Présentation de la Roumanie

Présentation

Données géographiques

Nom officiel : Roumanie

Superficie : 237.500 km²

Population : 21.413.800

Capitale : Bucarest

Villes principales : Iasi, Cluj, Brasov, Constanta, Timisoara, Galati, Craiova, Sibiu

Langue officielle : roumain

Monnaie : leu (RON)

Fête nationale : 1er décembre

Données démographiques

Croissance démographique : - 2,2 % (2010)

Espérance de vie : 65,5 pour les hommes et 73,3 pour les femmes.

Taux d’alphabétisation : 98 %.

Religions : orthodoxes (87 %), catholiques, protestants

Indice de développement humain(Classement ONU 2010) : 0,765 - 50ème

Données économiques

PIB (2011) : 131,5 milliards d’euros (CE)

PIB par habitant (2010) : 5 700 € Taux de croissance (2011) : 1,5 %

Taux de chômage (2011) : 7,2 %

Taux d’inflation (2011) : 6,7 %

Solde commercial (2011) : -9,5 milliards d’euros

Principaux clients (2010) : Allemagne, Italie, France (8,3%), Turquie,

Principaux fournisseurs (2010) : Allemagne, Italie, Hongrie, France (5,9%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :

- primaire : 7 % (28% de la population active)
- secondaire : 37,3% (33,0% de la population active)
- tertiaire : 55,7% (39% de la population active)

Consulat de France : Bucarest

Communauté française en Roumanie : 2100 Français enregistrés

La Roumanie et l’Union européenne :

Contribution au budget de l’UE2010 : 1,042 milliard d’euros

Fonds européens perçus en 2010 : 2,317 milliards d’euros

Bénéficiaire net en 2010 : 19, 2 milliards d’euros soit 1, 03 % du RNB (12ème bénéficiaire net en % du RNB), dont :
- 512, 2 millions d’euros au titre de la politique de cohésion
- 1435 millions d’euros au titre de la PAC

Nombre de députés au Parlement européen : 33 /736

Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) : 14 /345 soit 4,1%

Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 4,36% (augmentation de 0,3%)..

Commissaire européen : Dacian Ciolos (Agriculture)

Politique intérieure

Institutions

Un régime semi-présidentiel a été institué par la nouvelle Constitution, adoptée par référendum en 1991, qui reprend de nombreuses dispositions de la Constitution française de 1958, les pouvoirs du président de la république (élu au suffrage universel direct pour cinq ans) y étant cependant bien plus restreints que dans la pratique en vigueur sous la Vème République. La particularité du système roumain est de placer les deux chambres, Sénat et Chambre des Députés, sur un strict pied d’égalité : même mode d’élection, même durée de mandat, une loi devant être votée dans les mêmes termes par les deux assemblées pour être adoptée.

Vie politique

La réélection en décembre 2009 de Traian Basescu et la reconduction d’Emil Boc au poste de Premier ministre

A l’issue d’une élection très serrée, M. Basescu a été élu le 6 décembre 2009 président de la république pour un second mandat (après un premier de 2004 à 2009). Cette victoire surprise (avec 70 000 voix d’avance seulement), alors que les sondages prédisaient une victoire de M. Geoana, actuel président du Sénat, ancien ministre des affaires étrangères (PSD), a suscité des contestations de la part de l’opposition. Le PSD a notamment déposé un recours devant la Cour constitutionnelle, dénonçant desfraudes électorales. Après l’examen et le rejet de ce recours, la Cour constitutionnelle a validé l’élection présidentielle et M.Geoana a souhaité « bonne chance » au Président.

Après une brève période de négociations avec les autres partis, M. Basescu a constitué un gouvernement associant la plupart des ministres sortant de son parti, à la tête duquel il a reconduit M. Emil Boc, ainsi que trois ministres de l’UDMR, et cinq indépendants (dont M. Gabriel Oprea, au ministère de la défense, ancien membre du PSD, et chef du groupe des députés indépendants à la Chambre).

