Présentation du Royaume-Uni

Présentation

Données générales

Données géographiques

Nom officiel : Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord

Superficie : 244.101 km2

Population : 62 008 000 habitants

Capitale : Londres

Villes principales : Manchester, Birmingham, Leeds, Glasgow, Liverpool, Edimbourg

Monnaie : Livre sterling (1,15 €)

Fête nationale : 14 juin (« Anniversaire officiel de la Reine »)

Monarchie constitutionnelle depuis le XIIIème siècle.

Chef de l’Etat : La reine Elizabeth II (1952) Prince héritier : Charles

Chef du Gouvernement : Premier Ministre : M. David Cameron (12 mai 2010)

Ministre des Affaires étrangères : M. William Hague (12 mai 2010)

Composition de la Chambre des Communes élue pour 5 ans, le 6 mai 2010 (nombre de sièges) : Divers 28 Libéraux démocrates 57 Labour 258 Tory 307 Total 605

Prochaines échéances électorales : mai 2015

Données démographiques

Croissance démographique : + 0,29 %

Espérance de vie : 81,3 ans pour les femmes, 76,2 ans pour les hommes (chiffres 2007)

Taux d’alphabétisation : 99 %, (82 % achèvent le cycle secondaire). Population active : 30,6 M de personnes (services 76,2%, industrie 22,9%, agriculture 0.9%) Religion : Anglicanisme (religion d’Etat), Chrétiens : 26 millions (M), Musulmans : 2 M, Hindous et Sikhs : 1 M, sans religion : 15 %.

En Irlande du Nord (2001) : 53% de Protestants, 44% de Catholiques et 3% « autres ».

Indice de développement humain (Classement ONU 2004) : 18éme .

Données économiques

PIB (2010) : 1697,6 M€

PIB par habitant (2010) : 27300

Taux de croissance (2010) : 1,4 %

Taux de chômage (2010) : 7,8 %

Taux d’inflation (2009) : 3,3 %

Solde budgétaire(2010) : - 10,5% du PIB

Principaux clients (2010) : Etats-Unis (13,9%), Allemagne (10,5%), Pays-Bas (7,6%), France (7,5%), Irlande (6,0%), Belgique (4,8%)

Principaux fournisseurs(2010) : Allemagne (12,1%), Etats-Unis (9,2%), Chine (8,9%), Pays-Bas (6,9%), France (6,2%), Norvège (5,1%)

Ambassadeur de France au Royaume-Uni : M. Bernard EMIE depuis avril 2011

Ambassadeur du Royaume-Uni en France : Sir Peter WESTMACOTT depuis mars 2007

Communauté britannique en France : 400.000 personnes environ

Communauté française au Royaume-Uni : 400.000 personnes (estimation, 115.000 immatriculés).

Le Royaume-Uni et l’UE :

Membre de l’UE depuis 1973. Quatre opt-outs : union monétaire et économique, Schengen, JAI, charte des droits fondamentaux de l’UE. Contribution au budget de l’UE en 2010 : 14 659 M€ (France : 19 581 M€)

Retour annuel sur le budget UE en 2010 : 6 746 M€ (France : 13 105 M€) Dont politique de cohésion : 1 670 M€ (France : 9 855 M€) Dont PAC : 3 941 M€ (France : 1 474 M€)

Rabais britannique en 2010 : 3 563 M€ Contributeur net en 2010 - 5 626 M€ ; - 0,33 % du RNB

Total des fonds européens alloués sur la période 2007-2013 : 103 Mds € (contre 140 Mds € pour la France)

Nombre de députés au Parlement européen : 72 sur 736 (73 en 2014)

Nombre de voix au Conseil de l’UE : 29 sur 345 soit 8% (29 pour la France, l’Allemagne et l’Italie)

Politique intérieure

Après 13 ans passés au pouvoir, les Travaillistes ont perdu leur majorité à la Chambre des Communes lors des élections du 6 mai 2010. Le nouveau parlement compte 307 députés conservateurs, 258 travaillistes, 57 libéraux-démocrates et 28 députés de petits partis régionalistes. Avec l’élection d’un « Hung Parliament », un Parlement sans majorité, les seules possibilités offertes aux partis politiques étaient de constituer soit un gouvernement minoritaire soit une coalition, situation exceptionnelle dans un pays dans lequel la dernière coalition remonte à 1931.

