Sommaire
Le ballet de l’Opéra national de Paris
A Novossibirsk, les 20 et 21 juillet : « Paquita ».
A Moscou, sur la grande scène du Bolchoï : gala (25 et 26 septembre) ; « Paquita » (5 représentations du 29 septembre au 2 octobre).
« Paquita » : créé en 1846 à l’Opéra de Paris par Joseph Mazilier, recréé et complété d’un acte supplémentaire par Marius Petipa au Grand théâtre de Saint-Pétersbourg en 1881, ce ballet a été reconstitué en 2001 au Palais Garnier par Pierre Lacotte. Ce sera son deuxième voyage de la France vers la Russie, bel hommage à la tradition de nos échanges dans le domaine de la danse.
La Comédie-Française
Une tournée illustrant une approche vivante, contemporaine et inventive du répertoire du « Français » à Omsk, Ekaterinbourg, Moscou et Saint-Pétersbourg, en septembre et octobre. Le programme sera construit autour de deux spectacles : le « Mariage de Figaro », dans une mise en scène de Christophe Rauck créée Salle Richelieu avec un grand succès ; « Les Précieuses Ridicules » au Théâtre du Vieux Colombier, dans une conception extrêmement visuelle de Dan Jemett qui actualise les ressorts comiques de la pièce. Des étapes intermédiaires pour « Les Précieuses » pourraient aussi être envisagées à Tioumen et à Kazan.
L’Orchestre National de Lille, sous la baguette de son fondateur et directeur musical Jean-Claude Casadesus, sera en résidence dans l’Oural à Ekaterinbourg puis en tournée dans d’autres villes de Russie. Trois lignes de force : le grand répertoire symphonique français (Ravel, Dukas), une nouvelle génération de solistes (le flûtiste Emmanuel Pahud et le trompettiste et corniste David Guerrier), et la création contemporaine autour de Bruno Mantovani, compositeur en résidence à l’orchestre en 2010.
La Volga des arts de la rue
Le festival d’Aurillac est devenu, depuis 20 ans, le grand rendez-vous international du théâtre de rue. C’est à son directeur, Jean-Marie Songy, qu’est confiée la programmation d’une croisière fluviale qui emmènera plusieurs des compagnies françaises les plus réputées et les plus inventives dans ce domaine de Moscou à Rostov sur le Don, avec de nombreuses étapes dans les grandes villes de la Volga (Nijni Novgorod, Kazan, Volgograd, Samara, Togliatti, Saratov). Le public sera convié à de grands événements festifs qui verront se succéder performances aquatiques, parades, danse acrobatique et jeux pyrotechniques, et auxquels s’associeront les artistes locaux.
Renouer avec un mouvement fait d’échange et de partage, voici le thème conducteur d’une programmation en arts plastiques qui permettra à des artistes français d’aller à la rencontre de leurs collègues et du public russes. Des programmes de résidences croisées de jeunes artistes, comme celui en projet avec le Pavillon du Palais de Tokyo, permettront d’y associer les nouvelles générations.
Les manifestations déjà au programme :
Voici déjà quelques années qu’Angelin Preljocaj et sa compagnie sont connus et fêtés par le public et les professionnels de la danse en Russie. Séduit par l’énergie des danseurs du Bolchoï, le grand chorégraphe a fixé un rendez-vous avec sa compagnie pour une création conjointe, sans précédent, dont la première aura lieu à Moscou en septembre 2010, avant d’être reprise aussitôt à la Biennale internationale de la danse de Lyon puis au théâtre du palais de Chaillot à Paris.
L’année 2010 verra fêter le 150e anniversaire de la naissance d’Anton Tchekhov. Plusieurs créations lui rendront hommage dans le cadre de l’Année France-Russie/Russie-France : le compositeur Philippe Fénelon travaille ainsi, en collaboration avec le librettiste russe Alexeï Parine et avec le metteur en scène Dimitri Tcherniakov, à un opéra sur des motifs de la pièce « la Cerisaie », pour une création au Bolchoï à l’automne 2010 puis à l’Opéra national de Paris ; Joseph Nadj, chorégraphe et metteur en scène, présentera un spectacle tchékhovien, coproduction du Festival Tchékhov de Moscou, du Centre chorégraphique national d’Orléans et du théâtre de la Ville à Paris.
La vitalité de la création théâtrale en France repose sur des auteurs qui incarnent une grande diversité de courants d’écriture, sur la singularité de metteurs en scène attachés à renouveler l’esthétique des classiques et « l’éclairage » des textes, et sur des acteurs enthousiastes de leur art. L’année 2010 aspire à favoriser l’échange et la coopération avec le monde du théâtre russe : créations de metteurs en scène français avec des acteurs russes, programme de traduction et de publication d’auteurs dramatiques français, rencontres théâtrales et littéraires, et naturellement tournées de spectacles, telles sont les principales modalités envisagées. Nous pouvons compter sur le concours passionné des théâtres russes, comme l’ont récemment illustré les succès de « Pelléas et Mélisande » mis en scène par Olivier Py, ou des spectacles de Joël Pommerat à Moscou.
