Le Suriname est l’un des plus petits pays d’Amérique du Sud. Bordé par l’Atlantique au Nord, ses voisins sont le Brésil au Sud, le Guyana à l’Ouest et la France (Guyane) à l’Est. La frontière avec le département français, longue de 520 km, est matérialisée par le fleuve Maroni. Les trois quarts de la population sont concentrés dans la région côtière, le pays étant largement couvert par la forêt amazonienne.
Nom officiel : République du Suriname
Superficie : 163 270 km² (dont forêts 86 %)
Population (2007) : 510 000 hab. 324 000 ressortissants du Suriname étaient installés aux Pays-Bas en 2003, dont 188 000 de 1ère génération et 136 000 nés aux Pays-Bas ; par ailleurs, entre 10 et 30 000 Surinamais, essentiellement des « Marrons » de l’intérieur, réfugiés pendant les années troubles de la décennie 80, résident encore en Guyane, y constituant la première population immigrée, devant les Haïtiens et les Brésiliens).
Capitale : Paramaribo
Villes principales : Paramaribo (243 000), Wanica (86 000), Nickerie (39000)
Langue officielle : Néerlandais
Langues courantes : Néerlandais, anglais et sranan tongo (créole à base d’anglais et d’un peu de français)
Composition ethnique : Hindoustanis (ou East Indians) : 27 % ; Créoles : 18 % ; Javanais : 15 % ; Noirs Marrons : 15 % ; Métis : 12,5% ; Amérindiens : 3,7 % ; Chinois : 1,8 %
Religions : Hindous 27%, Protestants 25%, Catholiques 23%, Musulmans 20% ; croyances locales 5 %. Les Eglises évangéliques commencent à apparaître.
Monnaie : Dollar surinamais (SR$), stable par rapport au US$depuis 2006 ; 1 US$ = 2,745 SR$ ;1 SR$ = 0,292 € ; 1 € = 3,42 SR$ (septembre 2010).
Fête nationale : 25 novembre (jour anniversaire de l’indépendance, 1975)
Croissance démographique : 1,37 %
Espérance de vie : 69,6 ans (Hommes= 66,4 ; Femmes= 73)
Taux d’alphabétisation : 94 %
Indice de développement humain (2009) : 0,729 (97ème/182)
PIB (2008) : 2 881 M US $
PIB par habitant (2008) : US $ 5 650
Taux de croissance (2008) : 6 % (cinquième année consécutive de croissance élevée)
Taux de chômage (2007) : 12 % ; taux de pauvreté 47%.
Secteur public : entre 55 et 60% de l’emploi dans le secteur formel, selon les sources.
Taux d’inflation : 8,3% en 2007, 16% prévu en 2008 Dette extérieure publique (2007) : 13,5% du PIB
Dette publique totale : 21 % du PIB, en forte réduction.
Principaux clients(2007) : Canada 23% ;Norvège14,4% ; Etats-Unis 12,1% ; Trinité Tobago 7,2%, France 5,4%
Principaux fournisseurs : Etats-Unis 31,7% ; Pays-Bas 20,4% ; Trinidad et Tobago 17,9% ; Chine 5,5%.
Principales productions : bauxite (27% PIB) , or (20% PIB), pétrole ( 4,5% PIB), soit 51% du PIB 80% des exportations et 25% des recettes budgétaires, ainsi que banane et bois.
Exportations françaises (2009) : 7,2 M€
Importations françaises (2009) : 49,4 M€
Communauté française au Suriname : 197 immatriculés et probablement autant non immatriculés. 30 à 40 000 Français de Guyane se rendent chaque année au Suriname.
Découvert en 1498 par les Espagnols qui en prennent possession en 1594 et le nomment en référence aux Indiens Surinen qui le peuplent, le Suriname a été ensuite sous domination anglaise, puis hollandaise à partir de 1667. La guerre anglo-hollandaise de 1665 à 1669 s’achève avec la paix de Breda : les Pays-Bas, qui ont conquis le Suriname sur les Anglais entre 1665 et 1667, le conservent mais renoncent à leur possession de Nouvelle Amsterdam, sur l’île de Manhattan, et à la conquête coloniale en Amérique du nord. Par ailleurs, suite aux échecs des tentatives d’implantation hollandaise au Brésil, les colons juifs chassés par les Portugais arrivent en plusieurs vagues ; leur expérience acquise avec les Portugais en matière de plantation de canne à sucre leur permet d’en installer au Suriname : il y en a 178 en 1667 le long de la rivière Suriname. La maîtrise des techniques de poldérisation permet aux Hollandais d’aménager les terres basses alluviales entre 1668 et 1682. La gestion privée de l’établissement colonial par la « Société Octroyée au Suriname », suscite des institutions locales : cour de justice, système monétaire, régime de taxes sur les importations et les exportations.
