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Russie

Présentation

Données générales
Politique intérieure et situation économique et sociale
Politique extérieure

Données générales

Données géographiques et générales

Superficie : 17 millions de km2 (1/8 des terres émergées) sur 11 fuseaux horaires (de GMT + 13 à + 3).

Population : 140,7 millions d’habitants dont 80% de Russes et près de cent autres « nationalités ».

Capitale : Moscou, environ 10 M hab.

Principales villes : Saint-Pétersbourg (4,4 M), Nijni Novgorod (1,5 M), Novossibirsk (1,5 M), Ekaterinbourg (1,3 M), Omsk (1,2 M), Tcheliabinsk (1,2 M), Oufa (1,1 M), Perm (1,1 M), Kazan (1 M), Rostov sur le Don (1 M)

Monnaie : rouble

Fête nationale : 12 juin

Données démographiques

Croissance démographique : - 0,6 % par an (projection pour la période 2000-2015)

Espérance de vie : 65,9 ans (moyenne hommes et femmes).

Religion : majorité chrétienne orthodoxe (82 %), islam (15 à 20 millions de musulmans, soit environ 12 % de la population), bouddhisme, judaïsme.

Données économiques

PIB 2007  : 1 286 Mds $ (2 076Mds $ en PPA)

PIB par secteur 2007 : agriculture : 4,8% ; industrie : 32,7% ; services:65,2%.

Croissance en 2008 : 5,6,% (8, 1% en 2007 7,4% en 2006)

Inflation en 2008 : 15% (11,6 en 2007 et 9,7% en 2006)

Solde commercial2007:128,7 Md$(139,2 Mds $en 2006)

Dette externe totale (secteur public et privé)  : 343,1 Mds $ (est. 2007)

Taux de chômage en 2007 : 6,2 % (7,2% en 2006)

Investissements directs étrangers en 2007 (flux entrants) : 52,5 Mds $

Principaux investisseurs : Chypre, Pays-Bas,îles Bermudes

Principaux clients (% des exportations, 2007) : Pays-Bas (12,1%), Italie (7,8%) Allemagne (7,5%)

Principaux fournisseurs (% des importations, 2007) : Allemagne (13,3%), Chine (12,2%), Ukraine (6,7 %),

Ressources naturelles  : pétrole, gaz naturel, charbon, fer, or, platine, aluminium, nickel, etc.

Part de marché de la France dans le commerce extérieur russe (2006) : 3,06 % (exportations + importations)

Politique intérieure et situation économique et sociale

Le paysage politique est dominé par le parti présidentiel « Russie unie » qui domine tant la Douma d’Etat (315 députés, soit la majorité constitutionnelle des deux-tiers) que la plupart des assemblées locales. Dmitri Medvedev, ancien président du conseil d’administration de Gazprom, a été élu à la présidence de la Fédération de Russie le 2 mars 2008 à plus de 70% des voix. La transition entre la présidence de Vladimir Poutine et la « dyarchie » ou « tandemocratie » de V. Poutine et D. Medvedev s’est déroulée selon un scénario élaboré visant à préserver la continuité du régime mis en place depuis 2000 et à assurer la poursuite de la politique menée par V. Poutine lors de son dernier mandat.

Le tandem Medvedev-Poutine a montré qu’il fonctionnait dans l’épreuve. V. Poutine, qui tire sa force de son réseau d’allégeances personnelles et semble avoir délégué le quotidien de la coordination gouvernementale à son premier vice-Premier ministre, Igor Chouvalov, reprend sa prédominance sur le chef de l’Etat en tant de crise (Géorgie, crise gazière). Cependant, D. Medvedev a su développer un style et une légitimité propres, déclinant quasi quotidiennement la nécessité de la lutte conte le « nihilisme juridique » et franchissant parfois le pas de gestes novateurs, comme avec la nomination comme gouverneur de l’opposant libéral Belikh ou la réception au Kremlin du rédacteur en chef de Novaïa Gazeta après le meurtre de la journaliste Babourova. Quelques signes de divergences entre les deux têtes de l’exécutif ont pu récemment être décelés (projet de loi anti-corruption, plan anti-crise) même si globalement tout est fait pour cantonner les différends au niveau des entourages.

