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Archives diplomatiques

Brève

Fermeture des archives de Nantes

La salle de lecture du centre des archives de Nantes sera fermée les 26 décembre 2014 et 2 janvier 2015.

Présentation

Les origines

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maroquin rouge du Levant


L’initiative de réunir les Archives des Affaires étrangères revient à Charles Colbert de Croissy , secrétaire d’Etat de 1680 à 1696.

A l’exemple de son frère, Jean-Baptiste, ministre des Finances et de la Maison du roi, il fait relier les papiers de ses correspondances et de celles de ses prédécesseurs, Hugues de Lionne et Arnaud de Pomponne, en maroquin rouge du Levant. Les armes de sa famille, avec la couleuvre, sont apposées sur les volumes.

En 1716, les armes du roi remplacent celles de son ministre : les droits de l’Etat ne prêtent à aucune contestation.

L’enrichissement des collections

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Le Cardinal de Richelieu


Par ordonnance royale, les fonds s’enrichissent au cours du XVIIIème siècle des papiers d’Etat de Richelieu, Mazarin, Saint-Simon et de nombreuses correspondances d’ambassadeurs.


En 1761, Choiseul fait édifier à Versailles un dépôt modèle totalement conçu pour la conservation des archives, l’actuelle bibliothèque municipale.

L’ouverture

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Comte d’Hauterive


La Révolution ramène à Paris les archives des Affaires étrangères. Leur indépendance s’affirme en dépit de l’institution des Archives nationales, créées par un décret du 7 septembre 1790.


Elles sont alors à la disposition exclusive des diplomates et le comte d’Hauterive, responsable du service sous la Restauration, en fait une forteresse du secret d’Etat.


Elles s’ouvrent à la recherche historique à partir de 1830, sous la direction d’Auguste Mignet, historien célèbre.

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Auguste Mignet


Lorsque, le 24 juillet 1845, la Chambre des députés vote une loi ouvrant un crédit pour la construction du Palais des Affaires étrangères, Quai d’Orsay, les archives y trouvent naturellement leur place.


La IIIème république confie en 1874 à un groupe de diplomates, d’historiens et de journalistes de réfléchir à la communication et la mise en valeur des archives. Ce groupe donnera naissance à la commission d’archives diplomatiques présidée par le ministre des Affaires Etrangères et dont l’actuelle vice-présidente est Hélène Carrère d’Encausse, secrétaire perpétuel de l’Académie Française.

Les désastres de la Seconde guerre mondiale

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Ministére des Affaires étrangéres, 1944


Epargnées par la Première guerre mondiale, les archives des Affaires étrangères sont gravement atteintes par la Seconde, malgré les mesures prises pour leur préservation.


Les archives courantes, politiques et économiques et les dossiers des étrangers en France sont détruites le 16 mai 1940, à l’approche des Allemands. d’autres sont envoyées en Allemagne pendant l’Occupation.


Au cour des combats pour la libération de Paris, c’est "l’aile des Archives" du Ministère des Affaires Etrangères qui est incendiée, entrainant la perte d’une partie des archives et des galeries à l’ancienne.

De la reconstruction à nos jours


Le bâtiment incendié est reconstruit au début des années 1950 selon les normes de la conservation contemporaine.


Parallèlement, la direction des Archives recrute de jeunes conservateurs qui mettent en place une politique cohérente de contrôle des archives courantes. Le principe d’ouverture à 30 ans est acquis en 1970 sous l’impulsion de Jean Laloy.


La direction étend son implantation, jusqu’alors exclusivement parisienne, à Nantes (archives rapatriées des ambassades, consulats et services culturels et
des Protectorats Tunisie et Maroc et du Mandat Syrie-Liban) et à Colmar (archives des services d’occupation française en Allemagne et en Autriche).


A l’étroit dans les locaux du Quai d’Orsay, la direction des Archives a transféré ses collections à La Courneuve, dans un bâtiment neuf et spacieux qui a ouvert ses portes au public le 7 septembre 2009 au lendemain de son inauguration par le ministre des Affaires étrangères M. Bernard Kouchner, le 3 septembre.

