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Coordination et priorisation au service de l’impact de l’APD (08/02/2013) - par Julia CLAVEL et Bruno FERNANDES de Youth Diplomacy

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Si prendre en compte la problématique du développement lors de l’élaboration de nos politiques publiques apparaît incontournable, la multiplication subséquente des objectifs poursuivis et des moyens développés pose la question de leur cohérence. Loin d’être uniforme, une telle réflexion oblige à la fois à s’intéresser à l’adéquation de ces politiques entre elles, à leur conformité par rapport aux autres politiques menées, ainsi qu’à leur pertinence dans leur relation aux autres États. L’APD se révèle ainsi être un objet multidimensionnel, dont il convient de prioriser les actions par mesure d’efficience.

1. Relancer la coordination interministérielle au plus haut sommet de
l’Etat (CICID)

Principalement répartie entre le Ministère de l’Economie et des Finances et celui des Affaires étrangères, seul un tiers de l’APD transite par l’intermédiaire de l’AFD. Or, la multiplication des acteurs impliquant nécessairement une diversification des objectifs, ces derniers s’avèrent parfois difficiles à concilier, diminuant d’autant la cohérence des politiques publiques, et par là même leur crédibilité.

Si n’accorder la tutelle qu’à un seul des deux ministères semble difficilement réalisable, la mise en place d’un coordinateur, doublée à une plus grande régularité des réunions interministérielles, constituerait une première avancée vers un renforcement de nos initiatives.

2. Impliquer tous les acteurs dans une démarche adaptée

En observant le fonctionnement de l’AFD, et plus particulièrement son mode d’action, un certain désordre semble régner. Si l’APD est souvent le résultat d’une collaboration avec les administrations des pays concernés, le rôle des ONG est loin d’être mineure, notamment dans la répartition des aides sur le terrain. Pourtant, les critères sur lesquelles ces dernières sont choisies demeurent opaques.

Ainsi, il apparaît pertinent de développer un véritable processus de sélection et de pilotage adapté à la dimension des projets concernés.
Ceux de grande ampleur, tels que les transferts de technologie, seraient alors conçus dans une approche centralisée, alors que les projets plus spécifiques le seraient de façon décentralisée.
Pour plus de transparence et d’efficacité, la détermination de la démarche la plus pertinente se ferait par l’utilisation de critères standardisés, définis en amont. Dans ce cadre, une place importante doit être accordée aux partenariats avec le secteur privé, dont le développement est également indispensable.

3. Hiérarchiser les objectifs pour mener des politiques plus efficientes

La problématique de la répartition de l’effort d’aide au développement est tout aussi centrale. S’il apparaît nécessaire de fonctionner par objectifs, leur trop grand nombre et l’absence de hiérarchisation se révèlent coûteux pour le budget de l’État, sans véritable certitude quant aux effets générés.

Pour pallier ces lacunes, il serait pertinent de réaliser des études d’impact régulières en relation avec les ministères de l’Économie et des Affaires étrangères. Questionnant à la fois les effets directs et indirects sur le développement des politiques publiques menées, ces analyses doivent également être réalisées au prisme d’une approche équilibrée, liant court et long terme. Cette vision jumelée permet de rajuster les initiatives entreprises avec réactivité, tout en s’autorisant plus largement une réflexion sur leur mise en cohérence avec des objectifs globaux.

4. Intégrer les transferts de technologie dans nos initiatives en faveur du développement

Alors que les autorités nationales ont indiqué leur intention de passer d’une politique d’aide à une politique de coopération, la recherche de rayonnement de la France doit faire partie intégrante des discussions en faveur du développement. Dans cette optique, il convient de privilégier les transferts de technologie, notamment dans le secteur agricole.

En plus de donner aux entreprises nationales la possibilité d’exporter leur savoir-faire et d’élargir leurs débouchés, subventionner de telles mesures se révèle souvent moins coûteux qu’une aide directe pour des retombées plus globalisantes. En stimulant la productivité, ces transferts sont sources de croissance et d’emploi pour les pays cibles et participent à l’augmentation du bien-être des populations. Partant, ils contribuent à l’élaboration d’un cercle vertueux nécessaire au développement des États bénéficiaires par une plus large implication des acteurs locaux.

Pour renforcer l’adhésion autour de ces projets et en faciliter la mise en œuvre, l’organisation régulière de rencontres entre les différentes parties prenantes au Nord comme au Sud s’avère indispensable. Seule la tenue de débats au sein d’espaces de confrontation spécifiques permettra de contourner les antagonismes et ainsi de concilier et d’articuler au mieux les intérêts de chacun.


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