Il s’agira de proposer un parcours diversifié de la création française dans les disciplines qui façonnent l’esthétique de notre environnement quotidien - la mode, les arts appliqués, le design, l’architecture. Les expositions en préparation mettront en exergue l’alliage d’une créativité résolument contemporaine avec le legs d’une grande tradition et la maîtrise conservée de savoir-faire d’exception.
L’exposition « Christian Lacroix, costumier », produite par le Musée national du costume de Moulins, illustrera, avec environ cent cinquante maquettes et costumes issus de vingt-cinq productions présentées entre autres à l’Opéra de Paris et à la Comédie-Française, un versant spécifique et remarquable de l’oeuvre de ce grand couturier, véritable alchimie de styles, de coupes historiques et de créations contemporaines, du précieux et du quotidien.
La Manufacture nationale de Sèvres entretient des relations privilégiées avec la Russie depuis le XVIIIe siècle et les services fabriqués pour la Grande Catherine. Elle poursuit aujourd’hui un travail de création avec le concours de plasticiens renommés, parmi lesquels des artistes russes (Eric Boulatov, Edouard Chteinberg). Son directeur, David Cameo, propose un double panorama du patrimoine conservé en Russie et des pièces contemporaines produites par la Manufacture, à Moscou et à Saint-Pétersbourg.
Le design en France connaît une période particulièrement dynamique : diversité des créateurs, qu’illustrent par exemple les frères Bouroullec, le collectif « Radi designers », ou naturellement Philippe Starck ; multiplicité des institutions (nouvelle Cité des arts et du design de Saint-Etienne, Musée des arts décoratifs de Paris, réouverture du musée des Gobelins…) ; succès des expositions (270 000 entrées à « Design contre design », aux galeries de la RMN, à l’automne 2007) ; politique active de promotion (menée notamment par le VIA). C’est cette actualité, ainsi que les traditions qui la nourrissent, qu’il s’agira de présenter dans une Russie que nous voyons à nouveau portée à l’audace et à l’imagination.
L’architecture est un terrain sur lequel nos échanges sont encore relativement modestes. Pourtant, la pensée de Le Corbusier n’aurait pas été tout à fait la même sans ses incursions en Russie et celle des constructivistes russes continue de fasciner historiens et architectes français. Parmi ceux-ci, quelques-uns ont repris depuis peu le chemin de la Russie emprunté par nombre de leurs aînés aux XVIIIe et XIXe siècles, poussant même jusqu’au coeur de l’Oural et jusqu’aux rives de la Volga. L’année 2010 permettra de développer la connaissance mutuelle et le dialogue sur les œuvres construites comme sur les conceptions mises en oeuvre. Un ensemble d’expositions, de séminaires et d’ateliers est à l’étude, faisant appel à des partenaires de référence (musées, centres d’architecture, universités, réseaux de penseurs et de créateurs) et intéressant aussi bien les capitales que des métropoles régionales.
Groupes vedettes de l’électro-rock (tel Daft Punk ou Birdy Nam Nam), rappeurs, slameurs, compositeurs et interprètes de la nouvelle vague de la chanson française seront à l’honneur pour faire découvrir dans son ampleur et sa diversité le renouveau créatif de la scène musicale française. Le festival des « Transmusicales » de Rennes s’est déjà porté volontaire pour participer à cette programmation et accueillir en retour des musiciens russes.
« France Danse Russie » réunira à l’automne 2010, à Moscou et dans l’Oural, terre d’élection de la danse contemporaine en Russie, un ensemble de compagnies exprimant l’énergie des créateurs français, artistes confirmés et personnalités émergentes, et incarnant les registres les plus actuels du langage dansé d’aujourd’hui, y compris ceux issus des cultures urbaines et du hip hop.
Le développement de nouvelles formes d’expression artistique, au confluent des disciplines traditionnelles et des nouvelles technologies, occupe une place croissante dans la création et contribue puissamment au renouveau des publics. Ce champ artistique, qui convoque sur le plateau aussi bien le théâtre que la vidéo, la musique, la danse, les arts du cirque et les technologies numériques, est développé par des compagnies jeunes et dynamiques. Reflets du monde contemporain, réflexions sur la société et sur l’homme s’y expriment sans rien sacrifier d’une esthétique qui séduit et qui convainc. Les acrobates de la Compagnie 111, le travail théâtral de David Bobée et de sa compagnie Rictus, les spectacles de Rachid Ouramdane comme de François Verret, autant d’expressions maîtrisées de ce nouveau mouvement, promis à un bel accueil en Russie.
