La France et le Suriname

Présentation

Relations politiques

- Ambassadeur de France au Suriname : M. Joël GODEAU ;

- Ambassadeur du Suriname en France (en résidence à Bruxelles) : M. Gerhard Otmar HIWAT (décembre 2002).

La France et le Suriname ont une frontière fluviale (Maroni) de 520 km. La guerre civile a provoqué l’afflux en Guyane de réfugiés surinamais, noir-marrons de l’intérieur, dont des milliers sont restés. Depuis la réouverture de la frontière (décembre 1991), les courants d’échanges traditionnels ont pu reprendre. L’objectif pour la France est de limiter l’économie transfrontalière clandestine tout en favorisant les échanges commerciaux, et de réguler le fort courant d’immigration en Guyane.

Questions migratoires, contrôle des frontières et de sécurité

- Un accord bilatéral de réadmission des personnes en situation irrégulière a été signé le 30 novembre 2004 (mais toujours pas ratifié par le Suriname).

- L’accord de coopération transfrontalière en matière policière, signé le 29 juin 2006, permet déjà une meilleure coopération entre les forces de police des deux pays de part et d’autre du Maroni, notamment par la mise au point de patrouilles conjointes, même s’il n’est pas encore ratifié par la partie surinamaise.

- Des patrouilles militaires fluviales conjointes sont mises en œuvre selon un accord intergouvernemental datant de septembre 2003.

- La convention d’assistance administrative mutuelle douanière signée à Paramaribo le 25 octobre 2000 est entrée en vigueur en décembre 2005.

- Un projet de convention d’entraide judiciaire a été soumis au Suriname en 2007.

Délimitation des frontières

- S’agissant de la frontière terrestre, le projet d’accord de 1978 sur la délimitation dans la partie du haut-Maroni, que l’accord de 1915 n’a pas prise en compte, ne s’est jamais concrétisé ; il s’agit de la zone comprise entre les rivières Marouini et Litani, d’environ 3 000 km², ou a été créé le Parc Amazonien de la Guyane début 2007. Cette décision, ainsi que les actions de vive force menées par la gendarmerie à l’égard d’orpailleurs clandestins, ont rouvert le questionnement par le Suriname de la souveraineté exercée par la France.

- Des discussions sur la délimitation de la frontière maritime entre la Guyane et le Suriname, interrompues en 1999, devraient reprendre. La partie surinamaise avait préféré laisser le dossier en attente tant que n’était pas règlé le différend avec le Guyana.

- Concernant l’extension du plateau continental à 350 milles marins des côtes, la France a présenté le 22 mai 2007 un dossier à la Commission des Limites du Plateau Continental (CLPC) de l’ONU.

Par ailleurs, le Suriname souhaitait entamer des discussions sur un accord de transport aérien, suite à la demande d’Air France d’ouvrir une ligne Cayenne-Paramaribo. La compagnie nationale Suriname Airways effectuait une rotation hebdomadaire sur Cayenne, en route vers Belem, mais n’a pas obtenu à ce jour la 5ème liberté qui lui permettrait d’embarquer des passagers sur le tronçon Cayenne-Belem et a suspendu ses vols. Une compagnie surinamaise, Blue Wings, qui a figuré sur la liste noire de l’Union européenne et en a été retirée, enregistrant trois accidents aériens depuis avril 2008, souhaitait reprendre la desserte début mai 2010, mais le dernier accident en date a provoqué la suspension de l’autorisation d’opérer, et sa réinscription sur la liste noire de l’UE. Le besoin d’une liaison régulière entre le Suriname, la Guyane et le Brésil (Belem), est un enjeu important pour toute compagnie aérienne dans la région.

Relations économiques

Exportations françaises : 7,2 M€ (2009), dont une faible partie provient de Guyane. Il s’agit pour l’essentiel de produits industriels (60%), des industries agro-alimentaires (23%) et d’équipements (17%).

Importations françaises  : 49,4 M€. Produits agricoles, sylvicoles et de la pêche, 54%, autres produits industriels, 37%.

Solde déficitaire pour la France :- 42,2 M€.

La présence économique française est faible (peu d’investissement direct) mais s’affirme peu à peu. Les Chambres de commerce du Suriname et de Guyane se réunissent chaque année. Le 1er décembre 2007, une convention de partenariat en matière de sûreté aéroportuaire a été signée entre les aéroports de Cayenne Rochambeau, géré par la CCI de Guyane, et de Paramaribo Zanderij. Le laboratoire FILAB de Guyane a investi en 2007 environ 1 M € pour ouvrir un laboratoire d’analyse géochimique minière tandis que SAGIP, spécialisée dans la fabrication de lambris de PVC, dispose d’une unité de production à Paramaribo qui devait démarrer sa production en 2009.

