Présentation de la Norvège

Présentation

Données générales

Données générales et géographiques

Nom officiel  : Royaume de Norvège

Superficie  : 384 822 km² (Svalbard inclus)

Population  : (au 1er janvier 2009)  : 4,8 millions

Capitale  : Oslo

Villes principales  : Bergen, Trondheim, Stavanger, Tromsø

Langue officielle  : Norvégien (bokmål, langue parlée dérivée du danois, et nynorsk, langue écrite, « nouveau norvégien »). Dans certaines régions, le sámi (ou lapon) est également langue officielle.

Monnaie  : Couronne Norvégienne (NOK) - Taux de changeaoût 2007 : 1€= 8,02 NOK

Fête nationale  : 17 mai

Membre de l’Espace économique européen (à la suite du rejet de l’adhésion à l’Union européenne par référendums en 1972 et 1994). Participation à l’espace Schengen, à la convention de Dublin, à Europol et à certaines opérations de la Politique de sécurité et de défense commune (PSDC).

Données démographiques

Croissance démographique  : 0,4%

Espérance de vie  : femmes : 82,5 ans, hommes : 77,7 ans

Taux d’alphabétisation  : 100%

Religions  : évangéliques luthériens de Norvège (87,8%), musulmans (1,5%), catholiques (1%)

Indice de développement humain : Classement ONU 2004 : 0, 965 (1ère place)

Données économiques

PIB (2009)  : 276 milliards €

PIB par habitant (2009)  : 57 100 €

(France : 28 088 €)

Taux de croissance (2009)  : - 1,5 %

Taux de chômage (2009)  : 3,25 %

Taux d’inflation (2009)  : 2,5 %

Solde budgétaire(2009)  : 7,1% PIB

Excédent commercial(2010) : 41 milliards €

Principaux clients (2010)  : Royaume Uni (27%), Pays-Bas (12%), Allemagne (11,4%), Suède (7%), France, (6,4%) ; 5ème rang

Principaux fournisseurs (2010)  : Suède (14,1%), Allemagne (12,4 %), Chine (8,5 %), Danemark (6,2%), France (8ème rang 3,5%)

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB  :
- secteur primaire : 1 %
- secteur secondaire : 40 % (hydrocarbures : 22 %)
- secteur tertiaire : 59 %

Exportations de la France vers la Norvège (2010)  : 1,473 milliards d’euros

Importations françaises del a Norvège (2010)  : 4, 897 milliards d’euros (8ème déficit extérieur de la France, premier poste de notre facture énergétique)

Consulats généraux de France  : néant

Communauté française en Norvège  : 4 739 personnes

Communauté norvégienne en France :7 000 personnes

Politique intérieure

Possession danoise pendant quatre siècles, puis unie au royaume de Suède de 1814 à 1905, la Norvège est une monarchie constitutionnelle dont le roi ne joue pour l’essentiel qu’une fonction honorifique, même s’il nomme le Premier ministre et les ministres. Les 169 membres du Parlement (Stortinget), monocaméral, sont élus à la proportionnelle tous les quatre ans.

A l’occasion des élections législatives de septembre 2009, la coalition sortante « rouge/verte » (travaillistes, centristes et socialistes de gauche), menée par le Premier ministre Jens Stoltenberg (travailliste), a réussi à se maintenir de justesse, obtenant 86 sièges sur 169, soit un de plus que la majorité requise. L’opposition a été pénalisée par l’incapacité des conservateurs et des progressistes à former un front commun. Le Parti du Progrès (populiste, deuxième parti au Stortinget avec 41 sièges) a échoué dans sa stratégie de formation d’un gouvernement minoritaire, avec le soutien sans participation des autres partis de droite.

En chiffres absolus, les quatre partis de droite ont obtenu plus de voix que les partis du gouvernement. 49,6% des électeurs ont voté pour un des partis de droite, alors que 46,7% ont voté pour la coalition gouvernementale. Le système proportionnel fait cependant que le Parti Travailliste, le Parti du Centre et le Parti Socialiste de gauche obtiennent plus de sièges au Parlement. Ces résultats traduisent un léger tassement de la coalition au pouvoir, qui perd globalement deux sièges par rapport au scrutin précédent de 2005. C’est l’allié « Socialistes de gauche » qui recule le plus, tandis que le parti du Centre se maintient.

Le programme politique du gouvernement Stoltenberg II reconduit les inflexions sociales et environnementales de la majoritésortante : choix de dépenses publiques en faveur des collectivités locales, des familles et de l’environnement ; augmentation de la pression fiscale sur les ménages (revenus et patrimoine) et sur les entreprises ; politique d’innovation dans une optique de l’après pétrole. La question du Grand Nord (région située au-delà du cercle polaire) est ainsi confirmée comme une priorité stratégique, au centre des questions politiques, énergétiques et environnementales. La politique énergétique norvégienne est marquée par des préoccupations environnementales, avec l’objectif de devenir le pays le plus respectueux des normes les plus strictes dans ce domaine. En matière de politique de défense, les grandes orientations stratégiques sont maintenues (mise en avant systématique du rôle des Nations Unies, maintien d’une présence marquée dans le Grand Nord et souci de la souveraineté notamment sur l’archipel du Svalbard). Le gouvernement Stoltenberg II devra enfin gérer les tensions suscitées dans la coalition gouvernementale par la présence des forces norvégiennes en Afghanistan, particulièrement au sein de sa composante antiaméricaine et anti-OTAN, le Parti Socialiste de Gauche.

