Russie

Présentation de la Russie

Présentation

Données générales

Nom officiel : Fédération de Russie

Chef de l’Etat : Dimitri MEDVEDEV, président de la Fédération

Chef du gouvernement : Vladimir POUTINE, Premier Ministre

Données géographiques

Superficie : 17 millions de km²

Capitale : Moscou (10 millions d’habitants)

Villes principales : Saint-Pétersbourg (4,4 M), Novossibirsk (1,5 M), Nijni Novgorod (1,5 M), Ekaterinbourg (1,3 M)

Langue (s) officielle (s) : russe

Monnaie : rouble

Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Population : 142,9 millions d’habitants

Densité : 8 habitants/km2

Croissance démographique : -0,47%

Espérance de vie : 69 ans

Taux d’alphabétisation : 99,4%

Indice de développement humain : 0,817 (71e place sur 182 - Rapport Mondial sur le Développement Humain 2009)

Principales nationalités, ou groupes ethniques (au total : 180 nationalités différentes) : Russes 79,8%, Tatars 3,8%, Ukrainiens 2%, Bachkirs 1,2% Principales confessions religieuses : orthodoxes pratiquants 15-20%, musulmans pratiquants 10-15%, autres confessions chrétiennes : 2%

Données économiques

PIB (2009) : 1 240 Mds USD (prévision pour 2010 : 1 488 Mds USD)

Taux de croissance (2009) : -7,9% (prévision pour 2010 : +4,3%)

Taux de chômage au sens du BIT (2009) : 8,4% (prévision pour 2010 : 7,8%)

Taux d’inflation (2009) : 8,8% (prévision pour 2010 : 6%)

Balance commerciale (2009) : 111,6 Mds USD (prévision pour 2010 : 143 Mds USD)

Principaux clients (% des exportations en 2009) : Pays-Bas (12%), Italie (8,3%), Allemagne (6,2%)

Principaux fournisseurs (% des importations en 2009) : Chine (13,6%), Allemagne (12,7%), Etats-Unis (5,5%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2008) :
- agriculture : 5%
- industrie : 30,6%
- services : 64,4%

La France est début 2009 le 6ème fournisseur de la Russie (3,8 % des importations russes en 2008).

Sources : Mission économique de l’ambassade de France à Moscou et le Fonds Monétaire International.

Consulats de France en Russie : Moscou, Saint-Pétersbourg, Ekaterinbourg

Communauté française en Russie : 5528 Français inscrits au registre en 2009

Politique intérieure

Plus de trois ans après la victoire sans surprise de M. Medvedev à l’élection présidentielle (70,2% des suffrages exprimés) et la nomination de son prédécesseur M. Poutine au poste de Premier ministre, le tandem Medvedev-Poutine fonctionne toujours et n’a pas connu d’accroc majeur. Il reflète l’équilibre entre les différents groupes du pouvoir. Non issu du KGB, appelé de Saint-Pétersbourg par Vladimir Poutine pour mettre en œuvre « les projets prioritaires nationaux », ancien professeur de droit romain à l’Université de Saint-Pétersbourg, D. Medvedev incarne la « face moderne » du régime. Développant un discours sur l’Etat de droit, l’économie de marché et la relation privilégiée avec l’UE, il a également mis à l’agenda la nécessaire « modernisation » de la Russie, devenue le nouveau slogan des autorités russes. Le premier ministre Poutine semble cependant continuer à occuper un rôle clé. Depuis les déclarations de D. Medvedev et V. Poutine à l’automne 2009, les spéculations sur l’échéance présidentielle de mars 2012 ont repris. Les experts n’excluent aucun scénario, y compris celui d’un retour de l’actuel Premier ministre au Kremlin. A ce stade, les deux membres du tandem, tout en n’excluant pas l’un et l’autre de se présenter, ont indiqué qu’ils prendraient ensemble « une décision raisonnable pour [leur] pays ».

