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De la verticalité dans la santé et le développement (07/02/2013) - par Alix Zuinghedau au nom de AIDES, Avocats pour la Santé dans le Monde, Sidaction, Solthis ainsi que ACT UP Paris dans le cadre d’un travail coordonné par la Commission Santé de Coordination SUD

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

L’expérience de trente ans de lutte contre le VIH/sida, qui reste une urgence sanitaire mondiale malgré les progrès réalisés vers la réalisation de l’OMD 6, montre que l’approche verticale à la pandémie a eu des effets transversaux en santé et en développement.

Contexte

L’évaluation des Objectifs du Millénaire pour le Développement 13 ans après leur mise en place, et le débat sur le futur cadre post-2015 font émerger des questionnements autour de l’efficacité et de la justice des approches sectorielles du développement et des approches verticales de la santé. Le cas du VIH/sida apporte un éclairage essentiel à ces questions, étant donné la nature profondément transversale tant des effets négatifs de la pandémie, que des effets positifs de la riposte à celle-ci.

Le contexte de la lutte contre le sida a complètement changé, nous savons aujourd’hui comment contrôler et réduire drastiquement l’épidémie du VIH. Il existe également de nouveaux outils pour lutter contre la tuberculose et éviter le développement des formes multi résistantes. En outre, grâce aux nouveaux traitements et aux moustiquaires imprégnées, les décès liés au paludisme notamment chez les enfants de moins de 5 ans ont été réduit drastiquement. Si, dans les pays riches, les personnes séropositives au VIH dépistées et traitées à temps ont aujourd’hui une espérance de vie proche de celle du reste de la population, il n’en va pas de même dans les pays à moyen ou faible revenu, où se concentrent 97% des nouvelles infections. Or, nous savons qu’en dépistant et en traitant les personnes infectées par le VIH, il est possible de réduire presque complètement les transmissions du virus, et donc d’entrevoir à terme une baisse durable de la pandémie.

Cette découverte s’est vue décerner le titre d’« Avancée de l’Année 2011 » par la prestigieuse revue Science. De même, le Lancet a montré en juin 2011 que les investissements dans la lutte contre le sida rapportent davantage économiquement que ce qu’ils coûtent budgétairement. Ces résultats qui nous montrent la voie pour faire enfin reculer durablement la pandémie plaident plus que jamais pour une accélération de l’accès universel aux traitements.

Recommandations

Nous recommandons au gouvernement français de renforcer fortement son plaidoyer international en faveur des trois pandémies (VIH/sida, tuberculose, paludisme) comme objectif du développement dans l’agenda post-2015, notamment :

o Eliminer la propagation du VIH/sida, notamment  :

§ La transmission sexuelle du VIH – y compris parmi les populations
clés, telles que les jeunes, les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes, les travailleur-se-s du sexe et les usager-e-s de drogues

§ La transmission mère-enfant du VIH

o Assurer un traitement à tous ceux qui en ont besoin, notamment  :

§ Eliminer les décès liés à la tuberculose des personnes vivant avec
le VIH

§ Garantir l’accès universel aux traitements contre le VIH

Nous recommandons au gouvernement français de financer la lutte contre le VIH/sida, les pandémies, la santé et le développement à la hauteur des besoins :

o Le VIH/sida, les pandémies, la santé et le développement doivent
bénéficier d’un financement ambitieux programmé sur le long terme, s’appuyant à la fois sur la mobilisation des ressources locales, l’aide publique au développement et les sources innovantes de financement.

o Les financements innovants, dont la Taxe sur les Transactions
Financières mise en place en France et en cours de mise en place au niveau européen, doivent rester des ressources strictement additionnelles dont la majorité des recettes doit aller à la solidarité internationale et à la préservation des biens publics mondiaux.

Nous recommandons au gouvernement français d’agir fortement pour enlever les freins juridiques et sociaux qui nourrissent l’épidémie :

o Eliminer les discriminations liées au VIH/sida, notamment  :

§ Eliminer les restrictions à l’entrée, au séjour et à la
résidence liées au VIH

§ Eliminer la pénalisation de la transmission du VIH

§ Garantir un accès égal à l’éducation aux enfants rendus orphelins
ou vulnérables par le sida

§ Garantir l’accès effectif aux droits des personnes séropositives

o Garantir un environnement législatif favorable à la prévention et à
la prise en charge des populations les plus vulnérables et stigmatisées

§ Eliminer la pénalisation des rapports sexuels entre personnes du même sexe

§ Eliminer la pénalisation de l’usage de drogues

§ Eliminer la pénalisation du travail sexuel

o Accroître l’implication des patients et des populations clefs

§ Impliquer les acteurs communautaires dans tous les dispositifs
thérapeutiques ou de prévention

§ Mettre les malades au cœur des dispositifs afin de pouvoir compter sur leur responsabilisation accrue

§ Intégrer davantage les acteurs communautaires dans la gouvernance des financeurs nationaux et internationaux


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