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Cohérence des donateurs (07/02/2013) - par Alix Zuinghedau au nom de AIDES, Avocats pour la Santé dans le Monde, Oxfam France, Sidaction, Solthis ainsi que Coalition PLUS dans le cadre d’un travail coordonné par la Commission Santé de Coordination SUD

Les textes publiés dans le cadre des contributions n'engagent que leurs auteurs

Dans le contexte des Plans d’Ajustements Structurels, à la fin des années 70, le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale ont commencé à promouvoir une approche de prêts destinée aux pays très endettés.

C’est ainsi que sont apparus les Plans d’Ajustement Structurels (PAS) mis en place par ces deux institutions. L’idée étant de lancer une série de réformes économiques et « d’ajustements à la croissance » en échanges de prêts aux pays touchés par de grandes difficultés financières. Pour obtenir ces prêts, les pays en difficultés devaient mettre en place une séries de réformes structurelles (libéralisation ; privatisation des services publiques ; dévaluation etc.) pour relancer leur croissance. La réalité a été toute autre : les prêts ont été accordés, mais la croissance n’a pas été au rendez-vous.

Les PAS ont poussé les pays endettés à mettre en place des plans de rigueur. Ces mesures ont fait la part belle aux critères financiers au détriment des critères sociaux avec pour conséquences une aggravation rapide des conditions de vie des plus pauvres et un creusement des inégalités. Les dégâts sociaux et notamment en matière de santé, causés par ces cures d’austérité, induites par les PAS, ont été recensé dans un rapport publié en 2002 par le réseau SAPRIN (composé d’ONG ; de pays en développement et même de la Banque Mondiale qui s’est retirée du processus à mesure que l’évaluation de ses programmes se révélait négative), "Les racines politiques de la crise économique et de la pauvreté" ("The Policy Roots of Economic Crisis and Poverty"). Parmi les principales conclusions de ce rapport, il en ressort que l’imposition d’un paiement pour les soins de santé a considérablement réduit l’accès des plus pauvres aux soins de santé.

« Wage Bill Ceiling » ou Plafonnement des Salaires. Les politiques d’ajustement structurels du FMI ont également conduit à la mise en place de plafonds budgétaires sur les salaires des soignants. Ces réductions de salaires des soignants privent les pays en développement d’une main d’œuvre qualifiée qui s’exile vers les pays du Nord. Ces décennies de bas salaires, de conditions de travail rudimentaires et de sous financement ont sapé le système de santé publique des pays en développement et ont conduit à une pénurie chronique d’infirmières et de médecins.

Recommandations

Au vue des effets sanitaires et sociaux particulièrement négatifs engendrés par les PAS, le FMI et la Banque Mondiale se sont engagé dans une réforme de leurs programmes. Pour que ces-derniers restent en cohérence avec les objectifs de développement, nous préconisons l’approche suivante :

• Les programmes de prêts des Institutions Financières Internationales destinés aux pays en développement (PED) doivent avoir pour objectif premier la lutte contre la pauvreté et l’accès aux soins pour tous.

• S’assurer du suivi des progrès des objectifs pré-cités par la mise
en place d’indicateurs concrets (exemple : l’OMS estime à 5% la part devant être consacrée aux politiques de santé pour « garantir la santé pour tous »).

• La consultation et la participation de la société civile doit être
systématique

• Les bailleurs de fonds publics devraient coordonner leur aide et leurs programmes de prêts au travers du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSRP) élaboré par le pays bénéficiaire

• Aborder la question de l’accès aux soins de santé comme un « 
investissement » et non plus comme une « dépense » (Ex : selon une étude publiée par The Lancet en 2011 ; un investissement annuel de 15,4 milliards d’euros dans la lutte contre le sida jusqu’en 2020 permettrait d’éviter 12,2 millions de nouvelles infections et 7,4 millions de décès en 5 ans. Cela représente 20 milliards d’euros par an de ressources supplémentaires pour l’ensemble des pays touchés soit un bénéfice net moyen de 5 milliards d’euros par en d’ici 2020.)

• En 2007, le FMI a amorcé une révision de ses principes directeurs
concernant les plafonds de salaires en y apportant davantage de souplesse. Cette révision doit se poursuivre dans un dialogue constant avec les pays bénéficiaires et la société civile et amener à terme à l’abolition de ces plafonds.

• Les considérations « macroéconomiques » ne doivent plus être
l’unique critère de gestion de la masse salariale du secteur public des PED


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