L’Union européenne a décidé ce jour de retirer 35 personnes de la liste des personnes faisant l’objet de mesures d’interdiction de visa et de gel des avoirs et de prolonger la validité des autres mesures dont le Zimbabwe fait actuellement l’objet.
Après avoir fait part aux autorités zimbabwéennes de sa « profonde préoccupation face à l’escalade de la violence, aux mesures d’intimidation à l’encontre des opposants politiques, au harcèlement de la presse indépendante… » et en l’absence de mesures concrètes pour remédier à cette situation, l’Union européenne a « jugé nécessaire d’adopter des mesures restrictives à l’encontre du gouvernement zimbabwéen et des principaux responsables de ces violations ».
Ces mesures, dont la composante politique s’inscrit dans le cadre d’une « Position Commune » en date du 18 février 2002, comportent plusieurs volets :
un embargo sur les armes et le matériel létal, de même qu’une interdiction de formation ou d’assistance technique concernant l’utilisation de ces matériels ;
des mesures de nature à « empêcher l’entrée ou le transit sur leur territoire » des principaux responsables des violences politiques, des dérogations étant prévues lorsque ces déplacements sont effectués dans le cadre d’activités diplomatiques ou humanitaires ;
des mesures prévoyant la suspension de l’aide budgétaire et, parallèlement, le maintien de l’appui de l’UE à la société civile, dans le secteur humanitaire et dans celui du rétablissement de l’Etat de droit et du respect des libertés fondamentales.
L’Union européenne reste ainsi le premier bailleur de fonds du Zimbabwe, avec une aide qui s’est élevée à 82 Meuros/an de 2002 à 2008, et qui atteint 90 Meuros annuels depuis 2009 (pm : le gouvernement d’union nationale a été formé en février 2009).
En l’absence, à ce stade, de « progrès tangibles en matière de rétablissement de l’Etat de droit et de respect des libertés fondamentales », les mesures européennes ont été reconduites, chaque année, depuis 2003. L’UE reste cependant disponible pour ré-examiner ces mesures dès que les autorités auront pris les mesures nécessaires au respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’Etat de droit.
Mise à jour : 01.02.10.