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Les collectivités territoriales présentes dans la coopération santé (08/02/2013) - par Astrid FREY pour Cités Unies France, avec Jean-Michel LE ROUX et Didier FRANCOIS

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La coopération décentralisée dans le domaine de la santé est ancienne. De la construction de bâtiment, elle a considérablement évoluée : sur la zone d’Afrique subsaharienne et Madagascar (étude 2010), 30% de ses actions portent sur la formation du personnel médical et le renforcement des capacités.

C’est un domaine où les collectivités font rarement seules. Elles mobilisent les institutions et acteurs de leur territoire, que ce soient les instituts de formation en soins infirmiers, les associations spécialisées, les hôpitaux, ou encore les services départements d’Incendie et de secours.

Porteur d’une légitimité publique, l’action des collectivités en la matière contribue aussi au rayonnement de la France à l’étranger.
Cités Unies France s’efforce de capitaliser les expériences des collectivités territoriales dans ce champ (ex : étude 2012, ACTED-CUF « coopération décentralisée et santé en Afrique de Ouest et à Madagascar »), d’échanger les pratiques pour amener une plus grande concertation et cohérence entre actions, et de porter le message de l’ancrage des actions dans les politiques nationales.

Dans un monde de plus en plus complexe où richesse et pauvreté se côtoient dans tous les pays, la coopération décentralisée en matière de santé permet d’expérimenter la fameuse réciprocité, recherchée par tous, entre praticiens. Elle permet aussi de se poser les questions d’une véritable co-opération sur les questions d’accès aux soins pour tous, alors que cet accès est aujourd’hui remis en cause pour les franges les plus vulnérables des populations dans tous les pays du monde, en France comme dans les PMA, et alors que les plus nantis jouissent de services de soins des plus modernes et sophistiqués, gérés le plus souvent par des structures privées et donc en dehors du système public.

Cette coopération permet également de se poser la question du véritable développement sur le long terme des pays qui sont encore trop souvent les récipiendaires et non les partenaires d’une coopération sanitaire. La question de la capacité des Etats partenaires à proposer une cohérence des actions qui se déroulent sur leur territoire est capitale. Il est du devoir des pays comme la France de se greffer sur les politiques nationales de santé, de respecter le rythme des programmations et des priorités nationales et, finalement, de mettre l’accent sur le renforcement des capacités.

A cet égard, le programme concerté santé Mali, soutenu entre 2000 et
2009 par la France, était exemplaire. En mettant en place un fonds dédié qui permettait aux collectivités territoriales et ONG, françaises et maliennes, en partenariat, de développer des projets en cohérence avec les priorités du plan sectoriel national, ce programme a permis :

  • d’améliorer la connaissance des pratiques réciproques entre
    collectivités et ONG ;

- d’améliorer la connaissance des pratiques non gouvernementales par les autorités maliennes et d’avoir la main pour que les actions ainsi financées soient conformes à leur politique nationale ;

- d’entamer un réel dialogue entre pouvoirs publics et organismes non gouvernementaux sur les priorités des actions à soutenir, au niveau des centres de santé, mais aussi au-delà (principe de participation) ;

- d’asseoir progressivement les communes maliennes dans leur rôle d’accompagnement, voire de co-gestion, des centres de santé (promotion de la décentralisation).

Il est dommage que ce programme, au lieu d’essaimer ailleurs, ait été conduit à sa fin, pour des raisons de programmes « dont on ne voyait pas la fin ».

In fine, le débat sur la cohérence des politiques en matière ou avec la santé devrait poser la question de l’influence française en termes de pérennité et donc de crédibilité de son action : combien de fonds mettre à dispositions de programmes verticaux, par rapport à ceux qui visent au renforcement des systèmes de santé dans leur ensemble, et à tous les échelons de la pyramide sanitaire ? La France doit-elle aujourd’hui rééquilibrer son action au profit de nouvelles pathologies largement partagées telles que les maladies cardio-vasculaires, le diabète ? Comment améliorer la qualité des soins, par un personnel médical bien formé, et qui reste en poste ? Quelles solutions durables développées avec les partenaires du Sud ? Faut-il réellement se limiter aux pays francophones dans les appuis de la France ?

Voilà quelques réflexions que nous vous soumettons.


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