A la fin du XVIIIème siècle, la population compte environ 50 000 esclaves, soit 90% de la population totale, et environ 2 000 blancs et 3 500 hommes libres de couleur. Un grand nombre des esclaves s’enfuient dans la forêt, toujours proche, et forment des bandes de « marrons », les Ndjuka, les Saramaka ou les Matawai dont le nombre à l’époque est estimé à près de 5000, et qui effectuent des raids sur les plantations. Plus de la moitié des esclaves étaient des bossales, c’est à dire de première génération importée d’Afrique ; l’interdiction de la traite au tout début du XIXème siècle fait donc perdre tout l’intérêt économique de la colonie aux yeux de la métropole hollandaise. La production de canne et de sucre doit en outre affronter la concurrence de l’autre colonie hollandaise, d’où provient aussi la canne à sucre, Java.
En 1854, la population est estimée à 53 600 habitants, dont 61,5% sont esclaves, principalement dans les plantations de canne ; il est probable que l’abolition de l’esclavage dans les colonies britanniques (à partir de 1838 dans les faits) et françaises (en 1848) voisines ait influé sur un affranchissement important, créant un groupe significatif d’hommes libres de couleur, mais l’abolition dans les colonies hollandaises ne survient qu’avec le vote d’une loi le 2 août 1862.
Le Suriname devient un État autonome du Royaume des Pays-Bas le 29 décembre 1954 et accède à l’indépendance le 25 novembre 1975, tout en restant étroitement lié à l’ancienne puissance coloniale.
Régime politique : République (Constitution adoptée le 30 septembre 1987)
Exécutif : Président (élu par l’assemblée législative), vice-président et conseil des Ministres.
Législatif : Assemblée nationale de 51membres élus pour 5 ans au scrutin proportionnel à la plus forte moyenne.
Judiciaire : Cour de justice, indépendante, dont les 6 membres sont nommés à vie.
Chef de l’Etat : M. Désiré Delano BOUTERSE, 64 ans (12/08/2010, date de son investiture). Dernière élection présidentielle : 19 juillet 2010. Le chef de l’Etat est aussi chef du Gouvernement.
Ministre des Affaires Etrangères : M. Winston LACKIN (13/08/2010).
Gouvernance locale : L’organisation administrative comprend 10 districts d’inégale importance, subdivisés en 62 « ressorts », chacun ayant un conseil élu. Le processus de décentralisation, appuyé par la BID, vise à permettre aux conseils de districts de disposer de ressources propres, mais les résultats sont encore modestes.
Le Suriname a connu des débuts difficiles après l’indépendance, marqués par une succession de coups d’Etat militaires menés par Desi Bouterse, à l’époque Lieutenant-Colonel et chef du Conseil National Militaire, le premier en 1980.
Après un premier mandat de R. Venetiaan, c’est J. Wijdenbosch qui gouverne de 1996 à 2000, avec une mauvaise gestion économique mais l’appui de D. Bouterse ; l’assemblée issue des élections anticipées de mai 2000 ramène R. Venetiaan à la présidence ; son mandat est renouvelé à l’issue des élections générales d’août 2005.
L’alliance « Mega Combinatie », constituée du NDP, du VVV-KTPI de l’ancien président Jules Wijdenbosch et d’un petit parti hindoustani, a clairement remporté les élections du 25 mai 2010 avec 23 sièges (+ 8), dont 18 pour le seul NDP de Desi Bouterse. Le parti javanais de Paul Somorhardjo, qui faisait partie de la coalition précédemment au pouvoir mais avait repris sa liberté dans les derniers mois précédant les élections, apporte l’appui de ses 6 députés en échange de trois ministères. Le ralliement spectaculaire a été celui des partis noirs-marron de l’AC, qui a remporté 7 sièges (+3, et en particulier +2 pour l’ABOP de Ronnie Brunswijk) : les irréductibles adversaires des années 86-89 se sont donnés l’accolade devant les caméras de télévision.
C’est l’ancien ministre de la Justice et de la Police du gouvernement de R. Venetiaan, lui-même élu député, Chandrikapersad Santokhi, adversaire de Desi Bouterse à l’élection présidentielle, qui fait figure désormais de chef de l’opposition.
