Sommaire
Nom officiel : République tchèque
Nature du régime : parlementaire bicaméral
Chef de l’Etat : M. Václav KLAUS
Premier ministre : M. Petr NEČAS
Superficie : 78 870 km², longueur de la frontière : 2 303 km
Capitale : Prague (1,233 M hab.)
Villes principales : Brno (371 000 hab.), Ostrava (320 000), Plzeň (170 000)
Langue officielle : tchèque
Monnaie : Couronne tchèque (1 € = 24,55 couronnes CZK - 28/09/11)
Fête nationale : 28 octobre (création de l’Etat tchécoslovaque indépendant en 1918)
Population : 10,190 M hab. (estimation juillet 2011)
Densité : 130 hab./km²
Croissance démographique : - 0,12 % en 2011 (dont immigration : + 0,8 %)
Indice de fécondité : 1,26 (juil. 2011)
Espérance de vie : F : 80,66 ; H : 73,93 ans (juil. 2011) 94 % de la population revendique son appartenance au groupe tchèque, dont une minorité slovaque complètement intégrée d’environ 500 000 personnes. La population allemande est estimée à 60 000 personnes, autant que les Polonais de Moravie-Silésie. Les Roms seraient entre 220 et 300 000
PIB : 149,9 Mds€
PIB/hab. : 14 265 €, soit 62 % de la moyenne UE
Croissance du PIB : 2,2% en 2010 (- 4,1 % en 2009)
Part des principaux secteurs dans le PIB :
primaire 2,4% (3,3% de la population active) ; - secondaire : 37,6% ;
tertiaire : 60% (56,3% pop. active)
Population active : 4,8 millions
Chômage : 8,2 % (août 2011). Fortes disparités entre Prague (4,1%) et les régions industrielles de Bohème du nord (16,5% à Most) et Moravie
Taux d’inflation : 1,9 % (août 2011)
Déficit public : - 5,2 % du PIB en 2010
Dette publique : 38,7 % du PIB en 2010
Budget défense : 1,7 % du PIB (2010)
Exportations : 97,2 Mds € , importations : 92,1 Mds € (2010)
Balance commerciale : + 5,1 Mds € en 2010
Balance des paiements courants : -3,2 % en 2009, -3,8 % en 2010
Investissements directs à l’étranger (flux entrants) : 4,97 Mds € soit 3,3% du PIB (2010)
Investissements directs à l’étranger (stocks) : 95,30 Mds € soit 63,6% du PIB (2010)
Principaux clients : Allemagne (32,1 %), Slovaquie (8,7 %), Pologne (5,7 %), France (5,7%), Autriche et Royaume-Uni (5 %)
Principaux fournisseurs : Allemagne (30,5 %), Pologne (7 %), Slovaquie (6,7 %), Pays-Bas (6%), Russie (5,7 %), France (4,1 %) Rôle prééminent des entreprises ČEZ (électricité), Škoda (automobile), Česká spořitelna et Komerčni Banka (banques), PPF et J&T (capital-investissement) dans l’économie tchèque.
Exportations de la France vers la République tchèque : 3 817 M€ (2010)
Importations françaises : 6 640 M€ (Solde : - 2 823) 480 entreprises françaises implantées (4 500 allemandes par comparaison)
Contribution au budget de l’UE 2010 : 1,3 Mds€
Fonds européens perçus en 2010 : 3,4 Mds€ (2,2 Mds€ au titre de la politique de cohésion, 1 Mds€ au titre de la PAC)
Bénéficiaire net en 2010 : 2,08 Mds€, soit 1,5 % du RNB (9ème bénéficiaire net en % du RNB).
Part du commerce extérieur réalisé en 2010 :
avec l’UE : 73.9% dont 63,4% des importations et 84% des exportations
avec la zone euro : 58,5% dont 50,3% des importations et 66,3% des exportations
Nombre de députés au Parlement européen : 22 /736
Nombre de voix au Conseil de l’UE (pondération, Traité de Nice) : 7 /345 soit 2%
Nombre de voix au Conseil de l’UE (critère démographique, Traité de Lisbonne) : 2,08% (-1,4%, soit la plus importante perte avec la Hongrie).
Commissaire européen : Štefan Füle, chargé de l’élargissement et de la politique européene de voisinage.