Elu à la tête des Conservateurs en 2005, David Cameron (45 ans) a recentré partiellement le programme du parti tory en ciblant son discours sur la relance économique ou l’immigration. Le parti libéral-démocrate (PLD) est dirigé depuis décembre 2007 par Nick Clegg, 44 ans. Le 11 mai 2010, D. Cameron a annoncé qu’il formait une coalition, Nick Clegg devenant vice-premier ministre.

Un an après son accession au pouvoir, le gouvernement inscrit son action dans une logique de long terme, en tablant sur l’amélioration de la compétitivité de l’économie britannique à moyen terme, stimulant une croissance tirée par le secteur privé et atténuant l’impact social des coupes budgétaires. C’est dans ce contexte que s’inscrit le projet de « big society » voulu par David Cameron et qui repose sur la décentralisation vers les autorités locales mais aussi au-delà afin que les citoyens puissent intervenir directement dans la gestion des services publics qui les intéressent (police, écoles, cabinets médicaux).

. Le « non » (69 %) au référendum du 5 mai sur la réforme du mode de scrutin des élections à la chambre des Communes, pierre angulaire pour les libéraux-démocrates de l’accord de coalition de mai 2010, a affaibli le vice-premier ministre, dont le parti a aussi reculé dans de nombreuses élections locales. Des élections partielles en janvier et en mai ont vu la victoire de candidats travaillistes, tandis qu’Ed Miliband, leader de l’opposition travailliste, a remanié son cabinet fantôme pour durcir son message et convaincre l’électorat que les coupes budgétaires peuvent mettre en péril la reprise économique Par ailleurs, depuis l’été 2011, trois évènements ont concerné directement du premier ministre britannique. En juillet, il a été directement touché par le scandale des écoutes illégales de messageries téléphoniques pour le compte de News of the World, un des titres-phares du très eurosceptique Rupert Murdoch, en raison du rôle de son ancien conseiller en communication, Andy Coulson, ancien rédacteur en chef du journal. En août, des émeutes à Londres et dans plusieurs villes anglaises (notamment Manchester, Birmingham, Liverpool) ont opposé la police à des bandes de jeunes gens pendant plusieurs nuits d’affilée. Le premier ministre, qui a convoqué le Parlement en session extraordinaire, a choisi une ligne de fermeté qui a été soutenue par l’opinion publique et qui a été aussi celle adoptée par des magistrats chargés de sanctionner les émeutiers. D. Cameron s’est engagé à traiter les causes plus profondes de ce qu’il a appelé « une société brisée » (broken society), tout en ne remettant pas en cause l’austérité budgétaire de ses principales mesures politiques. Enfin, la crise de la zone euro a conduit les députés tories eurosceptiques, après l’adoption en juillet du « EU referendum act », soumettant tout nouveau traité à référendum, à demander une mise à plat des liens entre le Royaume-Uni et l’Union européenne. La Chambre des Communes a rejeté le 24 octobre par 483 voix contre 111 une motion en faveur de l’organisation d’un référendum sur l’UE.

En Ecosse, le parti nationaliste au pouvoir (SNP) a remporté les élections tenues le 5 mai 2011, distançant largement le parti travailliste. Avec 69 députés au parlement de Edimbourg, réinstauré en 1999, le SNP dispose d’un majorité absolue, ce qui devrait relancer les débats sur la nature des relations avec Londres. En Irlande du Nord, la formation en mai 2007, reconduite en mai 2011, d’un gouvernement local associant le DUP protestant et le Sinn Fein catholique a permis le retour de la dévolution, interrompue en 2002. Au pays de Galles, les travaillistes ont obtenu la moitié des sièges d’une assemblée qui a été dotée de pouvoirs renforcés.

