Présentation du Venezuela

Présentation

Données générales

Données géographiques

Nom officiel : République bolivarienne du Venezuela

Superficie : 912 050 km²

Population : 28,1 millions (part des moins de 15 ans : 29,6% ; 93,4% urbaine et 6,6% rurale)

Densité : 28,5 habitants par km²

Capitale : Caracas

Villes principales : Maracaibo, Valencia, Barquisimeto, Maracay, Merida, Ciudad Bolivar

Langue officielle : espagnol

Langue (s) courante(s) : environ 40 langues autochtones (wayuu, piaroa, pemón, guahibo, etc.)

Monnaie : le bolivar (taux de change unifié depuis le 28 décembre 2010 : 4, 3 bolivars par dollar)

Fête nationale : 5 Juillet, jour de l’Indépendance (1811)

Données démographiques

Croissance démographique : 1,6%

Espérance de vie : 73,4 ans (hommes 70,2 ans ; femmes 76,5ans)

Taux d’alphabétisation : 93,4%

Religions : catholicisme (96%), protestantisme (2%), autres (2%)

Indice de développement humain2009 : 0,7 (75ème sur 169)

Coefficient de Gini : 0,4

Part de la population vivant avec mois de 2 $ par jour : 23,8%

Données économiques

PIB 2010 : 285,7 Md $ (secteur primaire : 16,9% ; secondaire : 23,6% ; tertiaire : 53,5%)

PIB par habitant 2010 : 9973 $

Taux de croissance 2010 : -1,4 %

Taux de chômage 2010 : 8,5 %

Taux d’inflation 2010 : 27,2 %

Solde budgétaire 2010 : -3,8 %

Balance commerciale(hors services 2010) : + 27 Md $

Principaux clients (2010) : États-Unis (49%) ; Chine (10%) ; Inde (7%)

Principaux fournisseurs (2010) : États-Unis (37,3%) ; Chine (12%) ; Brésil (8%)

Exportations de la France vers le Venezuela en 2010 : 360MEUR (+17%)

Importations françaises depuis le Venezuela en 2010 : 269MEUR (+14%)

www.missioneco.org/Venezuela

www2.cciavf.com.ve

Dispositif diplomatique et consulaire français au Venezuela

Consulats de France : section consulaire de l’Ambassade à Caracas, consulats honoraires à Barquisimeto, Carupano, Maracaibo, Maracay, Mérida, Porlamar, Puerto Cabello, Puerto La Cruz et Puerto Ordaz.

Communauté française au Venezuela : 5034 Français inscrits au registre consulaire.

Politique intérieure

- Institutions : Le Venezuela est un État fédéral.

Pouvoir exécutif : adoptée par référendum en décembre 1999, la Constitution vénézuélienne a renforcé le rôle du chef de l’État. Sa révision par référendum du 15 février 2009 permet désormais à tout titulaire d’un mandat électif (président de la République, député de l’Assemblée nationale, député de l’Assemblée régionale, Gouverneurs et maires) de se représenter sans limitation du nombre de mandats consécutifs. Pouvoir législatif : il est monocaméral. Le présidentialisme est atténué par diverses dispositions (motion de censure contre le vice-président et les ministres, droit présidentiel de dissolution soumis à des conditions assez restrictives, possibilité de mettre fin au mandat présidentiel par référendum « révocatoire »). La Constitution a institué un Conseil moral républicain, un défenseur du peuple, un procureur général et un contrôleur général de la République ainsi que des éléments de « démocratie participative », élargissant le champ du référendum et permettant notamment la révocation des mandats du président, mais aussi des députés et des gouverneurs.Pouvoir judiciaire : la professionnalisation de la carrière judiciaire est inscrite dans le bloc de constitutionnalité. Le Tribunal suprême de justice comprend six chambres, dont une chambre constitutionnelle qui veille au respect de la Constitution et est chargée de l’interpréter.