La séparation tchéco-slovaque devint inéluctable quand les suffrages se portèrent en majorité, lors des élections de juin 1992, sur les deux partis favorables à la scission du pays : l’ODS de Václav Klaus en pays tchèque, et le parti HZDS« za demokratické Slovensko » de Vladimir Meciar, du côté slovaque. Elle se concrétisa, peu après, par un vote de l’Assemblée fédérale qui décida, à une forte majorité, que la Tchécoslovaquie cesserait d’exister le 31 décembre 1992. Le Parlement tchèque approuva la constitution d’une République tchèque (Česká republika) indépendante, dont Václav Havel fut élu le premier président le 23 janvier 1993.
Les élections législatives de juin 2006 avaient partagé la Chambre des députés en deux parts égales : 100 députés de centre-droit : ODS, KDU-CSL (Union chrétienne-démocrate/Parti populaire tchécoslovaque et Verts (SZ), face à 100 députés de centre-gauche et gauche : socialistes du CSSD et communistes du KSCM. Cette situation de parité avait mené à la constitution d’un gouvernement sans réelle majorité, déchirée par des dissensions internes et incapable d’appliquer son programme de réforme. En avril 2009, les deux grands partis décident en conséquence de mettre en place un gouvernement intérimaire « technique » jusqu’au terme de la législature normale (mai 2010), dirigé par l’ancien chef de l’Office tchèque des statistiques, Jan Fischer, qui réussit à faire adopter par le Parlement un important paquet de mesures d’austérité.
1. Elections législatives des 28 et 29 mai 2010
A l’issue du scrutin, seuls 5 des 25 partis en lice ont dépassé le seuil d’éligibilité de 5% pour être représentés à la chambre basse :
les deux grandes formations traditionnelles (au pouvoir en alternance depuis 1993, à l’exception des 2 gouvernements « techniques ») sont arrivées en tête mais ont perdu à elles deux 41 sièges : le parti social-démocrate ČSSD de Jiři Paroubek obtient 56 sièges (-15) soit 22,1% des voix et le parti de droite libérale ODS, mené par Petr Nečas réunit 53 sièges (-26) soit 20,2% des voix ;
- le Parti communiste KSČM de Vojtěch Filip, seul parti communiste européen à revendiquer un héritage direct avec la période communiste, anti-OTAN et hostile aux privatisations, a conservé ses 26 sièges (11,3%) ;
- TOP 09 (Tradition, responsabilité, prospérité 09) a obtenu 41 sièges (16,7%). Créé en 2009 par Karel Schwarzenberg (ancien ministre des affaires étrangères présenté par le parti vert dans le gouvernement de coalition de M. Topolanek), ce parti pro-européen et ultra-libéral a su mobiliser les jeunes générations en renouvelant le discours politique ;
le parti Affaires publiques VV (Věci veřejné) : 24 sièges (10,9%). Longtemps marginal, ce parti a connu une forte ascension depuis l’arrivée à sa tête de Radek John, qui fut un journaliste d’investigation très populaire avant de se lancer en politique en distillant un fort discours anti-corruption.
Le parti vert (SZ) n’a pas réussi à passer le seuil des 5%.
Bien qu’arrivés en tête, les sociaux-démocrates du ČSSD ne parviennent pas à constituer de majorité avec le parti communiste KSČM (82 sièges sur 200)..Petr Nečas, à la tête de l’ODS, réussi en revanche à former une coalition avec TOP 09 et VV, clairement orientée à droite mais partagée entre eurosceptiques et europhiles. Cette coalition peut alors compter sur 118 des 200 sièges de la chambre basse (la plus forte majorité de gouvernement depuis 1996). Outre le fait d’avoir signifié l’affaiblissement des « grands » partis (l’ODS a perdu 15 points par rapport à 2006), ces élections ont aussi renouvelé le personnel politique. Outre l’ancien Premier ministre et chef du ČSSD, Jiři Paroubek, plusieurs figures importantes de la vie politique tchèque ont annoncé leur démission du parti ou leur retrait de la vie politique comme Cyril Svoboda (KDU- ČSL), chef de la diplomatie en 2002-2006 ; Miloš Zeman, ancien Premier ministre social-démocrate en 1998-2002 et le maire de Prague, Pavel Bem, démissionnaire des instances de son parti ODS, après avoir été vaincu dans sa ville par un candidat TOP 09.
A l’occasion du dernier renouvellement partiel du Sénat en octobre 2010, la majorité a basculé du côté des sociaux-démocrates, ce qui complique le processus d’adoption des réformes.