L’exception du Nord-Caucase

Le Nord Caucase russe est en proie à une instabilité persistante : attentats suicides, attaques armées contre les forces de l’ordre, assassinats ciblés, enlèvements, tant de responsables politiques locaux que de collaborateurs d’ONG. Cette violence s’est également étendue, au-delà de la Tchétchénie, aux républiques limitrophes, en particulier du Daghestan, d’Ingouchie et de Kabardino-Balkarie. Les causes en sont multiples : guérilla islamiste ; luttes entre clans et groupes d’intérêts rivaux ; corruption élevée, situation économique et sociale difficile, radicalisation de la jeunesse… La nomination en février 2010 de M. Khloponine (connu pour ses succès en Sibérie en termes de développement économique et social) comme « super préfet » en charge de la région du Nord Caucase témoigne de la conscience qu’ont les autorités moscovites des limites de l’approche sécuritaire dont Ramzan Kadyrov est localement le maître d’oeuvre. Les attentats meurtriers du métro de Moscou le 29 mars 2010 et de l’aéroport de Domodedovo du 24 janvier 2011, revendiqués par le chef de l’Emirat islamique du Caucase, D. Oumarov, de même que la multiplication des attentats dans la région (cf. les attaques quasi quotidiennes au Daghestan, l’attentat du 9 septembre 2010 à Vladikavkaz en Ossétie du Nord…) confirment la difficulté de la tâche.

La question des droits de l’homme

La situation des droits de l’Homme en Russie demeure un sujet de préoccupation. Depuis 2006 le contrôle s’est renforcé sur la société civile : loi sur les ONG, interdiction des marches de protestation organisées par le mouvement « Une autre Russie » animé par Garry Kasparov, dissolution du « parti républicain » du député Ryjkov.

A noter toutefois la mise en place d’institutions intermédiaires telles que le Conseil présidentiel des Droits de l’homme et la Chambre sociale pour servir de relais entre le pouvoir et la société civile et compléter un dispositif qui comporte depuis plusieurs années un médiateur des droits de l’Homme (Vladimir Loukine). Des signes positifs peuvent être relevés depuis 2009 : l’annonce par le Président Medvedev de la nécessité de lutter contre la corruption et les mauvaises conditions d’incarcération ; l’adoption d’une loi interdisant notamment le placement en détention provisoire de personnes soupçonnées pour la première fois de délits à caractère économique ; l’annonce par la Cour constitutionnelle russe du prolongement du moratoire sur la peine de mort ; la signature de la loi fédérale sur la ratification par Moscou du Protocole 14 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme ; l’autorisation de certaines manifestations de l’opposition.

Situation économique

La Russie a connu durant les années Poutine (2000-2008) une croissance moyenne de 7% par an (8,1 % en 2007, 5,6 % en 2008). La Russie a été durement touchée par la crise, avec la pire récession des années 2000 (près de -8% en 2009), mais le pire - le « défaut » des années 90 - a été évité. Très dépendante du cours des matières premières, l’économie russe n’a pas connu jusqu’ici les réformes structurelles pourtant si nécessaires à sa diversification . En même temps, le modèle de capitalisme d’Etat a semblé conforté par la crise : les prêts aux banques et aux entreprises n’ont donné lieu à aucune restructuration et, à l’inverse des années 90, le pouvoir a pu renforcer son emprise sur l’économie. Le gouvernement russe a toutefois récemment relancé un vaste plan de privatisation.

A l’occasion du Forum Economique International de Saint-Pétersbourg en juin 2010, le Président Medvedev, dans la ligne du discours russe sur la « modernisation » a insisté sur le fait que la Russie était entrée dans une phase de modernisation et de diversification. Il a également annoncé plusieurs mesures concernant la promotion de l’investissement privé et le développement des activités d’innovations.

Durement touchée à l’été dernier, et ce pendant plusieurs semaines, par de graves incendies, la Russie a cependant renoué avec la croissance (prévue autour de 4% cette année). Moscou a également annoncé un moratoire sur les exportations de céréales reconduit jusqu’en 2011.

