Géographie et Histoire (Source : MFE)
Sommaire
Géographie
Décalage horaire (par rapport à Paris) : 1 heure de plus.
1) Situation
a) Présentation générale
La Turquie a une superficie de 779 452 km², dont 97% situés en Asie Mineure et 3% en Europe (une partie de la Thrace), reliés par les détroits des Dardanelles et du Bosphore.
Ses frontières terrestres sont, à l’ouest avec la Grèce et la Bulgarie, au nord-est avec la Géorgie, à l’est avec l’Arménie et l’Iran, au sud, avec l’Irak et la Syrie. Elle est baignée au nord par la mer Noire, à l’ouest par la mer Egée et la mer de Marmara, au sud par la Méditerranée. Elle compte au total près de 8000 km de côtes.
Occupé en presque totalité par le plateau anatolien (1500 km d’est en ouest), près de 80% du territoire se trouve à une altitude supérieure à 500 mètres. Le plateau central est enserré par des chaînes montagneuses s’élevant à plus de 3000 mètres : la chaîne Pontique au nord-est, le Taurus au sud et l’Anatolie orientale où les sommets dépassent 4000 m (mont Ararat 5.165 m).
Parmi la dizaine de lacs situés dans le pays, les plus importants sont le Van (1.713 km²) et le Tuz Gölu (1.600 km²). Les principaux fleuves sont : Kizilirmak (Halys), long de 1.355 km, Sakarya (Sagaris), 824 km, Seyhan (Sarus), 560 km. Le Tigre et l’Euphrate prennent leur source dans l’Est de la Turquie.
La végétation est de type méditerranéen sur les côtes, forêts dans les montagnes, steppe sur la majeure partie du plateau anatolien qui est largement cultivé.
b) Liaisons avec la France
3000 km environ séparent Ankara de Paris, 2500 km Istanbul de Paris.
Les compagnies Air France, Turkish Airlines, Lufthansa, Austrian Airlines… assurent des services réguliers vers la Turquie.
La durée du vol Paris-Istanbul est de 3h30, la fréquence des vols quotidienne.
Il n’existe plus de vol direct Ankara-Paris. Plusieurs possibilités pour rejoindre Paris : via Istanbul (Air France, Turkish Airlines…), via Francfort et Munich (Lufthansa), via Vienne (Austrian Airlines).
Par bateau, des compagnies assurent un service régulier : Deniz Yollari (Ferry), Turkish maritime Lines. La durée du voyage est de 3 jours au départ d’Izmir jusqu’à Venise, la fréquence est hebdomadaire.
Par la route, le voyage peut se faire en 50 heures environ via l’ex-Yougoslavie. Il faut compter sensiblement plus, en faisant un détour, soit par la Roumanie et la Slovaquie, soit par la Grèce et le sud de l’Italie (par ferry).
2) Population
Les Turcs, qui se sont agrégés à partir des 11ème et 13ème siècles aux populations antérieures, représentent au moins 80% de la population. Une forte minorité kurde (entre 10 et 12 millions), d’origine indo-européenne, est implantée principalement dans l’Est du pays dont elle est originaire (environ 5 millions), et dans les grandes villes de l’Ouest (environ 6 millions). La Turquie compte également de petites minorités arabe (environ 350 000 personnes), arménienne (environ 50 000 personnes), juive (environ 25 000 personnes) et grecque (environ 3 000 personnes), principalement installées à Istanbul.
La Turquie connaît une forte émigration en direction de l’Europe. Plusieurs millions de Turcs sont établis en Allemagne (environ 3 millions) et au Bénélux. Environ 350 000 Turcs vivent en France.
3) Climat
Le climat est extrêmement varié : il est méditerranéen et sub-méditerranéen sur les côtes de l’Egée, de la Méditerranée et dans la zone des détroits ; océanique, doux et très humide sur les côtes de la mer Noire ; continental, sec ou semi-aride, marqué par une forte amplitude thermique (- 20° l’hiver, + 30° l’été) sur le plateau anatolien ; montagnard, rigoureux et humide dans la chaîne Pontique, le Taurus et le Nord-Est (Caucase).
A Ankara, les températures estivales sont supportables en raison de l’altitude (900m) et du faible degré d’hygrométrie. Une forte pollution peut régner l’hiver dans certains contextes météorologiques. Elle a cependant tendance à décroître en raison de la généralisation du chauffage au gaz.
A Istanbul, le climat est très chaud et humide l’été, et relativement doux l’hiver. La pollution reste très forte l’hiver ; en raison des difficultés financières de la municipalité, la généralisation du chauffage au gaz avance très lentement. La pluviométrie varie de 500 à 1000 mm.
4) Villes principales
a) Ankara
Capitale politique de la Turquie, Ankara est la deuxième ville du pays après Istanbul. Essentiellement résidentielle, elle présente un fort contraste entre la ville ancienne, aux rues étroites et sinueuses, et la ville moderne, planifiée en 1928 et aérée par de larges avenues. Appelée Angora au XIXe siècle, la ville succéda à Istanbul comme capitale du pays en 1923, après la fondation de la république de Turquie et fut rebaptisée Ankara en 1930.
Capitale politique et militaire, Ankara est le siège du gouvernement, du Parlement, des grandes administrations et des représentations diplomatiques. Elle possède également des industries métallurgiques, chimiques et textiles (mohair) et quelques fabriques de tapis, d’articles de cuir, de matériel agricole ainsi que des cimenteries. Important marché agricole, on y trouve des produits régionaux (vin, fruits et blé). La ville, qui possède également un secteur tertiaire en phase de développement, est par ailleurs devenue un important centre culturel, où se sont implantés les principaux médias et les théâtres nationaux. Elle abrite aussi des bibliothèques, des musées - le Musée hittite présente de remarquables témoignages de la civilisation anatolienne - et plusieurs universités.