2. Priorités du gouvernement actuel
Le gouvernement de coalition dirigé par Petr Nečas a pris ses fonctions le 13 juillet 2010. L’ODS a obtenu, outre le poste de Premier ministre, six portefeuilles : la défense (« Saša » Vondra, ancien vice Premier ministre, ministre des affaires européennes) ; l’industrie et le commerce ; l’agriculture et la justice. Top 09, cinq, dont deux ministères clés : les Affaires étrangères, occupé par Karel Schwarzenberg, et les finances (Miroslav Kalousek), le travail et affaires sociales, la santé et la culture. Enfin, le parti Affaires publiques quatre ministères : intérieur (perdu en avril 2011), transports, éducation et développement régional.
Les deux lignes directrices du programme de gouvernement sont la rigueur budgétaire et la lutte contre la corruption. Le retour de la croissance s’accompagne d’une volonté ferme du gouvernement tchèque d’engager une consolidation budgétaire sur le long terme. Après une récession marquée en 2009 (-4,1%), la République tchèque a connu un rebond l’an dernier (2,4%) et devrait connaître un rythme de croissance similaire en 2011. Dans ce contexte de reprise, le gouvernement de Petr Nečas s’est fixé un objectif de ramener cette année le déficit public à 4,6% du PIB, pour parvenir à un chiffre en-deçà de 3% en 2013 et un retour à l’équilibre à l’horizon 2016. Le gouvernement s’est engagé dans une réforme du système de retraites (le vieillissement de la population devrait peser sur le système à partir de 2015). M. Nečas propose la création d’un fonds public mais dont les contributions n’auraient plus qu’un caractère facultatif sur une base volontaire, en opposition avec son partenaire de TOP 09 favorable à un fonds public à contribution obligatoire. Le gouvernement vient par ailleurs d’approuver l’amendement à la loi devant permettre l’augmentation du taux de TVA à 14 % a partir de 2012, puis à 17,5 % en 2013.
En ce qui concerne la lutte contre la corruption, la coalition a fait adopter, fin décembre 2010, à la Chambre des députés un « paquet » ambitieux de 57 lois et mesures qui seront appliquées en plusieurs étapes d’ici fin 2012 : nouvelle loi sur les marchés publics, création du statut de « témoin-clé », renforcement de l’arsenal pénal pour les agents publics coupables de corruption et mise en place d’une chambre spécialisée dans les affaires de corruption. Le gouvernement a aussi prévu de réorganiser le ministère de l’Intérieur et la police et de simplifier le système judiciaire.
3. Une coalition qui demeure hétéroclite
Dès sa constitution en juillet 2010, le gouvernement a été fragilisé par des révélations sur l’éthique de certains nouveaux ministres, suspectés de connivences avec des intérêts privés, à l’instar des responsables du parti VV : Radek John (Intérieur), Vit Barta (Transports) et Kamil Jankovsky (Développement régional), liés au milieu professionnel des agences de sécurité, ou bien mis en cause dans des affaires de corruption.
Peu après, les élections municipales d’octobre 2010 ont suscité du ressentiment au sein de la coalition quand les candidats du parti TOP 09, arrivés en tête à Prague (l’ancien gouverneur de la Banque nationale, Zdenek Tuma) et en bonne position dans les grandes villes (Brno, Plzen et Ostrava), ne furent finalement pas élus maires, victimes d’accords passés sur le plan local entre l’ODS et le ČSSD.
Les mois qui suivent sont marqués par de nombreuses démissions suite à des scandales : Pavel Drobil, ministre de l’Environnement (décembre 2010),Vit Barta, ministre des Transports (avril 2011), Radek John, ministre de l’Intérieur (avril 2011), Martin Kocourek, ministre de l’Industrie (novembre 2011), Jiri Besser, ministre de la Culture (décembre 2011).
Si le gouvernement a passé sans encombre en avril 2011 le dépôt d’une motion de censure par l’opposition de gauche (rejetée par 114 députés, contre 84 voix), des élections anticipées ne sont pas à exclure. Aucun des partis actuellement au pouvoir n’y aurait toutefois intérêt, les sondages donnant la gauche assez largement gagnante en cas de consultation.
Les turbulences qui secouent la coalition gouvernementale ne font que souligner les fragilités induites par le système électoral proportionnel actuel. Des voix se font entendre à nouveau pour un changement du système électoral vers un scrutin majoritaire qui permettrait de mettre fin à des coalitions intenables et tenter ainsi de résoudre une instabilité institutionnelle devenue quasi permanente.
