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Les débuts dans la carrière

Premiers pas dans la diplomatie.

Ferdinand de Lesseps est né à Versailles le 19 novembre 1805. Il est le second fils de Mathieu de Lesseps et de Catherine de Grivégnée de La Housse qui après lui auront encore une fille et un garçon.

Il passe sa petite enfance à Pise alors que son père est consul général à Livourne. Quand il a neuf ans, sa famille s’installe à Paris tandis que son père poursuit sa carrière à l’étranger. Il fait ses études secondaires au collège Henri IV où il a pour condisciples les fils du duc d’Orléans, futur Louis-Philippe. Après avoir achevé son droit, la carrière diplomatique s’impose à lui « par tradition et par vocation. »

Grâce à son oncle Jean-Baptiste, consul général à Lisbonne, il obtient un poste d’attaché au consulat. Il y reste de 1825 à 1828 faisant ses premiers pas dans la diplomatie.

De retour à Paris, il fait un stage à la direction commerciale et apprend l’arabe à l’Ecole nationale des langues orientales en plus de l’espagnol qu’il connaît par sa mère et de l’italien appris dans son enfance en Italie.

Ayant donné « la preuve d’un zèle qui ne s’est jamais démenti et d’une intelligence peu commune », il est nommé en octobre 1828 élève vice-consul auprès de son père, consul général à Tunis.

L’Egypte. (1832 - 1837)

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Le port d’alexandrie (vers 1870) - (JPEG, 65.7 ko)





En 1832, c’est le premier contact avec l’Egypte. D’abord vice-consul à Alexandrie en mars 1832 puis consul de seconde classe au Caire en novembre 1833, il reste dans le pays jusqu’en 1837. Son supérieur hiérarchique est le consul général Jean-François Mimaut dont le souvenir lui sera toujours cher.

Ses fonctions l’obligent à effectuer de fréquents déplacements entre Alexandrie et Le Caire. Attiré par le pays, il fait de nombreuses excursions en Haute-Egypte et dans l’isthme de Suez.

Ces cinq ans passés en Egypte sont pour lui l’occasion d’apprendre à connaître un pays en voie de modernité et d’y faire des rencontres décisives pour l’avenir : Adolphe Linant de Bellefonds, le directeur des Travaux publics, le lieutenant anglais Waghorn, pionnier de la route terrestre avec l’Inde, et les saint-simoniens débarqués avec leur grandiose projet de canal.

Doc:Méhémet-Ali (1769-1849. <BR> Almanach de Gotha, 1841. <BR> Bibliothèque du ministère <BR> des Affaires étrangères, K 117 , 21.8 ko, 205x309
Méhémet-Ali (1769-1849.
Almanach de Gotha, 1841.
Bibliothèque du ministère
des Affaires étrangères, K 117 - (JPEG, 21.8 ko)





Méhémet-Ali, « régénérateur de l’Egypte ».

Méhémet-Ali, fondateur de la dernière dynastie, n’est pas égyptien mais sujet ottoman d’origine turco-albanaise né à La Cavale (actuelle Kavala) en Macédoine vers 1769.
Fils d’un officier de la Sublime Porte, il commence par se livrer au commerce du tabac. En 1798, il s’engage avec trois cents Albanais dans les troupes recrutées par le sultan pour chasser les Français d’Egypte. Il combat les troupes françaises mais conserve une immense admiration pour Napoléon.

Le départ des Français en 1801 puis des Anglais en 1803 laisse le champ libre aux luttes de clans des chefs turcs, mamelouks et albanais. Avec l’appui des représentants de la France, Mathieu de Lesseps et Drovetti, il profite de l’anarchie pour manœuvrer les différents partis.

En 1807, il s’oppose victorieusement à une tentative anglaise de reconquête du pays et, le 1er mars 1811, il se débarrasse de ses rivaux en faisant massacrer quatre cents beys mamelouks attirés dans un traquenard à la Citadelle du Caire. Ce carnage fait de lui le maître absolu mais non souverain de l’Egypte, toujours vassale de la Sublime Porte.

