discriminant (même si positif) avec une assignation à développer ?

Peut être faudrait -il poser ces questions autrement et se demander en quoi leur implication et les partenariats qu’ils génèrent sont différents et comment ces différences sont perçues comme valeur ajoutée dans les processus de développement.

Initiatives citoyennes.

La principale caractéristique des OSIM réside dans la prépondérance de l’activité bénévole qui est due principalement au manque de moyens financiers et non à un manque de compétences professionnelles. Ce sont des organisations peu structurées parce qu’elles sont plutôt jeunes (moins de vingt ans) et assez isolées (elles échappent notamment aux dispositifs de cofinancement existants).

Ces associations se fondent souvent autour d’un double objectif :
contribuer à l’intégration des populations immigrées en France et parfois prolonger en France des organisations de base des sociétés civiles du Sud.
Lorsque les conditions le permettent, l’action des OSIM s’appuie sur des dynamiques de solidarité internationale pour amorcer ou renforcer des démarches d’intégration citoyenne en France ou inversement.

Diversité et complexité.

Malgré leur fragilité, les OSIM ont su développer des partenariats avec d’autres acteurs du développement sur leur territoire de vie et d’origine et commencent à pouvoir mobiliser des moyens financiers suffisants (encore beaucoup par de l’autofinancement) pour tisser des liens multiples à travers leurs projets de développement entre les acteurs et les populations de leurs territoires. Ces initiatives sont nombreuses et varient suivant les contextes des territoires concernés. Généralement modestes elles se succèdent année après année et peuvent transformer durablement les conditions de vie des populations. Elles participent et sont souvent à l’origine de coopérations décentralisées, s’inscrivant alors dans une démarche de solidarité citoyenne plus large.

Ces diverses initiatives micro locales semblent difficiles à appréhender plus globalement notamment sur le plan de la cohérence et de la pertinence des actions mises en œuvre et donc de leur poids dans les processus de transformation sociale et économique à l’œuvre dans les sociétés au Sud comme au Nord.

Un réseau pluri-acteurs pour comprendre, rendre lisible et mieux agir.

Le besoin d’analyse et de compréhension de ce qui se joue à travers les actions de co-développement a été à l’origine de la création du réseau européen EUNOMAD qui se présente comme un espace public de dialogue multi-acteurs autour des pratiques reliant la migration, l’intégration/citoyenneté et le développement.

Il rassemble une centaine d’acteurs (associations de migrants, ONG, collectivités locales, instituts de recherche, réseaux d’acteurs…) et a entamé une démarche basée sur la capitalisation et l’analyse des expériences sur une large échelle (plus de 10 pays de UE sont concernés) pour répondre au manque de lisibilité et de reconnaissance des actions des OSIM .

L’objectif premier est de mettre en avant la richesse des expériences :
leurs champs d’action et leurs évolutions, leurs aspects qualitatifs, leurs particularités, leur capacité à être reprises et diffusées.

Dialogue pluri-acteurs et co-apprentissage.

À partir des échanges et des analyses plus générales portant sur les politiques et les pratiques dans les pays d’origine et d’accueil, les membres du réseau avancent dans leur compréhension de la relation
migration et développement. Ils peuvent ainsi formuler des propositions
en direction des pouvoirs publics nationaux et européens pour mieux accompagner les OSIM et leurs partenaires dans leurs actions de co-développement et accroître ainsi la qualité et l’efficacité de leurs actions.

Plus globalement, il ressort de ces travaux la mise en perspective d’un mode de coopération spécifique qui s’appuie sur la richesse générée par les mobilités humaines et met en relief les dynamiques multiples à l’œuvre entre les territoires. Ce n’est pas un phénomène anodin car cet aspect transnational nous amène notamment à penser le développement et les solidarités internationales à la fois « ici et là-bas » et fait évoluer progressivement les relations Nord-Sud dans les processus de développement.


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