Présentation du Paraguay

Présentation

Données générales

Site internet de l’Ambassade de France au Paraguay : www.ambafrance-py.org
Nom officiel : République du Paraguay
Chef d’État : Fernando Armindo Lugo Méndez

Données géographiques

Superficie : 406 752 km²
Capitale : Asunción (Assomption) (500 000 habitants) ;
La conurbation d’Asuncion (Asuncion, Capiata, Lambaré, Luque, Mariano Roque Alonso, Nemby, San Lorenzo) compte environ 1,5M habitants.
Villes principales : Ciudad del Este (220 000 habitants), San Lorenzo (200 000 habitants), Luque (170 000 habitants), Capiata (150 000 habitants), Lambaré (120 000 habitants)
Langues officielles : espagnol et guarani
Monnaie : guarani (1 € = 6024 guaranis au 15 janvier 2011)
Fête nationale : 15 Mai (indépendance : 15 mai 1811)

Données démographiques

Population : 6,2 millions d’habitants (recensement 2005)
Croissance démographique : 2%
Espérance de vie : 72 ans
Taux d’alphabétisation : 94%
Religions : catholiques (85%), protestants (dont mennonites) (12%), musulmans.
Indice de développement humain (2009) : 0,761 (101e rang mondial)

Données économiques

PIB (2010) : 15,7 Md $
PIB par habitant (2010) : 2 733 $
Taux de croissance (2010) : 14,7
Taux de chômage (2010) : 7,5 %
Taux d’inflation (2010) : 7,2 %
Solde budgétaire primaire (2010) : 0,1% du PIB
Dette publique externe (2010) : 2,3 Md $ soit 15% du PIB
Balance commerciale (2009) : - 1 Md $
Flux d’IDE (2010) : 375 M USD

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2009) :
- agriculture : 28%
- industrie : 18%
- services : 42%
- administrations publiques : 12%

Exportations françaises vers le Paraguay (2009) : 23 M €
Importations françaises en provenance du Paraguay (2009) : 20 M €
Stock français d’IDE(2009) : 37 M €

Consulat de France : Section consulaire à l’Ambassade (Asunción), consul honoraire à Ciudad del Este.

Communauté française au Paraguay : 1367 Français inscrits (au 15 janvier 2011)

Communauté paraguayenne en France : 1000 (estimation)

Politique intérieure

Institutions

- Régime parlementaire : la Constitution de 1992 place le pouvoir exécutif sous le contrôle étroit des deux Assemblées, qui peuvent destituer le Président de la République à tout moment.

- Pouvoir exécutif : le Président de la République est le chef de l’État et du gouvernement. Il est élu pour cinq ans au suffrage universel direct. Son mandat n’est pas renouvelable.

- Pouvoir législatif : le Congrès bicaméral est composé d’une Chambre des députés (80 membres, élus dans des circonscriptions départementales) et d’un Sénat (45 membres, élus au niveau national). Le mandat est de cinq ans, renouvelable plusieurs fois.

- Organisation territoriale : le Paraguay est organisé en 17 départements, eux-mêmes divisés en municipalités et districts. La capitale, Asunción, est une municipalité indépendante de tout département.

- Système judiciaire : la Cour suprême de justice coiffe l’ensemble du système judiciaire. Chacun de ses neuf membres doit être sélectionné par le Conseil de la magistrature, puis désigné par le Sénat, en accord avec le président de la République.

Principales formations politiques

- Alliance patriotique pour le changement (APC) : Coalition parlementaire créée en septembre 2007 pour soutenir la candidature de Fernando Lugo. Regroupe plusieurs partis de gauche et le Parti libéral radical authentique (PLRA). En juin 2009, le Parti libéral s’est retiré de l’APC, sans quitter le gouvernement.

- Association nationale républicaine (ANR), couramment appelée Parti Colorado(PC)  : L’ANR est un parti populiste et nationaliste fondé en 1887, qui a conservé le pouvoir de 1947 à 2008. Il possède le groupe parlementaire le plus nombreux à la Chambre des députés et au Sénat.

- Parti libéral radical authentique (PLRA) : Parti de droite, créé dans la clandestinité en 1978, actuellement dirigé par le Sénateur M. Blas Llano. Le vice-président de la République, M. Federico Franco en est un membre influent. Il est le second parti parlementaire après l’ANR.