Les opérateurs français sont très présents dans la filière banane (fourniture de plantes in-vitro par le CIRAD, matériel d’irrigation, assistance technique, commercialisation et transport en Europe, via la compagnie maritime CMA-CGM, qui consolide des navires de containers réfrigérés sur le transport Pointe-à-Pître - Dunkerque). La société française ERA, filiale d’une société israélienne, elle-même filiale de l’américaine John Deere, a remporté en décembre 2007 un appel d’offre du gouvernement du Suriname concernant la fourniture d’un système d’irrigation pour les plantations de bananes de Jarikaba sur financement de l’Union Européenne.

La réfection, sur appel d’offres, à partir de début 2009, de la route Paramaribo-Albina, sur financement 10ème FED (17,5 M€) et prêts de l’AFD (25 M€) et de la BID (22 M US$), devant permettre d’achever le montage financier du projet estimé à 102,5 M €, intéresse les entreprises de Guyane. Un autre projet d’envergure est l’interconnexion des réseaux électriques du Suriname et de la Guyane, sur prêt de l’AFD (la réalisation par EDF-Guyane de l’étude de faisabilité est achevée depuis 2007), mais il est nécessaire de mieux connaître les besoins en énergie du Suriname au regard de ses perspectives de développement du raffinage de la bauxite.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Le Suriname est entré dans la Zone de Solidarité Prioritaire en 1999. La coopération avec le Suriname s’effectue principalement désormais à travers l’Agence Française de Développement (depuis son agence de Cayenne ; une antenne au sein de l’ambassade à Paramaribo a été ouverte en janvier 2010), ou encore le FFEM (Fonds Français pour l’Environnement Mondial). L’Union européenne, la BID, les agence des Nations Unies (PNUD, UNICEF), l’OPS et le Fonds Mondial contre le VIH, la tuberculose et la malaria sont les principaux bailleurs multilatéraux.

La réhabilitation de l’hôpital d’Albina a constitué le point de départ d’actions visant au renforcement de la présence de l’Etat surinamais le long de la frontière commune du Maroni. Le Suriname a bénéficié depuis le début de la décennie de deux projets du FSP, l’un concernant la santé (0,4 M€ pour la lutte contre les maladies transmissibles, transféré à l’AFD en 2006 et achevé mi-2008), l’autre la coopération policière (0,4 M€, achevé en septembre 2007, suivi d’un nouveau projet FSP qui a formellement démarré le 20 avril 2010). L’AFD lance un nouveau projet dans le domaine de la santé (prêt concessionnel de 15 M € pour les infrastructures sanitaires, notamment le centre de santé d’Albina qui doit devenir un hôpital secondaire, et 1,1 M€ en assistance technique, sous forme de subvention).

L’AFD a aussi financé une étude pour le développement de la région d’Albina (don de 0,3M€), de même qu’une aide au développement des communautés villageoises (prêt de 2,5 MUS$) et l’étude du projet d’interconnexion électrique (prêt FEPP de 0,5M€).

Un prêt bonifié de 25 M€ sur 20 ans a été formalisé avec le gouvernement du Suriname pour la réhabilitation de la route Albina-Paramaribo, en partenariat avec la Banque Interaméricaine de Développement BID, qui complète le montage financier avec l’Union européenne (17,5 M€, voir ci-dessus).

Dans le domaine de l’environnement, le FFEM a cofinancé pour 1,62 M€, avec la coopération néerlandaise, un projet régional du WWF sur 2001-2007, renouvelé pour 1,3 M€ sur la période 2008-2011.

Enfin, l’ambassade à Paramaribo met en œuvre des crédits bilatéraux pour appuyer l’alliance française. En matière de coopération régionale, les Fonds de Coopération régionale (FCR), principalement celui de Guyane, ont financé de 2001 à 2008 une soixantaine de projets à concurrence de 1,8 M €, d’un coût total de 5,8 M €, principalement en santé, agriculture, environnement, pêche, formation professionnelle et linguistique, etc., présentés par des organismes ou acteurs locaux de Guyane. Depuis le lancement du programme INTERREG IV Caraïbes en septembre 2008, ainsi qu’avec le programme opérationnel transfrontalier « Amazonie », le Conseil de la région Guyane est en mesure d’associer le Suriname, ainsi que les autres pays du CARIFORUM et de l’AEC, à des projets d’intérêt commun.

Un accord a par ailleurs été signé le 20 octobre 2008 entre l’Institut Pasteur de Guyane et le Suriname, en appui à la coopération franco-surinamaise dans le secteur de la santé (l’Institut Pasteur apporte un appui au laboratoire central du Ministère surinamais de la santé).

Mise à jour : 03.11.10

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