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Contribution du conseil français des investisseurs en Afrique (CIAN) à la question de la RSE (24/01/2013) par Anthony BOUTHELIER, président délégué du CIAN

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

1. La RSE est une pratique des entreprises françaises qui se généralise en Afrique. Certaines expériences conduites depuis longtemps par des entreprises françaises sont significatives d’un comportement soucieux de la dimension sociale et environnementale de leurs activités.
Nombre d’entre-elles ont dans le passé adopté des démarches empiriques, sans référence à un modèle particulier, pour répondre à des besoins spécifiques ou à des contraintes rencontrées. Depuis les années 2000, progressivement les entreprises françaises innovantes l’ont intégré dans leur stratégie, comme
une nécessité à la conduite de leurs affaires.

2. L’engagement en faveur de la RSE s’inscrit aussi dans un cadre de plus en plus normatif. Les approches ont évolué dans des cadres de plus en plus normatifs, le renforcement de dispositifs est une tendance de fond. De leur côté, les donneurs d’ordre (SFI, BAD, AfD, Proparco) demandent à ce que les entreprises soumissionnaires possèdent des qualifications RSE.

3. Les finalités recherchées par les entreprises sont diverses. Les bénéfices attendus sont de conforter la réputation de l’entreprise auprès des autorités locales comme auprès des collectivités, faire la différence dans une situation fortement concurrentielle, ou encore renforcer l’adhésion du personnel aux valeurs de l’entreprise. Une démarche structurée se traduit toujours par une amélioration de la productivité (baisse de l’absentéisme, réduction des coûts énergétiques, amélioration de la qualité des produits ou du service client…).

4. Les conditions de travail et de vie des employés sont un enjeu décisif. La RSE s’inscrit en Afrique aussi concernant les normes du travail : respect de la liberté d’association, élimination du travail forcé ou obligatoire, abolition du travail des enfants, élimination des discriminations. La politique salariale, l’amélioration des conditions de travail, la diminution des accidents, la baisse de la pénibilité sont aussi des préoccupations qui conduisent à des innovations intéressantes. Certaines entreprises sont parvenues à installer un dialogue social dans leurs filiales, même dans les pays à régime autoritaire.

5. La question environnementale est devenue un élément essentiel du “permis d’opérer”. Les risques environnementaux (déforestation, épuisement des sols, menaces sur la biodiversité, pollution de l’eau et de l’air, question foncière) font le plus souvent l’objet d’un traitement particulier.

6. Le domaine des Droits de l’Homme est aussi important. Il est compris que des entorses à la liberté syndicale, des menaces à l’encontre des concurrents et une indifférence envers les préoccupations des communautés locales peuvent représenter de graves risques. Des situations relevant du travail forcé ou du travail des enfants, des discriminations d’usage locales, peuvent se cacher en amont ou en aval. L’engagement de plusieurs entreprises passe par des audits spécifiques et l’appui d’ONG professionnelles.

7. L’entreprise est parfois amenée à prendre à sa charge des services publics. Dans certaines situations, les entreprises prennent en charge des services ne faisant pas partie de leur cœur de métier. Elles doivent satisfaire des besoins qui ne le sont pas localement par les pouvoirs publics : logement, scolarisation, accès à la santé et eau potable… Ainsi, l’entreprise peut se trouver en position de substitut par rapport à l’Etat défaillant dans ses missions de service public.

8. S’assurer de l’acceptabilité sociale est une nécessité.
L’entreprise doit démontrer la valeur économique et sociale qu’elle apporte. L’exercice est par nature difficile et il devient sujet à controverses quand certaines ONG de plaidoyer s’en tiennent à un positionnement systématiquement critique. La gestion des controverses est toujours difficile surtout quand le dialogue est compromis par l’usage d’anathèmes. La majorité des entreprises se retrouve cependant pour admettre avoir tiré des critiques des enseignements utiles, tant sur la communication externe que sur la mise en œuvre de leurs actions.

9. Les responsabilités amont-aval sont difficiles à gérer. Comment faire passer les principes de la RSE sur toute la filière, en amont et en aval ?


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