France-Diplomatie
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Turquie

Politique extérieure

1. La relation avec l’UE
2. Les relations avec les Etats-Unis
3. Rôle régional
4 - Les intérêts périphériques

1. La relation avec l’UE

La relation avec l’UE est une priorité de la politique étrangère turque (cf. chronologie).

A ) La Turquie est liée à l’UE depuis 1964 par un accord d’association et, depuis 1996, par une Union douanière.

B ) En 1987, la Turquie a déposé sa candidature pour l’adhésion à l’Union européenne,des négociations ont donc été ouvertes avec l’UE le 3 octobre 2005. Les négociations sur le chapitre « science et recherche » ont été ouvertes et provisoirement closes le 12 juin 2006 ; les négociations sont actuellement en cours sur sept chapitres (« politique industrielle et de l’entreprise » -ouvert le 29 mars 2007-, « statistiques » et « contrôle financier - ouverts le 26 juin 2007, « santé et protection des consommateurs » et « réseaux transeuropéens » -ouverts le 19 décembre 2007-, « droit des sociétés » et « droit de la propriété intellectuelle » -ouverts le 17 juin 2008- ). Ces négociations sont menées conformément aux conclusions du Conseil européen de décembre 2007 qui laissent ouvertes les deux issues possibles au processus de négociation.

C ) La Turquie bénéficie d’un ensemble d’instruments destinés à soutenir son rapprochement avec l’UE :
-  des rapports annuels de la Commission évaluant ses progrès en matière notamment de réformes politiques, économiques, et d’alignement sur l’acquis communautaire. Le dernier rapport de progrès a été publié par la Commission le 6 novembre 2007
-  un partenariat (qui identifie les priorités de réforme à court et moyen terme que doit mettre en œuvre la Turquie pour se rapprocher de l’U.E). Le dernier partenariat a été adopté par l’UE le 18 février 2008.
-  une aide financière de l’UE sous deux formes : · prêts de la BEI dans le cadre du mécanisme de préadhésion qui regroupe les pays engagés dans le processus d’adhésion à l’UE et les pays candidats potentiels. Ces financements se monteront à environ 2 milliards d’euros pour la période 2007-2009. La Turquie bénéficie également de la Facilité euro-méditerranéenne d’investissement et de partenariat (FEMIP). (voir le site de la BEI)

· dons versés sur la base du nouvel Instrument d’aide à la préadhésion (IPA) qui constitue depuis le 1er janvier 2007 le cadre unique de l’aide financière aux pays des Balkans occidentaux et à la Turquie. L’assistance est composée de 5 volets : renforcement institutionnel, coopération transfrontalière, développement régional, développement des ressources humaines, développement rural. La Turquie bénéficiera dans ce cadre de 2,256 milliards d’euros d’aide pour la période 2007-2010 (voir le site de la Représentation permanente auprès de l’UE)
-  un dialogue politique et économique renforcé avec l’UE
-  un dialogue entre les sociétés civiles : cofinancé par IPA, ce dialogue cible en particulier les organisations professionnelles, collectivités locales, universités et organisations de jeunesse. 21,5 millions d’euros ont été consacrés par l’UE à ce dialogue en 2006 (voir le site de la délégation de la Commission en Turquie) La France soutient le rapprochement européen de la Turquie par le biais de sa coopération bilatérale (cf. relation France-Turquie) et par sa participation aux projets financés par l’assistance financière communautaire : assistance technique, jumelages institutionnels entre administrations françaises et turques, implication d’organisations françaises dans les projets relatifs à la société civile.

2. Les relations avec les Etats-Unis

Membre de l’OTAN, partenaire dans les domaines de l’armement et de l’énergie (construction de l’oléoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan), la Turquie est un partenaire des Etats-Unis et de la Communauté internationale dans son ensemble, également dans la lutte contre le terrorisme.

Sur le dossier irakien : le gouvernement turc a décidé, en novembre 2003, de ne pas envoyer de troupes. Il a toutefois autorisé depuis lors l’utilisation de la base d’Incirlik pour les rotations de troupes américaines. La Turquie reste très vigilante sur l’évolution du statut de la région autonome du Kurdistan irakien.