Les musées de France (33 millions de visiteurs en 2006), les centres d’art et les fondations (tels la Maison rouge à Paris, qui a accueilli l’exposition sur le « Sots’art » de la galerie Tretiakov à l’automne 2007, la Fondation Maeght à Saint-Paul de Vence ou encore la Fondation Cartier) contribuent activement à la vie culturelle de notre pays. Plusieurs de ces institutions, parmi les plus prestigieuses, ont déjà noué des partenariats avec leurs homologues en Russie et organisé avec eux nombre de belles expositions (« Nicolas de Staël », « le Paris russe », « les gemmes de Louis XIV », « 100 chefs d’oeuvre du Musée d’Orsay », pour s’en tenir à quelques exemples récents). Nous souhaitons que 2010 contribue à renforcer les liens existants et à lancer de nouveaux projets, que ceux-ci concernent de prestigieuses collections nationales, comme celles du Musée Picasso à l’Hôtel Salé, les musées régionaux ou bien encore les grandes initiatives de mécénat artistique au service du patrimoine contemporain.
La photographie et la vidéo sont une composante particulièrement vivante de la scène artistique française, connue et appréciée à Moscou, en particulier des très nombreux visiteurs de la « Photobiennale » et de la Maison de la photographie. 2010 sera l’occasion de présenter dans la capitale mais aussi dans d’autres villes et et régions des oeuvres d’artistes confirmés comme de jeunes créateurs. La Russie aura ainsi la primeur de la présentation à l’étranger de « Mosaïques », une grande commande en cours du Ministère de la Culture et de la Communication sur les signes de la diversité culturelle dans notre pays. Des projets d’expositions et de résidences croisées d’artistes sont en discussion avec les nombreuses institutions et structures intéressées : le Fonds national d’art contemporain (Fnac), le Jeu de Paume, la Maison européenne de la photographie, les Rencontres photographiques d’Arles, l’agence Magnum, pour ne citer qu’elles.
Grand pays de culture et de création cinématographique, la Russie a toujours réservé le plus bel accueil au cinéma français : plus de huit millions de spectateurs sont ainsi allés voir les 27 films français sortis sur des écrans russes en 2007. Cette cinéphilie remarquable est servie depuis plusieurs années par les initiatives conjointes des distributeurs russes, d’Unifrance et du réseau culturel français. 2010 marquera ainsi le 10e anniversaire du Festival « le cinéma français aujourd’hui » qu’avait lancé en Russie Daniel Toscan du Plantier. Rencontres autour de personnalités du cinéma français, circulation de films à travers le réseau des Alliances françaises, programmation itinérante de la Cinémathèque française avec les films restaurés des studios Albatros
de Montreuil (foyer de création du cinéma russe émigré de 1917 à 1928) participeront, parmi d’autres projets, à fêter le septième art en 2010 de Paris à Vladivostok.
La vie musicale sera présente à travers quelques-uns de ses aspects les plus significatifs :
Un rendez-vous privilégié avec l’écriture contemporaine (des figures tutélaires de Boulez et Dutilleux aux nouvelles générations porteuses d’une vivifiante diversité et qu’incarnent notamment Pascal Dusapin, Tristan Murail, Eric Tanguy et Bruno Mantovani), s’appuyant sur des partenariats entre ensembles musicaux français (tel « Court-Circuit ») et russes ;
La redécouverte du répertoire et des instruments d’époque, pratiquée avec brio par de nombreux
ensembles français, sera illustrée par une création du Centre de Musique Baroque de Versailles, en partenariat avec l’Opéra-Comique et « Le Cercle de l’harmonie », dirigé par Jérémie Rohrer : « L’amant jaloux », opéra-comique d’Ernest-André Grétry, un des compositeurs préférés de la Grande Catherine ;
« La Folle Journée », créée à Nantes voici 12 ans, constitue une réussite unique par son propos : rassembler le plus large public autour de la musique classique et présenter, sur un week-end et en un même lieu, la série de manifestations la plus foisonnante possible dans un esprit de fête. 2010 verra la première édition russe de cet évènement hors norme.
L’Année de la France en Russie mettra en valeur la vitalité des productions éditoriales de langue française en particulier dans les domaines de la littérature, des sciences humaines et sociales, et du livre de jeunesse. Elle visera surtout à offrir des temps de rencontre et de dialogue entre professionnels comme pour le grand public, en étroite liaison avec le monde des lettres et de la pensée en Russie et inscrits dans le calendrier de la vie littéraire, à Moscou comme dans d’autres grandes villes russes. Parmi les événements en cours de préparation : un pavillon français au salon du livre « Non Fiction » de Moscou ; un colloque franco-russe en sciences humaines ; un « Printemps des poètes » franco-russe ; un « train des écrivains » de Vladivostok à Moscou. Une grande variété de participants est d’ores et déjà pressentie, avec notamment le concours du Collège de France, de la Maison des Sciences de l’Homme, du Bureau international de l’édition française, du Printemps des Poètes, de la revue « Esprit » et de la Villa Gillet. Les collèges universitaires français de Moscou et de Saint-Pétersbourg, le Centre franco-russe de recherches en sciences humaines et sociales, les centres culturels français et le réseau des Alliances françaises en Russie seront naturellement associés à cette programmation.