Déplacement de M. Bernard Kouchner et de M. Jean-Pierre Jouyet à Moscou (20 mai 2008)
Le ministre des Affaires étrangères et européennes, M. Bernard Kouchner, s’est rendu le mardi 20 mai à Moscou avec M. Jean-Pierre Jouyet, secrétaire d’Etat aux Affaires européennes. Il a eu le mercredi 21 mai des entretiens avec le Président de la Fédération de Russie, M. Dmitri Medvedev, ainsi qu’avec son homologue, M. Sergueï Lavrov.
Ce déplacement a constitué le premier contact avec la nouvelle administration présidentielle et le nouveau gouvernement russes.
La Russie est un partenaire essentiel pour l’Union européenne. Notre objectif est de prendre en compte notre interdépendance pour élaborer ensemble une nouvelle relation de long terme et équilibrée autour de nos intérêts communs.
A un peu plus d’un mois du début de la Présidence française du Conseil de l’Union européenne, cette visite a principalement eu pour objectif de présenter aux autorités russes nos priorités et nos objectifs pour le partenariat entre l’Union européenne et la Russie, notamment sur les questions énergétiques, de migrations et de politique européenne de sécurité et de défense qui sont des priorités pour notre présidence mais aussi des sujets d’intérêt commun avec la Russie.
Nous avons également évoqué également avec les autorités russes l’actualité internationale (Proche-Orient, Chine, Birmanie, Kosovo) et régionale (Géorgie, Ukraine) ainsi que notre coopération bilatérale.
Entretien de M. Bernard Kouchner avec l’hebdomadaire russe "Itogui"(Paris, 26 mai 2008)
"Mais les Russes ne comprennent pas toujours, comme le disait M. Kissinger, quel est le numéro de téléphone de l’Europe unie. Bien sûr, vingt-sept pays ne peuvent être dans un consensus permanent, c’est pourquoi l’accord Union européenne-Russie était bloqué. Mais l’Union européenne, c’est un moyen de lutte contre l’orgueil de certains pays. L’Union est une construction permanente, pas temporaire ; ce n’est pas une union géographique mais politique. Et en cela l’Union s’inscrit dans une tendance mondiale. L’Afrique avec l’union africaine, l’Amérique latine - tous essaient de faire ce que fait l’Europe. On ne peut résoudre autrement les problèmes du monde."
"L’Union européenne est une aventure, nous ne savons pas exactement comment elle se déroulera. Ce n’est pas une ligne droite, c’est un processus en mouvement, dynamique, étonnant, nouveau, un modèle, peut-être. Nous sommes tout à fait amis avec Tony Blair. Un certain nombre de gens pense qu’il faut que le futur président du Conseil de l’Union européenne soit un homme ou une femme qui fasse partie des pays qui ont accepté l’euro et non pas des pays minoritaires qui ne l’ont pas accepté. Nous verrons, il y a d’autres noms."
Conférence de presse de M. Bernard Kouchner (Moscou, 21 mai 2008)
"Nous sommes venus présenter les priorités de la Présidence française. Nous avons également parlé des relations bilatérales entre la France et la Russie, mais c’était presque accessoire tant elles se déroulent bien. Nous avons également abordé un certain nombre de domaines que je vais énumérer.
Le premier chapitre, c’est la défense et la sécurité européennes. Nous entendons développer avec la Russie des discussions tout à fait suivies, inventives et qui ont, d’ailleurs, très bien commencé. Nos amis russes ont accepté de participer à l’EUFOR, c’est-à-dire à la plus grande des entreprises de sécurité qui se déroule au Tchad en ce moment."




