Nom officiel : République démocratique du Congo
Chef de l’Etat : Joseph Kabila Kabange (depuis décembre 2006)
Chef du Gouvernement : Adolphe Muzito (depuis octobre 2008)
Superficie : 2.345.409 km2 (cinq fois la France)
Capitale : Kinshasa (10 millions d’habitants)
Villes principales : Lubumbashi, Kisangani, Kananga, Mbuji-Mayi, Bukavu
Langue (s) officielle (s) : français
Langue (s) courante (s) : lingala, kikongo, tshiluba et swahili
Monnaie : franc congolais
Fête nationale : 30 juin
Population : 66 millions (Estimations 2010)
Densité : 27 hab / km²
Croissance démographique : +3% (Banque Mondiale, 2009)
Espérance de vie : 53 ans (Pnud, 2010) ; 59 ans en 1990.
Taux d’alphabétisation : 67% (Rapport PNUD, 2010)
Religion (s) : chrétiens (majoritaires), musulmans, kimbanguistes
Indice de développement humain : 185ème sur 185 (PNUD, 2011)
PIB (2010) : 12,6 milliards USD courants (FMI)
PIB réel/nominal par habitant (2010) : 103/180 USD
Taux de croissance (2011) : +7% (estimation Banque Centrale Congolaise)
Taux d’inflation (2010) : 9,8% (49% en 2009, prévisions 2011 13%)
Balance commerciale (2009) : -1,47 milliards USD
Principaux clients : Chine (23%), Belgique (8%), Zambie (7%)
Principaux fournisseurs : Afrique du Sud (15%), Belgique (6%), Zambie (7%), Chine (3%), France (3%)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
agriculture et forêts : 40%
industrie et mines : 28%
services : 32%
Exportations de la France vers la RDC : 171 M€ en 2010 (DGTPE)
Importations françaises depuis la RDC : 23 M€ en 2010 (DGTPE)
Consulat (s) de France : Lubumbashi (général), Bukavu (honoraire)
Communauté française en RDC : 2451 (source : MAEE, 2011)
Communauté congolaise en France : 45 236 (2010, MIIIDS)
Le processus de transition s’est achevé avec l’organisation, dans de bonnes conditions, du référendum sur la Constitution de la IIIè République (18 décembre 2005) et des élections présidentielles, législatives et provinciales (scrutins des 30 juillet et 29 octobre 2006), marquées par une participation importante de la population (65% en moyenne). Le Président sortant J. Kabila est sorti vainqueur des élections présidentielles (58% au second tour) devant le vice-président J.P. Bemba (la cérémonie d’investiture a eu lieu le 6 décembre 2006). La coalition présidentielle (AMP - Alliance pour la majorité présidentielle) et ses alliés, dont le PALU d’Antoine Gizenga, bénéficient de la majorité à l’Assemblée nationale et au Sénat. Léon Kengo wa Dondo, de l’opposition, a toutefois été élu président du Sénat en mai 2007 face au candidat de l’AMP. La coalition présidentielle gouverne aujourd’hui toutes les provinces.
Après la démission du premier Ministre Gizenga le 25 septembre 2008 et son remplacement par Adolphe Muzito (toujours du PALU), un nouveau gouvernement a été mis en place le 27 octobre 2008. Lors des remaniements gouvernementaux de février 2010 et septembre 2011, le Premier ministre Adolphe Muzito a été reconduit dans ses fonctions.
L’actualité politique en République démocratique du Congo est marquée par les suites des élections présidentielles et législatives du 28 novembre 2011. La campagne s’est déroulée dans un climat tendu et a été marquée par plusieurs incidents. L’opposition s’est présentée désunie face au Président Kabila. Les chefs de parti d’opposition les plus importants sont : Etienne Tshisekedi (UDPS), Vital Kamerhe (UNC), Kengo Wa Dondo (UFC).
Les scrutins des présidentielles et des législatives ont connu des difficultés logistiques et ont été entachés d’irrégularités, notamment relevées par la mission d’observation européenne et le Centre Carter. Les problèmes ont particulièrement porté sur la compilation des résultats.
Le Président Kabila a obtenu, selon les résultats proclamés par la Cour Suprême de Justice, 49% des voix. Etienne Tshisekedi a recueilli 32% des suffrages et Vital Kamerhe 7%. Le Président Kabila a prêté serment le 20 décembre. L’opposition a adopté des positions différentes : Etienne Tshisekedi s’est proclamé Président tandis que d’autres leaders demandaient l’annulation des résultats. Les communautés congolaises expatriées se sont mobilisées en faveur de Tshisekedi, parfois de façon violente. Le Président du Sénat, Kengo Wa Dondo, a fait le 31 décembre l’objet d’une agression à Paris. La France a condamné cette dérive inadmissible, et une enquête a été ouverte.