Situation économique

La crise financière a touché le Royaume-Uni plus tôt que le continent. Près de 60 000 emplois (sur 350000) ont disparu dans la City. Très rapidement, l’économie ‘réelle’ a été touchée et le Royaume-Uni a connu une récession profonde. Jamais depuis 1945, ce pays n’a connu une situation économique aussi préoccupante avec une récession cumulée à -6,5 % du PIB en 2008 et 2009.

La nouvelle équipe gouvernementale élue en mai 2010 a fait le choix de la baisse des déficits. La politique britannique est en effet fortement contrainte par le déficit budgétaire (11% du PIB) et la dette (85% du PNB en 2011). Le projet de budget pour 2011/2012 présenté le 23 mars par le Chancelier de l’Echiquier, G. Osborne, confirme la politique de rigueur drastique (110Md£ de réduction du déficit dont 73% de dépenses), tout en s’efforçant de favoriser la reprise économique (baisse de l’impôt sur les sociétés) tout en mettant les personnes les plus aisées à contribution (au moins temporairement). Les autorités cherchent aussi à consolider la solidité des banques, sans compromettre l’attractivité de la City. La compétitivité de l’économie britannique, constitue un enjeu majeur, dont dépend la croissance britannique à long terme. Dans ce contexte, le soutien de politique monétaire à l’activité apparaît essentiel. Alors que la croissance s’est établie à 1,3% en 2010, les prévisions britanniques ont été revues à la baisse depuis.

Politique extérieure

Un diplomatie d’envergure mondiale

Trois grandes priorités ont été annoncées par W. Hague : Londres souhaite renforcer ses liens avec les économies émergentes d’Afrique du Nord, d’Asie et d’Amérique latine ; la diplomatie britannique doit être mise encore plus qu’avant au service des intérêts économiques et commerciaux ; en matière de droits de l’homme, il convient de faire preuve d’un « idéalisme tempéré de réalisme ».

Une coalition dominée par des tories eurosceptiques, des alliés libdems plus européens

La formation d’un gouvernement de coalition avec les libéraux-démocrates a permis de tempérer le programme eurosceptique sur lequel David Cameron a fait campagne. L’accord de gouvernement fait l’impasse sur le projet de demander à l’UE de nouvelles dérogations en matière de droits fondamentaux, d’emploi et de justice. En revanche, les membres de la coalition se sont accordés sur le fait qu’aucun nouveau transfert de pouvoirs à l’UE ne devrait intervenir pendant la nouvelle législature. Une loi votée en juillet 2011 impose que tout nouveau traité comportant transfert de souveraineté soit désormais soumis à un référendum. Les membres de la coalition s’accordent aussi pour refuser toute idée de passage à l’euro. Ils s’engagent à défendre vigoureusement les intérêts britanniques dans la négociation des prochaines perspectives financières. Par ailleurs, ils font pression pour que le Parlement européen, où les tories se sont retirés du parti populaire européen (PPE) en juin 2009, n’ait qu’un seul siège (à Bruxelles) et que Strasbourg soit abandonné. Dans le domaine de la justice, les coopérations seront examinées au cas par cas, le Royaume-Uni étant réticent à une intégration plus poussée. Les principaux objectifs affichés au niveau européen demeurent inchangés avec le gouvernement dirigé par D. Cameron : préservation de la souveraineté et du veto dans tout domaine jugé d’intérêt national ; méfiance vis à vis d’une politique étrangère ou de défense européenne trop affirmée ; appui à l’élargissement et à la libéralisation ; refus de toute harmonisation en matière de fiscalité des entreprises. Les principales priorités restent la rigueur budgétaire de l’Union européenne (initiative de limiter à 2.91% le budget 2011) et l’élargissement de l’UE à la Turquie

