Présentation du Qatar

Présentation



Données générales

Données géographiques

Nom officiel : Etat du Qatar

Superficie : 11 437 km2

Population(mars 2010) : environ deux millions d’habitants selon les dernières estimations du ministère de l’intérieur, dont environ un dixième de nationaux. Recensement national en cours .

Capitale : Doha

Villes principales : Al Wakrah, Al Khawr, Ar-Rayyan, Umm Salal

Langue officielle : Arabe

Monnaie : Rial qatarien

Fête nationale : 18 décembre

Données démographiques

Croissance démographique : 3,1%

Espérance de vie : 76,3 ans

Taux d’alphabétisation : 82,75%

Religions : musulmans (90 %), chrétiens, hindous, bouddhistes.

Indice de développement humain (Classement ONU 2007) : 0,910 - 33ème

Données économiques

PIB (2009) : 99,7 Mds USD

PIB par habitant (2009) : 59 701USD (étrangers compris)

Taux de croissance (FMI 2008) : +15,8%

Taux de croissance (estimation FMI 2009) : +9,0%

Taux de croissance (prévision FMI 2010) : +18,5%

Taux de chômage (2008) : nul

Taux de chômage (estimation 2009) : nul

Taux d’inflation (FMI 2008) : +15%

Taux d’inflation (estimation FMI 2009) : -5,5%Taux d’inflation (prévision FMI 2010) : +1,0%Solde budgétaire(estimation 2009) : 10,5% du PIB

Solde budgétaire(prévision 2010) : 9,0% du PIB

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- hydrocarbures(2009) : 61,0%

Exportations de la France versle Qatar (2009) : 909,5 millions d’euros (˜ 1,265 milliards USD)

Importations françaises du Qatar (2009) : 79,7 millions d’euros (˜ 110 millions USD)

Solde des échanges extérieurs France-Qatar (2009) : 829,8 millions euros (˜ 1,154 milliards USD)

Consulat de France  : Doha

Communauté française au Qatar : 2841 français résidents immatriculés au 31/03/2010

Politique intérieure

Institutions et gouvernement

L’émir, Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, tient les rênes du pouvoir depuis le 27 juin 1995.

Cheikha Moza Al Misnad, seconde épouse de Cheikh Hamad et très dynamique présidente de la Fondation du Qatar, chargée de l’ensemble des questions de formation et de recherche du pays, joue de fait le rôle de Première dame du pays.

Leur fils, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, francophone, désigné Prince-héritier en 2003, se voit confier un nombre croissant de responsabilités. Il porte désormais le titre de vice-Emir et exerce l’ensemble des attributs du pouvoir lorsque son père est en déplacement à l’étranger.

A leur côté, Cheikh Hamad bin Jassem bin Jabor Al Thani, Premier ministre et Ministre des affaires étrangères du Qatar, est le personnage le plus influent de l’émirat. Le rôle déterminant qu’il joue dans l’orientation des investissements publics au Qatar et à l’étranger (il est Directeur général de la Qatar Investment Authority, le fonds souverain du Qatar) ainsi que son implication dans le traitement des grands dossiers diplomatiques font de lui un acteur prépondérant du paysage politique qatarien.

Depuis l’arrivée de Cheikh Hamad Bin Khalifa Al Thani au pouvoir, l’émirat s’est engagé dans un processus progressif d’ouverture politique. La censure sur la presse écrite et audiovisuelle a été levée en 1995. Une constitution, adoptée en avril 2003, est entrée en vigueur en 2005. Jusqu’à présent nommés, les 45 membres du conseil consultatif (parlement) pourraient à terme être, pour les deux tiers d’entre eux, élus au suffrage universel, l’autre tiers demeurant désigné par l’émir. La tenue de ces élections, pourtant prévue par la constitution, tarde toutefois à se concrétiser.

Le pays fait désormais prévaloir la liberté d’expression, d’association, de culte (la première église catholique du pays a ainsi été consacrée le 14 mars 2008, pour servir les quelques 100 000 chrétiens expatriés qui vivraient au Qatar), ainsi qu’un pouvoir judiciaire indépendant. Les troisièmes élections du Conseil municipal central, conseil consultatif avec des prérogatives nationales, se sont tenues le 1er avril 2007. Les deuxièmes élections à la même assemblée, tenues le 7 avril 2003, avaient donné lieu, pour la première fois, à l’élection d’une femme. En mai 2003, une femme accédait pour la première fois à une fonction ministérielle.

La population du Qatar, alimentée par un flux constant de travailleurs étrangers (indiens, pakistanais, sri-lankais, philippins), connaît une forte croissance, notamment sur la période récente : elle a triplé en l’espace de 10 ans, doublé depuis le recensement de 2005 et atteindrait désormais 2 millions d’habitants. La part des nationaux, qui est actuellement de l’ordre de 10%, est donc appelée à décroître.

