Présentation du Pérou

Présentation

Données générales

Nom officiel : République du Pérou

Chef d’Etat : M. Ollanta Humala Tasso

Source des données chiffrées : Ambassade de France au Pérou, Ministère de l’Economie, des Finances et de l’Industrie, PNUD, revue The Economist, FMI, Banque mondiale

Données géographiques

Superficie : 1 285 220 km2

Population : 28,2 millions (30% de moins de 15 ans ; 5,1% de plus de 65 ans)

Capitale : Lima (8,1 millions d’habitants)

Villes principales : Arequipa (0,9 million), Trujillo (0,8 million)

Langues officielles : Espagnol, et, dans les régions où elles prédominent, le Quechua, l’Aymara et les langues amazoniennes

Monnaie : Nouveau Sol (au taux officiel, 10 Sols = 2,54 € au cours d’août 2011)

Fête nationale : 28 juillet (indépendance, le 28 juillet 1821)

Données démographiques

Taux de croissance démographique : 1,6% par an

Espérance de vie : 71 ans ; mortalité infantile : 3%

Taux d’alphabétisation : 91% (hommes), 80% (femmes)

Religion (s) : Catholiques (88%), Evangélistes (8 à 10%).

Indice de développement humain (Classement ONU) : 0,788 (79ème rang sur 179)

Coefficient de GINI : 0,49

Données économiques

PIB 2010 : 157 Mds$

PIB ppa par habitant 2010 :9 110 $

Taux de croissance(2010) : 8,9 %

Taux de chômage (2010) : 8,6 %

Taux d’inflation (2010) : 1,5 %

Solde budgétaire (2010) : 0,4 %

Dette publique (2010) : 23,3% du PIB

Balance commerciale : + 5,9 Mds $

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2010) :
- Primaire : 17,9 %
- Secondaire : 23,6 %
- Tertiaire : 58,5 %

Principaux clients : Etats-Unis (17%), Chine (15,5%), Suisse (14%)

Principaux fournisseurs : Etats-Unis (21,7%), Chine (15,5%), Brésil (10,4%)

Exportations de la France vers le Pérou (2010) : 168 M€

Importations françaises du Pérou (2010) : 289 M€

- Le site du Service économique de Lima : http://www.tresor.economie.gouv.fr/se/perou/

Consulats de France : Section consulaire de l’Ambassade de France à Lima, consulats honoraires à Arequipa, Cuzco et Piura.

Communauté française au Pérou : 3 800 inscrits (84% à Lima)

Communauté péruvienne en France : estimée à 10 000 personnes

Politique intérieure

Institutions

- Régime présidentiel (Constitution de 1993)
- Pouvoir exécutif : Le Président de la République est élu au suffrage universel direct pour un mandat de cinq ans. Il ne peut pas constitutionnellement prétendre à un deuxième mandat consécutif. Le Président nomme les membres du gouvernement.
- Pouvoir législatif : Congrès monocaméral de 130 membres élus pour 5 ans au scrutin de liste à la proportionnelle. Le Congrès ne peut être dissout par le Président de la République qu’une seule fois par mandat présidentiel.
- Pouvoir judiciaire : Cour suprême (un Président et 18 juges).
- Prochaines élections : élections présidentielles et législatives en 2016

- Grande alliance nationaliste (Gana Perú) - gauche :Parti nationaliste péruvien (PNP) de M. Ollanta Humala, Parti communiste du Pérou, Parti socialiste et Parti socialiste révolutionnaire ;
- Force sociale - gauche réformiste : parti de la maire de Lima (Susana Villaran) ;
- Alliance Perú posible - centre : Perú posible (PP) de M. Alejandro Toledo et partis Action populaire et Somos Perú ;
- Parti Apriste péruvien (APRA : Alliance populaire révolutionnaire américaine) - centre droit : parti du Président García ;
- Alliance pour le grand changement - centre droit : Parti populaire chrétien (PPC), Restauration nationale (églises évangéliques), Parti humaniste et Alliance pour le progrès ;
- Alliance Solidarité nationale - droite : Solidarité nationale (SN) de M. Luis Castañeda, Union pour le Pérou, Toujours unis, Tous pour le Pérou et Changement 90 ;
- Force 2011 : droite populaire / parti fujimoriste (APF), mené par Mme Keiko Fujimori (fille de l’ex-chef d’Etat emprisonné).