La Russie bénéficie actuellement de l’effet revenu de la hausse des prix du pétrole au début 2011 (toujours autour de 100 USD à la mi-mars) et un raffermissement de la demande interne (même si la hausse des cotisations sociales et de l’inflation pèsera sur la consommation au premier semestre). L’excédent commercial enregistré en 2010 s’est inscrit en forte hausse (150 Mds USD ; +36% sur un an) et a permis une nette reconstitution des réserves de change (les 3ème au monde, à 490 Mds USD au 1er mars 2011).

Politique extérieure

Les grands principes de la politique étrangère russe

Dans la continuité du discours légaliste et multilatéraliste qui prévalait sous la présidence de Vladimir Poutine (primauté du droit international, rôle central des Nations unies et du Conseil de sécurité), la politique étrangère russe reste marquée par sa volonté de s’affirmer comme une grande puissance mondiale. Affichant toutefois une volonté de coopération avec les grands acteurs de la scène internationale, Moscou considère désormais que le renforcement des relations d’interdépendance avec les principales puissances mondiales et régionales est dans l’intérêt de la Russie, et préconise la création d’ « alliances de modernisation » avec les principaux partenaires d’Europe de l’Ouest et l’UE.

L’ « étranger proche » demeure la zone d’intérêt privilégiée

Très attentive à l’évolution politique des pays de l’ancienne Union soviétique, encore perçus aujourd’hui comme appartenant à sa zone d’intérêt privilégiée, Moscou a eu tendance à considérer les révolutions de couleur intervenues au début des années 2000 en Géorgie puis en Ukraine et au Kirghizistan comme un facteur de déstabilisation pour la région. L’intervention armée en Géorgie au mois d’août 2008 a montré que la Russie n’excluait pas l’usage de la force pour défendre ce qu’elle considère comme ses intérêts nationaux dans la région.

L’étranger proche est cependant devenu, depuis le dernier élargissement de l’Union européenne (UE), région de « voisinage commun » avec l’Union européenne. Russie et Union européenne cherchent ainsi à coopérer avec pragmatisme, notamment dans le cadre du Partenariat oriental, volet Est de la politique de voisinage de l’UE. Le réchauffement des relations bilatérales entre Moscou et Kiev à la suite des élections présidentielles ukrainiennes en janvier 2010, et la gestion de la crise kirghize au printemps de la même année participent de cette évolution. De la même façon, une collaboration renforcée dans les processus de règlement des conflits dits « gelés » de Transnistrie (région séparatiste de Moldavie) et du Haut-Karabagh (opposant l’Azerbaïdjan et l’Arménie), dans laquelle la Russie a une capacité d’influence particulière, est envisagée au niveau européen. Le sommet de l’OSCE à Astana le 1er décembre 2010 a été l’occasion, pour les chefs d’Etats et de gouvernement de l’Europe « de Vancouver à Vladivostok », d’évoquer la refondation, vingt ans après la Charte de Paris, de la sécurité du continent.

Dans le Sud Caucase et en Asie centrale, la politique russe est également marquée par la problématique énergétique (contrôle des voies d’évacuation énergétique pour le premier et recherche de garanties d’approvisionnement pour la seconde) et par le souhait de lutter contre le risque terroriste et le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan. La diplomatie russe vis-à-vis des pays de la CEI s’appuie également sur les initiatives régionales lancées sous son égide depuis l’effondrement de l’URSS : Organisation du Traité de Sécurité collective (dont Moscou voudrait faire une authentique alliance politico-militaire), Communauté économique eurasiatique, projet d’Union douanière avec le Kazakhstan et la Biélorussie. Elle doit compter, enfin, avec celle des autres puissances régionales (Chine, Iran, Turquie).