Les priorités annoncées par le Premier ministre dans son discours d’investiture s’inscrivent dans la continuité : réformes structurelles pour réduire les déficits (notamment, la réforme du système de retraites), maintien d’une fiscalité attractive pour les investisseurs étrangers (impôt proportionnel sur les revenus des personnes et des entreprises à 16%), et réforme de l’Etat (et notamment la réforme du « système des dépouilles » dans l’administration). Il dispose néanmoins pour ce faire d’une majorité faible (172 sièges à la Chambre contre 161 à l’opposition, pas de majorité au Sénat, avec 65 sièges contre 72 pour l’opposition), qui a rendu difficile l’adoption de certaines réformes, à l’instar de la réforme des retraites, qui a dû être plusieurs fois remaniée.

Le gouvernement Boc n’a pas pour l’instant su faire la preuve de sa capacité à réagir efficacement dans la crise et peine à convaincre l’opinion. L’hypothèse d’une chute anticipée du gouvernement est régulièrement évoquée par les médias mais le président Basescu semble résolu à conserver son premier ministre.

Le 3 septembre 2010 , le président Basescu a procédé à un vaste remaniement ministériel. Six nouveaux ministres font leur entrée au gouvernement, parmi lesquels ceux du Travail, de l’Economie et des Finances. Ils sont généralement peu connus du grand public, mais ce sont des alliés fidèles sur lesquels le président sait pouvoir compter.

Le 27 septembre 2010, à la suite d’une manifestation de près de 5000 policiers protestant contre la baisse de leurs salaires de plus de 25%, le ministre de l’Intérieur Vasile Blaga (PDL) a présenté sa démission, évoquant « un geste d’honneur ». Il a été aussitôt remplacé par Traian Igas, leader du PDL au Sénat. Le 20 avril 2011, M. Ioan Botis, ministre du Travail, soupçonné de conflit d’intérêts dans le cadre d’un projet financé par son ministère et des fonds européens, a annoncé sa démission. Sa remplaçante, Mme Sulfina Barbu, appartient au PDL.

Le 28 novembre 2011, Vasile Blaga, ancien ministre de l’Intérieur, sénateur du PDL, a été élu à la présidence du Sénat, en remplacement de Mircea Geoana, désavoué par son propre camp pour des dissensions internes, qui a dû renoncer à la présidence du Sénat et a été exclu du PSD.

Situation économique

La Roumanie, qui comptait avant la crise parmi les pays à la croissance la plus dynamique d’Europe, a été durement touchée. La situation économique s’est fortement détériorée à partir du quatrième trimestre 2008 : après une croissance de 7,1 % en 2008, le PIB a reculé de 8 % en 2009, avant d’augmenter de nouveau très légèrement en 2010 et de poursuivre son augmentation en 2011. Le taux de croissance devrait se situer en 2011 autour d’1,5 %. Après un pic à 8,5 % en 2010, le taux de chômage devrait se situer en 2011 autour de 7, 1%. Quant à l’inflation, elle reste forte (plus de 5 %), l’économie roumaine demeurant très sensible à l’inflation importée.

Le contexte économique difficile a conduit la Roumanie à solliciter des institutions internationales une aide financière pour équilibrer sa balance des paiements. Le Conseil Ecofin du 5 mai 2009 a approuvé la décision accordant à la Roumanie une assistance financière à hauteur de 5 Mds €, dans le cadre d’une assistance multilatérale incluant aussi le FMI (12,95 Mds €), la Banque mondiale (1 Md €), la BEI et la BERD (1 Md €).

A l’issue d’une mission d’évaluation du FMI (26 avril-10 mai 2010) marquée par des négociations difficiles, le gouvernement roumain a annoncé une série de mesures de réduction drastique des dépenses publiques. Le FMI a effectué plusieurs missions en Roumanie au cours de l’année 2010 et au début de l’année 2011. Ces missions ont permis de constater que l’objectif de rétablissement des équilibres macroéconomiques avait été atteint. La priorité était alors de relancer durablement la croissance économique. A cette fin, un accord dit « de précaution » a été mis en place à partir du 31 mars 2011 entre le FMI, l’Union européenne, la Banque mondiale et la Roumanie pour un montant total de 5 milliards d’euros. Il comporte un volet de consolidation budgétaire, ainsi qu’un volet prioritaire de relance de l’activité.

