En réponse à la demande d’aide des autorités turques et dans un esprit de solidarité, le ministre des Affaires étrangères et européennes a décidé d’envoyer un lot important de grandes tentes familiales, de couvertures et de matériel humanitaire destinés aux ressortissants syriens réfugiés en Turquie. L’avion convoyant ce matériel quitte Paris le 3 mai à destination d’Adana, centre logistique des secours turcs.
Histoire des relations franco-turques : voir le site de l’ambassade de France en Turquie : http://www.ambafrance-tr.org/spip.p…
Par-delà les divergences sur la question de l’adhésion de la Turquie à l’UE et la sensibilité de la question du génocide arménien, la France considère la Turquie comme un pays partenaire important, avec lequel elle souhaite entretenir une relation forte, amicale et pérenne. Notre dialogue bilatéral est étoffé :
une convergence sur les grands dossiers d’actualité internationale : nos deux pays ont mené des concertations régulières sur les questions internationales : sur la crise financière, le G20, les questions climatiques, les crises au Proche et Moyen-Orient, l’Afghanistan. La concertation est également étroite dans le cadre de l’Union pour la Méditerranée.
une coopération en matière de lutte contre le terrorisme : la France a mené plusieurs actions policières et judicaires contre le PKK sur son territoire. La signature d’un accord de sécurité franco-turc le 7 octobre 2011 à Ankara, à l’occasion de la visite du ministre de l’intérieur, a constitué une avancée importante.
- nos relations ont été marquées par la visite, le 25 février 2011, à Ankara, du Président de la République dans le cadre de la présidence française du G20, qui a été l‘occasion d’évoquer les nombreux sujets sur lesquels nous souhaitons approfondir notre coopération. Le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan s’est pour sa part rendu en France en avril 2010, pour la clôture de la Saison turque. La visite en Turquie du ministre d’Etat, ministre des Affaires étrangères, les 17-18 novembre 2011, a souligné la grande qualité du partenariat bilatéral sur les enjeux de politique étrangère, en particulier le Proche orient et la crise syrienne.
Les relations économiques et commerciales bilatérales entre la France et la Turquie ont connu, au cours des dernières années, un développement considérable, à tel point que chacun des deux pays apparait désormais pour l’autre comme un partenaire majeur : la Turquie est notre troisième pays client hors UE, après les Etats Unis et la Chine, et notre 10ème client dans le monde. L’objectif ambitieux de faire passer nos échanges de 10 à 15 Mds € entre 2009 et 2012 apparaît tenable.
Pour les 10 premiers mois 2011, les exportations françaises en direction de la Turquie ont progressé de 13 %, pour atteindre 5,7 Mds EUR, tandis que les importations atteignaient 4,9 Mds EUR.
La France a bénéficié d’une balance commerciale légèrement excédentaire, avec un taux de couverture au premier semestre 2011 de 124%. Ce haut niveau de relations commerciales repose largement sur les échanges de matériel de transports. Mais il faut relever que notre part de marché accuse un léger recul, de 4,5% au premier semestre 2010 à 4,2% au premier semestre 2011. La France occupe, fin 2010 et en termes de stocks, le 6ème rang des investisseurs étrangers en Turquie avec 10,3 Mds USD, derrière les Pays-Bas (38,2 Mds USD), l’Allemagne (17,4 Mds USD), les Etats-Unis (15,2 Mds USD), le Royaume-Uni (14,5 Mds USD) et le Luxembourg (12,6 Mds USD). Le stock d’investissements français représente 5,7 % du stock global d’IDE en Turquie et 7,2 % du stock européen. Renault est la première entreprise exportatrice de Turquie, et va y produire sa première berline électrique. AXA est le premier assureur de Turquie L’essor des investissements français en Turquie date de la seconde moitié des années 1980. Le nombre d’implantations françaises est ainsi passé de 15 en 1985 à près de 400 aujourd’hui, concentrant près de 100 000 emplois. A l’inverse, la présence turque en France est très faible (0,1 Mds EUR au 31 décembre 2009). Le principal secteur d’implantation des investissements turcs demeure le textile habillement (50 %). La localisation régionale se délimite principalement en trois régions : l’Alsace qui accueille 50 % des projets d’implantation des entreprises turques, l’Ile-de-France (17 %) et la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (17 %).
