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Table ronde n°1 : "Quels types d’interventions dans les situations d’urgence complexe et de fragilité ?"


CNH 2014 - Table ronde 1 par francediplotv

Si les crises sont par nature complexes, certaines situations ont eu besoin d’être qualifiées « d’urgences complexes » par les acteurs impliqués dans le but de souligner l’imbrication d’éléments de natures différentes limitant leur capacité d’action. Qu’il s’agisse d’un conflit interne, rendant très difficile la distinction combattants-civils et présentant des violations systématiques des droits de l’homme qui entraînent des déplacements de populations, ou encore d’une économie déstructurée remplacée progressivement par une économie de guerre et/ou mafieuse, etc., ces situations ont tendance à durer, comme c’est le cas aujourd’hui en Afghanistan, et à s’étendre géographiquement comme en Syrie et à ses frontières, posant aux acteurs des questions cruciales d’efficacité et de pertinence.

Par ailleurs, le concept d’État fragile s’est imposé dans les politiques d’aide au développement, replaçant l’État au centre de l’analyse et donc au cœur de l’agenda politique, sécuritaire et de développement. Cette approche a également permis à la communauté internationale de se pencher à nouveau sur plusieurs Etats laissés-pour-compte de l’aide internationale et d’aborder la question de l’aide au développement sous un nouvel angle. Elle pose en outre de nombreuses questions opérationnelles aux acteurs de l’aide, et en particulier non gouvernementaux, dans leur relation avec les autorités politiques nationales et internationales.

Dans ces situations complexes ou de fragilité, l’intervention militaire a démontré qu’elle ne pouvait apporter une réponse satisfaisante. Le principe de l’approche intégrée ou globale a été adoptée dans de nombreux pays afin de renforcer la cohérence entre les acteurs étatiques et multilatéraux intervenant dans les situations de crise. De son côté, l’Union européenne s’est dotée en décembre 2013 de sa propre approche globale des conflits et des crises qui « consiste à utiliser, d’une manière stratégiquement cohérente, l’ensemble des outils et instruments de l’UE (…) dans des domaines allant de la diplomatie à l’aide humanitaire en passant par la sécurité, la défense, la finance, le commerce et la coopération au développement ».

Qu’en est-il réellement de l’efficacité de ces approches et de leurs effets sur les situations de crise ? Quelles leçons peuvent en être tirées aujourd’hui ? Quels éléments ont un impact sur les populations locales, les acteurs humanitaires, les stratégies militaires et les relations civilo-militaires ? Les principes humanitaires, notamment d’impartialité et de neutralité, peuvent-ils être préservés dans ces contextes de crises complexes et d’Etats fragiles ? Comment les acteurs gouvernementaux et non gouvernementaux peuvent-ils s’accorder sur la cohérence des approches sur le terrain de crises complexes, dans l’intérêt des populations locales ?


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