Allié du sultan Mahmoud dans sa lutte contre les Grecs, il lui apporte le renfort de la marine égyptienne, vaincue à Navarin en 1827.

S’étant rendu maître d’une partie du Soudan et des villes saintes d’Arabie, il juge le moment venu de passer à l’offensive et entame une politique de conquêtes au détriment de la Turquie. En 1832, il attaque puis occupe la Syrie et le Liban. La victoire de son fils aîné, Ibrahim pacha sur les armées ottomanes à Nézib le 24 juin 1839 lui ouvre la route de Constantinople. Palmerston, Premier ministre britannique, inquiet de ces victoires et très attaché au maintien de l’intégrité de l’empire ottoman, juge qu’il est temps de mettre fin à ces conquêtes.

Doc:Bulletin de la mortalité du Caire, <BR> d’Alexandrie et de Rosette <BR>  annexe à la dépêche adressée <BR> par Ferdinand de Lesseps <BR> au ministère des Affaires étrangères, <BR> 19 mai 1835.) <BR> Archives du ministère <BR> des Affaires étrangères, <BR>  Correspondance consulaire <BR> et commerciale, Alexandrie. , 70 ko, 426x688
Bulletin de la mortalité du Caire,
d’Alexandrie et de Rosette
annexe à la dépêche adressée
par Ferdinand de Lesseps
au ministère des Affaires étrangères,
19 mai 1835.)
Archives du ministère
des Affaires étrangères,
Correspondance consulaire
et commerciale, Alexandrie. - (JPEG, 70 ko)





















Le 15 juin 1840, par le traité de Londres, l’Angleterre, la Russie, la Prusse et l’Autriche s’engagent, sans consulter la France, à maintenir l’intégrité de l’empire ottoman et la suzeraineté du Sultan sur l’Egypte. Les puissances adressent un ultimatum au pacha tandis que la flotte anglaise bombarde Beyrouth.

Contraint d’abandonner ses conquêtes, Méhémet-Ali doit s’engager à respecter la suzeraineté du sultan et renonce à sa politique d’expansion. Il obtient en échange l’hérédité du pachalik d’Egypte dans sa famille au plus âgé des princes, selon la coutume ottomane (la succession par ordre de primogéniture sera accordée à son petit-fils Ismaïl en 1866).

Les premiers services de santé égyptiens ont été créés par le fameux docteur Antoine-Barthélémy Clot, né à Grenoble, formé à Marseille et entré au service de Méhémet-Ali en 1825.

Clot commence par organiser le service de santé de l’armée puis parvient à intéresser le vice-roi à la médecine civile et fonde au Caire la première école de sages-femmes et la première maternité du pays. Sous sa conduite, des boursiers égyptiens partent se former en France.

En 1834 et 1835, une épidémie de peste suivie du choléra ravage le pays. Le nombre des victimes dépasse les 150 000. Les médecins français se dévouent sans compter, certains y perdent la vie, tel le vieux docteur Dussap, ancien de l’expédition d’Egypte, qui avait ouvert sa maison aux malades.

Alors que le pacha, suivi de la communauté consulaire, fuit l’épidémie en Haute-Egypte, Lesseps reste à son poste et assiste les malades sans crainte de la contagion.