Les principales forces politiques sont :

- du côté de la majorité favorable au président Hugo Chavez : le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), fondé au début de l’année 2007 (après la victoire à l’élection présidentielle de décembre 2006) pour regrouper les formations favorables au chavisme (notamment le MVR, Movimiento Quinta Republica) et le Parti Communiste Vénézuélien (PCV).
- du côté de l’opposition, deux partis se distinguent : Un Nuevo Tiempo (UNT, parti de Manuel Rosales, candidat à la présidentielle de 2006) et Primero Justicia (PJ). Ils côtoient les deux partis historiques du bipartisme vénézuélien : l’Action démocratique (AD), social-démocrate, et le Comité pour des élections indépendantes (Copei), démocrate-chrétien. L’opposition est parvenue à se fédérer en une Table unitaire démocratique (MUD, « Mesa de unidad democratica »), qui rassemble plus d’une trentaine de partis d’opposition, dans la perspective des législatives de septembre 2010. Le principal défi de ce groupement est de faire émerger une personnalité crédible face à Hugo Chavez dans la perspective de l’élection présidentielle de 2012.
- Le parti « Patrie pour tous », parti de centre gauche, cherche à séduire les « ni ni » (ni opposition ni chaviste), qui constitueraient environ 37 % des électeurs. Ce parti représente pour certains observateurs une possible troisième voie et séduit une partie de la classe moyenne. Il n’a toutefois pas convaincu les électeurs lors des élections législatives de septembre 2010 et n’a recueilli que 2, 8% des suffrages.

- Évolution politique et sociale :

Aux affaires depuis février 1999, réélu en 2000 et en 2006, le président Chavez a engagé le Venezuela dans un processus de profonde transformation sociale et politique, la « révolution bolivarienne ». Il revendique l’instauration du « socialisme du XXIe siècle ».

La victoire sans appel au référendum du 15 février 2009 a démontré la popularité d’Hugo Chavez, qui maintient l’unité de ses partisans grâce à son charisme. Cette victoire a marqué un nouveau départ pour le président, avec l’assurance de pouvoir s’inscrire dans la durée, puisqu’il peut désormais se représenter sans limitation du nombre de mandats consécutifs.

S’appuyant sur d’importantes réserves pétrolières (les premières de la planète lorsqu’auront été certifiées les ressources de la ceinture de l’Orénoque), le régime a mis en place une importante politique de redistribution en vue de lutter contre la pauvreté et les inégalités au travers des misiones. Ces vastes programmes sociaux (on en dénombre aujourd’hui plus d’une vingtaine) visent à améliorer l’accès des plus démunis à la santé, l’éducation, l’alimentation, voire l’emploi grâce aux multiples recrutements dans la fonction et les entreprises publiques ainsi que dans de nombreuses institutions para-publiques, des coopératives ou des "entreprises de production socialistes". Ils sont mis en œuvre avec l’aide de 30000 coopérants cubains dont 20000 pour les professions de santé. Près de la moitié des dépenses totales de ces programmes (45,7% du budget 2010) est destinée à réduire la pauvreté qui, selon la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC), a reculé de 54% à 23,8% de 2003 à 2009, avec un chômage qui a chuté sous la barre des 10% et un pouvoir d’achat qui a connu une substantielle augmentation. En outre, de réelles avancées sont à constater dans le cadre des Objectifs du millénaire pour le développement : éducation primaire pour tous (97% des enfants seraient scolarisés au Venezuela) ; lutte contre les inégalités de genre (création d’un Ministère pour la Femme) ; réduction de la mortalité infantile (16,4 pour 1000 habitants) ; santé des femmes ; politique anti déforestation ; accès à l’eau potable (94% de la population y aurait accès).