D. Medvedev a procédé le 16 février 2009 à un important mouvement dans le corps des gouverneurs (trois limogeages et nomination du ministre de l’Agriculture au poste vacant de gouverneur de Voronej), mettant en pratique l’un des leitmotivs de son discours du 5 novembre 2008 devant les deux chambres russes sur la rotation des cadres. En publiant le 17 février 2009 sur le site du Kremlin une liste de cent jeune cadres-modèles, D. Medvedev s’applique à mettre en œuvre son ambition (annoncée en juin 2008) : constitue des « réserves de cadres », à un triple niveau : présidentiel, fédéral, régional. Cette volonté du pouvoir de s’impliquer directement dans le renouvellement des cadres est récurrente en Russie et traduit son manque de confiance dans les seules dynamiques endogènes de la société civile. A ce stade, force est de constater que les cent premières personnalités de la liste présidentielle (il devrait y en avoir à terme 1200) peine à apparaître comme des talents nouveaux, la plupart occupant déjà des responsabilité importantes (députés, vice-ministres, chefs de gouvernement locaux, etc.). En jouant la transparence (relative), D. Medvedev semble vouloir rompre avec la pratique d’un V. Poutine qui a toujours organisé les nominations sur la base d’allégeances personnelles. Toutefois, on observera que le vivier demeure le même et que les proches du chef de l’Etat y côtoient ceux du Premier ministre.

Elections partielles du 1er mars2009 (parlement régionaux de neuf sujets de la Fédération, conseillers municipaux) : cette échéance électorale a confirmé que la sphère politique n’échappait pas à la crise : le parti majoritaire, Russie Unie, gagne partout (sauf à l’échelon municipal) mais est en recul partout d’en moyenne cinq points par rapport aux législatives de 2007. Ces élections vont sans doute accélérer, au sein du parti au pouvoir, la prise de conscience de sa fragilité. Une montée des rivalités internes est à attendre dans les prochains mois.

Depuis 2004, le poids de l’Etat s’est renforcé dans la sphère économique, parallèlement à l’interpénétration des élites politiques et économiques. La part du PIB relevant d’entreprises nationales atteint 35%. Cette approche étatiste porte en priorité sur le domaine énergétique (contrôle des réseaux d’exportation des hydrocarbures notamment en direction de l’UE, projets de loi limitant l’accès des investisseurs étrangers aux secteurs stratégiques et l’utilisation des ressources du sous-sol ; mais aussi engagement fort de l’Etat au service d’une stratégie nucléaire civile ambitieuse). Cette démarche vise aussi à mettre la Russie en position de force avant l’ouverture totale à la concurrence (entrée dans l’OMC), grâce à la constitution de « champions nationaux » dans des secteurs considérés à la fois comme exposés et « stratégiques » (énergie, métallurgie, armement et aviation).

La Russie a connu durant les années 2000-2008 une croissance économique moyenne de 7% par an (8,1% en 2007, 5,6% en 2008). Ces bonnes performances sont toutefois dans la moyenne basse de celles observées à l’échelle de la CEI (+36,5% pour l’Azerbaïdjan en 2007 ; +12,1% pour l’Ukraine ; 8,4% pour le Tadjikistan). En outre, les prévisions du FMI sont particulièrement pessimistes pour les années à venir (récession de -2 % en 2009 et croissance de 1,3% en 2010), faisant de la Russie le pays des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) le plus touché par la crise financière internationale.

Le ministère russe du Développement économique et du commerce (MERT) avait élaboré en 2005, 2006 et 2007 des scénarios de croissance à long terme de l’économie russe (pour une moyenne annuelle de 6 à 7% au cours de la décennie 2010). Ces scénarios reposaient en particulier sur un plein développement des avantages comparatifs russes : capital humain, recherche, position géographique de transit entre l’Amérique, l’UE et l’Asie Pacifique, énergie, agriculture, tourisme. Ces prévisions pourraient être compromises en raison de l’incapacité des autorités à résoudre les difficultés structurelles de l’économie russe.