- Union nationale de citoyens éthiques (UNACE) : Force politique de droite crée en 2002, héritière d’un mouvement de l’ANR qui avait fait scission en 1997. Son fondateur est l’ancien général Lino Oviedo.

- Parti Patria Querida (PPQ) : parti politique de centre-droite fondé en 2002.

Situation politique actuelle

Fernando Lugo, ancien évêque proche de la théologie de la libération, a été élu le 20 avril 2008 à la Présidence de la République, soutenu par la coalition de l’Alliance patriotique pour le changement (APC), composée de petits partis de gauche et du Parti libéral radical authentique (PLRA, conservateur). Sa victoire a ouvert une alternance historique après 61 ans d’hégémonie ininterrompue du Parti Colorado (1947-2008). Son opposante, Blanca Ovelar de Duarte, du Parti Colorado, a obtenu 31% des suffrages, devançant l’ancien général Lino Oviedo (22% des suffrages) de l’UNACE.

Les deux premières années de mandat de M. Lugo se sont révélées difficiles. La coalition présidentielle a rapidement été paralysée par ses propres tensions internes, dont l’antagonisme notoire entre le vice-président Franco et le président Lugo, qui a concouru à la dégradation du climat politique. A l’été 2009, le Parti Libéral a quitté la coalition parlementaire de l’APC, revendiquant sa liberté de vote face aux projets du gouvernement. A l’été 2010, le Président Lugo à renoué le dialogue avec le parti Colorado, afin d’apaiser le climat politique et avancer dans divers domaines de la vie du pays (mise en place des réformes agraires et de l’impôt sur le revenu, renouvellement partiel de la Cour Suprême et du Tribunal de Justice Electoral, accords pour ambassadeurs du Paraguay). Au mois de novembre 2010, les élections municipales ont été remportées par le parti Colorado dans les principales villes du pays.

Situation économique

Le Paraguay est, en termes de revenus par habitant, l’un des pays les plus pauvres d’Amérique du Sud. L’activité économique repose principalement sur l’agriculture (soja, oléagineux) et l’élevage, dont les produits représentent la quasi-totalité des exportations, sur la production d’électricité hydraulique (barrages binationaux d’Itaipú et Yacyreta) et, pour une part non négligeable, sur le commerce informel avec l’Argentine et le Brésil.

Sa croissance avait été très modeste durant les décennies 1980 et 1990. Le Paraguay avait même connu une récession annuelle de 2%, en moyenne, entre 1998 et 2002. Il a depuis 2003 entamé une période de croissance forte et régulière, de 4,5% en moyenne annuelle de 2003 à 2008. De fortes sécheresses, alliées à la crise financière mondiale ont entrainé une récession économique marquée mais ponctuelle en 2009 (-3,8%). Toutefois, un rebond significatif a été enregistré en 2010 (14% de croissance), en raison d’une récolte exceptionnelle et de la montée du cours des matières premières agricoles.

Le président Lugo a su rassurer les milieux d’affaires, en nommant M. Borda comme ministre des Finances et en choisissant de suivre une politique économique orthodoxe. Soutenu par les institutions financières internationales et partisan d’une politique de maîtrise des dépenses publiques rigoureuse, M. Dioniso Borda a considérablement réduit le volume de la dette extérieure, passé à moins de 15% du PIB en 2010 (contre 48% en 2004). Par ailleurs, s’il n’a pu mener à bien le projet d’instaurer un impôt sur le revenu des personnes physiques, sa politique de stabilité financière et d’adéquation fiscale a permis une réduction de l’économie informelle (qui représente toujours 40 % du PIB).

Du fait de ces résultats économiques sans précédent et de l’appréciation du guarani par rapport au dollar, le PIB par habitant nominal exprimé en dollars a pratiquement triplé entre 2003 et 2010. Cependant, malgré un relatif recul, la pauvreté et l’indigence touchaient toujours en 2008 respectivement 53% et 23% des foyers, et la disparité des revenus continuait de se creuser.