Le Président Chavez continue de jouir d’une popularité élevée, qui a toutefois connu une baisse tendancielle depuis 2007 (elle est passée sous la barre des 50% d’opinions favorables au courant de l’année 2010). Ce phénomène s’est vérifié lors des élections législatives du 26 septembre 2010. Le parti présidentiel (PSUV - Parti socialiste uni du Venezuela) allié au parti communiste vénézuélien (PCV, un élu sur une liste de coalition) a obtenu la majorité des sièges (98 sur 165) sans pour autant disposer de la majorité des voix (48%). Il est ainsi privé de la majorité qualifiée (99 députés pour les 3/5 ou 110 pour les 2/3). Cette désaffection relative des électeurs traduit deux phénomènes contradictoires. D’une part, un refus chez certains de mesures qui se voudraient révolutionnaires comme les nationalisations, alors que toutes les enquêtes montrent le profond attachement des Vénézuéliens à la propriété privée et au modèle de consommation fondé sur la rente pétrolière ; d’autre part, une attente chez d’autres de mesures plus radicales au bénéfice des populations les plus défavorisées pour étendre les « misiones ».

Opéré à Cuba en juin 2011, le Président Chavez devra suivre un traitement médical au cours des prochains mois à La Havane. Il a délégué dans cette perspective une partie de ses pouvoirs (fonctions administratives et gestion du budget) à ses vices-présidents, Elias Jaua et Jorge Giordani, mais continue de gérer les principaux dossiers.

Situation économique

Avec un PIB de 285,7 Mds USD en 2010 et doté des réserves de pétrole parmi les premières au monde (314 Mds de barils), le Venezuela est la 4èmepuissance économique d’Amérique latine derrière le Brésil, le Mexique et l’Argentine. Le pays a connu de 2000 à 2010 une croissance annuelle moyenne de son PIB de 3,3% marquée cependant par des phases d’expansion (2000-2002 et 2004-2008) et de récession (2003, grève dans le secteur pétrolier et 2009-2010). Très sensible aux chocs externes, en particulier aux fluctuations des cours du pétrole, elle a ainsi chuté en 2009 et 2010 (-3,3% et -1,4% respectivement), contrastant avec l’évolution des autres pays d’Amérique latine ; elle est en train cependant se relever (+1 à 2% au 1er trimestre 2011).

La compagnie pétrolière, PDVSA, contribue directement à 30% du budget de l’État et à plus de la moitié indirectement. En outre, elle finance la plupart des axes prioritaires de la politique bolivarienne, notamment l’intégralité des programmes sociaux, ainsi que certaines nationalisations et la coopération internationale et régionale au sein de l’ALBA (Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique).

Le gouvernement doit aussi faire face à la conjonction de deux crises sectorielles graves : le manque d’eau dans le pays et le déficit de production du secteur électrique, généré par l’absence d’investissements adaptés depuis de longues années. Le modèle économique vénézuélien constitue une économie mixte sui generis, entre économie rentière administrée, consommation de masse et socialisation croissante des moyens de production.

Politique extérieure

La rhétorique « anti-impérialiste » vis-à-vis des États-Unis du président Bush a forgé la politique étrangère d’Hugo Chavez et amené Caracas à nouer des relations de plus en plus étroites avec des partenaires « sensibles » vus de Washington comme l’Iran. Au-delà de cette posture (qui n’a pas fondamentalement évolué avec l’administration Obama), Hugo Chavez cherche à bâtir, depuis son accession au pouvoir, une diplomatie Sud-Sud émancipée des États-Unis et de l’Europe et à promouvoir l’instauration d’un monde multipolaire (nouvelles alliances « stratégiques » avec la Chine, la Russie et l’Iran ainsi que, sur un mode mineur, la Biélorussie, l’Ukraine, la Syrie, la Lybie et le Vietnam). Caracas a pour ambition de développer l’influence des pays du Sud et de renforcer la coopération qui existe entre eux.

