La France et la Pologne

Relations Politiques

La France entretient avec la Pologne, son premier partenaire en Europe centrale, des relations denses, fruit de l’histoire et d’une tradition, illustrée par plusieurs vagues successives d’émigrés polonais en France : la dernière en date fut celle des nombreux sympathisants de Solidarnosc pendant la période de l’état de siège des années 80. Si les échanges économiques et commerciaux germano-polonais atteignent un niveau inégalé et que la Pologne et l’Allemagne se considèrent souvent comme les "gardiens des intérêts de l’Est" quand le centre de gravité de la politique étrangère de l’Union paraît se déplacer vers le Sud, la France demeure un "partenaire stratégique" de la Pologne avec laquelle elle partage la vision d’une "Europe politique".

Relations politiques

Malgré certaines différences d’approche, au cours des années qui ont précédé et suivi l’entrée de la Pologne dans l’UE en 2004 (achat de F16, position dans l’affaire irakienne), les deux pays ont maintenu un socle important d’intérêts communs sur les dossiers européens et internationaux, renforcé par des liens économiques forts et des consultations politiques à haut niveau, étendues à l’Allemagne dans le cadre du Triangle de Weimar. La présidence française de l’UE (second semestre 2008) a permis de définir des positions communes avec la Pologne sur un certain nombre de sujets (paquet Energie-climat, pacte sur l’immigration et politique agricole commune) où les approches différaient. Ces contacts avaient été favorisés par la visite, quelques mois auparavant, du Président de la République à Varsovie le 28 mai 2008 qui signa, à cette occasion, un accord de partenariat stratégique franco-polonais (déclaration politique assortie d’un plan d’action déclinant des volets politiques, économiques, énergie, défense, JAI et Schengen). Les deux pays ont convenu de se réunir régulièrement au plus haut niveau. La tenue d’un sommet franco-polonais, le 5 novembre 2009, à Paris autour du Président de la République et du Premier ministre Donald Tusk, a permis aux deux pays de réaffirmer leur volonté commune de renforcer la mise en œuvre des différents volets du plan d’action du partenariat stratégique. Dans cet esprit, Donald Tusk s’est de nouveau rendu à Paris pour une visite de travail le 3 juin 2011.

La présidence polonaise du Conseil de l’Union européenne constitue un enjeu important de coopération, en particulier en matière de renforcement de la PSDC. Des retours d’expériences de la présidence française de 2008 ont été tôt organisés en matière de PESD, SG/PFUE, Culture, suivis par des échanges de fonctionnaires entre diverses administrations. Le CEES de Strasbourg a mis en œuvre des modules de préparation aux concours de la Commission, tandis que l’Institut français de Varsovie a conduit un programme de formation en français de 500 fonctionnaires. Les premiers modules de formation au bénéfice de jeunes diplomates dans un format Weimar ont commencé en juillet 2009 en Pologne.

En matière de coopération technique, il faut souligner l’essor des relations franco-polonaises dans le domaine du droit avec une coopération judiciaire pénale et civile touchant à des domaines de plus en plus larges. Elles se caractérisent également par des échanges et une coopération plus institutionnelle entre juridictions, écoles de formation et grands services des ministères de la justice.

Relations économiques

Des relations économiques et commerciales denses :

La France apparait comme un partenaire industriel, technologique et scientifique de long terme de la Pologne dont la base industrielle est très importante en Pologne : chantiers navals de la Baltique, sidérurgie, optique, industrie de l’armement. La France est un grand investisseur industriel en Pologne (Alstom, Veolia, GDF-Suez, EDF, Saint Gobain, Michelin, Lafarge, etc…). La même problématique vaut, avec davantage encore d’acuité, pour l’énergie et les transports.

Investissements

Depuis la prise de participation stratégique de France Télécom au capital de TPSA, la France est devenue un investisseur majeur, tant en flux qu’en stock d’IDE (qui a triplé vers la Pologne entre 2002 et 2009). Il y aurait eu 1,5 milliard d’euros de flux provenant de France en 2009. Nous avons une forte concentration dans les secteurs des télécommunications, de l’énergie et de la grande distribution. Près de 800 entreprises à participation française emploient directement plus de 200.000 salariés. Au total, nous comptons 8 des 25 plus grands investisseurs recensés en Pologne : France Télécom, Vivendi, Vinci, Bouygues, Carrefour, Crédit Agricole, Société Générale, Saint Gobain, Lafarge, Auchan, EDF, Dalkia, ACCOR, Canal + . En sens inverse, le stock d’investissements polonais en France est évalué à 0,7 Md €, chiffre faible en valeur absolue mais en progression régulière.

Si ce flux s’est ralenti lors du « gel » des privatisations, l’annonce faite en janvier 2010 par le gouvernement Tusk de relancer un grand mouvement de privatisations concernant plus de 300 entreprises, parmi lesquels les grands groupes énergétiques, suscite des offres et positionnements de nos entreprises.

