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La santé, quels efforts pour accroître la cohérence de notre engagement ? (25/01/2013) - par Antoine PEIGNEY, directeur des relations et des opérations internationales de la Croix-Rouge française

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La formation des personnels infirmiers doit se poursuivre et s’intensifier dans leur pays d’origine. Davantage encore que la formation initiale, portons notre attention sur la mise à niveau de l’existant par une offre de formation continue de qualité. La formation de ces premiers acteurs du soin doit en outre s’accompagner avec leurs autorités sanitaires de la question de leur « protection économique » (salaire, logement, transport) correcte pouvant garantir leur maintien dans les zones sanitaires les plus défavorisées.

Si « nous ne savons pas tout faire », il faut cependant essayer d’en faire le plus possible en recherchant une logique d’action intégrée davantage que verticale. Cette approche intégrée doit être facilitée par le renforcement non seulement des structures de santé et l’apprentissage de spécialités pour les généralistes avec une attention particulière sur les maladies non transmissibles, mais aussi de l’encadrement effectué par les entités administratives concernées de la pyramide sanitaire des ministères de la santé.

Cette approche intégrée doit prévaloir aussi dans notre mode opératoire qu’il soit bilatéral et/ou multilatéral. En nous concentrant dans moins de pays, assurons nous aussi de l’efficience des organisations multilatérales qui bénéficient des contributions françaises dans la résolution des problèmes sanitaires ciblés, en développant les synergies avec notre effort bilatéral dans ces mêmes pays.

Ou agir ? Certainement en continuant de privilégier à la fois les pays à bas indicateur de développement humain et sanitaires qui partagent aussi avec nous la langue française.
Ainsi, nos experts sans être obligés d’être aussi des linguistes distingués, sauront toujours plus facilement malgré leur temps compté, être utiles dans des missions là-bas ou au sein de leur service dans l’accueil de ressources humaines de ces pays. Dans ces pays d’Afrique francophone, sachons aussi faire vivre la francophonie et la coopération sanitaire en soutenant des échanges sud-sud de personnels sanitaires sans les affaiblir.
Cependant, la France existe aussi à l’outre-mer et un deuxième cercle d’attention doit se porter sur les pays périphériques à nos territoires ultramarins, partageant des mêmes risques sanitaires.
Enfin, nous devons dans un troisième cercle faire partie des pays intra européens qui se préoccupent aussi de la situation sanitaire en particuliers sur les pandémies (sida, tuberculose) des pays juste de l’autre côté du « mur de l’Union européenne ».

Nos forces sont nombreuses et bien recensées mais la coopération décentralisée sanitaire doit davantage faire apparaitre sa valeur ajoutée. L’organiser pour répondre à des besoins de synergie ajoute à la nécessité d’une seule agence dédiée à la coordination de la coopération santé. Cette agence saurait sans doute mieux mesurer les capacités des différents acteurs, de l’Etat aux associations en passant par le secteur hospitalier et la recherche.

En effet, en communiquant différemment pour se fonder sur les capacités de chacun, on fonctionnera différemment en investissant sur les acteurs qui ont une légitimité au moment T dans tel pays et sur telle problématique, plutôt que de laisser chacun comme c’est le cas aujourd’hui mener son programme, se débattre souvent seul avec ses difficultés, et construire par hasard des logiques de synergie .


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