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Nom officiel : République du Zimbabwe
Superficie : 390 580 km²
Population : » 11 M. (communauté émigrée) : » 4 M
Capitale : Harare
Villes principales : Bulawayo, Chitungwiza, Gweru
Langues officielles : anglais, shona, sindebele
Fête nationale : 18 avril (indépendance, le 18 avril 1980)
Monnaie : afin de mettre un terme à l’hyper-inflation, qui a atteint plusieurs centaines de millions en 2008, le gouvernement d’union nationale, formé le 13 février 2009, a confirmé la mise à l’écart du dollar zimbabwéen. Le budget est désormais libellé en dollars US et les échanges s’effectuent en dollars US, rands sud-africain, pulas botswanais ou meticales mozambicain.
Croissance démographique : » 1 %
Population vivant sous le seuil de pauvreté : 70 %
Taux de prévalence du sida : 15 %
Espérance de vie : » 44 (H) ; » 43 (F)
Taux d’alphabétisation : » 90 %
Religions : chrétiens : » 67 % ; autres religions et animistes : » 30 % ;
Indice de développement humain : 0,513 (151ème/177)
PIB (2009) : » 3,5 Mds USD
PIB par habitant (2009) : » 250-300 USD
Taux de croissance (2009) : estimé entre 3 et 5% (1ère année de croissance depuis 10 ans)
Taux de chômage (2009) : » 70-80 %
Taux d’inflation (2008) : » 231 000 000 %
Taux d’inflation (2009) : - 5%
Solde budgétaire(2009) : nd
Solde budgétaire (prévisions 2010) : - 810 MUSD (forte demande dans les secteurs sociaux)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
primaire(2009) : nd
secondaire(2009) : nd
tertiaire (2009):nd
Exportations de la France vers le Zimbabwe (2008) : 8 M€ (machines)
Importations françaises du Zimbabwe (2008) : 16 M€ (produits de base)
Consulat de France : Chancellerie diplomatique à Harare
Communauté française au Zimbabwe : » 320
Le premier tour des élections générales, le 29 mars 2008, a constitué un tournant dans la vie politique zimbabwéenne. Appartenant pour la plupart à la société civile, les observateurs ont en effet permis de certifier le bon déroulement du scrutin, la victoire du Mouvement pour le Changement démocratique (MDC) aux élections législatives et l’arrivée en-tête de Morgan Tsvangirai, chef du MDC, au 1er tour de l’élection présidentielle.
La campagne de violence qui s’en est suivie a contraint M. Tsvangirai à renoncer à participer au second tour et a conduit à une ré-élection contestée du Président sortant le 27 juin 2008. La communauté internationale a été quasi unanime à condamner ce scrutin. Pour sa part, marquant la vive préoccupation que lui inspiraient les commentaires négatifs des observateurs africains (UA, SADC et Parlement Pan-Africain), l’Union Africaine a soutenu l’appel à la formation d’un gouvernement d’union nationale.
Médiateur dans cette crise pour le compte de la SADC depuis mars 2007, l’Afrique du Sud a contribué activement à l’élaboration d’un Accord politique global (GPA), signé, le 15 septembre 2008, à Harare, par l’ensemble des parties : Robert Mugabe pour la ZANU-PF, Morgan Tsvangirai pour le MDC-T, Arthur Mutambara pour une faction dissidente du MDC, le MDC-M, et le Président Thabo Mbeki, en qualité de « Facilitateur de la SADC ». Cet accord, qui concilie les attentes de l’Afrique et celles de la communauté internationale et qui bénéficie donc de leur soutien respectif, a notamment pour objectif le respect de la règle de droit et des principes démocratiques.
Le gouvernement d’union nationale a été formé le 13 février 2009. En dépit d’un amendement constitutionnel réintroduisant le poste de Premier Ministre dans la Constitution zimbabwéenne, le pouvoir exécutif reste dans les mains du chef de l’Etat. Par ailleurs, le MDC n’a pas obtenu le partage équitable des ministères régaliens qu’il souhaitait. Seul, le ministère des Finances lui a été consenti de plein droit (le poste de Gouverneur de la Banque centrale lui échappant toutefois). En revanche, les ministères sociaux (santé, éducation, logement, etc.), particulièrement dépendants de financements publics, ont été placés sous sa responsabilité.
