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Anne Mézin - Les consuls de France au siècle des Lumières (1715-1792)

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Un dictionnaire biographique accompagne de plus en plus souvent les travaux consacrés à des institutions de la France d’Ancien Régime. Il est indispensable aujourd’hui de répertorier, d’identifier, puis d’apprendre à mieux connaître les détenteurs d’une charge ou les responsables d’une mission, si l’on veut savoir au juste en quoi consistaient leurs fonctions dont les ordonnances, édits ou arrêts du Conseil ne donnent quelquefois qu’une idée approximative. Ainsi, l’étude du personnel sert d’abord à mieux définir l’institution.

A une époque où la plus grande part du commerce international se faisait par voie maritime, les consuls de France étaient rattachés au département de la Marine. Cette nouvelle approche de l’institution consulaire des Lumières a été essentiellement mené à partir des dépouillements des fonds consulaires des Archives nationales, des archives du ministère des Affaires étrangères, à Paris et à Nantes, et de la Chambre de commerce de Marseille.

Comparé à tous les autres corps ou compagnies qui ont fait jusqu’ici l’objet de recherches analogues, le personnel consulaire français au XVIIIe siècle semble avoir été d’une singulière hétérogénéité dans son recrutement. Il n’est même pas exclusivement français. Les milieux sociaux sont également divers. Ces hommes ont joui, du seul fait de leur fonction, d’une position sociale qu’ils n’auraient pas eue en France. Cet avantage était justifié par les compétences requises. Les consuls, vice-consuls, chanceliers et autres drogmans devaient avoir en effet le don des langues, des notions de droit, une bonne connaissance des pratiques commerciales et une aptitude à la négociation. Il leur fallait aussi manifester de la présence d’esprit et un certain courage pour faire face à des situations imprévues. Les uns comme les autres étaient invités à recueillir et à transmettre des renseignements ; cependant, la curiosité des consuls n’a pas été entièrement mobilisée par la recherche d’informations d’ordre politique ou commercial ; plus désintéressée, elle s’est appliquée bien souvent à la langue, aux moeurs, aux arts et à la littérature des pays exotiques. Notons aussi qu’un corps dont 64% des membres faisaient toute leur carrière dans un même poste avait de grandes chances d’être instruit des réalités locales.

Parmi les quelque 750 personnes qui devaient figurer dans le « Who’s Who des grands espaces », pour reprendre une formule entendue pendant la soutenance, des célébrités côtoient des inconnus à peine identifiables. Anne Mézin pressentait donc dès le début que le contenu des notices serait d’une inégale densité.

Les répertoires biographiques ne sont pas une invention de notre siècle. La thèse d’Anne Mézin s’inscrit donc dans une tradition vieille de plusieurs siècles et revigorée depuis peu après une longue éclipse. Or l’érudition a aujourd’hui plus d’exigences critiques que jadis, du moins dans la présentation des résultats. Les prosoprographes, dont la tâche première est d’établir et de garantir la vérité des faits, pratiquent une discipline aussi modeste qu’exigeante ; ils facilitent le travail des autres. Il est probable que cet ouvrage sera consulté le plus souvent par des chercheurs en quête de détails exacts, conformément à la vocation originelle de l’École Pratique des Hautes Études qui est de fournir aux historiens une information érudite qu’ils pourront exploiter dans de plus ambitieuses synthèses.


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