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Table ronde n°2 : "Acteurs humanitaires : vers une recomposition du paysage ?"


CNH 2014 - Table ronde 2 par francediplotv

Au cours de la dernière décennie, le champ d’intervention de l’action humanitaire internationale s’est ouvert à de nouveaux acteurs : à côté de l’action des gouvernements, des institutions internationales, des ONG et du mouvement Croix-Rouge, les collectivités territoriales interviennent désormais fréquemment, tout comme les fondations d’entreprise, voire les entreprises elles-mêmes. Pour ces nouveaux acteurs, les enjeux sont multiples : enjeux de communication externe et interne, enjeux de cohésion sociale, projet d’entreprise… Ces enjeux rejoignent plus généralement les préoccupations de nos concitoyens sur les questions dites globales, notamment en lien avec l’environnement.

Le typhon Yolanda aux Philippines a parfaitement illustré cette diversité d’acteurs humanitaires français : ONG, mouvement Croix-Rouge, Etat, collectivités territoriales, agences de l’eau, fondations d’entreprise, entreprises elles-mêmes, etc. Cette prise de conscience « plurielle » s’est également accompagnée d’évolutions des régimes fiscaux qui ont incité les agences publiques à s’ouvrir sur la coopération internationale et les entreprises à créer leur fondation et à investir dans l’humanitaire même si la part des contributions des entreprises ou fondations pour les actions de solidarité internationale est en France largement inférieure à celle enregistrée aux Etats-Unis ou dans d’autres pays européens.

Le paysage évolue également dans les pays concernés : les acteurs nationaux prennent une part croissante dans la réponse aux besoins des populations et sont désormais en capacité d’agir directement, d’accompagner les acteurs internationaux ou encore de prendre leur relai. De plus en plus de pays se sont en outre dotés au fil des années d’une autorité nationale interministérielle de gestion des catastrophes (Inde, Pakistan, Afghanistan, Gambie, Kenya, Philippines, etc.) chargée de préparer, d’organiser et de coordonner les différents acteurs intervenant lors de catastrophes. Certaines organisations régionales développent des autorités de coordination comme l’Union européenne (Centre de Coordination de Réponse d’Urgence) ou l’ASEAN (Centre de Coordination de l’Aide Humanitaire). De nouveaux bailleurs sont aussi apparus : pays émergents comme le Brésil, l’Inde ou l’Indonésie, le Koweït ou le Qatar qui proposent de nouvelles approches. Enfin, les sociétés civiles s’organisent et se structurent, certaines ONG des pays en voie de développement sont devenues des acteurs incontournables de l’aide humanitaire.

Par ailleurs, l’accès aux nouvelles technologies de l’information et aux réseaux sociaux commence à bouleverser les modèles de communication et la verticalité de l’architecture de l’aide en facilitant les interactions avec et par les populations, créant des circuits courts de l’aide en dehors des schémas humanitaires classiques, notamment via les diasporas.

Prenant acte de l’essor de tous ces acteurs, il faut donc tenter de comprendre leurs motivations et modes d’action afin d’être capables d’en cerner la valeur ajoutée, mais aussi d’en préciser les interactions et les synergies. Quel en sera à terme l’impact sur le terrain, sur les besoins des populations, sur les capacités locales ? Dans ce contexte, comment faudra-t-il concevoir demain l’action des pouvoirs publics, au bénéfice de quels acteurs, et avec quels types d’actions pour soutenir davantage les structures locales et la résilience des populations ?


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