L’accélération du programme polonais de modernisation du réseau routier et autoroutier, les projets stratégiques déjà pré-identifiés en matière d’énergie et d’environnement (programme nucléaire, efforts de la Pologne pour atteindre l’objectif de 15% d’énergies renouvelables en 2020 ), mais aussi tous les projets infrastructures de transports (autoroutes, TGV), souvent financés au titre de la politique de cohésion et des fonds structurels (plan infrastructures-environnement de 27,8 Mds € pour 2007-2013), et tous les marchés publics liés à l’euro de football 2012 offrent des possibilités pour nos entreprises. Les opérateurs français AREVA, EDF, GDF Suez et Alstom sont désireux de s’inscrire dans la nouvelle stratégie énergétique polonaise qui prévoit la construction d’au moins 2 centrales nucléaires civiles (la première en 2022). Le débat tourne autour du choix du site d’implantation, de l’investisseur étranger partenaire et de la technologie (réacteur). L’opérateur polonais désigné PGE a conclu un M.o.U. avec EDF en novembre 2009 pour étudier la faisabilité de construction d’une série d’EPR en Pologne, et la coopération avec la France peut prendre appui sur le partenariat stratégique franco-polonais signé en 2008 (mise en place d’un groupe de travail énergie qui s’est déjà réuni dans sa composante nucléaire), la concurrence sera vive (Westinghouse/Toshiba et Ge-Hitachi).

Echanges commerciaux

Nous sommes au 5ème rang des fournisseurs (avec une part de marché de 4,3%) de la Pologne et au 2ème rang de ses clients (avec 6,8 % de ses ventes). Elle est devenue notre premier partenaire commercial en Europe centrale et balte (38% du total de nos exportations et 30% de nos importations de la zone). La Pologne est le 10ème client et le 13ème fournisseur de la France

Coopération scientifique, éducative et culturelle

Des projets nouveaux prennent appui sur une coopération substantielle, notamment en matière scientifique : programme d’actions intégrées Polonium, relations institutionnelles entre les principaux organismes de recherche français et polonais, à l’instar des accords existant entre le CNRS et l’Académie Polonaise des Sciences (PAN), octroi de nombreuses bourses. Les dimensions trilatérale (avec l’Allemagne) et européenne sont privilégiées. Deux accords ont été signés à l’occasion du Sommet bilatéral du 28 mai 2008, en matière de coopération technologique et scientifique et de reconnaissance mutuelle des diplômes. La France et la Pologne commémorent cette année, le 100ème anniversaire du second prix Nobel, en chimie, de Marie Curie-Skodowska (ouverte à Varsovie le 27 janvier 2011 en présence du président du Sénat français), avec de nombreuses conférences, colloques scientifiques et manifestations culturelles.

La coopération linguistique et éducative s’efforce de maintenir le français - qui jouit toujours d’une image de langue d’excellence académique et professionnelle - comme 4ème langue vivante : 12,6% des lycéens apprennent notre langue dans le secondaire, mais seulement 0,8% dans le primaire depuis la généralisation d’une langue étrangère obligatoire dans les trois premières classes qui bénéficie à 99% à l’anglais. Au total, environ 200.000 élèves apprennent le français, pour l’essentiel en Silésie, Petite Pologne et Mazovie (Varsovie). Il y a au total 33 collèges et lycées à sections bilingues accueillent pour leur part environ 3.700 élèves. Le lycée français René Goscinny de Varsovie scolarise 715 élèves (dont 25% de Polonais).

Outre les Instituts de Varsovie et de Cracovie, 16 Alliances françaises sont implantées en province, dont certaines au sein des Universités. La coopération s’attache également à la formation de professeurs de français (le pays en compte au total 3.000, avec 24 sections de français dans les collèges de formation des maîtres) et à l’organisation de cours de français avec objectif spécifique pour les fonctionnaires. 16 départements de français (philologie romane) comptent environ 2.800 étudiants. Un collège international de droit français et européen a été créé auprès de l’Université de Varsovie. Environ 9.000 étudiants sont inscrits dans les studiae de langues (enseignement de français spécialisé dans un cursus non linguistique).

La Pologne est observateur de la Francophonie depuis 1997. Depuis le succès de la saison culturelle « Nowa Polska » en France (mai-décembre 2004), les échanges et projets culturels et artistiques entre les deux pays sont substantiels. Ils figurent en bonne place dans le plan d’action de l’accord de partenariat stratégique, qui mentionnait « 2010, l’Année Chopin », et ont fait l’objet d’une déclaration lors du sommet franco-polonais du 5 novembre 2009. La coopération dans le domaine des nouveaux médias s’appuie sur une large présence des opérateurs français ou francophones (CFI, La Sept, Canal + Polska), ainsi que sur des actions dans le domaine du cinéma (coproductions, festivals du film français et aides à la distribution de films).

Une coopération décentralisée active (175 accords de jumelage à tous les niveaux de collectivités locales) constitue un précieux relais d’influence. Elle avait pu s’exercer en matière d’appui à la mise en œuvre des fonds structurels (Silésie/Nord Pas-de-Calais) et s’est élargie en format franco-germano-polonais.

Les moyens d’action de l’ambassade de France en Pologne pour la coopération culturelle, scientifique et technique s’établissent pour 2011 à 2,4 M€.

Président du Groupe d’amitié à l’Assemblée nationale : M. Jean-Louis Léonard (UMP)

Président du Groupe d’amitié au Sénat : M. Yann Gaillard (UMP)

Ambassadeur de France en Pologne : M. François Barry Martin-Delongchamps (octobre 2007)

Ambassadeur de Pologne en France : M. Tomasz Orlowski (juillet 2007)

Mise à jour : 30.11.11

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