Le 9 mai 2011, une délégation d’experts du FMI, de la Commission et de la Banque mondiale ont noté que tous les critères de performance du programme de précaution avaient été remplis et les cibles indicatives atteintes. L’accent se porte à présent davantage sur la restructuration du service public que sur l’ajustement macroéconomique, jugé en bonne voie. Début août 2011, une nouvelle délégation a salué l’engagement et le courage du président de la République et de son premier ministre dans la mise en oeuvre des réformes demandées.

- situation énergétique :

La Roumanie présente la caractéristique d’être un pays producteur de gaz et de pétrole qui bénéficie d’une relative autonomie énergétique : 65% de l’énergie consommée est produite sur place et 35% est importée. Les réserves cumulées de gaz et de pétrole lui assurent respectivement, à paramètres constants, 28 et 16 années de consommation. Elle est dépendante du gaz russe pour 30% de ses approvisionnements (via l’Ukraine). Les 70% restants sont fournis par sa production nationale (10-12 Mds m³), qui a cependant tendance à décliner.

Le mix énergétique de consommation est relativement équilibré en Roumanie : 29 % de produits pétroliers, 27 % de gaz, 18% d’énergies renouvelables, 15 % d’électricité. La production énergétique se répartit de la façon suivante : 31 % de gaz, 23 % de charbon, 18% d’énergies renouvelables et 17 % de pétrole.

En Roumanie, une Autorité nationale régule les prix de l’énergie sur le marché intérieur, qui sont très bas, mais cette Autorité est régulièrement accusée de corruption. En outre, la Commission a du engager une procédure d’infraction contre la Roumanie et lui a demandé de déréguler le secteur d’ici 2015. Cette demande va également dans le sens des recommandations du FMI dans le cadre de son Accord de confirmation avec la Roumanie.

Le FMI a, par ailleurs, émis de forts doutes sur la pertinence du projet de réorganisation du secteur autour de deux géants nationaux regroupant les actifs des différentes entreprises publiques. Ce projet n’a pas résisté aux recours judiciaires intentés tant par les syndicats que par les actionnaires minoritaires et la stratégie annoncée du Gouvernement est désormais de mettre une partie du capital des entreprises sur le marché et les confier à des managers du secteur privé.

Le secteur de l’énergie en Roumanie est important pour les entreprises françaises qui ont réalisé de lourds investissements (GdF Suez gère plus de la moitié du réseau de distribution du gaz de Roumanie, exploite des stockages de gaz et s’intéresse à de nombreux projets, dans le nucléaire comme dans l’éolien) et participé à la réalisation de nombreux projets (Alstom en particulier).

- nucléaire :

Il n’existe à l’heure actuelle qu’une centrale nucléaire, sur le site de Cernavoda, qui produit 15% de l’électricité du pays. Le gouvernement roumain a annoncé le 22 juillet 2010 qu’il souhaitait confier à Areva le soin de réaliser l’étude de faisabilité de la future centrale nucléaire dont le pays veut se doter à l’horizon 2020-2030, sans prendre pour autant d’engagement sur le fait d’en confier la construction à Areva.

Politique extérieure et européenne

La priorité de la Roumanie est à l’achèvement de l’intégration européenne

Premier pays d’Europe centrale à avoir établi des relations contractuelles avec l’Union européenne (accord d’association en 1993, dépôt de la candidature en 1995), la Roumanie avait fait de l’adhésion à l’Union européenne, intervenue le 1er janvier 2007, un objectif majeur de sa politique étrangère.

La participation à l’Union européenne fait largement consensus parmi la classe politique roumaine, ainsi que parmi l’opinion publique roumaine, qui nourrit de très fortes attentes vis-à-vis de l’UE. En effet, outre la source de développement économique que représente l’Union (la Roumanie doit recevoir près de 20 Mds € de fonds structurels pour la période 2007-2013), les Roumains voient dans l’intégration européenne une rupture avec l’époque du communisme. Le Parlement roumain a ainsi ratifié à la quasi-unanimité le traité de Lisbonne le jour de la visite de Nicolas Sarkozy à Bucarest (4 février 2008). On remarquera néanmoins que la participation roumaine aux élections européennes reste faible : (27,5 % environ en 2009, soit 15 points en dessous la moyenne européenne).