Les résultats provisoires des législatives ont été publiés le 1er février par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI). Sur 500 députés, la majorité en obtiendrait entre 250 et 260 et l’opposition 110. La Cour Suprême de Justice a deux mois pour examiner les recours et annoncera à l’issue de cette période les résultats définitifs.
La France appuie les élections à travers plusieurs programmes. Elle soutient l’observation électorale par les médias et a financé un cycle d’émissions de présentation du programme des candidats. Le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel Congolais a également reçu quelques crédits. En coordination avec la mission européenne EUPOL et en parallèle d’actions menées par la Mission de l’Organisation des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO), la France a formé deux bataillons de police au maintien de l’ordre sans emploi d’armes à feu. Enfin, elle contribue au financement des élections (un million de dollars).
Dans la région des Kivus, la situation, qui s’était fortement dégradée au second semestre 2008, a connu une évolution positive à partir de la fin 2008, marquée par une nouvelle dynamique de coopération entre la RDC, l’Ouganda et le Rwanda. Des opérations militaires conjointes ont été menées sur le sol congolais avec l’aide de troupes ougandaises et rwandaises contre les rebelles ougandais de la Lord’s Resistance Army (LRA) et des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Le résultat a été globalement positif. De plus, le chef rebelle congolais Laurent Nkunda qui, à la tête du Congrès National de la Défense du Peuple (CNDP), avait remporté une série de victoires contre les FARDC en 2008, a été arrêté au Rwanda le 22 janvier 2009 et une partie des groupes armés congolais (CNDP et certains maï-maï, c’est-à-dire des groupes armés d’intérêt local) ont cessé les hostilités et intégré l’armée congolaise (FARDC).
Les opérations militaires de l’armée congolaise dans l’Est sont toujours en cours. Conséquence, entre autres, de l’intégration accélérée non préparée des groupes rebelles en 2009 au sein des Forces Armées de la République démocratique du Congo (FARDC), celles-ci sont aujourd’hui dans un état préoccupant (pas de formation, ni d’équipement, ni de salaire stable). Les FARDC ont consacré plusieurs mois à une réorganisation interne des forces de l’Est : cette période de faiblesse a prouvé que les groupes armés, malgré la pression exercée sur eux en 2009 et 2010, sont capables de profiter de toute baisse du régime opérationnel des forces congolaises. La période électorale a conduit à une baisse de la violence, mais elle semble reprendre, notamment du fait des Forces Démocratiques de Libération du Rwanda (FDLR). Début janvier, plus de 45 personnes ont été tuées par ce mouvement au Sud Kivu.
A l’ouest de la RDC (province d’Equateur), un conflit ethnique, visant initialement au contrôle d’étangs poissonneux, a entraîné le déplacement vers la République du Congo voisine de 120 000 réfugiés, au soutien desquels la France a contribué à plusieurs reprises.
La transition s’était accompagnée d’un redémarrage de l’économie congolaise (6% de croissance depuis 2002).Cette reprise tenait à l’amélioration des conditions de sécurité dans le pays (reprise du commerce intérieur, notamment par voie fluviale), mais surtout à un appui massif des bailleurs de fonds, qui se sont engagés à financer le programme d’actions prioritaires présenté par les autorités congolaises à Paris les 29 et 30 novembre 2007. Les indicateurs macro-économiques se sont toutefois détériorés en 2009, en raison de l’impact de la crise financière internationale sur le prix des matières premières, qui a touché de plein fouet l’industrie minière (cuivre, cobalt, zinc, diamants), un des principaux vecteurs de croissance de la RDC. La situation s’est améliorée en 2010 avec la remontée des cours..
A long terme, le potentiel économique du pays est considérable. Le barrage d’Inga, sur le fleuve Congo, à 200 km de Kinshasa, reste ainsi le plus gros potentiel hydroélectrique d’Afrique : il fait partie des projets structurants listés par le G20. Mais l’exploitation de ces opportunités nécessitera de profondes réformes en matière de bonne gouvernance et la mise en place d’un environnement juridique favorable aux investissements. Des améliorations ont été constatées, mais les progrès sont fragiles.
Les Nations Unies sont un acteur majeur de la résolution de la crise des Grands Lacs, présentes à la fois en RDC (MONUC, aujourd’hui MONUSCO) et au Burundi (BINUB).