La population est estimée à 4millions d’habitants (recensement de 2000).
b) Istanbul
Créée en 324 ap. J.-C. par l’empereur romain Constantin Ier le Grand, sur le site de l’antique Byzance, Constantinople fut successivement la capitale de l’Empire byzantin (395-1453) puis celle de l’Empire ottoman (1453-1923). Aujourd’hui capitale économique, Istanbul est le principal centre industriel, commercial et financier du pays. L’économie de la ville profite très largement des avantages liés à sa localisation. En effet, elle bénéficie du dynamisme agricole qui caractérise la région avec la production de coton, de fruits, d’olives et de tabac. Les principales industries en plus de l’agro-alimentaire sont la construction navale, la cimenterie, la verrerie, la métallurgie, la chimie, la construction électrique, le textile et l’industrie du cuir.
Istanbul représente le quart de l’activité commerciale du pays notamment grâce à son activité portuaire d’où transite la grande majorité des exportations et des importations turques. Une des fonctions principales est liée à sa localisation. Porte entre l’orient et l’occident, cette ville est depuis des millénaires un nœud de communication majeur.
De plus, le tourisme permet un apport de devises important. Grand centre universitaire, Istanbul accueille le tiers des étudiants turcs dans ses six universités, parmi lesquelles les universités d’Istanbul (1453), de Marmara (1883) et de Yildiz (1911).
c) Izmir
3,3 millions d’habitants. Cette ville (anciennement Smyrne) est la capitale de la province éponyme.
Izmir est le deuxième pôle industriel turc (industrie mécanique, textile, agro-alimentaire, tabac, chimie). Desservie par un réseau ferroviaire dense, cette ville est un des principaux ports maritimes de la Turquie. C’est aussi un centre universitaire et culturel majeur.
d) Adana
Ville située au sud de la Turquie, c’est la capitale de la province éponyme. Adana profite de sa localisation pour jouer une rôle dans la distribution et la diffusion de la production agricole locale (coton, blé, orge, raisin, agrume, olive et tabac). Le secteur industriel de la ville est principalement tourné vers le textile, le tannage du cuir et le traitement de la laine.
e) Bursa
Bursa est un port sur la mer de Marmara. La ville est célèbre pour ses mosquées issues de différentes influences perses, arabes et byzantines. Située dans le nord-ouest de la Turquie, ses principales activités industrielles sont la filature de la soie et l’activité portuaire.
f) Konya
Au centre de la Turquie, ville commerciale de 1,9 million d’habitants, Konya recèle des industries du tapis et du cuir dynamiques. Ville sainte pour les musulmans, elle possède des jardins irrigués, plusieurs belles mosquées et le couvent de Maulana, qui abrite des derviches tourneurs et le tombeau du fondateur de l’ordre, Jalal adl-Din Rumi. Elle est le siège de l’université de Selçuk (1975).
La région alentour est connue pour l’élevage de chevaux et de chameaux.
Histoire
Fondation de la République de Turquie
Le traité de Sèvres signé en 1920 entre les Alliés et le Sultan, qui s’était rangé aux côtés de la colition des Empires centraux pendant la Première Guerre mondiale, parachève la fin de l’empire ottoman et l’occupation par les Alliés d’une très grande partie du territoire. Seule l’Anatolie centrale demeure sous souveraineté turque .
La « guerre d’indépendance » menée par Mustafa Kemal contre les puissances occupantes puis la seule armée grecque, conduit au départ des troupes étrangères et à un nouveau traité signé à Lausanne en 1923, qui modèle les frontières de la Turquie moderne, abolit les capitulations, et reconnaît la légitimité du régime d’Atatürk mais impose aussi à Athènes un douloureux échange des populations grecques d’Anatolie contre les populations turques de Grèce. Seuls demeurent les Grecs d’Istanbul (et les Turcs de Thrace en Grèce), minorité reconnue. Le 29 octobre 1923, la Grande Assemblée nationale proclame la République et élit Mustafa Kemal comme premier Président de la République. Un an plus tard, une nouvelle Constitution, qui supprime le califat, ouvre l’ère des réformes : adoption du code civil et pénal, de l’alphabet latin, de l’école primaire gratuite et obligatoire, du droit de vote et d’élection des femmes et de l’Etat laïc.
L’histoire moderne de la Turquie restera marquée par la prédominance des militaires. Le pays connaîtra trois coups d’Etat militaires de 1960 à 1980. La victoire des libéraux aux législatives de 1983 ouvrira cependant une ère de pouvoir civil avec des élections démocratiques et un tournant dans la modernisation économique et politique du pays sous la conduite de Turgut Ozal, Premier ministre puis président de la République. La vie politique restera toutefois sous surveillance des militaires qui, s’estimant garants des dogmes du kémalisme et de la laïcité, n’hésiteront pas à peser de tout leur poids dans les affaires civiles surtout lorsque le gouvernement leur semblera une menace pour les fondements de la République. S’appuyant sur une législation encadrant très restrictivement les partis politiques, l’establishment kémaliste, via la justice, démettra d’ailleurs le gouvernement d’orientation islamiste de Necmettin Erbakan en 1997 et dissoudra son parti.
Liens utiles
- Instantanés diplomatiques
- Documents de référence
-
Traités bilatéraux
-
Déclarations de politique étrangère
-
Chronologie des relations bilatérales