Nonobstant ce contexte peu favorable, M. Morgan Tsvangirai a décidé de tenter le pari de la transition. Quinze mois plus tard, on constate d’importantes avancées sur le plan économique : la mise à l’écart du dollar zimbabwéen et l’utilisation des principales monnaies circulant dans la région, notamment le dollar US, ont mis un terme à l’hyper-inflation. Cet assainissement majeur de l’économie a permis l’élaboration d’un budget ainsi que le redémarrage des échanges et de la croissance (entre 3 et 5% - 1ère année de croissance depuis 10 ans) ; la plupart des écoles et hôpitaux ont rouvert. Ces progrès ont incité le FMI à reprendre son assistance technique ciblée, dès mai 2009, et à restaurer les droits de vote du Zimbabwe au sein de l’Institution, en février 2010. Sur le plan politique, les réformes de fond devant permettre le rétablissement de l’Etat de droit et le respect des libertés fondamentales se font attendre.
Dans ce contexte, la communauté internationale encourage le gouvernement d’union à progresser dans la mise en œuvre de l’Accord politique global, qui constitue une « Feuille de route » pour parvenir au rétablissement du respect des principes démocratiques, seul à même d’assurer un redressement durable du Zimbabwe.
Basée sur l’exploitation d’abondantes ressources minières (platine, platinoïdes, charbon, or, diamant, chrome, nickel, cuivre, fer…) et agricoles, l’économie a traversé une importante phase de libéralisation entre 1991 et 1996, avant de connaître une crise économique durable et exceptionnellement profonde depuis 1999. Entre 1997 et 2000, les premiers facteurs de déstabilisation ont été la mise en place de politiques budgétaires non soutenables, l’engagement dans des conflits extérieurs, puis la mise en œuvre d’une réforme agraire, pensée en termes politiques plutôt qu’économiques et sociaux, qui a conduit à l’effondrement de la production agricole. L’économie zimbabwéenne s’est contractée d’environ 40 % entre 1998 et 2006.
Entre 2006 et 2009, cette contraction s’est accélérée (au minimum, - 6 %/an). Tous les secteurs de l’économie ont été affectés, fonctionnant souvent à moins de 20% de leur capacité.
Les conséquences sociales de cette crise sont désastreuses. Le PIB/hab. est passé d’environ 900 USD en 1990 à environ 250 USD en 2007 ; la part de la population vivant sous le seuil de pauvreté est supérieure à 70 %. La dégradation de la qualité des services éducatifs et de santé a atteint un pic en 2008 avec la fermeture des établissements scolaires et de santé, accroissant encore la gravité de l’épidémie de choléra de 2008 (4 300 décès), due, pour sa part, au délabrement du système d’assainissement des eaux usées. La pandémie du VIH/SIDA, avec un taux de prévalence supérieur à 15 %, réduit l’espérance de vie, passée de 57 ans en 1982 à 43 ans aujourd’hui.
Entre 2006 et 2009, l’inflation a atteint plusieurs centaines de millions de %. Ce phénomène a déstabilisé en profondeur le tissu économique du pays.
L’économie zimbabwéenne conserve toutefois des atouts. Les deux principaux sont les infrastructures, qui restent dans certains domaines dans un état acceptable (routes, bâtiments.) et une population instruite. A cet égard, le retour de la diaspora zimbabwéenne ( » 4 M. émigrés) constitue un important défi.
Un redémarrage économique a pu être observé depuis mars 2009 (formation du gouvernement d’union nationale). La mise à l’écart du dollar zimbabwéen et la « dollarisation » de l’économie ont contribué à ce redressement. La croissance du PIB a été positive pour la première fois depuis 10 ans (entre 3 et 5 %). Le retour à un niveau d’activité satisfaisant nécessitera cependant des investissements lourds.
Outre le secteur minier qui a déjà entamé un rebond (or et diamants notamment), les secteurs dont la capacité de reprise est la plus forte sont la distribution et la construction. La consolidation de l’économie passera également par un redémarrage de l’agriculture. Les autres secteurs d’activité, notamment la production manufacturière, seront sans doute plus longs à rétablir en raison de l’ampleur des investissements nécessaires.
La diplomatie zimbabwéenne comporte deux priorités : les frères d’armes, notamment les anciens membres de la Ligne de Front, devenue Communauté pour le Développement de l’Afrique australe (SADC), et les pays qui ont pris des mesures à l’endroit du Zimbabwe suite aux graves violations des droits de l’homme qui y ont été commises en 2001.
