Présentation de la République centrafricaine

(Source : MFE)

Géographie

Décalage horaire (par rapport à Paris)

- en été : 1 heure de moins.

- en hiver : Pas de décalage horaire.

1) Situation

a) Présentation générale

Pays de 623 000 km², enclavé au coeur du continent africain, la République Centrafricaine (RCA) partage une frontière avec cinq pays : le Tchad au nord (sur 1197 km), le Soudan à l’est (sur 1165 km), au sud le Congo (Brazzaville) sur 467 km et la RDC (République Démocratique du Congo, ex-Zaïre) sur 1577 km du fleuve Oubangui, et à l’ouest, le Cameroun (797 km) qui l’isole de l’Atlantique, l’océan le plus proche, situé à environ 1500 km. Le pays se présente comme une vaste pénéplaine allongée d’ouest en est, d’une hauteur moyenne de 600 à 700 mètres, et constituant la ligne de partage des eaux entre le système hydrographique du Tchad et celui de l’Oubangui et du Congo. A l’ouest et à l’est se trouvent deux zones montagneuses, les massifs du Yadé et du Fetit (1400 mètres). Près de Batangafo au nord et de Bangui au sud, le plateau s’affaisse à l’emplacement de deux anciennes mers intérieures.

b) Liaisons avec la France

La distance Paris-Bangui est de 4 200 km. La compagnie Air France assure 1 à 2 vols hebdomadaires dans les deux sens et la compagnie Air Afrique 2 vols hebdomadaires. La durée du vol varie de 8 heures à 9 heures 40 selon les escales (N’Djaména ou Libreville).

2) Population

Sur un total de 3,5 millions d’habitants, près de 43 % ont moins de 15 ans. La population est composée de 33 groupes ethniques différents où Gbayas et Bandas représentent plus de la moitié. Pygmées et Bantous, dans le sud-ouest du pays, sont minoritaires. Les trois premiers présidents sont issus de l’ethnie Ngbaka et le Président Patassé appartient au groupe Sara. On rencontre également des Peuhls, depuis 1926. Les trois quarts de la population se concentrent dans le sud et l’ouest du pays tandis que la région orientale est peu peuplée. On constate un exode important vers Bangui, la capitale, et vers les principales villes.

Population (en millions) Densité (habitants au km²) Accroissement naturel de la population Indice de fécondité Espérance de vie (en années) Urbanisation (en %)
REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE 3,5 5 1,9 4,9 45 40
FRANCE 60 106 0,3 1,6 78 75,6

3) Climat

Trois zones climatiques nettement différenciées s’échelonnent du sud au nord : la zone équatoriale, domaine de la forêt dense ; la zone intertropicale où s’étend la savane arborée ; la zone sub-sahélienne, région des épineux. Sur l’année, les températures moyennes varient de 23° (dans l’ouest) à 27° (dans le nord-est). Elles sont de 25° à Bangui (avec des minima de 19° et des maxima de 32°). Les écarts sont peu importants selon les saisons. La plupart des régions connaissent un régime thermique à 2 maxima (le plus fort en mars, l’autre en novembre) et à 2 minima (le principal en juillet-août, l’autre en décembre).

Le régime des précipitations n’est pas homogène. Seules les régions de N’Delé et de Birao (dans le nord-est) connaissent plusieurs mois de saison totalement sèche. Ailleurs, il peut pleuvoir en toute saison, avec une ou deux pointes selon les régions. C’est ainsi qu’au sud du 6ème parallèle, on observe 2 maxima pluviométriques dont un principal en juillet-septembre et un secondaire en mai-juin. A Bangui, la pluviométrie est la plus faible de novembre à avril. Les précipitations moyennes annuelles varient du sud au nord passant de plus de 1600 mm dans la forêt tropicale à moins de 800 mm dans la zone sahélienne. La plus grande partie du territoire reçoit plus de 1200 mm par an de précipitation.

