Accès rapide :

La diplomatie secrète dévoilée : les archives du ministère des Affaires étrangères, entre conservation, protection et communication du « secret »

  • Image Diaporama - 22 - Centre des archives diplomatiques de (...)

    22 - Centre des archives diplomatiques de Nantes.

  • Image Diaporama - 21 - Extraits du règlement des salles de (...)

    21 - Extraits du règlement des salles de consultation de centre des archives diplomatiques de La Courneuve.

  • Image Diaporama - 20 - Salle de lecture du centre des archives (...)

    20 - Salle de lecture du centre des archives diplomatiques de La Courneuve.

  • Image Diaporama - 19 - Nadar, portait de Gabriel Hanotaux, (...)

    19 - Nadar, portait de Gabriel Hanotaux, ministre des Affaires étrangères, vers 1895.

  • Image Diaporama - 18 - Procès-verbal de séance de la Commission (...)

    18 - Procès-verbal de séance de la Commission des archives diplomatiques, 16 mars 1878.

  • Image Diaporama - 17 - Règlement fixant la communicabilité des (...)

    17 - Règlement fixant la communicabilité des archives diplomatiques au public.

  • Image Diaporama - 16 - Autorisation de consultation d'archives (...)

    16 - Autorisation de consultation d'archives du 14/02/1841 du ministre des Affaires étrangères, François Guizot, à Adolphe Thiers.

  • Image Diaporama - 15 - Lettre du 29/06/1807 de Nicolas-François (...)

    15 - Lettre du 29/06/1807 de Nicolas-François de Neufchâteau au ministre des Affaires étrangères Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord.

  • Image Diaporama - 14 - Lettre du 18 mai 1752 de Nicolas-Louis (...)

    14 - Lettre du 18 mai 1752 de Nicolas-Louis Le Dran, garde des Archives, à du Theil, agent du ministère.

  • Image Diaporama - 13 - Règlement que le roi veut être observé (...)

    13 - Règlement que le roi veut être observé dans les hôtels situés à Versailles.

Les (numéros) renvoient aux documents : voir liste récapitulative et diaporama.

Depuis sa création à la fin du XVIe siècle, le ministère des Affaires étrangères a porté une attention toujours plus grande à la garde de ses archives. A travers les siècles, il a toujours veillé à la fois à leur bonne conservation et à la protection des informations qu’elles contiennent tout en assurant leur communication à un public de plus en plus élargi.

Sous l’Ancien Régime, pour assurer la conduite des affaires, les personnes autorisées à consulter les archives du ministère sont essentiellement le roi, les secrétaires d’Etat, et les agents du Ministère. Au-delà de cette utilisation administrative, les archives jouent un rôle notable dans la formation initiale des agents. Dès cette époque, des règles sont établies pour le prêt des documents aux bureaux (13). Ces règlements n’empêchent pas que le garde des Archives doive régulièrement intervenir pour rappeler à l’ordre même les plus hauts personnages : le maréchal de Belle-Isle avait ainsi gardé pendant dix huit mois sans les rendre des manuscrits qu’il avait empruntés (14).

Cependant, le dépôt des Archives n’était alors pas considéré comme un lieu d’étude ouvert au public, fut-il historien. Au début du XIXe siècle, à une époque où le public s’intéresse pourtant de plus en plus à son histoire nationale, naît l’image du ministère des Affaires étrangères comme forteresse du secret d’Etat, en raison notamment de l’intransigeance de ses gardes des Archives, au premier rang desquels figure le comte d’Hauterive, qui y voient une potentielle menace à la sécurité extérieure du pays. Cette situation est déplorée du public, jusqu’au sein du gouvernement (15). Les années 1830 voient les archives diplomatiques s’ouvrir enfin à un public averti sous l’action du directeur des Archives, François-Auguste Mignet, mais sans que les règles générales de secret et de fermeture aient été officiellement modifiées (16).

Il faut attendre 1874 et la création de la Commission des Archives diplomatiques pour que soit adopté un règlement fixant les délais de communicabilité des documents à 100 ou 160 ans selon leur nature ; en outre, les lecteurs ne sont pas autorisés à prendre des notes et doivent compter uniquement sur leur mémoire (17). Par la suite, les délais sont peu à peu raccourcis : le décret du 15 juin 1937, par exemple, ouvre les archives jusqu’en 1877. Ce délai de 60 ans n’évoluera plus guère pendant le siècle suivant. L’ouverture des Archives au public dans une salle de lecture dédiée ravit les chercheurs. En l’an 1876, cette dernière reçoit 34 personnes, avec une moyenne de 4 à 9 lecteurs par jour. On signalera, pour l’anecdote, que l’un des premiers chercheurs à fréquenter la salle de lecture, Gabriel Hanotaux, devient à son tour un producteur d’archives diplomatiques lorsqu’il est nommé ministre des Affaires étrangères, une vingtaine d’années plus tard (18) et (19).

Depuis une trentaine d’années, les deux lois sur les archives du 3 janvier 1979 et du 15 juillet 2008 ont reconnu le statut particulier des archives diplomatiques en prévoyant pour la première un délai de communicabilité par défaut de 30 ans pour tous les documents concernant les relations extérieures de la France, délai porté à 60 ans pour les documents mettant en cause les intérêts fondamentaux de l’Etat en matière de politique extérieure, et abaissant pour la seconde les délais précédents de 30 à 25 ans et de 60 à 50 ans.

Aujourd’hui, tout en gardant la prudence requise, le personnel scientifique du ministère des Affaires étrangères répond du mieux qu’il peut aux aspirations des chercheurs dans les deux sites ouverts au public de La Courneuve et de Nantes. Le centre des archives diplomatique de La Courneuve abrite les archives produites par les services de l’administration centrale situés à Paris, les accords et traités de la France ainsi que les collections spécifiques : les Papiers d’agents et archives privées, le fonds iconographique et les acquisitions extraordinaires. Ces documents sont mis à la disposition du public dans une salle de lecture de 160 places et une salle de microfilms et de documents multimédia en libre accès (20) et (21). Au centre des archives diplomatiques de Nantes sont à la disposition des lecteurs les archives des services déconcentrés du ministère à Nantes, les archives rapatriées des services extérieurs (ambassades, consulats, Instituts et Centres culturels français à l’étranger, représentations françaises auprès des organisations et commissions internationales) ainsi que les archives des Protectorats Maroc et Tunisie et du Mandat Syrie Liban (22).


PLAN DU SITE



MENTIONS LÉGALES & INFOS PRATIQUES

Tous droits réservés - Ministère des Affaires étrangères et du Développement international - 2014