L’adhésion s’est cependant accompagnée, compte tenu des retards de la Roumanie en matière de justice et d’affaires intérieures, de la mise en place de mesures de suivi post-adhésion. A ainsi été mis en place en même temps que l’adhésion un « mécanisme decoopération et de vérification » dans les domaines de la réforme judiciaire et de la lutte contre la corruption, avec quatre objectifs de référence (garantie d’un processus judiciaire plus transparent et plus efficace ; mise en place d’une agence pour l’intégrité ; enquêtes professionnelles et non partisanes sur les allégations de corruption de haut niveau ; mesures supplémentaires pour prévenir et combattre la corruption). Des rapports rendant compte des progrès accomplis font l’objet d’une publication tous les six mois par la Commission.

Après la parution du rapport MCV de juillet 2011, la France et l’Allemagne ont proposé l’adoption d’un calendrier en deux étapes pour l’entrée de ces pays dans Schengen : à l’automne 2011 pour les frontières aériennes et maritimes, et après la publication du rapport MCV à l’été 2012, si celui-ci s’avère positif, pour les frontières terrestres. Cependant, lors du Conseil (JAI) des 22 et 23 septembre 2011, les Pays-Bas et la Finlande ont rejeté la proposition de consensus au motif qu’il existait de trop grandes lacunes dans le domaine de l’état de droit en Roumanie ainsi qu’en Bulgarie. Faute de consensus, la décision d’une entrée partielle ou totale des deux pays a donc été reportée.

La perspective d’adopter l’euro en 2014, date initialement avancée par le gouvernement roumain, est jugée aujourd’hui très peu probable en raison des effets de la crise économique sur l’ensemble des pays de la zone euro.

La Roumanie dispose actuellement de 14 voix au Conseil (4, 1%). Elle disposera à partir de 2014, dans le cadre du nouveau système de pondération des votes consécutif à l’entrée en vigueur du Traité de Lisbonne, lié à la population de chaque Etat-membre, d’un pourcentage de 4,36 % de la population de l’Union européenne (soit un poids en augmentation de 0,3%).

En 2010, la Roumanie contribuait au budget de l’Union européenne à hauteur de 1,042 milliard d’euros, et recevait de ce même budget 2, 317 milliards d’euros. Elle est le 12ème bénéficiaire net par habitant sur la période 2007-2013.

Le problème le plus préoccupant pour la Roumanie en vue de son intégration européenne demeure celui de l’absorption des fonds communautaires, en dépit d’une relative amélioration en 2010, révélatrice d’une amélioration de l’efficacité des politiques publiques. Alors qu’au 31 juillet 2010 seuls 950 millions d’euros de financements FEDER et FSE alloués à la Roumanie avaient été payés (4,95% de la dotation globale), ce chiffre a été porté au 28 février 2011 1,99 milliards d’euros (9,87% de la dotation globale de 19,21 milliards d’euros, hors contreparties nationales, pour 2007-2013), soit un doublement du taux net d’absorption. C’est dans cette optique que Leonard Orban, précédemment conseiller du président Basescu pour les questions européennes et commissaire européen de 2006 à 2010 a été nommé, le 20 septembre 2011, ministre chargé des affaires européennes. Il a pour mission de coordonner les positions européennes entre les différents ministères en veillant à favoriser une meilleure absorption des fonds européens, à l’instar de son homologue Tomislav Donchev en Bulgarie.

Les priorités de la Roumanie en matière de politique européenne sont, pour l’essentiel :

- la politique agricole commune : la Roumanie qui compte la plus forte population agricole d’Europe (le secteur primaire représentant 25% de la population active), attache une grande importance à la PAC, renforcée par l’accroissement progressif des paiements directs dans les nouveaux Etats membres jusqu’à 2013, qui représente un enjeu financier très important. A cet égard, la nomination de M. Dacian Ciolos, ancien ministre de l’agriculture, au poste de Commissaire européen à l’agriculture, représente un indéniable succès de politique européenne pour la Roumanie.