4) Villes principales

a) Bangui

Etendue sur les rives de l’Oubangui, au sud-ouest du pays, la capitale économique et politique fut fondée en 1889 et compte aujourd’hui 600 000 habitants. Lieu de commerce, Bangui a d’abord communiqué avec la côte atlantique par l’intermédiaire de son fleuve jusqu’à Brazzaville, relayé ensuite par une ligne de chemin de fer jusqu’à Pointe-Noire sur le littoral congolais. Une route permet à présent d’atteindre l’océan (distant d’environ 1500 km) via le Cameroun (la "transcamerounaise" de Bangui à Douala). Bangui est par ailleurs desservie par un aéroport international et l’Université a été ouverte en 1970. Le musée Boganda dispose, notamment, d’une très grande diversité d’instruments de musique d’Afrique Centrale.

b) Berberati

Cette ville de 100 000 habitants située à 305 km à l’ouest de Bangui, est l’une des portes d’entrée vers le Cameroun.

c) Bouar

A 370 km au nord-ouest de Bangui et avec 55 000 habitants, Bouar dispose d’un aérodrome et constitue la principale halte entre Bangui et le Cameroun. Les autres villes, comptant moins de 50 000 habitants, sont Bambari (au nord-est de Bangui), Bossangoa (au nord-ouest) et Bangassou, située sur la rive de l’Oubangui à 475 km à l’est de Bangui.

Histoire

Jusqu’au milieu du XIXeme siècle, le territoire de ce qui est aujourd’hui la RCA était quasiment désert, uniquement peuple de tribus pygmées en zones forestières et de foyers épars de peuplement bantou, le long de couloirs forestiers qui remontent vers le nord, de la Lobaye et de l’Oubangui vers le Logone, le Chari et le Bahr Salamat. Brusquement, dans les années 1850, s’y sont rajoutées des populations venues du sud des actuels Tchad et Soudan, ainsi que du Congo, qui fuyaient les raids esclavagistes, notamment ceux menés depuis le lac Tchad ou le sud Darfour, que le fameux Rabah devait personnifier jusqu’à ce qu’il soit stoppé par la France, en 1902. Au même moment, les occidentaux ouvraient la voie du Congo avec Stanley (1877), puis les Français tentaient de se frayer un chemin vers le Nil, a travers l’actuelle RCA (expédition Marchand), et remontaient enfin vers le lac Tchad, depuis le Gabon, en 1900. La tutelle coloniale française s’est ensuite exercée sur un territoire alors dénommé ’’Oubangui - Chari’’, qui deviendra à l’indépendance la RCA.

Ce sont les pères blancs et les autres évangélisateurs de l’Oubangui-Chari qui vont progressivement lui donner une langue véhiculaire unique. Le sango est un créole à base lexicale ngbandi, langue appartenant elle-même au groupe linguistique oubanguien. C’est une chose assez rare, dans les pays d’Afrique sub-saharienne, qu’on y dispose d’une langue véhiculaire nationale unique pour que l’on ne manque pas de le souligner s’agissant de la RCA. En tout état de cause, le sango a constitué, dès avant l’accession à l’indépendance, notamment après la seconde guerre mondiale, un marqueur très fort de l’identité nationale centrafricaine. De même que l’a été ensuite la lutte menée contre le colonisateur français par le « père de la nation centrafricaine », Barthelemy Boganda.