Situation économique

Le Qatar bénéficie du plus fort taux de croissance de la région, avec près de 16% en 2008 et 10% en 2009, malgré la crise économique mondiale. Les prévisions pour 2010 et 2011 s’élèvent entre 16 et 18%, probablement le plus fort taux de croissance au monde. Le PIB a atteint 95,3 milliards $ en 2009, soit un quintuplement en l’espace de six ans, et l’émirat dispose de l’un des PIB par habitant les plus élevés au monde (environ 60.000 $ en 2009, populations immigrées comprises). La répartition de la manne gazière satisfait la population qui n’exprime aucune revendication particulière. La situation économique et financière semble mettre le Qatar à l’abri de troubles similaires à ceux intervenus début 2011 dans les pays de la région.

Détenteur des troisièmes réserves de gaz de la planète (14%, derrière la Russie 27% et l’Iran 15%), le Qatar développe ses capacités de production, en particulier en ce qui concerne le Gaz naturel liquéfié (GNL) dont la production passera de 31 millions de tonnes début 2009 à 77 millions de tonnes début 2011, soit 30% de la production mondiale. Le Qatar, qui partage avec l’Iran le plus grand gisement gazier au monde (le "North Dome"), est devenu en quelques années le 1er exportateur mondial de gaz naturel liquéfié, loin devant la Russie, le Canada et la Norvège. Le Qatar ambitionne par ailleurs de devenir le plus gros producteur de GTL ("Gas to Liquids" : technique consistant à transformer des composés carbonés, comme le charbon ou le gaz naturel, en produits pétroliers).

Dans une logique de diversification de l’économie, le Qatar développe un ambitieux programme d’industrialisation. A titre d’exemple, le Qatar a inauguré en avril 2010 une des plus grandes raffineries de condensats au monde (Ras Laffan Refinery - 146 000 b/j), une des plus productives usines d’aluminium au monde (Qatalum - 585.000 t/an) à Messaied, et un vapocraqueur géant ( Ras Laffan Olefin Company). Les autorités qatariennes souhaitent également développer le tourisme : développement exponentiel de la capacité hôtelière du pays, construction de l’île artificielle résidentielle de "Pearl Island", ainsi que d’un nouvel aéroport d’une capacitéd’accueil de 12 millions de passagers.

Soucieuses de rentabiliser les considérables excédents financiers du pays, les autorités qatariennes ont créé en 2005 une autorité publique pour gérer ses investissements à l’étranger, la Qatar Investment Authority (QIA). Ce fonds souverain a récemment procédé, via ses filiales Qatar Holding et Qatari Diar, à des opérations remarquées(investissement dans le London Stock Exchange et dans le quartier d’affaires londonien Canary Wharf ; participation dans la Barclays Bank ; entrée en 2009 dans le capital de Volkswagen, dans le contexte du rachat de Porsche par cette dernière, entrée en 2010 dans le capital de Vinci, puis de Veolia, négociations pour l’entrée dans le capital d’Areva, CMA-CGM…).

Politique extérieure

Relations avec l’Union européenne

Le Conseil de coopération des Etats arabes du Golfe (CCEAG), dont le Qatar est l’un des six Etat-membre, et l’Union européenne négocient depuis plusieurs années un accord de libre-échange dont la conclusion achoppe notamment sur l’inclusion d’une clause politique relative aux droits de l’homme.

Politique régionale

Souhaitant s’affirmer sur le plan politique régional, ce petit pays s’est employé à développer une diplomatie de médiation aussi active que visible en s’efforçant de faire le lien entre l’Occident et les parties de la région auxquelles celui-ci ne parle pas (Hamas, Hezbollah, Soudan).

Al Jazira, née en 1996 conformément à la volonté de l’Emir, constitue un formidable vecteur d’influence pour l’émirat au sein du monde arabe. Se posant en étendard de l’émancipation des peuples arabes depuis sa couverture début 2011 des événements en Egypte et en Tunisie, Al Jazira n’en demeure pas moins un irritant avec certains pays qui lui reprochent sa partialité et une proximité avec les milieux religieux conservateurs.

Le Qatar s’est activé en particulier sur le terrain du conflit israélo-palestinien. Il s’est efforcé d’entretenir le dialogue avec toutes les parties, sans distinction : toutes les factions palestiniennes ont emprunté le chemin de Doha, où des responsables israéliens se sont également rendus (notamment Shimon Peres, en janvier 2007, et Tzipi Livni, en avril 2008). Un bureau commercial israélien a été ouvert en 1996 (le Qatar a été le seul pays de la région avec Oman à accueillir une représentation israélienne de ce type). Le positionnement du Qatar dans le dossier s’était toutefois modifié lors du conflit de Gaza fin 2008. Les relations avec Israël de même qu’avec l’Autorité palestinienne s’étaient alors brusquement dégradées notamment à la suite de la convocation par Doha d’une réunion, en présence du Président iranien, du Hamas et en l’absence d’Abou Mazen. En dépit de la ferme condamnation par l’Emir de l’assaut de la « flottille pour Gaza » par l’armée israélienne en mai 2010, Doha semble aujourd’hui revenu à une position plus pragmatique (soutien à la décision prise lors du Sommet de la Ligue arabe à Syrte en octobre 2010 de donner un mois supplémentaire aux Etats-Unis pour obtenir d’Israël une prolongation du moratoire sur la colonisation en Cisjordanie, rapprochement avec l’Autorité palestinienne). Un nouveau froid est toutefois intervenu début 2011 dans la relation du Qatar avec l’Autorité palestinienne suite à la divulgation par Al Jazira de documents diplomatiques laissant entendre que l’Autorité palestinienne était prête à d’importantes concessions dans le cadre des négociations sur le processus de paix. Le Qatar qui devait accueillir le 2 février 2011 la conférence internationale « Al Qods » de soutien à Jérusalem a dû y renoncer dans le contexte des troubles survenus dans le monde arabe.