La Turquie est un partenaire majeur de la France dans ce domaine.
La coopération institutionnelle et technique (dont fonction publique et gestion du territoire) est particulièrement importante. Cette coopération vise au renforcement de l’État de droit, des libertés publiques et à l’accroissement de la capacité administrative par la formation aux affaires européennes pour les hauts fonctionnaires, la formation des préfets et des magistrats, l’appui à la modernisation des forces de police.
La coopération éducative et linguistique vise à accompagner la réforme éducative en cours en Turquie et à relancer l’enseignement du français. Car malgré une implantation ancienne de la francophonie, seuls 1% des élèves turcs parlent le français. L’objectif est d’augmenter le nombre d’apprenant de français en saisissant l’opportunité offerte par l’instauration récente d’une deuxième langue obligatoire dans les lycées turcs.
Les instruments de la francophonie sont : 1/ un réseau d’établissements bilingues qui comprend : le lycée et l’université de Galatasaray ; six établissements privés congréganistes français ; la fondation laïque privée turque Tevfik Fikret 2/ la MICEL (Mission de Coopération Éducative et Linguistique), établissement à autonomie financière créé en 1994, qui emploie 116 enseignants.
Dans le domaine de la recherche, en plein essor dans la société turque, la priorité est à la structuration de la coopération autour du Programme Bosphore (Partenariat Hubert Curien) avec le Tübitak (équivalent du CNRS). Dans le domaine des sciences sociales et humaines et de l’archéologie, nous disposons d’un remarquable instrument avec l’Institut français d’études Anatoliennes (IFEA) « Georges Dumézil », fondé à Istanbul en 1930.
En matière de coopération universitaire, le nombre d’étudiants turcs choisissant la France pour poursuivre leurs études (2.094 aujourd’hui) augmente, mais reste insuffisant. La France est le 3ème pays d’accueil (après l’Allemagne et les États-Unis). La promotion de l’enseignement supérieur français s’effectue notamment avec la création de 2 agences Campus France en 2007. L’offre de bourses à destination des étudiants turcs est également développée (en 2010, 241 bourses, tous financements confondus, ont été attribuées à des étudiants turcs pour venir étudier en France). La France occupe une position particulière en Turquie grâce au succès de l’université Galatasaray à Istanbul, dont le Haut comité de parrainage est présidé par M. Alain JUPPÉ. Créée en 1992, l’université est composée de 5 facultés (droit, communication, sciences économiques et administratives, sciences et lettres, ingénierie et technologie) qui accueillent plus de 3250 étudiants répartis sur 5 années d’enseignement.
La coopération culturelle et artistique s’appuie sur « l’Institut français de Turquie », un établissement culturel unique disposant de trois implantations à Ankara, Istanbul et Izmir. Deux événements phares se sont inscrits dans le cadre de cette coopération, entre 2009 et 2010 :
La Saison de la Turquie en France (1er juillet 2009 au 31 mars 2010)
Officiellement lancée le 9 octobre 2009 par le Président de la République et son homologue turc avec l’inauguration de l’exposition consacrée à Istanbul au Grand Palais, la Saison de la Turquie a compté plus de 400 évènements culturels et économiques (expositions, photographie, architecture, cinéma, concerts, théâtre, débat d’idées etc.) qui se sont déroulés dans toute la France et qui ont impliqué tant l’Etat que les collectivités territoriales et le secteur privé. Cette Saison a remporté un grand succès auprès du public. www.saisondelaturquie.fr .
Istanbul 2010, capitale européenne de la Culture
Istanbul a été la capitale européenne de la culture en 2010, conjointement avec les villes d’Essen (Allemagne) et Pecs (Hongrie). Les objectifs poursuivis par les autorités turques ont été d’améliorer les infrastructures culturelles et patrimoniales de la ville, l’accessibilité à la culture des quartiers périphériques défavorisés et la mise en valeur de la diversité et de l’histoire d’Istanbul. L’ingénierie culturelle de la France a été attendue au plus haut niveau par les organisateurs qui souhaitaient privilégier les relations avec notre pays dans les domaines artistique et culturel et bénéficier ainsi des relations développées au travers de la Saison de la Turquie en France.
Mise à jour : 11.04.12
