Sri Lanka

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Sri Lanka : entretien de l’ambassadeur chargé des droits de l’Homme, François Zimeray avec le quotidien "Libération" (27.11.09)

Q - Quel est le bilan de vos trois jours de visite ?

R - La situation des déplacés retenus dans les camps évolue dans le bon sens : la moitié des 250.000 personnes ont quitté les camps que Colombo dit vouloir fermer d’ici à la fin de l’année. Pour autant, l’état d’arrestation de milliers de déplacés est inacceptable. C’est du jamais vu. Nous sommes face à une garde à vue de masse. Plus généralement, je redoute une "birmanisation" du régime. On peut nourrir des inquiétudes sur les libertés politiques et l’indépendance de la justice, d’autant qu’on assiste à un recul de la liberté de la presse.

Q - Quelles sont vos recommandations ?

R - Je n’oublie pas qu’une partie du territoire est minée. Dans ces conditions, il faut plutôt mettre l’accent sur l’ouverture des camps que sur la réinstallation à marche forcée de ces personnes. Il faut mettre fin à ce régime d’exception. Les ONG doivent avoir un accès direct à ces personnes. Nous souhaitons également qu’une enquête sérieuse débouche sur des poursuites à l’encontre des responsables de la tuerie de Mutur.

Q - Six mois après la fin du conflit, beaucoup demandent l’ouverture d’une enquête internationale sur les crimes de guerre…

R - Nous y sommes favorables et il est regrettable que le Conseil des droits de l’Homme de l’ONU ne l’ait pas votée. Les allégations sont suffisamment précises et concordantes pour justifier une telle enquête.

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