- 1er Décembre 1958 : La République Centrafricaine indépendante est proclamée ; son territoire est limité à l’Oubangui-Chari. Boganda en devient le président.
- 29 Mars 1959 : Boganda meurt dans un accident d’avion. Abel Goumba est président par intérim.
- 23 Décembre 1959 : arrestation par David Dacko d’Abel Goumba et plusieurs autres membres du Mouvement pour l’Evolution Sociale de l’Afrique Centrale (MESAN), qui est dissout.
- 13 Août 1960 : Indépendance de la République centrafricaine.
- 14 Août 1960 : David Dacko est élu à la présidence de la République.
- 5 Janvier 1964 : David Dacko, candidat unique, est réélu président de la République avec 99,99% de vote. Il procède à une réforme constitutionnelle et s’attribue tous les pouvoirs. La Constitution donne au sangho le statut de « langue nationale », tandis que le français est « langue officielle ».
- 8 Décembre 1964 : création à Brazzaville de l’Union douanière des Etats de l’Afrique centrale (UDEAC) réunissant le Cameroun, le Congo, le Gabon, la République centrafricaine et le Tchad, et dont le siège est à Bangui. L’UDEAC deviendra ensuite CEMAC.
- 1er Janvier 1966 : coup d’état militaire ; le colonel Jean-Bedel Bokassa, commandant en chef de l’armée, prend le pouvoir.
- 2 Mars 1972 : Jean-Bedel Bokassa est fait président à vie.
- 19 Mai 1974 : Jean-Bedel Bokassa est promu Maréchal.
- 4 Décembre 1976 : Proclamation de l’empire centrafricain lors du congrès extraordinaire du MESAN.
- 4 Décembre 1977 : Sacre de l’empereur Bokassa Ier.
- Janvier - Avril 1979 : l’opinion internationale s’émeut de la répression sanglante des émeutes à Bangui, et plus encore lors de la mort de 26 écoliers à la prison de Ngaragba, en avril 1979. L’armée intervient contre des manifestations de lycéens. Une commission d’enquête, composée de juristes africains, est désignée par la conférence franco-africaine. Ses membres concluent à la responsabilité directe de Bokassa dans le massacre. À l’étranger, l’opposition s’est organisée en différents partis, dont le Front patriotique oubanguien (FPO) d’Abel Goumba, et le Mouvement pour la libération du peuple centrafricain (MLPC) fondé par l’ancien Premier ministre de Bokassa, Ange-Félix Patassé.
- 20 Septembre 1979 : opération Barracuda qui met fin au régime de Bokassa, alors que celui-ci est en visite en Libye. Le rétablissement de la République Centrafricaine est proclamée. David Dacko revient au pouvoir.
- 3 Novembre 1979 : arrestation d’Ange Patassé, chef de l’opposition.
- 24 Décembre 1980 : Condamnation à mort par contumace de Jean-Bedel Bokassa.
- 1er février 1981 : Référendum sur le projet de nouvelle Constitution. Adoption par une large majorité.
- 15 Mars 1981 : Election présidentielle. David Dacko est élu (50,23%) devant Ange Patassé (38,11%).
- Mai - Juillet 1981 : Grèves, troubles à Bangui. L’état de siège est décrété le 21 juillet.
- 1er Septembre 1981 : un coup d’État dirigé par le général André Kolingba chasse David Dacko. La Constitution est suspendue, les partis interdits. Kolingba devient président du Comité militaire de redressement national (CMRN).
- Novembre 1986 : Un référendum confirme Kolingba à la tête du pays pour six ans.
- 25 Octobre 1992 : Elections présidentielle et législatives. Suspendues le 26 octobre, elles sont annulées le 29 par la Cour suprême.
- 22 Août 1993 : Premier tour des élections présidentielle et législatives. Ange Patassé arrive en tête des suffrages (30 %). André Kolingba est en quatrième position (13 %)
- 19 Septembre 1993 : Deuxième tour des élections : Ange Félix Patassé (38 %) devance David Dacko (21 %) et Abel Goumba (20 %), il est donc élu président de la République.
- 1994-1996 : Le pays subit une profonde récession, les salaires des fonctionnaires et militaires de la fonction publique ne sont pas payés.
- Avril et Mai 1996 : La crise économique et sociale se prolonge ; des mutineries éclatèrent au sein de l’armée. Les mutins exigent leurs soldes, mais également la fin de la main mise des proches du pouvoir sur le commandement de l’armée et plus particulièrement de la garde présidentielle.
Après avoir conclu un accord avec les mutins, le président Patassé. annonce la formation d’un gouvernement d’union nationale. Jean-Paul Ngoupandé est nommé Premier ministre.
- Novembre 1996 - Janvier 1997 : Nouvelles mutineries des soldats et manifestations.
- Janvier 1997 : Les « accords de Bangui » aboutissent à la formation d’un nouveau gouvernement et à la mise en place d’une force africaine de surveillance des accords de Bangui (MISAB).
- Juillet 1997 : Accords de cessez-le-feu entre les mutins et la MISAB. Début d’une "réunion de réconciliation".
- 26 Février 1998 : Ouverture à Bangui de la Conférence de réconciliation nationale.
- 15 Avril 1998 : La Mission des Nations unies en République centrafricaine (MINURCA) prend le relais de la MISAB. Une force de 1350 hommes est chargée de renforcer la sécurité et du maintien de l’ordre.
La France rétrocède ses bases militaires de Bouar et de Bangui.
- 19 Septembre 1999 : Bien que les partis d’oppositions se soient unis dans une force de coalition, Ange-Félix Patassé est réélu au premier tour à la présidence de la République avec 51,6 % des voix.
- 22 Novembre 1998 : Premier tour des élections législatives. Le MLPC remporte 26 sièges sur 42.
- 2000-2003 : crise économique et politique larvée, dans un contexte régional dramatique, avec des voisins (notamment Tchad et République Démocratique du Congo) en situation de quasi-guerre civile. Les troupes régulières ou les factions rebelles des pays voisins font de régulières et meurtrières incursions sur le territoire centrafricain.

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