1. Un contexte de reprise économique
Après une récession marquée en 2009 (-4,1%), la République tchèque a connu un rebond en 2010 (+ 2,4%). La croissance 2011 est estimée à + 1,7 % en 2011. Après être remonté à 9,6% en décembre 2010, le chômage a entamé une nouvelle baisse, pour atteindre 8,6% en avril 2011, grâce notamment à une augmentation des emplois saisonniers.
Les mois qui suivent sont marqués par de nombreuses démissions suite à des scandales : Pavel Drobil, ministre de l’Environnement (décembre 2010),Vit Barta, ministre des Transports (avril 2011), Radek John, ministre de l’Intérieur (avril 2011), Martin Kocourek, ministre de l’Industrie (novembre 2011), Jiri Besser, ministre de la Culture (décembre 2011).
Si le gouvernement a passé sans encombre en avril 2011 le dépôt d’une motion de censure par l’opposition de gauche (rejetée par 114 députés, contre 84 voix), des élections anticipées ne sont pas à exclure. Aucun des partis actuellement au pouvoir n’y aurait toutefois intérêt, les sondages donnant la gauche assez largement gagnante en cas de consultation.
Les turbulences qui secouent la coalition gouvernementale ne font que souligner les fragilités induites par le système électoral proportionnel actuel. Des voix se font entendre à nouveau pour un changement du système électoral vers un scrutin majoritaire qui permettrait de mettre fin à des coalitions intenables et tenter ainsi de résoudre une instabilité institutionnelle devenue quasi permanente. Les grands contrats export compensent la baisse de la production de biens d’équipement. Géant sur la scène énergétique européenne, l’opérateur électrique national ČEZ avait, au cours de la seule année 2009, investi dans la construction de 2 parcs éoliens (600 MW, 1 milliard d’€) en Roumanie, lancé un appel à manifestation d’intérêt pour la construction de deux tranches nucléaires sur son site de Temelin, s’est associé au slovaque Javys pour la construction d’une centrale nucléaire à Bohunice et a pris 76% du réseau de distribution électrique albanais. Skoda Power est également présent sur le marché de la production électrique, notamment à travers les turbines.
Les grands travaux d’infrastructures (autoroutes, extension de l’aéroport de Prague, gazoducs, centrales nucléaires, centre d’enfouissement de déchets nucléaires, portion tchèque du canal Danube-Oder-Elbe) sont retardés par la baisse de la dépense publique et la problématique générale de financement du déficit public..
L’investissement direct étranger reçu par la République tchèque reste substantielle : 4,97 Mds€ reçus en 2010, soit 3,3% du PIB. Le stock d’IDE (95,3 Mds€) représente quant à lui plus de 60% du PIB. Les flux entrants privilégient les activités à forte valeur ajoutée comme l’intermédiation financière (Axa), les services stratégiques d’appui aux entreprises (IBM), les biotechnologies et l’industrie pharmaceutique (Sanofi Aventis a pris le contrôle de Zentiva), les centres de R&D (Automotive Lighting), le marketing et le développement (eBay et Skype). Les nouveaux investissements industriels n’ont pas disparu pour autant (Air Liquide, Hyundai notamment)
Très concentré avec près de la moitié de ses actifs détenus par les filiales des trois groupes KBC, Erste Bank et Société Générale (Komerčni Banka), le secteur bancaire tchèque reste solide et rentable.
Une nouvelle classe de jeunes chefs d’entreprise tchèques a émergé. Le premier d’entre eux, Petr Kellner, a fait de PPF (banque et assurance, immobilier, distribution) qu’il a créé, le premier groupe d’investissement d’Europe centrale (11 milliards d’€ d’actifs), adossé depuis 2007 à Generali. PPF a racheté 60% du pôle énergie de J&T (un fonds slovaque avec 3,5 milliards d’actifs dans la banque, santé, auto, énergie, médias), le groupe immobilier tchèque ECM et la chaîne d’électroménager russe Eldorado. PPF disposerait actuellement de 1 milliard d’€ à dépenser en acquisitions, en Russie, en Ukraine et en Europe centrale. Le second, Andrej Babis, patron du conglomérat Agrofert (3è groupe tchèque par le CA, derrière Skoda Auto et ČEZ ) a consolidé son empire en prenant le contrôle de Milkagro (produits laitiers) et en rachetant l’important groupe Agropol (commodités et stockage agricoles).
