Présentation de Sao Tomé et Principe

Présentation

Données générales

Nom officiel : République Démocratique de São Tomé-et-Principé.

Nature du régime : république

Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement :
- Président de la République : M. Manuel Pinto da Costa
- Premier Ministre : M. Patrice Emery Trovoada

Données géographiques

Superficie : 1001 km²

Capitale : São Tomé

Villes principales : São Tomé et São António do Príncipe

Langue (s) officielle (s) : Portugais

Monnaie : Dobra

Fête nationale : 12 juillet

Données démographiques

Population : 165 397 (estimation BM 2010)

Densité : 165 hab/km2

Croissance démographique : 1,6%(BM 2008)

Espérance de vie : 64 ans (BM 2009)

Religion (s) : catholiques, musulmans.

Indice de développement humain : 127 sur 169 pays (PNUD, 2010)

Classement Transparency International : 101 sur 178 (2010)

Données économiques

PIB : 189,4 M$(EIU, 2010)

PIB par habitant : 1200$(BM 2010)

Taux de croissance : 6% (EIU, 2010)

Taux de chômage (au sens du BIT) : NC

Taux d’inflation : 17% (EIU, 2010)

Solde commercial : -1,3 M€ (DGTPE, 2010) Principaux clients : Espagne Portugal, Pays-Bas (DGTPE, 2009) Principaux fournisseurs : Portugal, Angola, Brésil (DGTPE, 2009)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 19%
- industrie : 20%
- services : 55% (BM, 2009)

Flux net d’IDE : 33M$ (BM, 2008)

Exportations de la France vers Sao Tomé : 0,95M€ (DGTPE, 2010)

Importations françaises depuis Sao Tomé : 1,2M€ (DGTPE, 2010) Consulat (s) de France : Libreville.

Communauté française à Sao Tomé : 70 personnes enregistrées (2010)

Communauté santoméenne en France : 39775 103 (MIIINDS 2009)

Géographie

Ancienne colonie du Portugal, Sao Tomé est un archipel de l’Atlantique Sud situé dans le Golfe de Guinée à 350 km des côtes gabonaises. Il couvre une surface de 1001 km². L’archipel est constitué des deux îles principales (appelées Concelhos), d’origine volcanique, São Tomé (859 km²) et Principe (142 km²), et de petites îles ou îlots environnants de Cabras au Nord, de Sete Pedras, de Santana et de Quixiba à l’Est, de Rolas au Sud, réputée pour ses voador, des poissons volants et Gobaldo et Coco à l’Ouest. L’équateur passe à 2 kilomètres de Ponta Lamaporco, la pointe Sud de l’île de São Tomé, la séparant de l’île Rolas. L’île principale ne compte qu’une douzaine de villages principalement localisés dans le Nord de l’île. La distance séparant l’île de São Tomé de l’île de Principe est de 152 kilomètres. Le point culminant du pays est le Pico de São Tomé (2024 m). Deux parcs naturels (zones de conservation) d’une surface totale de 295 km² représentent 30% de la superficie de l’archipel. La capitale, São Tomé est le principal port du pays (53000 habitants). Enfin, il convient de souligner que c’est le plus petit pays d’Afrique.

Données climatiques :

Climat : tropical, chaud et humide avec une saison des pluies d’octobre à mai. La température annuelle moyenne est de 27,8 °C. Les mois les plus chauds sont janvier et février, et le taux d’humidité oscille entre 60% et 90%.

Relief : la formation de l’archipel est l’œuvre du volcanisme. On peut ainsi distinguer cinq grandes formes de relief : plages relevées et terrasses, chaînes de montagnes aux formes aiguisées, tertres, cônes volcaniques, pains de sucre (notamment le Cão Grande haut de 663 mètres), grottes basaltiques en particulier sur la côte sud.

Histoire

L’île de São Tomé est découverte le jour de la Saint Thomas, le 21 décembre 1471, par les navigateurs portugais João de Santarem et Pedro Escobar. Au cours du XVe siècle, des colons portugais viendront s’y installer, apportant avec eux des esclaves qui travailleront dans les plantations de canne à sucre. Le café est introduit à Principe en 1800 et l’exploitation commerciale du cacaoyer débute en 1852. L’esclavage est aboli en 1878 sur l’archipel mais laisse, en réalité, la place au travail forcé dans les roças (plantations). Les « travailleurs contractuels volontaires » remplacent donc les anciens esclaves. En 1907, une conférence spéciale se tient à Lisbonne sur les conditions de travail dans l’archipel. Deux ans plus tard, les grands chocolatiers européens décident le boycott du cacao santoméen. Pourtant en 1913, Sao Tomé devient le premier exportateur de cacao au monde. En 1950, Sao Tomé accède au statut de province d’outre-mer portugaise. En 1953, la révolte des forros, réprimée très brutalement (massacre de Batepa), marque la naissance du mouvement indépendantiste. En 1960, le comité de libération de São Tomé-et-Principé est créé, il deviendra le Mouvement de Libération de São Tomé-et-Principé (MLSTP) en 1972.