Ce courage lui vaut la Légion d’honneur à l’âge de 31 ans. En 1837, lorsqu’il quitte le pays, un Anglais lui rend cet hommage, rapporté dans Le Journal des Débats : « la belle conduite de Lesseps soit pendant la peste de 1835 soit dans toutes ses relations comme consul était faite pour honorer la France. »

Une fois maître de l’Egypte, Méhémet-Ali, qui a un « plan de civilisation », recrute en Europe et plus particulièrement en France les cadres civils et militaires nécessaires à la modernisation du pays.
En même temps, il engage une série de réformes de l’appareil productif dans le but d’ assurer à l’Etat le monopole des principaux produits agricoles et industriels avec tout ce que cette institution comporte de sacrifices et d’exactions pour la masse des paysans.
Des années 1820 au décès du pacha en 1849, tout ce qui compte, ou presque, dans la haute administration égyptienne est français : le fameux Soliman pacha, (ex colonel Sève), organisateur de l’armée, Cérisy, qui reconstitue la marine après la défaite de Navarin en 1827 et crée l’arsenal d’Alexandrie, le docteur Clot-bey, inspecteur général du service de santé égyptien, Pascal Coste, un architecte marseillais, qui achève le canal mahmoudyeh entre Alexandrie et Le Caire et met un place un système de télégraphes entre les deux villes, le colonel Gallice-bey, chef du Génie égyptien chargé des fortifications d’Alexandrie, Koenig-bey, orientaliste distingué, précepteur du jeune prince Saïd et beau-frère d’Adolphe Linant de Bellefonds, le directeur des Travaux publics, et bien d’autres…

Doc:Le moniteur égyptien, <BR> numéro 1, 17 août 1833. <BR> Archives du ministère <BR> des Affaires étrangères, <BR> Correspondance politique, <BR> Egypte, vol. 3, fol. 261. , 476.2 ko, 439x639
Le moniteur égyptien,
numéro 1, 17 août 1833.
Archives du ministère
des Affaires étrangères,
Correspondance politique,
Egypte, vol. 3, fol. 261. - (JPEG, 476.2 ko)













Lesseps fréquente tous ces spécialistes au service du vice-roi et plus particulièrement Linant de Bellefonds, dont il célèbre le mariage. Linant, qui a choisi de vivre en Egypte depuis les années 1820, est le meilleur connaisseur du réseau hydrographique du pays. Au service de Méhémet-Ali depuis 1830, il est trois ans après responsable d’un grand projet de barrage sur le delta. Le percement de l’isthme l’intéresse depuis une dizaine d’années. Outre les travaux de Le Père qu’il connaît bien, il a pris des notes lors de ses reconnaissances sur le terrain. Favorable à un canal direct entre Suez et le golfe de Péluse, il fait partager son choix à Lesseps.

Le Moniteur égyptien a été voulu par Méhémet-Ali comme un instrument de propagande pour contrecarrer l’action du Moniteur ottoman de Constantinople.

La maison consulaire.

Lorsque Lesseps prend son poste à Alexandrie en mars 1832, la maison consulaire se trouve dans un tel état de délabrement « qu’on craint avec raison d’être écrasé par ses ruines. Pendant les pluies de l’hiver, l’eau tombait dans l’intérieur à peu près comme dans la rue. »

Cette situation est d’autant plus regrettable que, l’ambassade se trouvant à Constantinople, les consuls ont en Egypte un rôle d’ ambassadeur.

L’édification d’une maison plus « digne de la France » rentre dans les projets d’urbanisme de Méhémet-Ali, qui s’est lui-même fait construire un palais à Alexandrie en 1817 : « Le vice-roi, écrit Mimaut, le consul général, nous a fait présent à la première parole que je lui ai dite de tout le terrain nécessaire pour nos constructions, dans la partie de la ville où il est le plus précieux ».

Les négociants de la communauté française découvrent opportunément un « fonds spécial » dans la caisse de la Chambre de Commerce de Marseille et Mimaut obtient 92 000 francs sur le budget des « Echelles du Levant et de Barbarie ». Un jeune architecte français, Chassériau-Duchiron, dresse les plans.
Vingt ans plus tard, Lesseps, revenant en Egypte, retrouvera ce « palais de France » dont il avait entrepris la construction.

Le consulat de France, situé sur la célèbre place des Consuls, sera entièrement détruit lors du bombardement d’Alexandrie par les Anglais en juillet 1882.


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