Situation politique

Dans la continuité de ses prédécesseurs (Alberto Fujimori et Alejandro Toledo), Alan García a mené entre juillet 2006 à juillet 2011 une politique de contrôle des dépenses publiques, d’ouverture aux investissements étrangers, de développement des infrastructures routières, énergétiques et d’assainissement des eaux. Cette politique a porté ses fruits au niveau macro-économique : le Pérou, dont la croissance en 2008 (9,8%) était la plus élevée d’Amérique latine, a bien résisté à la crise (croissance de 0,9% en 2009) et démontre une forte capacité de rebond (croissance de 8,9% pour 2010). Mais les problèmes sociaux restent importants. Le chômage (8,9% en 2009) et l’emploi informel (estimé à 60% de la population active) persistent. La pauvreté s’est réduite mais reste élevée (elle touche 34,7% de la population) et touche 70% de la population d’origine indienne. Les conflits sociaux, nombreux, peuvent prendre des formes violentes, comme lors des affrontements survenus à Bagua (Amazonie péruvienne) entre forces de l’ordre et populations indiennes, les 5 et 6 juin 2009, qui ont fait 34 morts (24 policiers et 10 civils), provoquant une importante crise politique et sociale. Enfin, les autorités péruviennes sont préoccupées par la narco-guérilla menée dans des zones marginales par des groupes résiduels du Sentier Lumineux, dans un pays qui est en passe de devenir le premier producteur au monde de cocaïne.

A l’issue d’une campagne très disputée, le candidat de la gauche Ollanta Humala a remporté le deuxième tour de l’élection présidentielle péruvienne, avec 51,5 % contre 48,5 % pour Keiko Fujimori, fille de l’ancien Chef d’Etat Alberto Fujimori actuellement en prison.

Les résultats des élections législatives (vote à la proportionnelle à un seul tour pour renouveler le Congrès de 130 députés) sont conformes au scrutin présidentiel. Le parti d’Ollanta Humala (Grandealliance nationaliste Gana Perú) arrive en tête (47 sièges) devant celui de Keiko Fujimori (Force 2011 : 37) et Perú posible d’Alejandro Toledo (21). L’APRA, le parti du Président García, s’effondre (4 sièges seulement). Le parti d’Ollanta Humala a fait alliance avec celui d’Alejandro Toledo, avec lequel il devra s’entendre pour faire adopter ses projets de lois.

Le Président élu a fait appel à l’unité nationale, promettant le changement tout en cherchant à rassurer les milieux d’affaires : il ne remettra pas profondément en cause le modèle de croissance péruvien, mais souhaite mettre l’accent sur la cohésion sociale et la lutte contre la pauvreté. Le renforcement de la lutte contre le narcotrafic et contre la corruption constituera également un défi important. Ancien militaire, M. Humala, dont la proximité avec le président vénézuélien Hugo Chavez avait compromis les chances d’être élu en 2006, a depuis fortement modéré son discours. Il s’inspire désormais du modèle de gouvernance de l’ancien président brésilien Lula. Investi le 28 juillet 2011, il a notamment annoncé la mise en œuvre de réformes sociales. Ollanta Humala a constitué un « gouvernement de concertation », réservant en particulier 4 portefeuilles à d’anciens ministres d’Alejandro Toledo, avec lequel une alliance avait été passée après le premier tour. La nomination au ministère de l’Economie et des Finances de Miguel Castilla, tenant de l’orthodoxie libérale et membre du gouvernement sortant, et le maintien à la Présidence de la Banque centrale de réserve de Julio Velarde ont bien été accueillis par les milieux d’affaires.