Politique extérieure

Le Paraguay est sorti de son isolement diplomatique à la chute d’Alfredo Stroessner, en 1989. Il a témoigné de sa volonté d’intégration régionale en devenant en 1991 l’un des membres fondateur du Mercosur, aux côtés de l’Uruguay, de l’Argentine et du Brésil (les trois pays unis contre lui durant la guerre de la Triple Alliance de 1865-1870). Assomption abrite depuis 2004 le Tribunal permanent de révision du Mercosur et le Paraguay est le principal bénéficiaire du Fonds pour la convergence structurelle du Mercosur (FOCEM), créé en 2004 pour pallier les asymétries de développement. Le Paraguay a présidé le Mercosur pendant le premier semestre 2011.

Au niveau régional, la politique du Président Lugo est consensuelle, caractérisée par la recherche de relations de bon voisinage avec l’ensemble des pays du sous-continent. Les relations avec le Brésil sont bonnes, après avoir connu quelques tensions conjoncturelles, sur deux dossiers. Le traité de 1973 réglementant le barrage binational d’Itaipu, a longtemps constitué un irritant de la relation bilatérale. Au terme de ce traité, le Paraguay bénéficie de 50% de l’électricité produite par le barrage, qu’il peut s’il le souhaite revendre exclusivement à son partenaire. Une réévaluation du prix souhaitée par le Paraguay a été approuvée le 25 juillet 2009 par les présidents Lula et Lugo, en vue de tripler la part qui revient au Paraguay dans la vente de l’énergie du barrage au Brésil ; cet accord a été approuvé par le Congrès brésilien au mois d’avril 2011. Par ailleurs, en 2008 et 2009, de nombreuses exploitations brésiliennes de sojas installés dans l’est du Paraguay (entre 300 000 et 500 000 brésiliens sont installés au Paraguay) ont fait l’objet d’occupation par le mouvement des « sans-terre ».

Les relations avec l’Argentine sont globalement bonnes et le gouvernement de Mme Kirchner apporte en toute occasion son soutien au président Lugo. Les liens avec la Bolivie, longtemps inexistants après la guerre du Chaco (1932-1935), se sont progressivement améliorés et bénéficient aujourd’hui de l’entente des deux présidents, qui ont signé en avril 2009, à Buenos Aires, un accord historique mettant définitivement fin à leur différend frontalier.

Les États-Unis, pour une large part, envisagent leur relation avec le Paraguay sous l’angle des questions de sécurité, du trafic de drogue et de la contrefaçon : en 2001, le pays a été réintégré sur la liste des pays « certifiés » autorisés par Washington à recevoir un soutien économique et financier des Etats-Unis, après en avoir été exclu depuis 1994.

Le président Lugo a établi des liens pragmatiques avec le Venezuela (coopération, pétrole) sans adhérer à l’ALBA pour privilégier un chemin « national » dont l’ambition affichée repose sur le triptyque « diversification, intégration et souveraineté ». L’adhésion du Venezuela comme membre du Mercosur reste dans l’attente de la ratification par le Congrès du Paraguay.

L’Union européenne (UE) est le premier bailleur de fonds du Paraguay. Le montant de sa coopération est de l’ordre de 127 M€ sur la période 2007-2013, concentrée sur l’éducation primaire, secondaire et technique, l’intégration économique régionale et internationale et la lutte ciblée contre la pauvreté. Elle consacre également 50 M€ au Mercosur, dont le Paraguay est l’un des membres fondateurs, pour soutenir ses institutions (10%), dynamiser le rôle de la société civile (20%) et soutenir la conclusion d’un accord d’association avec l’UE (70%). La prochaine commission mixte entre l’UE et le Paraguay, prévue à Bruxelles au mois de mars 2011, a été reportée. En juin 2010, le Paraguay a opté pour la norme de télévision numérique (TNT) brésilo-japonaise, au détriment de la norme européenne. En tournée en Europe (Madrid, Berlin), M. Lugo s’est rendu à Bruxelles au mois de mai 2011, pour y exposer les domaines de coopération qu’il souhaite développer : changement climatique, énergie, infrastructure et investissements.

Le président Lugo a souhaité développer une politique d’ouverture à l’égard des pays d’Afrique et du Moyen-Orient (marchés potentiels). Il a reconnu l’Etat palestinien en janvier 2011. Malgré des liens commerciaux étroits avec la République populaire de Chine, le Paraguay demeure le seul pays d’Amérique du Sud à avoir reconnu Taïwan. Les échanges, politiques et commerciaux, avec la Corée du sud ont connu un renforcement marqué depuis deux ans.

Mise à jour : 20.06.11

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