- la sécurité énergétique : la Roumanie, quoique productrice de pétrole et gaz naturel en Mer noire, dépend partiellement du gaz russe (pour 30 % de ses approvisionnements). La Roumanie soutient ainsi le projet de gazoduc Nabucco, qui doit passer par son territoire, ainsi que la mise en place dans ce domaine de mécanismes de solidarité au niveau européen.

- la politique de voisinage à l’est : du fait de sa position géographique à la frontière orientale de l’Union et de sa relation particulière avec la Moldavie (cf infra), la Roumanie plaide en faveur d’une politique de voisinage à l’est ambitieuse. Elle appuie notamment les initiatives de la « synergie de la Mer noire » et du Partenariat oriental (cf infra).

- l’élargissement : la Roumanie soutient l’élargissement de l’UE aux Balkans, à la Turquie, et surtout à la Moldavie, dont elle défend les perspectives d’adhésion.

L’alliance atlantique et relations avec les Etats-Unis

- l’alliance atlantique

La relation transatlantique est essentielle pour la Roumanie, qui est devenue membre de l’OTAN en avril 2004. Elle a depuis obtenu l’organisation du XXème Sommet qui s’est déroulé à Bucarest du 2 au 4 avril 2008. Ce sommet était le premier dans un pays de l’ex-bloc communiste, auquel a participé pour la première fois le Président russe Poutine, qui effectuait à cette occasion la première visite bilatérale en Roumanie d’un chef d’Etat russe depuis la chute du régime communiste (décembre 1989).

Le pays a progressivement augmenté son engagement en Afghanistan, essentiellement au sein de la Force internationale d’assistance à la sécurité (Isaf) de l’Otan. Le nombre de militaires roumains présents en Afghanistan atteint aujourd’hui près de 2.000 personnes.

- relations avec les Etats-Unis :

Depuis, 1997, les deux pays sont liés par un partenariat stratégique. Les Etats-Unis bénéficient en Roumanie d’une image très favorable, en particulier auprès des jeunes générations. La Roumanie accueille, en vertu de l’accord du 6 décembre 2005, deux bases américaines sur le territoire roumain. Cet accord a constitué un succès extérieur et intérieur pour le Président Basescu.

Le 13 septembre 2011, Hillary Clinton, et son homologue roumain Teodor Baconschi ont signé un accord intergouvernemental prévoyant la mise en place d’éléments du système de défense antimissile (ABM) sur la base roumaine de Deveselu (sud du pays). Cet accord a été signé au cours de la visite aux Etats-Unis du président Basescu qui s’est entretenu avec M. Obama, visite au cours de laquellle une "Déclaration commune sur le partenariat stratégique pour le 21ème siècle" a été signée. Outre sa dimension militaire, cette déclaration inclut également d’autres domaines de coopération :le soutien à la démocratie et aux droits dans les Etats membres du partenariat oriental par des actions de coopération communes, la "sécurité énergétique" de la région, le commerce et l’investissement "dans un environnement sain de transparence et d’intégrité publique", et enfin, la diversification des contacts entre communautés scientifiques.

La politique régionale de la Roumanie : diplomatie de bon voisinage et ouverture sur la Mer noire

Bucarest s’efforce depuis la transition démocratique d’établir de bonnes relations avec ses voisins et à jouer un rôle régional. Elle soutient le renforcement de la présence de l’Union européenne dans la région à travers la « Synergie mer noire » qui vise à améliorer la coopération régionale, notamment à travers l’Organisation de coopération économique de la Mer noire (OCEMN ou BSEC selon l’acronyme anglais), dont elle est membre.

Moldavie

D’abord partie de l’Empire russe avant d’être rattachée à la Roumanie en 1918, puis annexée par l’URSS en 1941, puis enfin devenue indépendante après l’éclatement de celle-ci en 1991, la Moldavie, majoritairement peuplée de roumanophones, entretient avec la Roumanie des relations traditionnellement délicates.