Situation économique

Depuis 2002, le Pérou a connu un cycle d’expansion soutenue, affichant une croissance annuelle moyenne de près de 7% jusqu’en 2010. La hausse des cours des produits miniers et agricoles, liée à la vigueur de la demande étrangère, a été le moteur de cette performance, unique en Amérique latine. Pendant la crise de 2008 - 2009, le Pérou a connu l’un des meilleurs résultats de la région, avec un taux de croissance proche de 1,8%, des marges de manœuvre budgétaire et monétaire confortables ayant permis de mettre en place une politique contra-cyclique (plan de relance représentant environ 4,1% du PIB). La croissance péruvienne a atteint 8,8% en 2010. Grâce à son cadre juridique et fiscal attrayant et au dynamisme de son secteur minier, le Pérou a continué à attirer les IDE en 2010. Il se situe désormais au cinquième rang des pays sud-américains récepteurs d’IDE, juste derrière l’Argentine. D’une valeur de 18.8 Mds USD, le stock d’IDE du Pérou a progressé de 4.3% en 2009. Le Pérou peut par ailleurs compter sur les 30MdsUSD de réserves de change accumulés au cours des années récentes. Après l’accord de juin 2005, signé avec le Club de Paris sur le remboursement anticipé d’une partie de sa dette (70 M$), permettant d’alléger sensiblement dans les cinq années à venir, la charge de la dette publique ramenée à 350 M$ par an, un nouvel accord de remboursement anticipé, portant sur 2,5 Md$ de dettes commerciales, a été signé en Club de Paris le 23 mai 2007. Grâce à cette politique active de désendettement et de restructuration, le ratio dette publique/PIB ne s’élève plus qu’à 23,3% en 2010 et le Pérou a obtenu en 2008 le grade d’investissement.

Héritant de cette situation économique favorable, Ollanta Humala a fortement modéré son discours économique. Il entend « établir un nouveau rapport à l’économie, tout en respectant les fondamentaux macro-économiques ».Alors que 34% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, il met l’accent sur la lutte contre les inégalités. Il a fait le choix de la continuité en nommant au ministère de l’Economie et des Finances et à la Présidence de la Banque centrale des personnalités qui rassurent les marchés. Ollanta Humala entend cependant mener à bien le « retour de l’Etat » attendu par une majorité de l’électorat. Il souhaite ainsi réformer la Constitution, afin de permettre à l’Etat d’investir dans l’économie, quand l’initiative privée est défaillante. Ses trois priorités vont aux mesures sociales (extension du programme « juntos » d’aide aux défavorisés, retraite à 65 ans, programme de construction de crèches, hausse du salaire minimum, système de santé universel, programme de bourses scolaires), à une réforme de la fiscalité (en particulier la création d’un impôt sur les bénéfices miniers) et à la poursuite de projets d’infrastructures. Elu par la province, il veut remédier à l’enclavement des régions les plus reculées et accroître la décentralisation. Il a enfin annoncé son intention de réorienter l’exploitation de gaz vers la consommation interneou de créer une compagnie aérienne nationale.

Politique extérieure

Avant son investiture, Ollanta Humala a effectué une tournée régionale en plusieurs temps. Il a réservé son premier déplacement au Brésil avant de faire étape successivement au Paraguay, en Uruguay, en Argentine et au Chili. Puis il s’est rendu en Bolivie, en Equateur et en Colombie. Il a en outre effectué une visite aux Etats-Unis. Il a achevé sa tournée par des visites au Venezuela, au Mexique et à Cuba.