Les Etats-Unis ont eu un poids décisif dans l’assistance financière obtenue par Ankara auprès des institutions financières internationales (31 milliards de dollars) pour sortir de la crise économique. Ils lui ont par ailleurs accordé en 2003 un prêt bilatéral de 8,5 milliards de dollars. Les contacts à haut niveau sont fréquents (visite du vice-président américain en Turquie en mars 2008, visite du Premier Minstre et du Président turc aux Etats-Unis en novembre 200 et janvier 2008).

3. Rôle régional

- Grèce

Depuis juin 1999, les rapports gréco-turcs se renforcent et se diversifient. De nombreux accords bilatéraux ont été conclus, dans des domaines très variés (énergie, immigration, tourisme, environnement, réseau de routes aériennes en mer Egée). M. Erdogan a effectué une visite en Grèce en juillet 2004. Le Premier Ministre grec a effectué une visite officielle en Turquie en du 23 au 25 janvier 2008.

- Proche Orient

La Turquie souhaite favoriser la stabilité dans cette région du monde et développer des relations de bon voisinage avec ses différents voisins. Le gouvernement Erdogan travaille à valoriser son rôle de « pont » entre les pays occidentaux et le monde musulman. En effet, la Turquie occupe une position exceptionnelle au Proche et Moyen Orient, dans la mesure où elle entretient de bonnes relations avec tous les pays de la région, que ce soit au niveau des Etats ou celui des sociétés civiles. Ankara bénéficie notamment de la confiance de Damas et de Tel Aviv, ce dont ne peut se prévaloir aucun pays arabe et confère à Ankara un rôle de médiateur. La Turquie jouit du même avantage au Liban, où elle est en bons termes avec toutes les parties, et en Palestine où elle entretient des contacts avec toutes les parties dont le Hamas. Les visites croisées (le président turc Ahmet Sezer en Israël en 2006 ou Shimon Peres lors de sa visite à Ankara en décembre 2007), l’engagement turc lors de la conférence des donateurs pour les Territoires palestiniens à Paris en décembre 2007 ou le projet turc de création d’une zone franche dans les Territoires, la visite du Premier Ministre turc en Syrie le 26 avril dernier et le rôle de la Turquie dans l’accord de Doha illustrent ce rôle de médiation essentiel.

S’agissant en particulier de l’Irak, la Turquie est intéressée par l’évolution de ce pays à plusieurs titres : la question kurde, la protection des droits de la minorité turcomane (évaluée à 800 000 personnes), la reprise des relations économiques (l’Irak était avant les sanctions un partenaire économique majeur pour la Turquie) ainsi que la sécurité de ses ressortissants (la Turquie déplore une centaine de morts, notamment des chauffeurs de camions, en Irak). Ankara s’attache à maintenir le dialogue avec toutes les parties. La Turquie a pris l’initiative, en janvier 2003, d’une première conférence régionale regroupant les pays voisins de l’Irak. La seconde conférence s’est tenue à Istanbul en novembre 2007.

Ankara a fait un effort important pour donner un nouvel élan à ses rapports avec certains pays arabes (notamment l’Egypte et la Jordanie) et développer ses relations économiques. Elle a ainsi signé, début 2004, trois accords avec la Syrie pour encourager les investissements et le tourisme. Avec l’Iran, la Turquie est liée par un accord gazier.

Son rôle de « pont » s’exprime aussi dans la promotion de l’ « Alliance des civilisations » dont M. Erdogan est co-parrain avec M. Zapatero, Président du Gouvernement espagnol. La Turquie est par ailleurs active au sein de l’organisation de la conférence islamique (O.C.I.).

- Caucase

Le Caucase est redevenu pour la Turquie une zone d’intérêt prioritaire. La préoccupation de sécurité domine la diplomatie turque dans la région. La Turquie entretient traditionnellement avec l’Azerbaïdjan des relations politiques de premier ordre, relayées par une communauté de valeurs culturelles et linguistiques. Les intérêts stratégiques et économiques forts renforcent ces liens : la résolution du conflit du Haut-Karabagh, transit de la production pétrolière et gazière, coopération militaire et parrainage de l’Azerbaïdjan vis-à-vis de l’OTAN.