Alors que l’idée d’une réunification des deux Etats comptait de nombreux partisans lors de l’indépendance de la Moldavie, l’importance de la population russophone et la question de la Transnistrie ont rapidement montré qu’elle n’était pas réaliste. La Roumanie a ainsi été le premier Etat à reconnaître l’indépendance de la Moldavie, dès 1991.

La Roumanie entretient d’intenses échanges avec son voisin du Nord-est, notamment dans le domaine culturel et universitaire (plus de 10 000 étudiants moldaves sont inscrits dans les universités roumaines), de nombreux Roumains ayant en outre de la famille en Moldavie. Ces échanges ont néanmoins été rendus plus difficiles par l’adhésion de la Roumanie à l’UE. En effet, depuis l’adhésion à l’UE le 1er janvier 2007, les citoyens moldaves, qui pouvaient auparavant se rendre en Roumanie avec un simple passeport, sont soumis à l’obtention d’un visa, exigence nouvelle qui a été mal comprise par une partie de la population moldave. En outre, les Moldaves dont les parents ou les grands-parents étaient roumains en 1941, peuvent demander la nationalité roumaine. 100 000 Moldaves environ ont ainsi profité de cette possibilité et obtenu la nationalité roumaine depuis 1991.

Depuis l’organisation de nouvelles élections en juillet 2009, qui ont vu la victoire de l’opposition pro-européenne, les relations se sont normalisées (levée de l’obligation de visas, retour de l’ambassadeur roumain, ouverture de deux nouveaux consulats roumains en Moldavie). La visite à Bucarest le 13 novembre 2009 du nouveau Premier ministre moldave, M. Vlad Filat, accompagné de son ministre des Affaires étrangères, M. Iurie Leanca, au cours de laquelle un « Accord sur le petit trafic frontalier » a été signé, a scellé la réconciliation, sous le signe du soutien apporté par Bucarest aux perspectives d’adhésion à l’UE de la Moldavie (un « partenariat stratégiquepour l’intégration européenne de la République de Moldavie » a ainsi été signé le 27 avril dernier entre les deux Etats). Le 8 novembre 2010, les deux gouvernements ont signé un accord de gestion de la frontière, qui met en accord le régime de gestion avec les normes européennes. Cette signature a été saluée par la France comme une contribution importante à la stabilité régionale.

Ukraine

Les relations entre la Roumanie et l’Ukraine sont marquées par la question des minorités ethniques : la minorité ukrainienne en Roumanie représenterait entre 60 000 (le nombre de personnes s’étant déclarées d’ethnie ukrainienne au dernier recensement) et 200 000 personnes selon les estimations les plus élevées. Cette minorité est représentée au Parlement (un mandat de député lui est réservé) et dispose d’une offre en matière d’écoles bilingues réelle, mais limitée en regard de la taille de cette population (un lycée bilingue à Sighet, des cours de langue ukrainienne dans plusieurs écoles).

L’Ukraine s’inquiète périodiquement du respect des droits de cette minorité.

La minorité roumaine en Ukraine représente quant à elle près de 300 000 personnes. Lors de la visite à Kiev en 2007 de l’ancien Premier ministre, M. Tariceanu, le Président Iouchtchenko et lui-même s’étaient prononcés en faveur d’une « politique ouverte » en matière de minorités, mais aucune coopération n’a depuis vu le jour sur ce sujet.

Deux questions venaient en outre traditionnellement troubler les relations roumano-ukrainiennes, dont l’une a été résolue :
- la question de la délimitation de la frontière maritime entre la Roumanie et l’Ukraine (dite « problème de l’Ile-aux-Serpents), aux enjeux économiques forts dans cette zone riche en hydrocarbures, a été tranchée par la Cour internationale de justice en janvier 2009, la Roumanie obtenant environ 80% du territoire contesté.
- Les travaux d’aménagement du canal de Bystroe entrepris par l’Ukraine pour se doter d’une voie navigable du Danube à la Mer Noire sont à l’origine d’un nouveau contentieux entre ces deux Etats, la Roumanie s’inquiétant des conséquences qu’auraient ces travaux sur l’environnement du delta du Danube, écosystème unique au monde inscrit par l’UNESCO au patrimoine mondial de l’humanité. Les travaux, interrompus à plusieurs reprises, ont repris cette année, et aucun accord n’est pour l’instant en vue.