L’archipel acquiert son indépendance le 12 juillet 1975, avec le Président Manuel Pinto da Costa qui installe alors un régime marxiste de parti unique. Depuis août 1990, une nouvelle Constitution d’inspiration libérale est adoptée, par référendum, ouvrant l’archipel au multipartisme. Malgré plusieurs tentatives de putsch, le régime démocratique est resté permettant à deux reprises une alternance politique.

Le 21 février 2001, Sao Tomé entre officiellement dans l’ère pétrolière avec la signature du traité établissant la Zone de Développement conjointe (JDZ : Joint Development Zone) par les gouvernements nigérian et santoméen. Il prévoit un partage des ressources pétrolières (60% pour le Nigéria et 40% pour Sao Tomé) et l’établissement d’une autorité conjointe chargée de la gestion de cette zone : la Joint Development Authority (JDA).

En juillet 2001, l’homme d’affaires Fradique de Menezes est élu Président de la République. Il fait face à un coup d’Etat le 16 juillet 2003, qui est rapidement maîtrisé après un accord avec l’armée, obtenu par la médiation du Nigéria. Il est réélu en en 2006, pour son dernier mandat. Manuel Pinto da Costa (indépendant), ancien Chef de l’Etat santoméen de 1975 à 1991, lui succède le 09 août 2011.

Politique intérieure

Sao Tomé a été présidée de 1975 (année de son indépendance) jusqu’en 1990 par le Président Pinto da Costa, héros de l’indépendance et chef d’un parti unique d’inspiration marxiste (le MLSTP ). En 1990, celui-ci instaure une nouvelle Constitution inspirée du système portugais ouvrant la voie au multipartisme. Ses successeurs, les Présidents Miguel Trovoada (1991-2001) et Fradique de Menezes (2001-2011) se sont conformés à la limite de deux mandats confirmant l’ancrage démocratique de cet archipel. La séquence politique de 2001 à 2009 a été marquée par une période de cohabitation et de tensions politiques. Le Président de Menezes a dû composer avec un parlement d’opposition dans un contexte social dégradé. En outre, deux tentatives de coup d’Etat ont échoué (juillet 2003 et février 2009) sous sa présidence. La victoire du parti d’opposition de Patrice Trovoada (ADI ) aux élections législatives de juillet 2010 a modifié la donne politique santoméenne. Nommé Premier Ministre le 13 août 2010, Patrice Trovoada a formé un gouvernement de 10 Ministres et de 6 Secrétaires d’Etat, dont plusieurs personnalités issues de la société civile. Ne disposant que d’une majorité relative à l’Assemblée Nationale, le gouvernement Trovoada a mené une politique volontariste de réforme et de lutte contre la corruption face à une population en attente de résultats rapides et visibles.

Le premier tour des élections présidentielles d’août 2011 s’est caractérisé par l’émiettement des candidatures (9) parfois fratricides (3 candidats issus du MLSTP) qui ont facilité l’accès au second tour d’Evaristo di Carvalho (candidat ADI, soutenu par P.Trovoada) et de l’ancien Président de la République, Manuel Pinto da Costa (indépendant). Se présentant comme un homme à l’expérience politique avérée, Manuel Pinto da Costa est sorti vainqueur des élections présidentielles. A l’exception de l’ADI, tous les partis politiques sortent affaiblis de ce scrutin. Dès son investiture, le 03 septembre 2011, le Président Pinto da Costa a confirmé sa volonté de coopérer avec le gouvernement Trovoada.