Par ailleurs, la situation sanitaire et démographique demeure préoccupante (même si 2007 a connu un pic de natalité sans précédent depuis 25 ans) avec une diminution nette de 700.000 personnes par an et contraint déjà la Russie à recourir à l’immigration saisonnière en provenance de la CEI dans certains secteurs (bâtiment notamment). En dépit de l’émergence d’une classe moyenne dans les grands centre urbains, la société reste fragile et passive dans son ensemble, sauf lorsque ses intérêts économiques et sociaux sont remis en cause (fortes résistances aux tentatives de monétisation des avantages sociaux en 2006). Le règlement des problèmes sociaux restera une des priorité du futur gouvernement mais l’efficacité des réformes risque de se heurter à la persistance d’une importante corruption au sein des structures bureaucratiques.

Le Kremlin à renforcé depuis 2006 son contrôle sur la société civile qu’elle perçoit comme une source potentielle d’instabilité depuis les « révolutions de couleur » ukrainienne et géorgienne (loi sur les ONG, interdiction des marches de protestation organisées par le mouvement « Une autre Russie » animé par Garry Kasparov, dissolution du « parti républicain » du député Ryjkov, accusations de fraude et de corruption portées contre l’ancien premier ministre Kassianov). Toutefois, soucieux de démontrer une évolution progressive et « maîtrisée » de la société russe, le Kremlin tente de s’appuyer sur des institutions intermédiaires telles que le Conseil présidentiel des Droits de l’homme et la Chambre sociale pour servir de relais entre le pouvoir et la société civile et compléter un dispositif qui comporte depuis plusieurs années un médiateur des droits de l’Homme (Vladimir Loukine). L’accent mis par les autorités sur la restauration des valeurs nationales a eu pour effet pervers de libérer un nationalisme de plus en plus violent et xénophobe et a conduit à durcir la législation sur le travail de la main d’œuvre étrangère en Russie (loi sur les marchés intérieurs obligeant les vendeurs étrangers à céder leurs places à des citoyens russes en 2008).

Relativement éclipsée depuis l’été 2008 par la guerre entre la Russie et la Géorgie, la situation dans le nord du Caucase, particulièrement dans sa partie orientale (Ingouchie, Tchétchénie, Daguestan), n’en demeure pas moins préoccupante, tant sur le plan sécuritaire que politique. Cette région continue d’être gangrenée par les violences, la corruption, les tensions interethniques et l’émergence d’un islam radical endogène. Jusqu’à présent, et en dépit des efforts financiers consentis depuis trois ans par le pouvoir fédéral (plan de réhabilitation et de développement économique et social), ce dernier n’a pas été en mesure de stopper la dangereuse et double dynamique de la radicalisation des populations et de l’extension de l’insécurité à l’ensemble de la région. Bien que pouvant se prévaloir d’une stabilité politique relative, la Tchétchénie connaît une situation sécuritaire volatile, avec un renforcement des capacités opérationnelles de la guérilla qui se traduit depuis l’été 2008 par un regain d’attaques (deux ou trois par semaines en moyenne).

Politique extérieure

Tout en réaffirmant la prééminence de la fonction présidentielle dans la fixation des orientations fondamentales de la politique étrangère, le président Dmitri. Medvedev s’inscrit dans la ligne tracée par Vladimir Poutine qui en demeure le principal maître d’œuvre. En rendant public le 15 juillet 2008 le « nouveau concept de politique étrangère de la Fédération de Russie », document-cadre qui n’avait pas été renouvelé depuis 2000, le président russe réaffirme les grands principes qui caractérisent la politique extérieure russe - en particulier depuis 2003 - lorsque la Russie a renoncé au rapprochement avec l’Occident : affirmation de la Russie sur la scène régionale et internationale, recherche d’un « nouvel équilibre », priorité à la défense des intérêts nationaux, protection et défense des populations russophones, opposition à la logique des blocs, critique de l’unilatéralisme et insistance sur le respect du droit international, affirmation du rôle central des Nations unies et du Conseil de sécurité, volonté de transformation du système international, projet d’une nouvelle architecture pan-européenne de sécurité reprenant la proposition faite par M. Medvedev lors d’un discours à Berlin le 5 juin 2008.