La Roumanie soutient en tout état de cause les candidatures de l’Ukraine à l’UE et à l’OTAN.

Hongrie

Les relations entre la Roumanie et la Hongrie ont longtemps été rendues difficiles par la question des minorités hongroises de Transylvanie. La Transylvanie, région de l’Empire d’Autriche-Hongrie à population majoritairement roumaine, mais comportant une très forte minorité hongroise, a en effet été intégrée à la Roumanie après la 1ère Guerre mondiale par le traité de Trianon, d’où des tensions occasionnelles autour de la question des droits de la minorité hongroise (qui représente aujourd’hui 1,8 millions d’habitants, soit 8% de la population totale du pays).

La transition démocratique et la Constitution roumaine de 1991, qui garantit les droits des minorités, ainsi que la participation du parti représentant la minorité hongroise, l’UDMR, à la plupart des coalitions gouvernementales depuis 1991, ont permis un rapprochement entre les deux pays. Le Traité de base signé à Timisoara en septembre 1996 a constitué le point de départ d’une coopération bilatérale qui s’est déployée dans tous les domaines : politique, économie, militaire (exercices communs dans le cadre du Partenariat pour la Paix en préparation de l’adhésion à l’OTAN) et culturel.

Cette volonté de réconciliation, qui prend explicitement pour modèle le rapprochement franco-allemand de l’après-1945, s’est traduite, depuis 2005, par des réunions de travail des deux gouvernements qui ont décidé de la mise en œuvre de plusieurs projets communs, notamment la rédaction d’un manuel d’histoire commun (à l’image du manuel franco-allemand) et la réalisation d’une ligne à grande vitesse « Budapest-Bucarest-Constantza ».

Bulgarie

Fondées sur le Traité de base de 1992, les relations avec la Bulgarie se sont resserrées dans le cadre des négociations pour l’entrée des deux pays dans les structures euro-atlantiques (adhésions simultanées à l’UE et à l’OTAN ; Bucarest et Sofia souhaitent en outre intégrer en même temps l’espace Schengen en 2011).

Le dialogue bilatéral est aujourd’hui davantage nourri que par le passé. L’accord signé en 2007 pour la construction d’un deuxième pont sur le Danube (entre Vidin et Calafat, en service fin 2011) et l’inauguration du chantier par les deux Premiers ministres de l’époque, ou encore les démarches communes pour le rétablissement de la navigation sur le Danube en sont une bonne illustration.

Enfin, les deux pays partagent les mêmes priorités en matière de politique régionale, avec la priorité donnée au renforcement de la présence de l’UE dans la région de la Mer noire.

Serbie

L’amitié traditionnelle serbo-roumaine a longtemps été hypothéquée par la présence à la tête de la RFY de M.Milosevic et la mise à disposition par la Roumanie de bases aériennes lors de l’intervention aérienne de l’Otan en 1999. Le retour à la démocratie a favorisé un renouveau des relations roumano-serbes. La visite à Bucarest du Président Boris Tadic, fin mars 2009, a ainsi été l’occasion pour les autorités roumaines de réitérer leur soutien au processus de rapprochement de la Serbie de l’UE.

Kosovo

Bucarest a rappelé, après la déclaration d’indépendance de Pristina du 17 février 2008, son opposition sur le fond à une indépendance unilatérale du Kosovo, qu’elle réfuse catégoriquement de reconnaître. 150 soldats roumains participent néanmoins à la KFOR (sur 16.000, dont 2.000 Français), et la Roumanie fournit également une unité de maintien de l’ordre au sein de la police de la MINUK. Bucarest participe à EULEX à hauteur de 176 personnes, transférées de la MINUK.

Mise à jour : 08.12.11

impressionVersion imprimable