Fruit de la politique de stabilisation menée depuis 2000 après la gabegie de l’époque du gouvernement de M. Wijdenbosch, le Suriname connaît une situation macroéconomique favorable avec une croissance de 6 % en 2008 et qui devrait encore atteindre 2,5% en 2009. Parmi les bons résultats, on peut mentionner aussi une amélioration notable des réserves de change et une quasi-stabilité du dollar surinamais ; si l’inflation a atteint les deux chiffres en 2008, 2009 s’achevait sur une diminution des prix de 1%. La baisse d’activité du secteur de l’aluminium, du fait de la crise mondiale, est plus que compensée par l’augmentation du prix de l’or.
Toutefois, l’économie surinamaise demeure de petite taille (PIB d’environ 2,8 Md US$) et repose sur quelques matières premières (bauxite, dont le Suriname est le 10ème producteur mondial, or, pétrole, ces trois industries extractives représentant 30% du PIB, et dans une moindre mesure crevettes, banane, bois, riz), dont la part représente 90% des recettes d’exportation, vulnérables aux chocs externes.
Le poids de l’agriculture dans l’économie, quoique réduit, se maintient à près de 10% du PIB, et les exportations de banane en valeur ont doublé entre 2002 et 2008, grâce à une restructuration de la société de production, la Stichting Bahoud Bananen Sector (SBBS), premier employeur du pays avec 2000 travailleurs. Les plantations du Suriname, à la différence de celles des Antilles, sont à l’abri des cyclones. Le riz, exporté sur le marché régional de la CARICOM, et la banane bénéficient d’un accès libre de droits au marché européen, grâce à l’Accord de Partenariat Economique avec l’Union européenne.
Le pays est autosuffisant en pétrole ; la compagnie d’Etat, la Staatsolie Maatschappij Suriname (Staatsolie), raffine les deux tiers de la production et en exporte une partie sur les pays de la CARICOM. Paradoxalement, le Suriname fait partie de l’initiative PetroCaribe lancée par le Venezuela. En matière de télécommunications, la téléphonie fixe a un faible taux de couverture (18% de la population en 2004) par rapport à la téléphonie mobile (48%). Le câble sous-marin « Americas 2 », qui dessert le Suriname et ses voisins, a une capacité limitée, mais un nouveau câble devrait être installé entre les Caraïbes et la Guyane, avec une boucle desservant le Suriname (projet Mediaserv).
Enfin, les réformes de structures doivent tenir compte du poids du secteur public (120 entreprises publiques) qui emploie plus de 40000 personnes et que le gouvernement ne parvient pas à réduire. De fortes augmentations de l’essence, du gaz et des télécommunications, et plus timidement de l’eau et de l’électricité ont été effectuées. En mars 2009, suite à l’analyse du système de rémunération des emplois publics effectuée par un cabinet international, une hausse générale des salaires de la fonction publique a été accordée de façon rétroactive à janvier 2008 (la masse salariale publique a cru de 29% et représente 12% du PIB), ce qui a incité le FMI à recommander le report ou l’étalement de la suite de la réforme du service public.
Malgré la taille réduite de son économie, le Suriname tire son épingle du jeu pour attirer les investissements directs étrangers ; ceux-ci étaient estimés à 345 M US$ en 2008 par la CEPAL, et à 334 M US$ en 2009, soit une faible contraction (- 3%) bien inférieure à la moyenne régionale (-42% au niveau de l’ensemble des Caraïbes, comme de l’ensemble de l’Amérique Latine).
L’aide des Pays-Bas, prévue par le traité d’indépendance, d’un total de 1,6 Md €, interrompue durant la dictature, a repris en 1991 après l’élection de M. Venetiaan,
Une refonte profonde de la coopération néerlandaise à l’issue de l’utilisation des fonds du traité devait avoir lieu suite à une mission parlementaire des Pays-Bas venue étudier cette question sur le terrain en octobre 2009. La Mairie d’Amsterdam a toutefois indiqué qu’elle suspendait toute coopération avec Paramaribo, alors que celle de La Haye, où le maire-adjoint est issu de la communauté surinamaise, a indiqué son intention de continuer.
En 2001, pour permettre au Suriname de restructurer sa dette, les Pays-Bas ont accordé leur garantie à un emprunt d’un montant équivalant à 137,7 M € contracté auprès de la Banque Néerlandaise d’Investissement pour le Développement (NTO), que le Suriname a remboursé par anticipation en juillet 2007. Grâce à l’aide néerlandaise également, le Suriname a pu régler les arriérés d’une dette bilatérale importante avec le Brésil, de 118 M US$, du fait notamment d’un effacement d’une partie de la dette, 44 M US$, de la part de ce pays. Reste à terminer la renégociation d’arriérés d’un montant de 31 M US$ avec les Etats-Unis, le différend portant encore sur les pénalités que les autorités Surinamaises souhaiteraient voir supprimées. En tout état de cause, la réduction de la dette publique est remarquable : celle-ci est revenue de 39% du PIB en 2004 à 21 % en 2007, puis à 18% fin-2008 et a atteint, selon le FMI, 16% à la fin-2009.