Les Etats-Unis sont le premier partenaire commercial du Pérou, avec lequel un accord de libre échange signé en 2006, est entré en vigueur le 1er février 2009. Par ailleurs, environ un million de Péruviens sont enregistrés dans les consulats péruviens aux Etats-Unis qui sont le premier pays d’accueil de la diaspora péruvienne.

Au cours des dernières années, Lima, qui a accueilli le sommet de l’APEC en novembre 2008, considérait que le moteur de l’économie mondiale s’est déplacé vers le bassin du Pacifique et le Pérou entendait en tirer pleinement parti. La Chine, deuxième partenaire commercial du Pérou en 2009, pourrait rapidement occuper la première place en raison des effets de l’accord de libre-échange entré en vigueur en 2010.

Bien que l’Union européenne soit également un partenaire majeur en termes de commerce, d’investissements ou d’aide au développement, l’Union Européenne n’arrive qu’au 3ème rang des priorités. Lima a accueilli en mai 2008 le 5è Sommet UE/Amérique latine et Caraïbes dont les thèmes étaient la lutte contre la pauvreté et le changement climatique. Le Pérou bénéficie de préférences commerciales dans le cadre des Systèmes de Préférences Généralisées de l’UE avec ses partenaires de la Communauté andine. Les négociationsd’un accord de libre-échange renforcé entre l’Union européenne et le Pérou et la Colombie ont été conclues au Sommet UE-ALC de Madrid en mai 2010.

Sur le plan régional, le Pérou entretient de très bonnes relations avec le Brésil, avec qui il développe une intégration physique (accord énergétique, route interocéanique). Une Alliance stratégique a été conclue en 2003.

Les relations du Pérou avec le Chili, dont les entreprises sont très présentes sur place, sont marquées par le souvenir de la guerre du Pacifique, qui trouve son expression dans un litige sur la délimitation des frontières maritimes entre les deux pays, porté en janvier 2008 par le Pérou devant la CIJ.

Le réchauffement des relations avec la Bolivie, entamé sous le mandat d’Alan García (rencontre avec Evo Morales en octobre 2010 dans la ville portuaire péruvienne d’Ilo, qualifiée d’historique, le Pérou s’étant engagé à ne pas mettre d’obstacle à un accès bolivien à la mer, à travers le territoire chilien, en cas d’accord entre le Chili et le Bolivie), devrait se poursuivre. Après les relations difficiles qu’entretenaient Alan García et Hugo Chavez, l’élection d’Ollanta Humala pourrait contribuer au renforcement des liens entre le Pérou et le Venezuela. A la suite de l’accord de paix signé en octobre 1998, Quito et Lima ont opéré un rapprochement, développant une intégration frontalière poussée. La relation est traditionnellement bonne avec la Colombie (l’Alliance du Pacifique a été lancée en avril 2011 à Lima par la Colombie, le Pérou, le Chili et le Mexique). Depuis le 30 mai 2011, le marché intégré latino-americain (MILA), plateforme commune de transactions reliant les bourses de Lima, Bogota et de Santiago, rassemble 565 sociétés cotées et doit permettre de renforcer les flux d’investissements entre les trois pays.

Après avoir assumé pour un an (juillet 2009-juillet 2010) la Présidence tournante de la Communauté andine (CAN), le Pérou a passé le relai à la Bolivie. Membre de l’Union des nations sud-américaines, le Pérou assume en 2011 la Présidence pro tempore du Conseil de Défense de l’UNASUR. Le Pérou participe à l’effort collectif en Haïti (212 hommes dans la MINUSTAH). Il a été également membre non permanent du CSNU pour la période 2006-2007 (consultation franco-péruvienne en janvier 2007). En matière de lutte contre le changement climatique, les autorités péruviennes, qui ont organisé à Lima en avril 2010 une réunion UE-ALC sur la question, ont apporté leur soutien à l’accord de Copenhague. Le Péroua reconnu en janvier 2011 la Palestine comme Etat indépendant.

Mise à jour : 02.08.11

Version imprimableVersion imprimable