2. Politique économique
Dans le contexte de reprise, le gouvernement tchèque s’est fixé un objectif de déficit public inférieur à 3% du PIB en 2013 et un retour à l’équilibre à l’horizon 2016. L’objectif pour 2011 est de ramener le déficit public à 4,6% du PIB (après 5,8% et 5,2% en 2009 et 2010 respectivement) grâce aux mesures d’austérité mises en œuvre en cours d’année : réduction des dépenses courantes des ministères, suppression des subventions et gel des salaires dans la fonction publique. Côté recettes, une hausse des cotisations sociales est prévue et une augmentation de la TVA (taux unique à 20%) envisagée dans le courant de l’année. Le gouvernement souhaite engager d’ici la fin de l’année une réforme du système de retraites (le vieillissement de la population devrait peser sur le système de retraites à partir de 2015, avec une progression rapide des dépenses).
3. Politique énergétique
Dans l’absolu, la République tchèque produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme, d’où un taux de dépendance énergétique relativement bas (27%) par rapport à la moyenne européenne (plus de 50%). Mais bien qu’elle soit exportatrice de charbon et d’électricité, elle reste très dépendante de la Russie pour le gaz (67% en 2010), le pétrole (63%) et le combustible nucléaire (100%). Plus de la moitié de la consommation énergétique tchèque (21% de pétrole, 15% de gaz et 16% de nucléaire) est donc étroitement liée aux importations venues de Russie. Prague avait d’ailleurs dû faire face à la crise gazière de 2009 en tant que président de l’UE et les autorités tchèques s’étaient fortement engagées dans les négociations avec Moscou. Les approvisionnements en gaz avaient alors diminué de plus de 75%.
Le charbon et le nucléaire constituent l’essentiel de la production énergétique tchèque (respectivement 67% et 23% en 2009). Le charbon est extrait principalement des gisements en Moravie-Silésie, à l’est du pays. Il permet de produire 58% de l’électricité à travers les centrales thermiques (la moyenne européenne étant à 26%) et 66% de la chaleur. Il est l’objet de critiques de la part des organisations environnementales mais son utilisation n’est pour l’instant pas remise en cause par les autorités. Celles-ci prévoient même l’extension de la centrale de Prunéřov considérée comme l’une des plus polluantes d’Europe. Le nucléaire, quant à lui, permet de produire 33% de l’électricité nationale (cf. ci-dessous).
4. Le secteur nucléaire
La République tchèque possède deux centrales nucléaires , propriété de ČEZ (qui en est aussi l’exploitant), sur les sites de Dukovany et de Temelin qui fournissent 33% de sa production d’électricité.
Le gouvernement se pose ainsi clairement en faveur de l’industrie et de l’énergie nucléaire, avec notamment le projet d’extension de la centrale de Temelin (construction de deux nouveaux réacteurs) pour lequel AREVA a été pré-sélectionné avec l’américain Westinghouse-Toshiba et le russe Atomstrojexport. Le contrat est évalué à 10 Mds€ (19 Mds€ avec les options).
La République tchèque est entrée dans l’UE le 1er mai 2004 (77,3 % de « oui » au référendum de juin 2003). Prague a par ailleurs exercé la présidence du Conseil de l’Union européenne au 1er semestre 2009, au cours de laquelle fut lancé le Partenariat oriental (sommet du 7 mai 2009 à Prague). L’ancien ministre chargé des Affaires européennes du gouvernement Fischer, Štefan Füle, est devenu commissaire pour l’Elargissement, également en charge de la politique de voisinage, dans la Commission de février 2010 .
La République tchèque a contribué à hauteur de 1,3 Mds € au budget 2010 de l’Union européenne. Avec 3,4 Mds de fonds en provenance de l’Union européenne elle est donc bénéficiaire net (2,1 Mds€). Les deux plus gros postes d’affectation des fonds européens en 2010 sont la politique de cohésion (2,2 Mds€) et la politique agricole commune (1 Mds€). Elle dispose de 22 députés au Parlement européen et de 12 voix (sur 345 – soit 3,5%) au Conseil de l’UE. Selon les règles du Traité de Lisbonne basée sur la population, la République tchèque ne disposera en 2014 que de 2,08% des voix (-1,4%, soit la plus importante perte avec la Hongrie).
