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Cohérence des politiques agricoles (08/02/2013) - par Sophie GAUDEUL secrétaire confédérale à la CFDT

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Sur la cohérence en général, la CFDT a posé le lien entre cohérence et développement durable, en demandant une analyse des conséquences environnementales, sociales et économiques des politiques publiques conduites en France et à l’étranger. Elle a aussi soutenu le rôle de la société civile des pays d’accueil.

Face à la crise environnementale, le débat quitte vite le terrain du développement pour faire le procès historique de la Politique Agricole Commune et des professions. Cela révèle le besoin de rechercher des équilibres par le dialogue pour préparer et accompagner des transitions.

L’Observatoire National de la Biodiversité rassemble des indicateurs et des informations scientifiques qui attestent de la réalité des enjeux sur la biodiversité. Il est possible de trouver des compromis par le dialogue et c’est plus acceptable que le déni sur ce sujet.

De longue date, la CFDT porte des positions concernant la voie vers une agriculture durable exprimées notamment dans le cadre du Grenelle de l’environnement en 2007, de sa participation à la consultation européenne 2010 et à la révision de la Stratégie Nationale pour la Biodiversité en 2011.

Le caractère particulier de l’alimentation : la sécurité alimentaire représente un bien public Si la CFDT demande une régulation économique, c’est qu’il y a une justification supplémentaire pour le secteur agricole. La question de "souveraineté alimentaire" est cruciale pour les Etats. Il y a des tensions dues à des problèmes liés à l’alimentation, à la faim au niveau mondial, mais aussi à des tensions sur la ressource. Alors que les populations sont en croissance, la terre disponible est quant à elle non extensible à l’infini. Il y a aussi des enjeux de santé publique comme la qualité sanitaire des aliments et leur qualité nutritionnelle.

L’ensemble de ces facteurs justifie à nos yeux de considérer la sécurité alimentaire comme un bien public et impose donc des mesures spécifiques de régulation et d’encadrement des productions agricoles comme de la transformation.

Rappel de quelques positions clés :

1/achever le cycle de Doha : cela passe notamment par la reconnaissance de la souveraineté alimentaire des PMA et la suppression des subventions de toute nature aux exportations ;

2/ supprimer les subventions aux agrocarburants de première génération menaçant la sécurité alimentaire ;

3/ avancer sur le pillier social de l’agriculture européenne en dotant la Politique Agricole Commune (PAC) d’un volet social qui est à ce jour inexistant, alors même qu’il est discuté depuis 2003.

Ex : par des études d’impact des politiques sur l’emploi, par un niveau d’aide corrélé à l’intensité en emplois des exploitations agricoles, une conditionnalité des aides en fonction de l’application de directives en matière de santé et sécurité du travail.

Des demandes anciennes donc et concernant la réforme en cours de la PAC, la CFDT a le regret de constater que sur le volet social, le compte n’y est pas.

La réalité d’un marché du travail international reste minorée. Or, on ne peut ignorer l’interdépendance des marchés du travail nationaux. A cet égard, le récent colloque d’octobre 2012 au CESE consacré à l’évolution du marché international du travail et l’impact des exclusions paysannes a permis de souligner l’importance de la cohérence des politiques et la nécessité d’endiguer les exodes ruraux dans les pays du Sud qui s’accompagnent d’une montée du travail indécent.

Renforcer l’aide au développement peut y contribuer.

La lutte contre les paradis fiscaux aussi !


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