Tchad

La France et le Tchad

Brève

Sénégal - Tchad - Hissène Habré (11 juillet 2011)

Nous avons pris note de la décision du Sénégal de suspendre l’extradition de Hissène Habré vers le Tchad. Il est important que cette décision se fasse en concertation avec l’Union africaine et les Nations unies.

La France soutient l’idée d’un procès de Hissène Habré et a apporté, avec l’Union européenne, son soutien au Sénégal à cette fin. Elle invite les autorités sénégalaises à continuer à se concerter avec la communauté internationale.

Présentation

Relations politiques

Les visites bilatérales

Le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. KOUCHNER, s’est rendu au Tchad, le 10 juin 2007, avant de se rendre à Khartoum, afin de proposer une solution politique et sécuritaire aux conséquences régionales de la crise du Darfour.

Le président IDRISS DEBY ITNO s’est rendu à Paris mi-juillet 2007 où il s’est entretenu avec le Président de la République. Il a participé au Sommet de Lisbonne (UE-Afrique) le 9 décembre et s’est entretenu à cette occasion avec le président Sarkozy. Il a effectué une visite privée à Paris du 9 au 12 décembre.

En 2008, à la suite des événements de février, le Président SARKOZY et le Ministre B. KOUCHNER se sont rendus au Tchad le 27 février (le Ministre a poursuivi sa visite dans l’Est les 28 et 29 février).

Les 21 et 22 novembre 2008, le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. KOUCHNER, s’est de nouveau rendu au Tchad, afin d’évaluer la situation dans l’Est tchadien (et notamment les retours de déplacés) et de rencontrer les autorités de ce pays. Il a également participé aux cérémonies de transfert d’autorité entre Eufor et la MINURCAT, les 14 et 15 mars 2009, à Ndjamena et Abéché.

Au moment de la dernière offensive des rebelles tchadiens, le Ministre B. KOUCHNER a reçu son homologue tchadien, M. MOUSSA FAKI (6 mai 2009), et lui a réitéré la ferme condamnation par la France de cette agression.

A l’occasion d’une visite privée, le Président Idriss Déby a rencontré son homologue Français à Paris, le 16 octobre 2009.

Les principes d’action de la France

Devant l’ampleur de la crise du Darfour et ses implications régionales, notament au Tchad, la France n’a cessé de se placer en initiative depuis 2007, cherchant à créer de nouvelles dynamiques autour des priorités suivantes :
- Rechercher l’unité de la communauté internationale (consultations régulières avec nos partenaires, notamment du Conseil de sécurité des Nations unies).
- Appuyer la recherche d’une solution politique à la crise du Darfour, en soutenant les efforts de la co-médiation ONU/Union Africaine : appui au processus politique de ‘Doha’et à la mise en oeuvre des mécanismes de l’accord conclu à Dakar en mars 2008.
- Traiter la dimension régionale de la crise aux plans sécuritaire, humanitaire et de l’aide à la reconstruction des régions affectées du Tchad : la France a été à l’initiative de la résolution 1778 du CSNU, qui a décidé du déploiement, dans l’Est du Tchad et le Nord Est de la RCA, d’une présence internationale. La France a été le principal contributeur d’Eufor : fourniture de 2100 des 3700 soldats, mise à disposition de 9 hélicoptères et du quartier général du Mont-Valérien. Au-delà de la crise du Darfour, avec la participation d’une vingtaine d’Etats membres, sous commandement irlandais, Eufor Tchad/RCA aura été un succès pour la politique européenne de sécurité et de défense. La France a ensuite appuyé l’objectif d’une relève d’Eufor par l’ONU (mars 2009).
- Apporter un appui au dialogue politique inter-tchadien, en vue des élections de 2010 : statut d’observateur, avec l’UE, au sein du comité de suivi de l’accord du 13 août 2007 ; soutien à la création d’une commission d’enquête chargée de faire la lumière sur les événements de février 2008 (la France y a participé en tant qu’observateur, au titre de la troïka européenne) ; la France reste attentive à la mise en œuvre des recommandations émises.

