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Une dynastie de diplomates

Origines de la famille.

Connue au XVe siècle en Guyenne et à Bayonne, la famille Lesseps donne pendant les deux siècles suivants de nombreux notables à la région et à la ville ainsi que quelques capitaines et corsaires de renommée locale.

Le premier Lesseps à sortir du cadre régional est Dominique Lesseps, fils de Pierre Lesseps, principal notaire et trésorier de Bayonne. Remarqué dans les années 1750 par M. de Saint-Contest, intendant de Guyenne, Dominique Lesseps suit son protecteur lorsqu’il est nommé ambassadeur à La Haye.

Ayant fait preuve de talent au poste de premier secrétaire, il obtient l’ambassade à Bruxelles en 1752 et appelle auprès de lui son frère cadet Martin à qui il fait obtenir le consulat de Carthagène puis de Hambourg. Louis XV reconnaît les mérites des deux frères en les anoblissant.

Martin de Lesseps, fondateur de la dynastie.

Le grand-père de Ferdinand de Lesseps, est le fondateur d’une véritable dynastie de diplomates. De 1750 à la fin du XIXe siècle, une dizaine de ses descendants choisissent la carrière diplomatique et consulaire à commencer par ses fils, Jean-Baptiste-Barthélémy et Mathieu, oncle et père de Ferdinand.

En 1849, quand Ferdinand de Lesseps quitte la diplomatie, son frère aîné Théodore est directeur des Affaires commerciales au ministère des Affaires étrangères, son cousin germain, Edmond, consul à Alep, et son neveu, Jules de Cabarrus, consul à Palma. Son frère cadet, Jules, a choisi une carrière diplomatique au service du bey de Tunis dont il est le représentant à Paris. A cette date, la famille Lesseps constitue selon Tocqueville, alors ministre des Affaires étrangères, « une tribu puissante au ministère des Affaires étrangères ».

Doc:Jean-Baptiste de Lesseps sur son traîneau. <BR> Voyage de M. de Lesseps du Kamtschatka <BR> en France, Paris, Maurice Dreyfous. <BR> Ministère des Affaires étrangères. , 55.5 ko, 436x271
Jean-Baptiste de Lesseps sur son traîneau.
Voyage de M. de Lesseps du Kamtschatka
en France, Paris, Maurice Dreyfous.
Ministère des Affaires étrangères. - (JPEG, 55.5 ko)







Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps (1766-1834)

Fils aîné de Martin de Lesseps, qui passa les 35 ans de sa carrière consulaire à Madrid, Carthagène, Hambourg et Saint-Pétersbourg, Jean-Baptiste Barthélemy de Lesseps (1766-1834), entre dans la carrière diplomatique en 1780 comme vice-consul à Cronstadt. Il doit à sa connaissance du russe d’être choisi par Louis XVI comme interprète de l’expédition de La Pérouse. Il débarque au Kamtchatka en septembre 1787 avec la mission d’ apporter à la cour les premières nouvelles de l’expédition et y parvient au bout d’un périple d’une année. Le roi, satisfait de ses services, lui accorde le brevet de consul à Cronstadt.
Nommé à la fin de 1792 consul général en Russie, il suit son beau-père à Constantinople où il est promu secrétaire en 1798 tout en conservant son titre de consul à Saint-Pétersbourg. L’expédition d’Egypte et la rupture des relations diplomatiques avec la Sublime Porte lui valent ainsi qu’à sa famille trois ans d’internement aux Sept-Tours.

La paix lui permet de revenir en France et, en 1802, il peut enfin gagner Saint-Pétersbourg. Il y est chargé des relations commerciales et plus particulièrement de l’approvisionnement de la marine. Expulsé en 1806, il retourne à Saint-Pétersbourg l’année suivante et y reste jusqu’en 1812. En septembre de cette année, Napoléon le nomme intendant de la ville et de la province de Moscou qu’il quitte en octobre. Il a pour collègue Stendhal, nommé intendant de Vitebsk et de Mohilev. Comme lui, il participe à la retraite de Russie.

A la chute de l’Empire, dès que « l’heureuse restauration de 1814 rendit à la France le bonheur avec son roi légitime », il offre ses services à Louis XVIII. Le tsar Alexandre, qui ne pouvait pardonner l’intendance moscovite, le refuse comme ambassadeur. En 1815, il est nommé consul général à Lisbonne où il obtient dix ans plus tard une place d’attaché pour son neveu Ferdinand.

Celui-ci, devenu illustre, rappellera bien plus tard que c’est avec son oncle qu’il a fait ses premiers pas dans la diplomatie.

En 1880, alors qu’il est au faîte des honneurs, Ferdinand de Lesseps fait rééditer le récit que son oncle Jean-Baptiste avait fait paraître juste avant la Révolution et dont il avait remis un exemplaire à Louis XVI aux Tuileries.

Seul survivant de l’expédition de La Pérouse, Jean-Baptiste de Lesseps identifia peu de temps avant sa mort en 1834 certains des objets rapportés des îles Vanikoro par Dumont-d’Urville, qui furent exposés au musée de la Marine.

Mathieu de Lesseps (1774-1832)

Fils cadet de Martin de Lesseps et père de Ferdinand, Mathieu de Lesseps (1774-1832) entre dans la "Carrière" le 8 juillet 1792 comme chancelier du consulat de France au Maroc. Passé ensuite à Cadix, il reçoit les félicitations de Bonaparte pour son attitude lors du combat d’Algésiras.

Le 7 mars 1803, il est nommé sous-commissaire des Relations commerciales à Damiette et est, avec Drovetti, le premier représentant de la France en Egypte après l’expédition. Il débarque en juin à Alexandrie juste après la rupture de la paix d’Amiens avec l’Angleterre : c’est le « premier contact d’un Lesseps avec la terre d’Egypte ».
Dans le chaos que connaît alors le pays déchiré entre les Turcs, les Mamelouks et les Albanais, Mathieu de Lesseps a reçu la mission de rechercher un chef favorable à la France. Il signale à Paris Méhémet Ali, chef des milices albanaises, qui est à la recherche d’alliés. Trente ans plus tard, Méhémet Ali, devenu le maître du pays, rappellera publiquement ce que sa carrière devait au père du jeune Ferdinand, nouveau consul à Alexandrie.

De 1806 à 1809, Mathieu de Lesseps obtient la gestion du consulat général de Livourne avant d’être nommé commissaire général des îles ioniennes jusqu’en 1814.
Préfet du Cantal pendant les Cent-Jours, il s’acquitte de ses fonctions avec une modération qui ne lui évite pas quatre ans de disgrâce lors de la seconde Restauration.

En 1818, il est nommé consul général à Philadelphie. Il retrouve le Proche-Orient en juillet 1821 avec le consulat d’Alep où il se distingue par son courage et par l’efficacité des secours qu’il organise lors du tremblement de terre qui détruit la ville.
La santé détruite par les fatigues de ses différents postes, il meurt à Tunis le 28 décembre 1832 alors qu’il y est consul général.

Mathieu de Lesseps avait épousé en 1801 Catherine de Grivégnée de La Housse, fille d’un riche négociant de Malaga. La sœur aînée de sa femme épousa le baron de Kirpatrik et donna naissance à la future comtesse de Montijo, mère de l’impératrice Eugénie, dont Ferdinand fut le cousin.


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