Des relations UE / Russie qui s’améliorent

L’UE et la Russie ont connu une période compliquée par diversescrisesen 2008-2009 : Géorgie, crises gazières russo-ukrainiennes, crise économique mondiale… Cette relation se normalise progressivement. Le sommet UE-Russie de Rostov-sur-le-Don les 31 mai-1er juin 2010 a ainsi été l’occasion pour les deux partenaires de signer une déclaration sur un « partenariat pour la modernisation ». Le dernier sommet UE-Russie (Bruxelles, 7 décembre 2010), a constitué un véritable succès, marquant les progrès de la relation vers l’accession de la Russie à l’OMC ainsi que vers un espace sans visas.

Bruxelles et Moscou sont engagées dans la négociation d’un nouvel accord global, appelé à remplacer l’actuel accord de partenariat et de coopération, et qui doit constituer la base de la relation UE / Russie. Cet accord, de même que la perspective d’un espace sans visas, pour lequel la France a beaucoup plaidé, devraient contribuer à donner corps à un espace économique, humain et de sécurité commun entre l’UE et la Russie. Cette négociation n’est cependant pas exempte de certains irritants et de facteurs de blocage (retrait de la Russie du Traité relatif à la Charte de l’Energie, par exemple). L’admission de la Russie dans l’OMC sera décisive pour donner à la future zone de libre échange toute sa portée.

Russie / Etats-Unis : le « reset »

Les relations russo-américaines, fortement dégradées au cours des dernières années de l’administration Bush, connaissent une embellie depuis janvier 2009. Le sommet Obama-Medvedev qui s’est tenu à Moscou les 6 et 7 juillet 2009 s’est traduit par la volonté de coopérer sur les sujets internationaux d’intérêt mutuel (maîtrise des armements, défense anti-missiles, renforcement des régimes de non-prolifération des armes nucléaires, lutte contre le terrorisme, nucléaire iranien, adhésion de la Russie à l’OMC). Ce « reset » (ou « réinitialisation » des relations) s’est notamment illustré par la signature le 8 avril 2010 à Prague et la ratification début 2011 du traité Start 2.

Une affirmation progressive sur la scène internationale

Relativement isolée sur la scène internationale en 2008, la Russie a, depuis, cherché à se poser progressivement comme un interlocuteur incontournable sur les questions globales (sécurité énergétique, non prolifération) et à s’affirmer sur les dossiers régionaux et internationaux : Iran (elle fait partie des « EU3+3 » et s’est progressivement ralliée à l’idée des sanctions), Afghanistan (sans participer aux opérations, la Russie contribue au transit des troupes de la coalition), Proche-Orient (la Russie est membre du Quartet). Le reset américano-russe a par ailleurs favorisé un rapprochement sans précédent avec l’OTAN (conseil OTAN-Russie à l’issue du sommet de l’OTAN de Lisbonne les 19 et 20 novembre derniers), permettant de lancer des initiatives de coopération sur des dossiers longtemps perçus comme des irritants (projet de défense antimissile).

Face aux bouleversements que connaît le monde arabe depuis décembre 2010, la Russie, inquiète d’une montée de l’islamisme radical et de ses possibles répercussions sur la rébellion nord-caucasienne, a multiplié les appels à la prudence et à la non-ingérence. Face à la violence de la répression en Libye toutefois, Moscou a voté la résolution 1970 du Conseil de Sécurité sur la Libye (sanctions et saisie du Procureur de la Cour pénale internationale) et n’a pas empêché le vote de la résolution 1973 autorisant une intervention pour protéger la population.

Dans le cadre du rééquilibrage eurasiatique de sa politique étrangère, l’Asie revêt une importance croissante pour Moscou. Avec la Chine à qui elle est liée depuis quinze ans par un partenariat stratégique, la Russie affiche une relation bilatérale dynamique, même si les deux pays peuvent apparaître comme deux géants adossés, parfois concurrents, regardant l’un vers le Pacifique l’autre vers l’Europe.

Par ailleurs, la volonté russe de jouer un rôle plus actif dans le maintien de la paix et de la sécurité, en particulier en Afrique, s’est traduite par certaines initiatives comme la contribution à la mission EUFOR au Tchad ou la participation à la lutte contre la piraterie en Somalie.

Mise à jour : 16.03.11

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