Une « relation spéciale » avec les Etats-Unis ancrée malgré les évolutions récentes

La « relation spéciale » qui unit le Royaume-Uni aux Etats-Unis est un concept qui trouve sa source exclusive au Royaume-Uni, où il est perçu comme un lien de survie issu de l’histoire, permettant d’assurer la pérennité de deux nations partageant des valeurs communes. Cette relation repose sur le partage du renseignement, la proximité des politiques économiques et l’intensité des flux d’investissements. Si elle dépend aussi de la qualité des relations personnelles entre les dirigeants américains et britanniques, elle fait l’objet d’un consensus quasi-constant au sein des élites politiques du pays. Après les attentats du 11 septembre 2001, cette alliance est apparue essentielle à deux reprises : en octobre 2001 avec le lancement conjoint de l’offensive en Afghanistan, puis en mars 2003 - avec plus de visibilité encore du fait de la division de la communauté internationale - lors de l’intervention en Irak. S’il ne reste plus de soldats britanniques en Irak depuis juillet 2009, le contingent britannique en Afghanistan a été porté, depuis novembre 2009, à près de 10 000 hommes. Des actions et des prises de positions favorables aux révolutions dans le monde arabe

Les Britanniques ont, avec la France, pris la tête de la coalition pour conduire les opérations militaires en Libye. La conférence de Londres (29 mars), a permis la création d’un groupe de contact restreint pour le pilotage politique de la crise libyenne, tandis que le commandement des opérations militaires a été confié à l’OTAN. Après la chute du régime Kadhafi fin août, Londres a annoncé le déblocage de 1,6 milliards de dollars en faveur du Conseil national de transition (CNT). Après la visite historique conjointe du Président de la République et du premier ministre britannique le 15 septembre, W. Hague a procédé à la réouverture de l’ambassade du Royaume-Uni à Tripoli le 17 octobre.

Des relations complexes avec la Chine, stratégiques avec l’Inde, difficile avec la Russie

Les relations avec la Chine restent complexes. Les atteintes à la liberté d’expression dans les médias, les droits de l’homme (exécution en décembre 2009 d’un citoyen britannique condamné pour trafic de drogue) et la remise en cause du haut degré d’autonomie promis par la déclaration conjointe sino-britannique de 1984 sur Hong-Kong demeurent un motif d’inquiétude. La Chine est le premier partenaire commercial britannique en Asie. En visite en Chine début novembre 2010, le Premier ministre a placé sa visite sous le signe de la défense des intérêts commerciaux de son pays en Chine (signature de plusieurs contrats, notamment dans l’aéronautique) ; de nombreuses autres visites de haut niveau ont eu lieu depuis. M. Cameron plaide aussi pour l’octroi rapide du statut d’économie de marché à Pékin.

David Cameron s’est rendu en Inde en juillet 2010 et a insisté sur la nécessité de relancer un partenariat stratégique entre les deux pays, malgré les irritants (difficultés faites aux investisseurs britanniques, restriction à l’immigration au Royaume-Uni).

Un relent de guerre froide pèse sur les relations russo-britanniques depuis plusieurs années. Les intérêts des sociétés britanniques ont été affectés par la « reprise en main du secteur énergétique » par l’Etat russe (retrait de la licence accordée à Shell, diminution du nombre de visas accordés aux cadres britanniques) mais plus de 1 000 compagnies britanniques sont immatriculées en Russie et la Russie constitue le premier investisseur étranger pour la levée de fonds à la Bourse de Londres. Les efforts entrepris depuis 2009 ont abouti au déplacement en Russie, après celui de W. Hague en octobre 2010, de D. Cameron le 12 septembre dernier.

Mise à jour : 21.11.11

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