Le Qatar entretient des liens cordiaux avec son voisin iranien tout en insistant sur la nécessité que le Moyen-Orient demeure une zone dénucléarisée. Le Qatar s’efforce de maintenir un subtile équilibre dans ses relations avec les Etats-Unis et l’Iran : accueil d’installations militaires américaines sur son territoire(siège du commandement central régional américain, base aérienne, installation récente de missiles Patriot) et maintien d’un dialogue constant avec les autorités iraniennes.

La diplomatie qatarienne a activement soutenu le règlement du conflit libanais de l’été 2006 ainsi que la reconstruction économique du Liban. L’accord inter-libanais de Doha, signé le 21 mai 2008 entre les différentes parties libanaises sous l’égide du Premier ministre et Ministre des affaires étrangères qatarien, a constitué un succès indéniable pour la diplomatie qatarienne en permettant d’envisager une issue à la grave crise politique que connaissait le Liban. Une médiation qataro-turque n’est pas parvenu début 2011 à renouer les liens entre les différentes parties libanaises suite à l’éviction de Rafic Hariri du poste de Premier ministre, dans le contexte des tensions sur le Tribunal spécial pour le Liban.

Le Qatar s’inquiète tout particulièrement de la dégradation de la situation sécuritaire dans le sud du Yémen (AQPA). S’agissant des tensions dans le Nord, Doha, qui avait effectué une précédente médiation en 2008, a accueilli à l’été 2010 des négociations entre le gouvernement yéménite et les rebelles houthistes. Ces dernières ont abouti à l’adoption d’un calendrier relatif à la mise en œuvre par les deux parties du plan de sortie de crise proposé par le Qatar en 2008 (jusqu’alors jamais appliqué). Un comité de médiation qatarien a été installé à Sanaa en octobre 2010.

Le Qatar mène depuis septembre 2008 une médiation au Soudan entre le gouvernement soudanais et deux mouvements d’opposition (MLS et MJE) pour relancer le processus politique au Darfour, avec notre soutien (présence à Doha d’un envoyé spécial du gouvernement français). Deux accords signés début 2010 avec des mouvements rebelles encouragent les qatariens à poursuivre la médiation. Le Qatar a par ailleurs accueilli en mars 2010 une conférence de la Ligue arabe sur le développement des Comores à l’issue de laquelle 540 M USD ont été promis pour l’aide au développement de ce pays. Enfin, l’Erythrée et Djibouti ont demandé en juin 2010 à Doha d’effectuer une médiation s’agissant du conflit frontalier les opposant.

L’accueil à Doha le 31 mars 2009 du second sommet pays arabes/pays d’Amérique du sud, a été l’occasion pour les Qatariens de manifester leur intérêt pour des échanges politiques et des investissements et des actions de coopération économique avec des pays à fort potentiel agricole, domaine qui intéresse de plus en plus le Qatar comme d’autres pays du CCEAG. Les visites officielles sont de plus en plus nombreuses dans les deux sens (l’Emir a effectué en janvier 2009 une tournée en Amérique latine qui l’a conduit au Brésil, en Argentine et au Venezuela : des accords de coopération prévoyant la constitution d’une entreprise mixte de transports aériens et la création d’une usine de liquéfaction de gaz naturel ont été signés avec ce dernier pays).

Le Qatar s’attache enfin à organiser le maximum de forums internationaux sur son sol pour faire de Doha une véritable plate-forme de la diplomatie mondiale. Outre sa présidence du Sommet de la ligue arabe en 2009, Doha a ainsi accueilli, parmi d’autres évènements internationaux, le sommet des nations unies sur le financement du développement (au niveau des Chefs d’Etat), le forum annuel sur la démocratie, la conférence internationale sur le dialogue inter-religieux entre les trois monothéismes, la conférence des Etats parties à la convention des nations unies contre la corruption et le sommet WISE (World Economic Summit for Education) sur l’éducation. Cette stratégie passe en outre par l’organisation de grandes manifestations sportives. La désignation, le 2 décembre 2010, du Qatar comme pays organisateur de la Coupe du monde de football 2022 (premier pays arabe à organiser cette compétition) a ainsi constitué un important succès. Le Qatar organisera également la Coupe du monde 2015 de handball.

Le Qatar a reconnu l’indépendance du Kosovo en janvier 2011.

Mise à jour : 16.02.11

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