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Cohérence des politiques : les APE (08/02/2013) - par Sophie GAUDEUL secrétaire confédérale à la CFDT

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Pour la CFDT, il vaut mieux un cadre régulé au niveau mondial, y compris dans l’OMC, que le libéralisme sauvage en termes commerciaux. Dans cette logique, la CFDT tient à ce que l’agriculture reste dans l’OMC et que des accords bilatéraux de type APE soient maintenus en parallèle du système OMC. Mais la question est de savoir que peuvent exporter les pays moins avancés vers l’UE.

Il n’y a pas que la politique commerciale qui soit favorable au développement des PMA. L’approche européenne semble trop centrée sur des accords privilégiés d’accès au marché européen mais se pose la question de l’accompagnement de ces pays pour développer une offre exportable vers l’UE (que ce soit en termes de respect de la réglementation sanitaire ou autre). Cette offre exportable ne doit pas reposer sur des produits bruts ou des matières premières. L’enjeu est de leur permettre de produire des produits transformés localement puis exportés.

Il faut aussi penser comme nous l’avons déjà dit lors de la 1ere journée du GT 3 des Assises, à soutenir l’autonomie alimentaire de ces pays (comme l’a montré le débat de la 1e reunion) et reconnaitre leur souveraineté alimentaire.

Il y a plusieurs leviers de rééquilibrage qui peuvent être utilisés,
tels que :

• les accords de coopération,

• les appuis en Recherche et Développement,

• les transferts de technologies pour le développement d’une agriculture vivrière diversifiée, dont le conseil agronomique et agroécologique pour améliorer les rendements productifs tout en respectant l’environnement et les méthodes culturales locales ;

• le soutien à la diffusion de standards de production respectueux à la fois des travailleurs et de l’environnement

• Les Appuis au commerce équitable (préfinancement des récoltes) qui doit être encouragé

• Les transferts de technologies d’adaptation au changement climatique et d’accès à l’énergie renouvelable

• Les Soutiens aux infrastructures dont celles de stockage alimentaire (limiter les pertes de récoltes)

• l’aide au développement en matière de biodiversité afin de soutenir le développement d’initiatives régionales pour la préservation des espèces et des espaces naturels.

De plus, les stocks de sécurité alimentaire doivent être réservés aux situations d’urgence et être fondés sur des aliments à valeur nutritionnelle et non sur surplus non utilisés en Europe.

Concernant la diffusion de standards sociaux et environnementaux dans les règles commerciales et les accords de partenariats économiques, nous considérons que le coût de l’intégration de telles normes sociales et environnementales est très inférieur aux coûts socialisés résultant de l’absence de ces normes ; coûts qui pèsent sur les régimes de protection sociale ou en leur absence, sur la santé humaine et l’espérance de vie. Enfin, cette demande largement partagée avec les associations de développement et les associations environnementales est la traduction d’une demande sociale portée par les sociétés civiles.

Dans une optique d’exemplarité, la France pourrait donner un signe dans ce domaine en ratifiant la convention 184 de l’OIT sur l’amélioration des conditions de travail en agriculture, puis en incitant ses partenaires à la ratifier. Cela renforcerait notre crédibilité à l’international et favoriserait l’amélioration des conditions de travail en agriculture dans de nombreux pays.


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