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COHERENCE I – Ethique et volonté politique - par le Groupe Coopération et Développement EELV (10.02.13)

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Ethique et volonté politique

La lutte contre la pauvreté et le développement se jouent depuis longtemps, hors de l’Aide publique au développement, dans les politiques publiques internationales, agricoles, commerciales et financières de dérégulation adoptées depuis 30 ans. Elles ont renforcé les échanges inégaux et ont mis en concurrence jusqu’à l’absurde les économies locales sur les marchés mondiaux, tout en se satisfaisant d’une opacité politique, financière et militaire favorable aux rapports de force.

L’évasion fiscale des pays du sud, issue à 30% de la criminalité et à 4% de la corruption, atteint 10 fois une APD qui culmine à 120 M $…
laminée, dans les pays où elle est le plus nécessaire, par l’ajustement « structurel » de puissances publiques rendues encore plus faibles, vulnérables et insolvables et par la faible ambition des bailleurs de fonds internationaux de l’APD qui confine aujourd’hui au renoncement.

Restent le double discours et le seul traitement, utilitariste, des risques mondialisés : sanitaires, bio-climatiques et sécuritaires ou, sur un registre compassionnel, des épicentres médiatisés des crises : famines et guerres. La fiscalisation au sud de ces flux – la valeur là où elle est produite- ou le doublement de l’APD actuelle –redistribution juste et responsable-, en la passant de 0,3% à 0,7% du PIB de l’OCDE, satisferaient pourtant déjà les OMD, les besoins sociaux des plus pauvres.

Cela est particulièrement criant dans les PMA, abandonnés de « l’Aide » dont les économies rurales, leur bases productive, et les paysanneries du sud, ont été et sont détruites inlassablement par la concurrence absurde des agricultures chimisées et mécanisées –et subventionnées- 100 fois + productives, et des spécialisations tropicales saturées. Ils sont aujourd’hui appauvris, dépendants alimentaires, liés à des marchés agricoles spéculatifs et volatiles, exposés au CC, et leurs capitaux restants, les terres et leurs mines, sont livrés à la cupidité extérieure comme intérieure, à la source de conflits meurtriers.

D’autres PED, plus puissants, ont su se protéger des effets les plus pervers de la dérégulation, puisant au mieux dans la mondialisation, sans pour autant éviter une croissance alarmante des inégalités et du chômage (et de la pollution) qui ne se résoudront que par -redistribution, emploi- une demande et un développement endogènes.

Derrière le concept aseptisé de nos contradictions mondiales, la CPD, la « cohérence des politiques avec le développement », et son premier maigre postulat, « ne pas nuire », se cachent, malgré les richesses et capacités mondiales, la misère rurale (3 Mds) et son pendant, la misère urbaine (1Md), la faim d’1 Md d’entre eux, aux ¾ paysans, en majorité des femmes, et une exclusion croissante au nord, confronté finalement au moins-disant mondial.. Et une agression globale de l’environnement. L’on doit y voir un échec politique et éthique majeur. Un paradoxe technique absurde qui condamne la moitié agricole et rurale de l’humanité à la sous-activité (sous-production..sous-consommation..demande intérieure faible.. et surexploitation des ressources) et donc, recherchant une vie digne, à l’exode rural, au chômage urbain, aux migrations. Et met en panne l’ensemble du système.

Incohérence première et finale : Richesse et croissance mondiale n’élimine(ro)nt pas la misère, ni la guerre, ni le pillage biologique.
Mais la volonté politique, les pouvoirs publics, la citoyenneté de chacun-e, si. L’activité, l’emploi, agricole et urbain, avec l’empowerment de chacun-e, le partage et la redistribution.

Les pics de l’iceberg Incohérence sont connus, ostensibles… mais irrésolus : Produits laitiers importés au sud, bœufs, poulets, oignons, mais aussi riz, céréales et aide alimentaire, pêche industrielle, extractions minières sauvages…contre productions locales.

Les certitudes : Le soja de notre bétail, nos agrocarburants, les besoins et gaspillages énergétiques et alimentaires du tiers de l’humanité, ont pour corollaires : déforestation tropicale, chutes de biodiversité, exploitations minières fossiles et naturelles prédatrices et polluantes, accaparement foncier et insécurité alimentaire, conflits et sous-développement. Les OGM et les NT(IC) n’y feront rien.

Notre courte vue « explique » aussi la réduction de l’APD pour les PMA (mais non pour les Emergents)- finances publiques et balance commerciale pour seule boussole-, quand les populations les plus pauvres souffrent le plus de la crise mondiale.

Nous sommes las des réponses superficielles du G8 : des systèmes d’alerte agricoles, des capacités de stockage alimentaire mondiales, des « gestions de crises » alimentaires, financières, sécuritaires, ou de « post-conflit », « l’efficacité » de l’aide plutôt que le volume etc.

Pour les écologistes, pour la société civile qui s’exprime, sont en cause les modes de production (décence, durabilité), de consommation (accès, sobriété), de régulation (protection, partage de la valeur, redistribution) mondiaux, et finalement de considération humaine, d’un système en roue libre. La transition écologique, solidaire, devient inévitable, praticable et souhaitable, sans être réductible au seul « développement » des pays du sud. Pour ce faire, la cohérence des politiques publiques doit être trouvée dans le souci transversal des droits humains, à l’articulation progressive et convergente des 4 dimensions du développement durable et à son service.


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