Nom officiel : République du Salvador
Nature du régime : République, régime présidentiel
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : Carlos Mauricio Funès Cartagena
Superficie : 20 720 km2
Capitale : San Salvador
Villes principales : Santa Ana, San Miguel
Langue (s) officielle (s) : espagnol
Monnaie : dollar américain
Fête nationale : 15 septembre
Population : 6,2 millions (estimation 2010) + 3 millions d’émigrés (dont 2,5 aux Etats-Unis)
Densité : 290 habitants au km2
Croissance démographique : 1,6 % (2010)
Espérance de vie : 72 ans
Taux d’alphabétisation : 81 %
Religion (s) : catholiques 83 %, mouvements évangéliques (7 %)
Indice de développement humain : 90
PIB (2010 CEPAL) : 18,35 Mds $
PIB par habitant (2010 CEPAL) : 2 924$
Taux de croissance (2010) : 1,3 %
Taux de chômage (au sens du BIT) (2010) : 7,2 %
Taux d’inflation (2010) : 3,2 %
Solde budgétaire (2010) : - 4,8 % du PIB pour le déficit public
Balance commerciale (2010) : déficitaire - 3,7 M $ en novembre 2010
Principaux clients : Etats-Unis (45 % des exportations), Guatemala, Honduras
Principaux fournisseurs : Etats-Unis, Mexique, Guatemala, Chine
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture : 13 %
industrie : 26 %
services : 61 %
Exportations de la France vers le Salvador : 18 M € en 2010
Importations françaises depuis le Salvador : 73 M € en 2010
Communauté française au Salvador (2010) : 685 personnes dont 60 % de binationaux
Communauté salvadorienne en France (2010) : 1 200 (313 titres de séjour valides au 31/12/11)
Après le retour à la paix civile, la vie politique est dominée par l’Alliance Républicaine Nationaliste (ARENA), un parti conservateur qui reste au pouvoir jusqu’en 2009. Durant ces années, la démocratie s’enracine au Salvador et permet la tenue d’élections régulières bien que la vie politique demeure traversée de fortes tensions.
Les élections législatives et municipales du 18 janvier 2009 donnent une majorité relative au FMLN, qui obtient 35 députés sur 84, contre 32 pour l’ARENA. Quelques mois plus tard, en mars 2009, le candidat du FMLN, M. Mauricio Funès, remporte les élections présidentielles. Dix-sept ans après les Accords de Paix, la jeune démocratie salvadorienne connaît ainsi une alternance démocratique. Cependant, la remise en cause par les parlementaires des compétences des juges constitutionnels fait peser une menace sur le bon fonctionnement des institutions et l’indépendance de l’organe judiciaire.
Le Salvador s’est ouvert aux échanges internationaux : il fait partie du Système d’Intégration Centre Américain (SICA) ; il a signé des accords de libre-échange avec de nombreux pays (Mexique, Chili, République Dominicaine, Panama). Surtout, le Salvador met en œuvre depuis 2003 le CAFTA-DR (Central American Free Trade Agreement - Dominican Republic) qui le lie aux Etats-Unis. En 2001, l’économie a été « dollarisée ».
Le Salvador est une économie de services qui tire parti de sa situation géographique, de son réseau de communications et de l’existence d’une classe d’hommes d’affaires compétents et dynamiques. L’abondance de la main d’oeuvre bon marché et la proximité du marché nord-américain ont attiré des « maquiladoras », industries textiles ou d’assemblage. L’industrie manufacturière salvadorienne est la plus importante de l’Amérique Centrale avec la production de chaussures, textiles, articles en cuir et produits pharmaceutiques, mais est confrontée à la concurrence asiatique. Le Salvador dispose de très peu de ressources naturelles : il est importateur net de matières premières, de combustibles et de denrées de base, et la volatilité des cours des matières premières est un risque important pour ce pays.
Environ 3 millions de Salvadoriens travaillent à l’extérieur, la plupart aux Etats-Unis. Le montant des transferts de fonds des émigrés (les remesas) représente, pour 2010, 17 % du PIB.
La crise économique et financière internationale a rendu plus difficile la lutte contre la pauvreté, l’une des priorités du gouvernement. Les avancées constatées dans les domaines de l’éducation, de l’accès aux soins et du logement demeurent limitées. Le transport public, aux mains de compagnies privées, est sinistré ; l’accès à l’eau, à l’électricité et au gaz reste problématique.
La forte délinquance qui sévit au Salvador constitue toujours le principal défi pour les autorités et la première préoccupation des Salvadoriens. Le crime organisé et le narcotrafic infiltrent la société et les institutions. Cette délinquance est liée notamment aux gangs (maras) qui rassemblent des jeunes désocialisés et particulièrement violents. La vague d’indignation soulevée par l’incendie délibéré d’un minibus dans lequel 14 personnes avaient péri, a conduit l’exécutif, sous la pression de l’opinion publique, à faire voter une loi anti-maras rendant illégale l’appartenance aux gangs en septembre 2010. Les groupes de délinquants ont démontré leur pouvoir de nuisance en bloquant les transports publics pendant trois jours pour protester contre cette loi, votée par l’ensemble des partis politiques. Le coût de cette criminalité est estimé entre 5 et 10 % du PIB, selon que l’on y inclut ou non les coûts en matière de santé.
La politique extérieure du Salvador, exempte d’idéologie, est basée sur la promotion de l’intégration régionale (il est le siège du SICA) et ses relations privilégiées avec les Etats-Unis. Le Président Funès a reçu la visite de Barack Obama en mars 2011, dans le cadre d’une tournée latino-américaine qui ne comportait que trois étapes (Brésil, Chili, Salvador). Le Salvador bénéficie de l’initiative américaine "Partenariat pour la Croissance" qui vise, à travers un plan d’action commun, à promouvoir une croissance largement partagée, durable et inclusive en agissant sur l’insécurité et le manque de compétitivité, identifiées comme les deux principaux obstables au développement du pays.
Les acteurs asiatiques, notamment la Corée du Sud et Taiwan, attirés par les possibilités d’accès au marché nord-américain ont su devenir, au fil des années, des partenaires de poids pour le Salvador. Les relations commerciales avec la Chine se sont considérablement développées (+ 5,7 % en 2009).
Depuis 1992, le Salvador a reçu environ 200 M€ d’aide de l’Union européenne. Pour la période 2007-2013 l’aide proposée atteint 121 M€, et fixe deux priorités : le renforcement de la cohésion sociale (accès aux services de base : santé, eau, assainissement, éducation, et sécurité) et le développement de la croissance économique, de l’intégration et du commerce. Le Salvador bénéficie également d’un accès privilégié au marché communautaire à la faveur du Système de Préférences généralisées (SPG Plus).
Le Salvador a été l’un des plus ardents avocats de l’accord d’association entre l’UE et l’Amérique Centrale, signé à Madrid, en mai 2010, et dont il compte tirer profit en termes d’accès au marché européen, de coopération et d’investissements.
L’année 2011 a donné au Président Funès l’occasion de confirmer son image de leader régional ; San Salvador a accueilli début juin la 41ème Assemblée Général de l’OEA, dont elle assume la présidence pour une année. Le Salvador fut également président du SICA pour le second trimestre 2011.