Organisation des archives diplomatiques depuis 2009

A la faveur de son installation à La Courneuve, la direction des Archives s’est réorganisée en trois départements : le département des Archives, le département des Publics, la Bibliothèque. Sont également rattachés à la direction, la division géographique et le Centre des Archives diplomatiques de Nantes.


1. Le département des Archives est chargé du contrôle, du traitement et de la conservation des archives du ministère des Affaires étrangères.


Le contrôle des archives courantes et intermédiaires gérées par des centres d’archives au sein des services de l’administration centrale et des postes à l’étranger, est exercé par des conservateurs d’archives et chargés d’études documentaires qui établissent des instructions et plans de classement, assurent la formation des agents et ont un rôle de conseil au quotidien.


Une fois effectués le tri et le versement des dossiers, le département des Archives concourt à la connaissance et à la mise en valeur des archives historiques de l’administration centrale par la publication d’instruments de recherche (répertoires, guides thématiques, bases de données…), d’études historiques et de catalogues d’expositions.
Il gère également les magasins et les collections et veille à assurer aux documents les meilleures conditions de conservation (conservation préventive, restauration, microfilmage et numérisation des documents).


2. Responsable de l’inscription et de l’accueil des lecteurs, le département des Publics veille au bon fonctionnement des salles dédiées à la recherche des sources et à la consultation des archives (originaux et supports de substitution). Il coordonne les activités de valorisation des fonds (tables rondes et colloques, expositions) et a entrepris de développer une activité pédagogique à l’intention des élèves d’établissements scolaires, collèges et lycées. Son apparition dans l’organigramme, au lendemain du transfert à la Courneuve, témoigne de la volonté d’inscrire le nouveau centre dans son environnement proche et de conduire avec plus de visibilité des activités culturelles déjà largement pratiquées par la direction.
Le département assure par ailleurs la gestion de collections spécifiques : les Papiers d’agents et archives privées, le Fonds iconographique, les Acquisitions extraordinaires (achats en vente publique, dons et legs). Il reçoit et enregistre au fil de leur signature par les diverses autorités qui en ont le pouvoir, les Accords et traités de la France, en conserve et enrichit les dossiers tout au long des procédures d’entrée en vigueur et de publication, contribue à la gestion des bases documentaires concernées (bases Pacte, accessible par Légifrance et Choiseul, pour les traités antérieurs à 1914).


3. La Bibliothèque du ministère des Affaires étrangères existe depuis 1680, comme le dépôt des archives dont elle a toujours été solidaire. Lorsqu’en 1710 ce dépôt, devenu plus important, est installé au Vieux Louvre, ainsi que l’Académie politique créée pour former de jeunes diplomates à « l’étude des négociations étrangères et du droit des gens », un choix de livre est rassemblé pour leur instruction. Il semble que, dès lors, deux bibliothèques se soient développées simultanément : l’une à l’usage des bureaux de la Secrétairerie d’Etat ; la seconde, plus importante, proche du dépôt des archives dont elle est considérée comme le complément imprimé. La Bibliothèque a suivi les archives dans toutes leurs pérégrinations, de Paris à Versailles puis de nouveau à Paris, jusqu’à leur installation définitive au Quai d’Orsay en 1863. Outre les collections issues des séquestres révolutionnaires, son accroissement, régulier jusqu’à ce jour, provient de dons, de legs et des acquisitions effectuées à l’étranger par l’intermédiaire des diplomates en poste et en France, grâce à l’achat auprès de libraires spécialisés.


4. La division géographique est issue du « bureau topographique pour la démarcation des limites », créé le 1er janvier 1775 sous l’autorité directe du Ministre. En même temps, par la réunion de nombreux documents topographiques et par l’achat de la collection de cartes du géographe bourguignon d’Anville, se constituait le dépôt géographique. Ces deux unités furent réunies en 1830, pour constituer, avec des effectifs réduits, le bureau du Géographe qui, sous des appellations diverses (Bureau, puis Service et enfin, Division géographique) a poursuivi ses activités jusqu’à nos jours. Aujourd’hui, la division géographique est chargée essentiellement de la recherche et de l’établissement de cartes pour le ministère. Son fonds compte environ 4000 cartes, dont les plus anciennes remontent au XVIIème siècle.