En RDC, le déploiement militaire de l’ONU a commencé en mars 2001. L’Américain Roger Meece a été nommé à la tête de la mission le 9 juin 2010. Environ 98% des troupes onusiennes sont déployées dans les provinces de l’Est, où la Mission de l’Organisation des Nations-Unies pour la Stabilisation du Congo (MONUSCO, une vingtaine de milliers d’hommes) a pour mandat prioritaire d’assurer la protection de la population civile.
Les Nations Unies se sont par ailleurs intéressées à deux problématiques liées, celle de l’exploitation illégale des ressources naturelles de la RDC et celle des trafics d’armes dans la région. Un embargo sur les armes à destination des groupes actifs en RDC a ainsi été instauré par la résolution 1493 (juillet 2003). Sa surveillance est confiée à un groupe d’experts dont les rapports successifs ont souligné la poursuite des trafics malgré l’embargo et le rôle du Rwanda et de l’Ouganda dans la circulation d’armes dans l’Est congolais. Sur la base des informations rapportées par les experts, le Conseil a imposé, en novembre 2005, des sanctions à une liste de personnes identifiées comme responsables de violations de l’embargo. Cette liste a fait l’objet, par la suite, de plusieurs compléments (le dernierà la fin de 2011).
L’opération Artémis, menée dans la région en Ituri (juin-septembre 2003), a marqué un tournant dans l’implication de l’UE en RDC (première opération militaire de l’UE en Afrique). La France y a joué le rôle de nation cadre. Cette opération a permis de stabiliser une région sous l’emprise de milices locales et d’y préparer le déploiement de la MONUC. La mission EUFOR RDC, déployée d’août à décembre 2006, a permis d’apporter un soutien à la MONUC pour la sécurisation du processus électoral (2400 hommes déployés, dont 800 fournis par la France). Son intervention a été décisive pour permettre le retour au calme lors des incidents survenus à Kinshasa en août 2006 entre les hommes de J. Kabila et de J.P Bemba.
L’UE s’est ensuite impliquée dans la reconstruction des forces armées et de la police congolaises. Deux missions de l’UE, au titre de la PESD, sont actuellement déployées en RDC. La mission EUPOL appuie la mise en œuvre de la réforme de la police. La mission EUSEC soutient celle de l’armée congolaise, notamment par la mise en place d’un système de paiement sécurisé des militaires congolais et d’un recensement biométrique (cartes militaires).
L’Union Européenne déploie un fonds de développement (FED) de plus de 500 millions d’euros sur la période 2008-2013. Le FED prend en compte des actions de développement et de gouvernance. Dans le cadre des élections, l’Union Européenne est le premier bailleur de fonds étranger, avec 47,6 millions d’euros.
Dans les Grands Lacs, la situation régionale a été marquée par des évolutions encourageantes à partir de la transition congolaise entamée en 2003. Après un premier sommet historique à Dar-Es-Salaam en 2004, le second sommet de la Conférence internationale sur la région des grands Lacs (CIRGL) s’est déroulé les 15 et 16 décembre 2006 à Nairobi et a abouti à la signature du Pacte de Sécurité, de Stabilité et de Développement pour la région des Grands Lacs, entré en vigueur en juin 2008. En décembre 2010, le sommet de Lusaka a consacré le rôle de cette conférence dans la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières. De son côté, la Communauté économique des pays des Grands Lacs africains (CEPGL) - réunissant la RDC, le Burundi et le Rwanda- a fait l’objet d’une relance le 17 avril 2007 à Bujumbura, avec l’aide du Ministre belge des Affaires étrangères de l’époque (Louis Michel), confirmée par les Présidents Kabila et Kagame lors de leur rencontre à Goma le 6 août 2009. La France participe à cet effort, en recherchant notamment le renforcement de la capacité opérationnelle de la CEPGL.
La RDC est membre de la CEEAC (dont elle a assuré la Présidence en 2008), de la SADC (dont elle a assuré la présidence en 2009-2010), de la COMESA et de la CEPGL. Elle pourrait se porter candidat à une entrée au sein de l’EAC (East African Community).
Après une période de tension liée à la reprise des combats entre les FARDC et le CNDP de Laurent Nkunda entre août et novembre 2008, Kigali et Kinshasa se sont rapprochés de manière spectaculaire au début de l’année 2009, dans le cadre des opérations militaires conjointes contre les FDLR qui ont abouti, finalement, à l’arrestation de Laurent Nkunda. L’Ouganda a également amélioré de manière notable ses relations avec la RDC. Après les accrochages mi-2007 entre troupes ougandaises et congolaises sur les rives du lac Albert, riche en réserves gazières et pétrolières, les deux pays ont privilégié la voie du dialogue et de l’apaisement.
Mise à jour : 03.02.12