L’intervention russe en Géorgie en août 2008 puis la reconnaissance unilatérale le 26 août 2008 par Moscou des indépendances de l’Ossétie du Sud et de l’Abkhazie constituent une rupture avec l’attachement traditionnellement affiché de la politique russe aux principes de respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale. Ces événements s’inscrivent en fait dans une tendance de fond visant à la préservation de la zone d’influence russe et à l’affirmation d’une politique de puissance dont le discours du président Poutine lors de la conférence sur la sécurité à Munich en février 2007 avait constitué le point d’orgue. L’énonciation par le président Medvedev le 31 août 2008 d’une doctrine fondée sur « cinq nouveaux principes de politique étrangère » (primauté du droit international, multipolarité, volonté de développer des relations amicales avec les pays occidentaux et le reste du monde, protection de la vie et de la dignité des citoyens russes « où qu’ils se trouvent », défense des intérêts russes à l’étranger) et l’apparition dans le discours du ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov de notions telles que le « droit à l’autodétermination » et la « responsabilité à protéger » apparaissent comme autant de tentatives de concilier a posteriori les grands principes de la politique russe avec les implications du conflit russo-géorgien.

Se fondant sur une diplomatie énergétique qui a pris en 2005 une tournure ouvertement offensive, les autorités russes entendent ainsi rendre son rang à la Russie et renouer avec une vocation mondiale, qui implique une révision de l’ordre international et européen hérité de la guerre froide et le renforcement de l’influence russe dans l’ancien pré-carré soviétique. Moscou cherche à se poser en interlocuteur incontournable sur les questions globales, de la sécurité énergétique à la non-prolifération et à s’affirmer sur des dossiers régionaux et internationaux (Moyen-Orient, Iran, Afghanistan).

- L’« étranger proche » demeure la zone d’intérêt prioritaire de la Russie. La présence occidentale dans cette région est perçue par Moscou comme une remise en cause de la prédominance russe et une menace pour ses intérêts. La Russie cherche à contenir et si possible à neutraliser les révolutions de couleur, qu’elle interprète comme l’effet d’une compétition idéologique initiée par Washington, en exerçant des pressions sur les gouvernements qui en sont issus (Ukraine, Géorgie). Elle vise à s’assurer le contrôle des voies d’évacuation énergétique et à limiter l’influence des autres puissances régionales (Iran, Turquie) dans le sud du Caucase. En Asie centrale, elle est animée par le souci de garantir son approvisionnement énergétique et de lutter contre le risque terroriste et le trafic de drogue en provenance d’Afghanistan, ce qui conduit Moscou à soutenir les régimes autoritaires en place. La crise géorgienne affecte au premier chef les pays du voisinage qui font l’objet de fortes pressions du Kremlin. Le fait que les Etats de la CEI, malgré le soutien apporté à l’action russe en Géorgie, n’aient pas reconnu les indépendances de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud constitue cependant un revers pour Moscou.

- La crise géorgienne (été 2008) est également venue bouleverser les relations entre l’Union européenne et la Russie. Avant la crise en Géorgie, le contexte de la relation était marqué par le lancement des négociations du nouvel accord-cadre UE-Russie à l’occasion du sommet UE-Russie de Khanty-Mansiisk (26-28 juin 2008). Cet accord doit permettre une modernisation du cadre juridique actuel fondé sur un Accord de partenariat et de coopération en vigueur depuis 1997 ainsi que l’adoption d’un nouvel instrument englobant tous les domaines de la relation et incluant les feuilles de route de Saint Pétersbourg sur les « quatre espaces communs de coopération ». Cette étape n’avait toutefois pas été exempte de difficultés (contentieux bilatéraux avec plusieurs Etats membres, divergences sur les valeurs communes) et révélé des divergences d’approche entre Etats membres, plus d’ailleurs sur la perception de la relation avec la Russie que sur la politique à mener.

La Russie perçoit désormais l’Union européenne comme un concurrent et donne la priorité aux relations bilatérales avec les grands Etats de l’Union. Toutefois, le partenariat avec l’UE conserve son intérêt pour Moscou qui souhaite approfondir l’intégration entre l’UE et la Russie par la mise en place d’un espace sans visa ainsi que l’accroissement des échanges économiques, des transferts technologiques et des investissements. En outre, la mise au point d’un partenariat énergétique apparaît incontournable en raison de l’interdépendance mutuelle, l’UE étant le principal débouché de la Russie et celle-ci son premier fournisseur.