5. Le Centre des Archives diplomatiques de Nantes conserve les archives rapatriées des services extérieurs : représentations diplomatiques et consulaires, représentations françaises auprès des organisations internationales, réseau culturel à l’étranger, missions d’aide et de coopération. Il détient également les archives de l’administration française en Syrie et au Liban durant la période mandataire, en Tunisie et au Maroc sous le régime de protectorat. S’y ajoutent plusieurs séries d’archives de l’administration centrale déposée à Nantes en raison de la saturation des dépôts parisiens. Ces fonds, qui représentent près de 30 kilomètres linéaires, s’accroissent régulièrement au rythme des rapatriements en provenance des postes. La salle de lecture a été ouverte en 1987.

Les archives diplomatiques : Un aperçu des collections


Issu d’un noyau initial de correspondances et de traités rassemblé et classé dès le XVIIème siècle dans un dépôt organisé et accessible au secrétariat d’Etat à Versailles, le fonds s’est enrichi au fil des siècles par versement régulier des services, récupération parfois forcée des papiers d’Etat, séquestres révolutionnaires, achats et dons.


Après diverses péripéties, sont entrés dans les collections des ensembles célèbres tels que les papiers Richelieu (récupérés in extremis en 1705 dans la succession de la duchesse d’Aiguillon), le fonds Chavigny (archives données en 1733 de Claude et Léon Bouthillier collaborateurs de Richelieu – comprenant notamment 26 lettres d’amour d’Henri IV à Marie de Médicis), les manuscrits Saint-Simon (dont le recouvrement a nécessité d’intenses efforts de 1755 à 1828), les papiers Bonaparte, les archives Briand (vente publique) etc. Mais c’est l’envoi normal et organisé aux Archives des dossiers en fin d’utilité administrative qui a permis l’enrichissement le plus marqué : accords et traités du XVème siècle à nos jours, dans leur précieux maroquin ou portefeuille brodé, archives des diverses structures du ministère au fil de son histoire, dossiers des ministres et ambassadeurs ayant laissé un nom dans l’histoire politique mais aussi littéraire (de Beaumarchais à Romain Gary, en passant par Stendhal, Chateaubriand ou Saint-John-Perse, les exemples abondent). Une extrême richesse des contenus qui se conjugue à la variété des formes et des supports : en annexe des correspondances échangées entre l’administration et les postes, il n’est pas rare de trouver des gravures et, depuis les années 1850, des photographies qui sont autant de témoignages ou de pièces justificatives de l’action diplomatique. Diversité aussi de statut juridique des documents : aux archives publiques ministérielles, s’ajoutent des fonds d’origine privée, versés par les diplomates et leurs familles, diplomates qui, parfois, ont confié leurs souvenirs à des archives sonores.

Ces divers fonds et collections – actuellement 70 kilomètres linéaires pour la seule administration centrale, dont le déménagement vers La Courneuve a été achevé en 2010 - ont suscité la curiosité des historiens depuis le XIXème siècle et l’essor de l’histoire positiviste. Aujourd’hui, bien loin d’être la « forteresse du secret » dont d’Hauterive, responsable des Archives, assurait, sous la Restauration, la garde jalouse, ce patrimoine est libéralement mis à disposition du public en suivant les règles édictées par la toute récente loi d’archives de 2008 (abaissant de 30 à 25 ans le délai général de libre communicabilité).


Il constitue la source de recherches de toute nature, portant sur l’histoire de la diplomatie comme l’histoire de France (à partir des fonds des provinces, dont les secrétaires d’Etat aux Affaires étrangères étaient aussi gouverneurs), concernant les relations internationales mais aussi la destinée individuelle des Français établis à l’étranger (registres d’état civil consulaires, dossiers de carrière des agents du ministère depuis le XVIIe siècle).

Renseignements :

lecture.archives [at] diplomatie.gouv.fr

Tél. : 01 43 17 70 30 / 70 36

Salles de lecture au 1er étage

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