Le Premier ministre, Petr Nečas, cherche à repositionner son pays, après une politique longtemps tout entière orientée par les objectifs d’adhésion à l’OTAN et à l’Union européenne. L’Union européenne est son environnement naturel, mais sa politique européenne est tiraillée : d’un côté, ses intérêts objectifs conduisent logiquement à un engagement actif. L’apport de l’UE est évident en termes de sécurité et de prospérité pour cette économie très ouverte vers l’UE (80 % de ses exportations). De l’autre, des conceptions héritées du passé jouent en sens inverse, voyant maintenant dans Bruxelles un nouveau centre hégémonique, après Vienne, Berlin, et Moscou. Le gouvernement actuel a engagé une réflexion pour définir une véritable stratégie européenne, en prenant conscience que ses intérêts nationaux ont une dimension européenne substantielle. Son objectif est aussi d’améliorer son image, mise à mal par les péripéties de la ratification du traité de Lisbonne, en offrant plus de prévisibilité à ses partenaires. Les décideurs politiques, en particulier Karel Schwarzenberg aux Affaires étrangères et les milieux d’affaires sont aussi conscients que leur pays n’aurait aucun poids sans l’Union européenne.
Dans ce paysage, se pose la question du choix des partenaires au sein de l’Union européenne :
L’Allemagne occupe une place unique liée à l’histoire et aux réalités économiques (1er partenaire commercial et le 1er investisseur étranger en République tchèque). Elle est le moteur de la croissance tchèque mais aussi la référence politique des Tchèques, imprégnés par sa culture de stabilité. La Déclaration de réconciliation tchéco-allemande, adoptée à l’initiative de MM. Klaus et Kohl en janvier 1997, a marqué la volonté des deux pays de dépasser les souvenirs douloureux de l’histoire pour s’orienter vers l’avenir, ce qu’illustre le rythme élevé des visites. La question des décrets Beneš de 1945 (par lesquels les Allemands et les Magyars se sont vus expropriés, déchus de leur citoyenneté et expulsés) demeure sensible dans les deux pays, bien que ces mesures aient été qualifiées dès 1989 par l’ancien Président Havel d’« acte profondément immoral » et que le gouvernement Paroubek ait reconnu en 2005 les mérites des « anti-fascistes allemands » fidèles à la Tchécoslovaquie sous le nazisme.
La Grande-Bretagne reste une référence idéologique (affinités libérales), mais Londres est accaparée par ses défis internes.
Quant à la France, l’approche tchèque part du constat que c’est un acteur de premier plan en Europe. Elle est un partenaire économique, commercial et industriel important. Elle est un allié désormais pleinement engagé dans l’Alliance, doté d’un outil militaire crédible, qui dispose d’une capacité d’entrainement sans égal, avec l’Allemagne.
Grands dossiers
1. Gouvernance économique
La République tchèque n’est pas membre de la zone euro pour cause de creusement des déficits publics qui retarde l’échéance d’une adoption de l’euro, fixée au plus tôt au tournant des années 2015-2016. Elle soutient de manière globale le projet d’accord de la Présidence sur le paquet gouvernance, mais affirme son opposition de principe à une taxation du secteur financier européen.
2. Partenariat oriental
Les Tchèques ont souhaité de longue date un renforcement du volet oriental de la Politique européenne de voisinage, conscients des enjeux en termes de stabilité, de bonne gouvernance, de migrations et de développement économique, avec la nécessité de renforcer la coordination sur l’énergie et les transports. Le sommet de Prague du 7 mai 2009 a lancé le Partenariat oriental, destiné à créer les conditions d’une accélération de l’association politique et de l’intégration économique entre l’UE et ses 6 partenaires (Biélorussie, Ukraine, Moldavie, les 3 pays du Caucase). La déclaration finale a fixé les modalités de ce Partenariat dans sa dimension bilatérale (nouveaux accords d’association, mobilité des citoyens) et dans sa dimension multilatérale (sommets biennaux, réunions ministérielles annuelles ; 4 plates-formes thématiques pour la réalisation de projets concrets ouverts à des pays tiers).
3. Energie/climat
Prague s’efforce de contribuer activement à la revalorisation de la place du nucléaire en Europe, en organisant notamment à Prague (en alternance avec Bratislava) le Forum européen sur l’énergie nucléaire. La population tchèque est la population d’Europe la plus favorable au nucléaire. Le Conseil a adopté en juin 2009 sous présidence tchèque la directive sur la sûreté nucléaire qui rend obligatoires les normes de sécurité volontaires actuelles et renforce le rôle des superviseurs nationaux. Prague, qui affiche des performances médiocres en matière d’émissions de CO2 (l’électricité produite provient encore à 60 % du charbon, malgré le recours au nucléaire) a soutenu l’effort collectif européen en vue d’une politique ambitieuse en vue de la COP de Copenhague, sous réserve d’un accord préalable interne sur le partage du fardeau.