1-. Le Zimbabwe entretient des relations étroites avec l’ensemble de ses anciens frères d’armes, parmi lesquels on compte en particulier les membres de La Ligne de Front (Angola, Botswana, Mozambique, Tanzanie et Zambie). Devenue SADC en 1992, celle-ci compte aujourd’hui 15 Etats membres, dont l’Afrique du Sud. Première puissance politique et économique régionale, ce pays a été désigné, par la SADC, dès mars 2007, en qualité de « facilitateur » dans la crise zimbabwéenne. La mission a été confiée au Président Mbeki jusqu’en novembre 2009. Depuis lors, le Président Zuma a désigné trois de ses proches conseillers pour poursuivre cette mission. Outre le domaine politique, les relations entre le Zimbabwe et l’Afrique du Sud sont étroites dans les secteurs économique (un accord de protection réciproque des investissements a été signé entre les deux pays le 27 novembre 2009) et humain (de nombreux Zimbabwéens ont choisi de s’établir en Afrique du Sud lors de l’effondrement de l’économie zimbabwéenne).
La Chine, qui a soutenu les aspirations du Zimbawe à l’indépendance, reste un proche partenaire d’Harare. Les liens entre les deux pays sont notamment de nature politique et économique.
2-. Les graves violations des droits de l’homme commises, en particulier dans le cadre de la mise en œuvre de la réforme agraire en 2001, ont conduit un certain nombre de pays à prendre des mesures à l’endroit du Zimbabwe. Parmi ces pays, on compte notamment les 27 Etats membres de l’Union européenne, les Etats-Unis, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Ces mesures ont pour objet de sensibiliser les autorités zimbabwéennes à la nécessité de rétablir, au plus vite, l’Etat de droit et le respect des libertés fondamentales. Pour leur part, les autorités zimbabwéennes réitèrent, depuis 2002, le caractère injuste de ces dispositions et la nécessité de les lever.
Relations avec l’Union européenne
Après avoir fait part aux autorités zimbabwéennes de sa « profonde préoccupation face à l’escalade de la violence, aux mesures d’intimidation à l’encontre des opposants politiques, au harcèlement de la presse indépendante… » et en l’absence de mesures concrètes pour remédier à cette situation, l’Union européenne a « jugé nécessaire d’adopter des mesures restrictives à l’encontre du gouvernement zimbabwéen et des principaux responsables de ces violations ».
Ces mesures, dont la composante politique s’inscrit dans le cadre d’une « Position Commune » en date du 18 février 2002, comportent plusieurs volets :
un embargo sur les armes et le matériel létal, de même qu’une interdiction de formation ou d’assistance technique concernant l’utilisation de ces matériels ;
des mesures de nature à « empêcher l’entrée ou le transit sur leur territoire » des principaux responsables des violences politiques, des dérogations étant prévues lorsque ces déplacements sont effectués dans le cadre d’activités diplomatiques ou humanitaires ;
des mesures prévoyant la suspension de l’aide budgétaire mais, parallèlement, le maintien de l’appui de l’UE à la société civile, dans le secteur humanitaire et dans celui du rétablissement de l’Etat de droit et du respect des libertés fondamentales.
L’Union européenne reste ainsi le premier bailleur de fonds du Zimbabwe, avec une aide qui s’est élevée à 82 Meuros/an de 2002 à 2008, et qui atteint 110 Meuros annuels depuis 2009 (pm : le gouvernement d’union nationale a été formé en février 2009).
En l’absence, à ce stade, de « progrès tangibles en matière de rétablissement de l’Etat de droit et de respect des libertés fondamentales », les mesures européennes ont été reconduites, chaque année, depuis 2003. L’UE reste cependant disponible pour ré-examiner ces mesures dès que les autorités auront pris les mesures nécessaires au respect des droits de l’homme, des principes démocratiques et de l’Etat de droit. A ce stade et en attendant des signaux politiques forts, l’Union européenne a décidé, lors du réexamen de février 2010, de prendre en compte les progrès enregistrés depuis la formation du gouvernement d’union nationale. Ceci a conduit à deux avancées :
augmentation de l’aide communautaire (cf. supra) ;
suppression de près d’un quart des personnes morales (9/40) figurant sur la liste en annexe des « mesures restrictives ».
Mise à jour : 27.05.10