Le président Chavez défend ainsi ouvertement la politique nucléaire de l’Iran (il s’est déjà rendu à sept reprises à Téhéran et Mahmoud Ahmadinejad à quatre reprises à Caracas). Il se veut également un défenseur de la cause palestinienne. Il a ainsi rompu les relations diplomatiques avec Israël par solidarité avec les Palestiniens (après l’opération « plomb durci » dans la bande de Gaza). Le Président Chavez a également exprimé son soutien à M. Khadafi et a vu dans l’intervention de l’OTAN en Libye une agression impérialiste visant à s’emparer des richesses en pétrole de ce pays. De même, il a apporté son appui à Bachar El Assad en Syrie.

Le Venezuela a développé des relations exceptionnelles avec la Chine où Hugo Chavez s’est rendu à six reprises depuis 1999 (les deux dernières en septembre 2008 et avril 2009). Avec la Russie, l’accent est mis sur la coopération industrielle et militaire avec l’espoir du Venezuela d’obtenir d’importants transferts de technologie. Mais la dimension politique n’est pas absente puisque le Président Chavez a reconnu l’indépendance des régions séparatistes géorgiennes, l’Abkhazie et l’Ossétie du sud. Cela vaut également pour l’Afrique (le Venezuela a accueilli en septembre 2009 le deuxième Sommet Afrique-Amérique du Sud ; le premier s’était tenu à Abuja en 2006). Le Venezuela a ouvert plusieurs ambassades sur ce continent et, avec 18 représentations, détient désormais le troisième réseau sud-américain après Cuba et le Brésil.

Les Etats-Unis demeurent toutefois le principal client pétrolier et le premier partenaire économique et commercial du Venezuela. Ils paient leurs achats au prix du marché et constituent par conséquent la première source de liquidités dont le Venezuela a besoin.

Caracas est également attaché à développer ses relations avec quelques Etats membres de l’Union européenne : Espagne, France, Italie et Portugal.

Le deuxième socle de la politique étrangère du Venezuela, l’intégration régionale, se nourrit de la référence à la « grande Colombie » de Simon Bolivar. Elle se développe selon deux modalités :
- un axe idéologique (« bolivarien »), dans le cadre de ALBA qui regroupe neuf pays d’Amérique latine et des Caraïbes : Antigua-et-Barbuda, Bolivie, Cuba, Dominique, Équateur, Honduras, Nicaragua, Saint-Vincent-et-les Grenadines et Venezuela et en s’appuyant sur l’initiative énergétique régionale Petrocaribe (fourniture de pétrole, à des conditions préférentielles, aux États d’Amérique centrale et des Caraïbes) ;
- une logique plus « géographique », à travers l’Union des Nations sud-américaines (UNASUR) qui rassemble les 12 États d’Amérique du Sud : Argentine, Bolivie, Brésil, Chili, Colombie, Équateur, Guyana, Paraguay, Pérou, Suriname, Uruguay et Venezuela et de la future Communauté des États latino-américains et caribéens (CELAC), regroupant les 32 États latino-américains et caribéens à l’exception des États-Unis et du Canada, dont le projet a été lancé en février 2010 à Cancun et dont l’inauguration, qui devait avoir lieu le 5 juillet 2011, lors du bicentenaire de l’Indépendance du Venezuela, a été reportée en raison de l’opération du Président Chavez. En outre, le Venezuela a quitté la CAN en 2006 pour adhérer au MERCOSUR (dont il n’est toujours pas membre à part entière par défaut de ratification de l’accord par le Paraguay).

En ce qui concerne la Colombie, l’accession du Président Juan Manuel Santos au pouvoir a permis une rapide normalisation des relations traditionnellement mouvementées (rétablissement des relations diplomatiques ; reprise partielle des échanges commerciaux ; dialogue entre militaires sur la défense de la longue frontière commune). Les deux Chefs d’Etat se sont déjà rencontrés à trois reprises depuis la prise de fonctions de Juan Manuel Santos en août 2010. Les deux pays se partagent, en outre, pour les deux ans à venir, le secrétariat général de l’UNASUR.

Mise à jour : 27.07.11

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