4. Espace de liberté, de sécurité et de justice
Principalement concernée par l’immigration venant des pays de la CEI, de Chine et du Vietnam, la République tchèque, entrée dans l’espace Schengen le 21 décembre 2007, est confrontée depuis juillet 2009 à des mesures unilatérales de rétablissement de l’obligation de visa par le Canada, prises en réaction à un accroissement du nombre de demandes d’asile présentées par des Roms tchèques.
5. Elargissement
Prague est favorable à la poursuite du processus d’élargissement dans son principe, inscrit dans le concept d’« Europe sans barrières » prôné sous présidence tchèque. Elle considère aussi qu’il ne doit pas être freiné par la crise actuelle et insiste sur le respect des critères d’adhésion, notamment politiques, par les Etats candidats. Elle soutient les progrès effectués dans le cadre des discussions avec la Turquie, ainsi que la perspective d’une adhésion de la Moldavie (fort soutien au gouvernement pro-européen de Chisinau) et de l’Ukraine.
6. Russie
La République tchèque insiste sur l’unité et la solidarité des 27 dans leurs relations avec la Russie, ainsi que sur la nécessité de règles de long terme fondées sur les principes du marché, la transparence, la réciprocité et les Droits de l’Homme.
7. PESD/OTAN
La présidence tchèque de l’UE avait rappelé l’importance qu’elle attachait aux liens transatlantiques en organisant un sommet informel UE-Etats-Unis. En plus du renforcement du partenariat UE-OTAN, Prague soutient, en matière de PSDC, le développement des capacités militaires (transport aérien, formation, participation des PME à la base industrielle et technologique de défense européenne, etc.).
La République tchèque participe aux missions de police de l’UE en Bosnie et en Afghanistan. Son engagement dans le cadre de l’OTAN, près de 1.000 hommes répartis entre le Kosovo et l’Afghanistan, limite sa capacité à s’impliquer dans d’autres missions. La participation des troupes tchèques est garantie grâce au mandat de 2 ans approuvé par le Parlement à l’automne 2010. Il est prévu qu’elle renforce son contingent en Afghanistan (780 personnes en septembre 2011) avant de le ramener à 640 en 2012. En revanche, les derniers soldats tchèques (99) s’apprêtent à quitter le Kosovo en octobre 2011, à l’exception de quelques militaires au sein de l’état-major de la KFOR.
La RT (à l’instar du Royaume-Uni et des Pays-Bas) estime en outre que la solidarité sociale relève du national et non plus du communautaire. Une autre difficulté pour la RT serait que le PEAD concernerait, selon la législation tchèque, uniquement les SDF.
8. Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD)
La question de la poursuite du financement du PEAD divise l’UE. La RT, qui participe au PEAD depuis moins d’un an, conteste la base juridique du programme tel qu’il existe, lui reprochant son affiliation à la PAC alors qu’il relèverait davantage du pilier social de l’UE. Elle rejoint ainsi les positions de la minorité de blocage menée par l’Allemagne .
La RT (à l’instar du Royaume-Uni et des Pays-Bas) estime en outre que la solidarité sociale relève du national et non plus du communautaire. Une autre difficulté pour la RT serait que le PEAD concernerait, selon la législation tchèque, uniquement les SDF.
La relation transatlantique est une priorité stratégique
1. La relation transatlantique est une priorité stratégique
Son appartenance à l’OTAN (depuis 1999, premier élargissement de l’Alliance à l’est) reste une référence obligée pour la diplomatie tchèque. L’ancien Président Havel a été l’artisan de cette orientation fondée à l’origine sur une recherche de sécurité et un sentiment de reconnaissance et de dette morale à l’égard des Etats-Unis. Ces liens se sont renforcés à la faveur du soutien apporté à l’intervention en Irak et de l’établissement d’un dialogue stratégique en septembre 2008. Prague adhère pleinement au concept de spécialisation et estime que l’OTAN doit être le principal outil de développement de la coopération transatlantique sur les questions politiques et de sécurité. Un Tchèque, Jiři Šedivy, est secrétaire-général adjoint (politique et plans de défense) de l’OTAN.
