
L’arrestation des deux hauts responsables des FDLR en Allemagne est un développement positif.
Nous rappelons qu’en France une procédure est également ouverte à l’encontre de M. Callixte Mbarushimana, Secrétaire exécutif des FDLR, pour son implication présumée dans le génocide rwandais.
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Dans les années 90, la France s’est investie dans les efforts de la communauté internationale pour tenter d’enrayer la montée des tensions dans ce pays, qui avait déjà connu de graves violences intercommunautaires au cours des années 70.
Le génocide de 1994 a provoqué une onde de choc dans le monde entier. En juin 1994, face à l’accélération des événements sur le terrain et à la division du Conseil de sécurité sur le renforcement de la force de maintien de la paix au Rwanda (MINUAR), la France a été le premier pays à dénoncer le génocide, et a proposé à l’ONU la mise à disposition de son propre contingent pour mettre en place, avec sept pays africains, une opération humanitaire.
L’opération Turquoise, d’une durée de deux mois conformément au mandat du Conseil de sécurité, a ainsi été la seule opération humanitaire d’ampleur engagée pour sauver les populations menacées. Le 4 juillet, la France a mis en place une zone humanitaire sûre, afin de mettre les populations à l’abri des combats qui faisaient rage dans le Sud (Butare) et dans l’Ouest (Kibuye) du pays.
Cette opération n’a pas été en mesure d’empêcher tous les massacres, notamment dans les premiers jours de sa mise en place, mais elle a permis à des milliers de personnes d’échapper aux combats et à des centaines de milliers de personnes déplacées de bénéficier de secours et de soins.
Le travail effectué en 1998 par la mission parlementaire d’information sur les opérations militaires menées au Rwanda par la France, présidée par M. Paul Quilès, a consisté en un effort de vérité, mené de manière approfondie sur la politique de la France au Rwanda à cette époque. Il a restitué toute la complexité des facteurs qui ont mené à la tragédie d’avril 1994.
Le dialogue avec le Rwanda a ensuite été régulier, notamment en vue de l’instauration d’une paix durable dans la région des grands lacs (visite conjointe franco-britannique des ministres des affaires, M. Védrine et M. Straw à Kigali le 22 janvier 2002, visite de M. de Villepin à Kigali en septembre 2002, visite de M. Muselier à Kigali en avril 2004, entretien entre M. Michel Barnier et son homologue rwandais, M. Charles Murigande, le 28 juillet 2004 à Prétoria ; entretien entre M. Douste-Blazy et M. Murigande à l’occasion du sommet Afrique-France en juin 2005 et de l’assemblée générale des Nations Unies en octobre 2006) ; visite d’une mission des sénateurs français en juin 2006.
Le Rwanda a décidé le 24 novembre 2006 de rompre ses relations diplomatiques avec la France, à la suite des conclusions d’une procédure judiciaire menée par le juge français Jean-Louis Bruguières sur plainte des familles de l’équipage français de l’avion du Président rwandais Habyarimana, abattu en avril 1994.
Les plus hautes autorités françaises (Président de la République et Ministre des affaires étrangères) ont manifesté à plusieurs reprises leur volonté de renouer au plus vite des relations diplomatiques. Les gestes d’ouverture de la France ont reçu un accueil favorable de la part des autorités rwandaises avec lesquelles un dialogue direct a pu être rétabli (entretiens du Président de la République avec le Président Kagamé à l’occasion du sommet UE/Afrique de Lisbonne en décembre 2007, et à New York en septembre 2008 ; déplacements à Kigali du Ministre des affaires étrangères et européennes, B. Kouchner, en janvier et novembre 2008). Le dialogue se poursuit en vue de permettre une normalisation des relations entre nos deux pays.
Mise à jour : 22.05.09