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Table ronde n°4 : "Les défis à moyen terme : quelle place pour les associations humanitaires françaises dans un univers mondialisé et concurrentiel ?"


CNH 2014 - Table ronde 4 par francediplotv

Au tournant des années 70, les ONG humanitaires françaises ont profondément modifié et influencé la conception de l’humanitaire en faisant de l’accès aux populations en danger une priorité absolue et un objectif à atteindre avec ou sans autorisation préalable. Ce mouvement a ensuite été suivi et repris, y compris par certains Etats à travers la "responsabilité de protéger".

Aujourd’hui, les associations humanitaires françaises sont reconnues pour leur capacité opérationnelle directe. Présentes sur tous les terrains de crise, elles sont partenaires de toutes les grandes agences internationales et travaillent le plus souvent dans la durée, se mobilisant et se complétant pour assurer au mieux le lien entre l’urgence, la réhabilitation et le développement.

Si, en France, les associations humanitaires partagent généralement les mêmes principes, elles se distinguent de par leur composition, agissant seules ou au sein de véritables réseaux internationaux, disposant de fonds privés élevés ou majoritairement financées par des fonds institutionnels, ayant des capacités opérationnelles et d’influence très variables.

Néanmoins, toutes ces structures restent d’une taille bien inférieure à celle de leurs homologues anglo-saxonnes et leur modèle économique peut être remis en cause dans le contexte actuel de crise économique et de tendance des bailleurs de fonds à la concentration (de plus gros budgets confiés à un nombre restreint d’organisations).

Par ailleurs, le secteur de l’aide internationale continue de se structurer. Des projets de certification sont ainsi en cours d’élaboration et de discussion, que ce soit au niveau des ONG (avec le projet de certification du SCHR) comme à celui des Etats (discussions pour les lignes directrices IDRL ou au sein du groupe de travail ISO-TC 223). Sous couvert de renforcer qualité et redevabilité des actions, ces initiatives surviennent dans un secteur déjà largement contrôlé et risquent de soumettre les ONG à des charges de gestion supplémentaires, d’augmenter la compétition entre organisations et de soumettre les approches singulières au principe de conformité.
Ces éléments, combinés à la diversification des intervenants et à la montée en puissance des acteurs nationaux, questionnent le devenir des ONG humanitaires françaises. Les enjeux et défis auxquels elles sont confrontées aujourd’hui sont donc de diverses natures : quelle identité et quelle philosophie d’action ? Quelle dépendance vis-à-vis des fonds institutionnels et quel accès aux fonds privés dans un univers de plus en plus concurrentiel ? Quelle structuration pour atteindre une masse critique leur permettant de tenir un rang de premier plan à international ? Quelle acceptation des cadres normatifs, des contrôles et des enjeux de transparence ? Quel exercice des responsabilités et des obligations face aux tentatives d’instrumentalisation et à l’insécurité ?

Comment les ONG françaises, à la fois si semblables et si diverses, sauront-elles relever ces défis dans les années à venir ? Doivent-elles simplement s’adapter à ces évolutions ou, de façon plus radicale, anticiper une révolution complète de leur rôle et redéfinir leur mandat ? Comment les pouvoirs publics français peuvent-ils accompagner les dynamiques de changement en cours et à venir ?


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