Accès rapide :

Vers une nouvelle politique française pour les forets tropicales (10.02.13) Alexandra Pardal - Global Witness

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

1. Vers une nouvelle politique française pour les forêts tropicales.

Le temps est venu pour un changement fondamental du modèle d’intervention français pour les forêts tropicales dans le Bassin du Congo. Global Witness appelle à une révision des politiques de développement héritées des administrations précédentes, en faveur d’une approche ascendante focalisée sur le développement des communautés et la durabilité écologique. La France devrait également militer pour une utilisation des mécanismes financiers comme REDD à la création d’alternatives au modèle concessionnaire.

Un nouveau modèle d’intervention devrait notamment inclure les éléments suivants :

1. Une reconnaissance des droits fonciers traditionnels des communautés
forestières, aujourd’hui vulnérable à l’allocation aveugle de leurs territoires traditionnels à des concessionnaires prédateurs.

L’expérience de la décentralisation au Cameroun, notamment par la création de forêts communales, a ouvert cette voie bien que d’importantes marges de progression subsistent. Cette direction devrait être préférée à la centralisation des processus décisionnels et de la fiscalité, afin de permettre une meilleure représentation des intérêts directs des populations locales et une meilleure redistribution des revenus générés par l’exploitation.

2. La multiplicité des fonctions écologiques et sociale des forêts
devrait être reconnue et incluse dans les évaluations ex-ante de l’AFD.
Les forêts du Bassin du Congo ne devraient plus être considérées comme des réservoirs de bois à forte valeur pour l’exportation, ni gérées selon les principes de la foresterie occidentale. Elles sont part intégrantes de socio-écosystèmes complexes dont la compréhension est indispensable pour éviter de commettre d’irréparables erreurs dans la définition de projets de développement.

3. La création locale de valeur ajoutée et la diversité des marchés
locaux de produits forestiers ligneux et non ligneux devraient être préférées aux industries tournées vers l’export. Les économies locales portent plus d’espoir pour le développement et l’amélioration des conditions de vie des populations. La gouvernance et l’accès au financement de de ces marchés devraient être soutenus pour en favoriser le développement économique tout en limitant leurs impacts sur les forêts.

2 Vers une action européenne contre la déforestation et la dégradation des forêts pour une atteinte des objectifs climatiques

En 2008, les ministres de l’Union Européenne en charge de l’Environnement fixaient un objectif de réduction de la déforestation tropicale d’au moins 50% d’ici 2020 et de 100% d’ici 2030. Au regard des objectifs globaux concernant le changement climatique, il est crucial que ces engagements soient tenus : on estime à 15% la part des émissions de carbone directement imputables à la déforestation. A la place de la réduction attendue, on assiste aujourd’hui à un empirement de la situation, notamment du fait de la consommation européenne des produits de la dégradation et de la destruction des forêts.

La France, du fait de son poids dans le marché européen, et en tant qu’État membre, devrait plaider pour une action coordonnée et ciblée destinée à affranchir notre consommation de ces produits. La France devrait appeler à la préparation et à la mise en œuvre d’un plan d’action pour une réduction significative des impacts de la consommation européenne sur la déforestation et la dégradation des forêts au niveau mondial. Un tel plan d’action devrait inclure des objectifs et politiques sectoriels, notamment des mesures assurant la transparence et la traçabilité des chaînes d’approvisionnement en direction de l’Europe.


PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014