Situation économique

Un pays tributaire de l’aide internationale

Avec 54% de sa population vivant en dessous du seuil de pauvreté et un budget national dépendant à 90% de l’aide internationale, l’archipel santoméen est l’un des pays les plus pauvres du continent africain. Il continue de bénéficier d’une importante aide extérieure tant multilatérale (FMI, Banque Mondiale, BAD, UE, PNUD) que bilatérale (Portugal, Taiwan, France, Brésil, Etats-Unis et bientôt Espagne). Le revenu national repose essentiellement sur les recettes d’exportation du cacao, du café et du coton. Les espoirs suscités par la découverte de gisements pétroliers (estimés à 2 milliards de barils) dans les années 2000 tardent à se concrétiser et déçoivent une population impatiente de profiter de la manne pétrolière. Depuis 2002, suite à des efforts dans la bonne gestion des finances publiques remarquées par les institutions internationales, ces dernières ont apporté leur aide. Le pays a suivi un « programme de référence » du FMI qui a débouché en août 2005 sur une FRPC (Facilité pour la Réduction de la Pauvreté et la Croissance) de 3 ans d’un montant de 4,26M$. Ce programme triennal du FMI a permis à Sao Tomé de bénéficier en septembre 2005 d’un accord en Club de Paris pour le rééchelonnement de sa dette. Un accord bilatéral en Club de Paris a été signé avec la France le 16 novembre 2006. Le FMI a accordé une nouvelle FRPC de 3,8M$ en mars 2009. Sao Tomé a ainsi atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE le 14 mars 2007, ce qui lui a permis d’annuler 314M$ de sa dette publique auprès des bailleurs multilatéraux (FMI et Banque Mondiale). Les créanciers du Club de Paris ont, de leur côté, annulé 24M$ en mai 2007 et se sont engagés à annuler leur dette bilatérale en totalité. C’est le cas de la France : par un accord de réaménagement de dettes entre la France et Sao Tomé, signé le 14 mars 2009, la France a annulé 4,9M$ au titre du Club de Paris et 338 000$ dus à titre bilatéral sur une dette totale estimée à 7,1M$ (APD) au 31 décembre 2007. Les 338 000$ ont été étudiées afin de compléter un financement de l’AFD par le biais d’une procédure d’annulation/conversion, en faveur du développement des petites infrastructures. Le Portugal a annulé sa dette de 35M$ à l’égard de Sao Tomé en juillet 2008. Estimé à 150M$ fin 2007, l’endettement de l’archipel santoméen est passé 65,6% à 6,7% (en % des exportations).

Fin 2010, la Banque africaine de développement (BAD) a décidé d’octroyer 7,5 M$ destiné à financer la sécurité alimentaire et le renforcement des capacités de l’administration publique. Sur cette somme, une enveloppe de 2,5 millions de dollars sera dédiée au renforcement des capacités de l’administration publique et de la santé, une autre de 5 millions sera octroyée pour 2011 sur des projets de développement dans l’agriculture et la pêche pour assurer la sécurité alimentaire. Par ailleurs, le gouvernement santoméen et la Banque Mondiale préparent un nouveau programme de financement quinquennal (2012-2016).

Politique extérieure

La politique extérieure santoméenne se tourne d’abord vers l’espace lusophone. Sao Tomé est membre de la CPLP (communauté des pays de langue portugaise). En outre, l’archipel santoméen appartient à plusieurs organisations régionales : Organisation Internationale de Francophonie (OIF), Communauté Economique des Etats d’Afrique Centrale (CEEAC), Commission du Golfe de Guinée (dont l’ancien Président Miguel Trovoada est le secrétaire exécutif depuis le 1er janvier 2009). Les liens restent forts avec le Portugal mais l’archipel santoméen a tissé des relations étroites et suivies avec le Brésil et l’Angola.

Les relations avec le Brésil ont été l’occasion de visites réciproques en mars 2009, les autorités santoméennes désirent placer le Brésil comme un partenaire qui compte. Plus récemment, lors de la 13ème réunion des Ministres de la Défense de la CPLP qui s’est tenue à Brasilia du 09 au 13 novembre 2010, les deux pays ont convenu d’un accord de coopération de défense ayant trait notamment à la lutte contre l’insécurité maritime dans le Golfe de Guinée. Les Etats-Unis portent une attention grandissante à l’archipel en raison de leur politique pétrolière et de leur volonté de faire du Golfe de Guinée, l’une de leurs principales régions d’importation. Sao Tomé est l’un des derniers pays à reconnaître Taiwan. En contrepartie, Taiwan a augmenté son aide depuis 2007, en la portant à 15 millions $ par an jusqu’en 2012, malgré l’intérêt porté par la Chine sur les potentialités de l’archipel. Sao Tomé a reconnu la légitimité du Conseil National de Transition (CNT), le 1er septembre 2011.

Mise à jour : 10.11

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