Les envois de fonds des émigrés installés aux Pays-Bas représentent par ailleurs environ 120 M€ par an, soit près de 7 % du PIB. On estime que 47% des familles surinamaises, en premier lieu les familles hindoustanis et créoles, ont des parents à l’étranger ; les envois de fonds proviennent essentiellement des Pays-Bas (85%), mais aussi des Antilles néerlandaises (4,5%), des Etats-Unis (5,5%) et d’autres pays. Le montant moyen annuel des envois de fonds est de 780 €/an ; les banques (ABN-AMRO, la banque postale) et des opérateurs spécialisés, tels Western Union (660 bureaux aux Pays-Bas) canalisent ces envois côté néerlandais. Côte surinamais, les banques (RBTT), Western Union (30 bureaux dans le pays) et les « Cambios », maison de change souvent informelles et particulièrement nombreuses à Paramaribo, redistribuent cette manne. Mais les envois en paquets par la poste, d’aliments, de vêtements ou plus rarement d’électro-ménager, sont aussi une pratique usuelle. Les Surinamais se concentrent dans les principales villes : Amsterdam (70000), Rotterdam (53000), La Haye et Almere.
L’avenir économique du pays dépend de la capacité de l’Etat à s’engager durablement dans une politique de réformes, monétaire et fiscale, et de réduction du secteur public. Le gouvernement a entamé un programme de privatisation d’une économie encore très étatisée (transports aériens, maritimes et terrestres, télécommunications, banques, secteurs bananier, rizicole et forestier, entreprise pétrolière Staatsolie). Au 30 septembre 2008, l’agence de notation Standard Poor’s prenait acte de l’amélioration des finances publiques en attribuant un B+ en matière d’emprunt souverain en devises, au lieu de B, et seulement BB- en monnaie locale. Les perspectives économiques de moyen et long termes sont cependant intéressantes avec la mise en exploitation attendue d’ici 2013 de nouvelles mines d’or et de bauxite dans la province de Nassau Est. Des projets d’exploration pétrolière en vue de la mise en valeur de gisements pétroliers off-shore devraient également voir le jour dans les prochaines années.
Le Suriname est resté longtemps isolé sur la scène politique régionale du fait de son histoire (seul pays néerlandophone sur un continent majoritairement hispanophone et lusophone, ou anglophone et francophone dans la Caraïbe), de son engagement aux côtés de Cuba, le Nicaragua, la guerilla salvadorienne et le régime de Maurice Bishop à la Grenade au début des années 80, puis du repli sur lui-même avec l’insurrection Noir-marron à partir de 1986.
Pour rompre cet isolement et réduire sa dépendance vis-à-vis des Pays-Bas, il a rejoint les organisations d’intégration régionale en 1995 (AEC, Caricom). Il est également membre de l’Organisation du Traité de Coopération Amazonienne (OTCA), signé à Brasilia le 3 juillet 1978. Du fait de l’importante minorité musulmane, le Suriname a adhéré à l’Organisation de la Conférence Islamique (OCI), ce qui lui a ouvert les portes, depuis 1998, de la Banque Islamique de Développement. Le Suriname est membre de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC), où il était tierce partie dans le conflit opposant l’Equateur et d’autres pays producteurs de banane à l’Union européenne, et qui a fait l’objet d’un règlement début 2010.
Les Pays-Bas étaient logiquement l’Etat européen le plus présent au Suriname, mais leur coopération, prévue dans le cadre de l’accord d’indépendance entre les deux pays, a connu de nombreux à-coups, avec une première suspension dans les années 1980, suivie d’une autre pour exercer une pression sur les autorités afin que soit jugé Desi Bouterse. Le début du procès en novembre 2007 a permis de libérer le solde des fonds prévus, soit environ 150 M €. La perspective de victoire électorale du parti de Desi Bouterse inquiétait le gouvernement des Pays-Bas ; au lendemain des législatives, le Ministre des affaires étrangères des Pays-Bas indiquait que Desi Bouterse ne serait pas le bienvenu aux Pays-Bas et qu’il convenait de ne pas oublier le passé, en référence à la condamnation par contumace de Desi Bouterse en 1999 par un tribunal de La Haye pour narco trafic et à l’exécution de 15 opposants en 1982 ; il a toutefois indiqué que les Pays-Bas reconnaitraient l’immunité liée à la fonction de Chef d’Etat.