- S’agissant des relations avec les Etats-Unis, si l’adoption d’une déclaration sur le cadre stratégique russo-américain à Sotchi le 6 avril 2009 avait semblé marquer une volonté d’apaisement dans les relations russo-américaines, les relations entre les deux Etats sont profondément dégradées. Cette crise de confiance, accentuée par la crise géorgienne, devrait s’inscrire dans la durée. Les motifs d’inquiétude des Etats-Unis vis-à-vis de la Russie sont multiples : rapprochement de la Russie avec des Etats ou organisations qu’ils jugent responsables du terrorisme ou de la prolifération (Iran, Syrie, Cuba, Hamas) ; stratégie russe en direction des pays arabes (Syrie, Algérie), de l’Iran et de grands pays asiatiques, fondée sur l’offre d’énergie (pétrole et gaz dans le cas chinois, uranium dans le cas indien) et la fourniture d’armements sophistiqués (notamment à l’Inde, Chine, Birmanie, Algérie) ; coopération militaire de la Russie avec la Chine, le Venezuela et l’Iran ; critiques des évolutions en Russie en matière de démocratie et de droits de l’homme. Du côté de la Russie, pour laquelle le souci de parité avec Washington reste une priorité, les reproches sont nombreux : opposition de Moscou au déploiement du système de défense antimissile en Europe centrale (Pologne, République Tchèque), menaces de mesures de représailles en cas d’élargissement de l’OTAN à l’Est, notamment en Géorgie et en Ukraine (menaces explicites sur l’intégrité territoriale de l’Ukraine, en particulier en Crimée), suspension de l’application du Traité sur les forces conventionnelles en Europe. Enfin, la suspension récente de la coopération militaire de la Russie avec l’OTAN constitue un autre avatar de la crise en Géorgie.

- Au Proche-Orient, la Russie cherche à s’affirmer comme acteur de plein exercice, à peser dans les tentatives de règlement des crises (proposition d’organiser le suivi de la conférence d’Annapolis à Moscou) et à jouer un rôle de médiateur, sans négliger ses intérêts commerciaux (dans les secteurs de l’énergie et de l’armement notamment). Il s’agit de renouer avec certains alliés traditionnels (Syrie), de nouer des coopérations avec les autres producteurs énergétiques (Algérie, Lybie), mais aussi de restaurer le crédit russe dans le monde musulman. L’importance des liens économiques explique pour une large part la grande prudence de Moscou sur le dossier nucléaire iranien, en dépit de son attachement au TNP et de ses intérêts fondamentaux dans la région. Si l’attitude peu coopérative de Téhéran sur son programme nucléaire a incité Moscou à adopter une position plus proche des Occidentaux qui a permis l’adoption de deux résolutions au CSNU comportant des mesures de sanctions (1737 et 1747), la Russie entretient cependant une relation ambiguë avec le régime (livraison de combustible à la centrale de Bushehr). Il s’agira à l’avenir d’un dossier test pour juger de la capacité de la Russie à faire prévaloir ses responsabilités internationales sur toute autre considération.

- Le continent asiatique retrouve une importance nouvelle, dans le cadre du rééquilibrage eurasiatique de la politique russe. La fourniture d’énergie et d’armes de haut niveau constituent là aussi un argument puissant, notamment en direction de Pékin. Rivale autant qu’alliée de la Russie, notamment en Asie centrale, la Chine n’en est pas moins dépendante pour l’heure de l’énergie russe. Une vision voisine du multipolarisme au service de leurs intérêts favorise la coopération sur des grands dossiers régionaux (Corée, Iran), une alliance de circonstance sur certains dossiers au Conseil de sécurité des Nations unies (double veto russo-chinois contre des sanctions vis-à-vis du régime birman puis sur le Zimbabwe) sans toutefois aller jusqu’à un soutien explicite de la Chine à la reconnaissance des Républiques séparatistes de Géorgie. La Russie veille à équilibrer cette relation par sa coopération confiante traditionnelle avec l’Inde (multiplication des rencontres de haut niveau centrée sur les questions énergétiques et le commerce d’armements), et par ailleurs, en développant sa coopération énergétique avec le Japon. La stratégie asiatique russe doit servir autant à la réhabilitation économique de l’Extrême-Orient russe qu’à l’édification de réseaux de transport énergétique Est-Ouest.

Mise à jour : 26.05.09