Relations économiques

La France reste, juste après le Cameroun (concerné essentiellement par le transfert des produits pétroliers), le principal partenaire économique du Tchad. Depuis dix ans, le montant annuel moyen des échanges oscille entre 40 et 80 millions d’euros. Le solde commercial franco-tchadien a fortement progressé grâce à la hausse des exportations françaises, constituées principalement de médicaments, de farines et céréales, de matériel électrique, automobile et de BTP. Les importations françaises en provenance du Tchad restent concentrées à 83% sur la gomme arabique. La France occupe le second rang des IDE (investissements directs à l’étranger) au Tchad, derrière les Etats-Unis impliqués dans l’exploitation pétrolière. Malgré un environnement des affaires relativement difficile, on dénombre un vingtaine de filiales d’entreprises françaises, qui disposent de perspectives de développement réelles.

Coopération civile et militaire

La coopération franco-tchadienne a été remise en perspective par l’évaluation de 10 années de coopération, entre 1992 et 2003, les travaux bilatéraux de fin octobre 2006, relatifs à la revue de la commission mixte d’octobre 2002 et, enfin, l’élaboration du « Document Cadre de Partenariat 2006 - 2010 ». Aujourd’hui, la coopération bilatérale est recentrée dans le cadre de ce « DCP 2006 - 2010 », doté d’une enveloppe estimative comprise entre 118 et 133 M€ sur la période considérée. Les priorités fixées par le DCP sont :
- au titre des objectifs du millénaire pour le développement (OMD mis en œuvre par l’AFD) : l’éducation de base ; l’eau et l’assainissement ; la santé et la lutte contre le Sida.
- au titre des secteurs transversaux : la gouvernance et la consolidation de l’Etat de droit ; la francophonie et la culture ; l’enseignement supérieur et la recherche.

La France apporte donc une coopération civile importante au Tchad, par la mise en œuvre du DCP (11,4 M€ ont été décaissés en 2007, 22,2 M€ en 2008), ainsi que par une aide humanitaire et alimentaire de 4,5 M€ en 2008. En sa qualité d’interlocuteur politique privilégié du Tchad, la France exerce son influence sur les dossiers stratégiques et maintient son rang de partenaire essentiel en matière de coopération institutionnelle. De même, elle demeure un bailleur de fonds bilatéral significatif des secteurs OMD, notamment au travers des actions menées par l’AFD : entre 2002 et 2007, les engagements de l’AFD sous forme de subventions à la République du Tchad se sont élevés à près de 80 millions €, dont 10% au titre de l’ajustement structurel et 90% au titre de l’aide-projet. Les moyens français sont désormais mis en œuvre en coordination avec les autres bailleurs de fonds, notamment la Commission européenne, avec laquelle le « réflexe européen » est acquis, dans l’esprit de la Déclaration de Paris.

Dans le domaine de la défense, la France et le Tchad ont conclu en 1976 un « accord de coopération militaire technique ». La France passe actuellement, en concertation avec les autorités civiles et militaires tchadiennes, d’une logique d’assistance à une logique de partenariat par projets, qui vise à renforcer les capacités militaires tchadiennes, en liaison avec les Eléments français au Tchad présents sur place (environ un millier d’hommes, quelques avions de chasse et hélicoptères). Les actions visent principalement la réorganisation de l’Armée Nationale Tchadienne (ANT), la formation (qui demeure le socle intangible de notre action), le soutien institutionnel de la gendarmerie par un renforcement de l’Etat de droit et la santé avec un appui au profit de l’hôpital militaire d’Instruction. Dans le cadre de la sécurisation du territoire et de la surveillance des frontières, un projet de soutien à la réorganisation de la garde nationale et nomade tchadienne (GNNT) est développé depuis l’été 2007.

Mise à jour : 17.02.10

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