Sur leur budget 2011, les Pays-Bas ont toutefois réservé 36,6 M€ pour le Suriname, dont 13,3 M pour des programmes de réduction de la pauvreté, 7,1 M pour améliorer le climat des affaires et 6,3 M pour la gouvernance.
Le Suriname est un important bénéficiaire de l’aide européenne dans la région ; la Commission calcule que l’aide communautaire totale apportée à ce pays depuis l’indépendance se monte à 165 M€, dont la majeure partie (60%) a été investie dans le secteur des transports (réhabilitation du port de Paramaribo notamment, 29,8 M€) ; l’agriculture rizicole (9,2 M€ à travers un programme régional du CARIFORUM) et bananière (appui à la restructuration du secteur, 20 M €), en bénéficient également. Le programme indicatif du 9° FED, de 11 M€, a été augmenté de fonds résiduels des FED précédents à concurrence de 30 M€. La DG Regio de la Commission co-finance, à concurrence de 12 M € des projets de coopération transfrontalière menés sur des partenariats Guyane-Suriname à travers le PO Amazonie.
Sur les fonds du 10ème FED, la Commission en a engagé 17,5 M € pour la réhabilitation du premier tronçon de la troncale est-ouest, soit celui de Meerzorg à Tamanredjo, de 19,5 km ; le reste du projet, soit 75 M €, est à la charge du gouvernement du Suriname avec deux prêts, l’un de la part de la Banque Interaméricaine de Développement, l’autre de la part de l’Agence française de Développement. Pour sa part, la Chine finance un programme de réhabilitation des routes dans le cadre urbain de la capitale. A noter que cet ensemble fait partie de l’ Integration of the Regional Infrastructure of South America IIRSA, qui établit de la sorte une troncale allant du Brésil au Venezuela.
Avec Cuba, une ambassade du Suriname a été ouverte à La Havane en janvier 2010 et la ministre des affaires étrangères d’alors y a effectué une visite de travail. Une coopération existe désormais entre les deux pays, notamment dans le domaine médical. C’est un vice-ministre des affaires étrangères qui a assisté à l’investiture du Président Bouterse, et le nouveau ministre Winston Lackin a effectué à son tour une visite à Cuba dès le 19 octobre.
Le Canada est très présent dans le secteur minier, avec les compagnies Iamgold, Canadian Resource Corporation, Golden Star notamment, la première étant très active sur le site de Gross Rosebel, le plus important du pays. La Royal Bank of Canada est présente sur le marché bancaire à travers la RBTT Bank de Trinidad Tobago.
Le contentieux frontalier maritime avec le Guyana remonte à juin 2000, avec un incident naval suite à l’attribution par le Guyana d’un permis de recherche pétrolière accordé à un groupe canadien, et a pris fin avec le verdict rendu le 20 septembre 2007 par le tribunal maritime international, au demeurant défavorable au Suriname, qui n’obtient qu’un tiers de la zone contestée (17 871 km²). Le contentieux terrestre reste, lui, entier. Cela n’a pas empêché que le premier déplacement international du Président Bouterse soit pour le Guyana, le 6 septembre ; la rencontre entre les deux Présidents a permis d’évoquer les dossiers bilatéraux sur lesquels il est possible de progresser.
Le Suriname a ratifié le statut de la Cour Pénale Internationale (CPI) en juillet 2008. Avec les Etats-Unis, il existe une relation de collaboration, notamment avec le DEA qui dispose d’un bureau local, et en matière de coopération militaire.
La Chine, l’Inde et le Brésil deviennent des partenaires significatifs du Suriname, tant sur le plan économique que de la coopération ; le portugais et l’espagnol sont les langues étrangères enseignées, après l’anglais, dans le système éducatif.
Dés son élection, le Président Bouterse a annoncé une politique étrangère tournée vers le voisinage immédiat, le Brésil, la France (Guyane) et le Guyana, mais aussi le Venezuela et les Caraïbes, plus que vers l’ancienne métropole, les Pays-Bas, l’Europe ou l’Amérique du nord. Le Brésil, le Guyana et le Venezuela étaient d’ailleurs présents à un niveau ministériel élevé à la cérémonie d’investiture. Une brève polémique a éclaté avec les Pays-Bas, qui ont inscrit le Président Bouterse sur le Système d’Information Schengen le jour de l’investiture.
Mise à jour : 03.11.10