Les relations avec l’Arménie restent en revanche marquées par le très lourd contentieux historique des massacres de 1915. Ankara maintient son blocus à l’égard de l’Arménie cependant qu’elle a assoupli le régime de délivrance des visas pour les Arméniens. La visite du Président Gül à Erevan le 6 septembre 2008 a été accueillie comme un geste permettant de créer un climat favorable à la normalisation des relations entre les deux pays.

La position géographique de la Turquie en facilitant les débouchés de la production pétrolière et gazière des pays producteurs de la région, conforte le rôle stratégique de la Turquie dans la diversification des voies d’approvisionnement en hydrocarbures de l’Europe. l’oléoduc et le gazoduc Bakou-Tbilissi-Ceyhan (BTC) pour acheminer le pétrole de la mer Caspienne et le gaz venant du gisement azéri de Shah Deniz (tracé Bakou-Erzurum). Le BTC a été officiellement inauguré en juillet 2006. Le projet porte sur un volume de 50 Mtonnes par an.

le gazoduc « courant bleu » (« blue stream »), long de 1 270 km, qui traverse la Mer Noire et livre la Turquie en gaz russe. Il a été officiellement inauguré en novembre 2005 par MM. Poutine, Berlusconi et Erdogan, trois ans après sa mise en fonctions.

le projet de gazoduc « Nabucco », qui vise à acheminer le gaz de la région de la Caspienne à l’Autriche à travers la Turquie, la Bulgarie, la Hongrie et constitue un des projets d’intérêt européen identifiés en matière d’interconnexions énergétiques

Depuis le déclenchement de la crise en Géorgie, le 7 août 2008, la Turquie a réaffirmé sa volonté de s’impliquer plus fortement dans la région en proposant une « plateforme de stabilité et de coopération pour le Caucase ».

4 - Les intérêts périphériques

- Russie

Les deux pays entretiennent d’importantes relations commerciales. De nombreuses rencontres bilatérales se sont tenues à haut niveau

- La Mer Noire

Ayant inspiré l’idée d’une organisation de coopération économique de la Mer Noire (11 membres), créée en juin 1992 (CEMN), la Turquie a obtenu l’installation du secrétariat général à Istanbul. La Banque pour le commerce et le développement de la Mer Noire est installée à Salonique. Des groupes de travail sont constitués (notamment communication, tourisme, science et technologie, énergie, transports) et des arrangements entre forces navales ont été conclus pour mener des opérations environnementales au cas par cas (« black sea force »).

- Asie centrale

La Turquie développe ses relations avec les républiques turcophones. Elle a assuré à plusieurs reprises depuis 2002, le commandement de la FIAS en Afghanistan.

Deux organisations permettent de faciliter et d’augmenter les échanges de la Turquie avec les pays de cette zone : l’OCE (Organisation de Coopération Economique) composée de 10 pays musulmans (républiques turcophones ex-soviétiques plus la Turquie, l’Iran, le Pakistan, l’Afghanistan et le Tadjikistan), qui représente une région de 300 M d’habitants, et le Sommet des pays turcophones qui regroupe les républiques turcophones de l’ex-URSS et la Turquie (il permet de développer une coopération à six). A titre bilatéral, la Turquie vise à consolider ses échanges commerciaux.

- Balkans

L’engagement de la Turquie dans cette région est lié à un héritage historique et à la présence de minorités d’origine turque dans les pays balkaniques (Bulgarie, Roumanie, Macédoine, Grèce, Kosovo). La communauté turque kosovare compte aujourd’hui encore environ 30 000 personnes. La Turquie s’est engagée au sein de la KFOR (990 hommes) et de la MINUK. Les Macédoniens Turcs constituent la deuxième minorité de l’ancienne République yougoslave de Macédoine, après les Albanais.

Mise à jour : 11.09.08.