Les Etats-Unis avaient négocié avec le gouvernement Topolanek le projet d’installation à Brdy/Misov (sud-ouest de Prague) de la composante radar de leur troisième base anti-missiles en Europe. L’accord principal fut signé à Prague le 8 juillet 2008, avant celui relatif au stationnement de forces américaines sur le territoire tchèque (SOFA), signé à Londres le 19 septembre 2008. Approuvés dans un premier temps par le Sénat, fin novembre 2008, les deux accords ne furent pas mis à l’ordre du jour des travaux de la Chambre des députés, peut-être à cause de l’hostilité d’une majorité de la population tchèque, avant la décision d’abandon du projet initial par la nouvelle administration Obama, le 17 septembre 2009 au profit d’un nouveau projet à venir- sans doute plus acceptable pour l’opinion publique. Cette décision américaine n’a de toute manière pas entamé l’atlantisme de la classe politique tchèque qui s’est félicitée de la signature symbolique à Prague, le 8 avril 2010, du nouveau traité START de réduction des armes stratégiques par les Présidents Medvedev et Obama.
2. Relations avec la Russie
Les relations économiques tchéco-russes sont denses, en particulier en matière énergétique. La République tchèque importe de Russie 70% de son pétrole (oléoduc Droujba), 75% de son gaz et, à partir de 2010, 100% de son combustible nucléaire. Les investissements russes concernent aussi des secteurs stratégiques (acier, gaz), tandis que les entreprises tchèques investissent sur le marché russe et obtiennent des contrats substantiels : Alta (Brno) pour 500 Millions USD d’équipements au combinat métallurgique de Magnitogorsk, centres commerciaux, production d’engrais à Dzherzinsk, modernisation des hélicoptères MI par l’entreprise tchèque LOM, etc.
Les relations politiques se sont nettement améliorées à partir de 2006, après une phase de distance réciproque au cours de la décennie 90, avec les visites croisées des présidents Klaus et Poutine (qui condamna la répression du « printemps de Prague »), puis Medvedev.
3. Des liens resserrés avec les voisins d’Europe centrale
Prague entretient des relations étroites avec ses partenaires centre-européens du Groupe de Visegrad (dont elle assure la présidence de juillet 2011 à juillet 2012). Les connivences restent évidemment grandes avec la Slovaquie : chaque nouveau ministre des Affaires étrangères y effectue sa première visite, chacun est le 2e partenaire économique et commercial de l’autre. 46 % des travailleurs étrangers en République tchèque sont de nationalité slovaque, tandis que les étudiants slovaques ont la possibilité de passer leurs examens dans leur langue.
Prague a renforcé son partenariat avec la Pologne et favorise l’utilisation du polonais, dans le cadre de la Charte européenne pour les langues régionales ou minoritaires, dans l’audiovisuel tchèque et les communes de Silésie où se trouve la minorité polonaise.
Il y a aussi des relations de bon voisinage avec la Hongrie et l’Autriche, 3e investisseur (en dépit de critiques autrichiennes récurrentes sur l’action des autorités de contrôle tchèques de la centrale nucléaire de Temelin).
4. Droits de l’Homme, développement et multilatéralisme
La défense et la promotion des droits de l’homme sont l’un des axes prioritaires de la diplomatie tchèque : Les Tchèques estiment qu’ils ont contribué à la réhabilitation de la démocratie et des droits de l’homme et joué un rôle significatif pour installer cette référence au centre du système de valeurs des sociétés européennes.
Affirmant dans ce domaine une politique cohérente et globale, les autorités tchèques incluent pleinement les droits de l’homme dans leur action diplomatique, exerçant une vigilance particulière à l’égard de la situation en Biélorussie, en Birmanie, en Corée du Nord, en Chine et à Cuba. Prague accueille depuis 1995 le siège de la radio américaine Radio Free Europe/Radio Liberty (RFE/RL). Le gouvernement tchèque soutient la fondation European Partnership for Democracy, lancée en avril 2008 par un collectif européen d’ONG sous les auspices de V. Havel, J. Delors et du président Barroso, et n’a pas manqué de critiquer l’adoption de la loi sur les médias en Hongrie.
Prague exprime un intérêt croissant pour les questions de développement et d’aide humanitaire : donateur émergent, la République tchèque concentre ses actions d’aide bilatérale au développement sur certains pays-cibles (Irak, Afghanistan, Ukraine, Moldavie, Vietnam, Mongolie, Angola et Zambie). En matière humanitaire, elle s’est engagée en faveur du Soudan et du Proche-Orient.
Mise à jour : 16.12.2011