Le gouvernement Stoltenberg a dû récemment faire face à deux débats sur des questions environnementales. S’agissant de l’ouverture à l’exploitation pétrolière de la zone des îles Lofoten, le Gouvernement a reporté la décision sur une éventuelle étude d’impact environnemental préalable à une exploitation pétrolière et gazière. Il a toutefois décidé de mobiliser des moyens pour engager de telles études en mer de Barents et autour de l’île Jan Mayen. En outre, l’été 2010 a été marqué par des discussions sur un projet de ligne à haute tension dans la région d’Hardanger. Ce débat a conduit à la nomination de M. Per Rune Henriksen, opposé à la construction de la ligne, au poste de Secrétaire d’Etat à l’Energie. Pour autant, le Gouvernement n’est pas menacé d’ici aux prochaines législatives de 2013.

Le 22 juillet 2011, un attentat dans le centre-ville d’Oslo (qui a touché le bâtiment abritant le bureau du Premier ministre ainsi que d’autres bâtiments ministériels avoisinants) suivi d’une fusillade à l’Université d’été des jeunes travaillistes, sur l’île d’Utøya, ont fait 77 morts, dont un jeune Franco-norvégien, Rolf Christopher Perreau. Commis par l’extrémiste Anders Behring Breivik au nom de la « résistance » au multiculturalisme et au « marxisme culturel », ces attaques ont conduit le pays à réaffirmer ses valeurs démocratiques et à réexaminer son niveau de sécurité.

Sous le feu de critiques portant notamment sur des dysfonctionnements de ses services dans la gestion des attentats, Knut Storberget a démissionné le 11 novembre 2011 des fonctions de ministre de la Justice qu’il occupait depuis 6 ans. Il a été remplacé par l’ancienne ministre de la Défense, Mme Grete Faremo. L’actuel secrétaire d’Etat aux affaires étrangères, M. Espen Barth Eide, a succédé à cette dernière à la Défense.

Situation économique

Après 16 ans d’une croissance exceptionnelle (+5,4% en moyenne annuelle), la Norvège a connu à l’automne 2008 une chute importante d’activité. Pour autant, le pays a mieux traversé la crise que les autres pays européens. En effet, l’action des pouvoirs publics, par des politiques classiques de baisse des taux d’intérêt et de stimulation de la demande, a réussi à atténuer l’ampleur de la récession. En 2009, l’effet du plan de relance a été conjugué à un net rebond des prix du pétrole, si bien que la contraction du PIB est restée limitée (-1,5 %) en comparaison du reste de l’Europe. Le chômage est resté contenu à 3,5 % de la population active, soit bien moins que ce qui était redouté.

Le PIB devrait rebondir légèrement en 2010 (+ 0,75%). Toutefois, la croissance au premier semestre 2010 a été un peu plus faible que prévue - et ce, malgré la poursuite d’une politique expansionniste, avec un budget hors pétrole en fort déficit (7,8 % du PNB hors pétrole).

La Norvège reste le 8ème exportateur mondial de pétrole et le 2ème exportateur mondial de gaz naturel. Les exportations d’hydrocarbures pour 2010 s’élèvent à 454,5 Mrds NOK, soit une hausse totale de 3% par rapport à l’année précédente. Elles représentent à elles seules 57,2 % des exportations norvégiennes. La Norvège doit l’excédent de sa balance commerciale à ses exportations dans ce secteur.

Second fonds souverain au monde, le Fonds pétrolier a atteint la valeur de 390 milliards d’euros début 2011. Ce fonds, placé entièrement à l’étranger pour éviter à la Norvège la "maladie hollandaise", recueille pour les générations futures l’ensemble de la rente pétrolière de ce pays. Son poids et sa stratégie de placement à long terme lui permettent d’augmenter la prise de risques dans ses investissements. Il affiche une politique très forte d’investissement socialement responsable et se veut de plus en plus transparent vis-à-vis des acteurs économiques et de la population, renforçant son rôle prescripteur déjà bien établi.

La stratégie d’investissement du fonds prévoit depuis 2007 que 60 % soient placés en actions. L’achat à faible prix de nombreuses valeurs pendant la chute boursière et la remontée récente des cours ont fait que le fonds pétrolier atteint des records. Le Fonds est actuellement propriétaire de 1,8% des marchés boursiers européens, dont 16 Mrds d’euros à la bourse de Paris, et 1% des marchés boursiers au niveau mondial. La principale incertitude sur le plan financier est désormais la hauteur du prélèvement effectué sur les actifs du fonds, qui est fixé en principe à 4 %. Le prélèvement prévu en 2010 correspond à 5,2 % de la valeur du fonds.

Ainsi, la Norvège, dont l’économie repose sur les hydrocarbures, n’a été que très faiblement touchée par la crise financière et conserve un important excédent commercial. La problématique de la diversification demeure toutefois posée, la base industrielle du pays restant très faible. Le modèle de croissance pour préparer l’après-pétrole est encore à inventer.

Politique extérieure

A deux reprises, le peuple norvégien a rejeté par référendum l’entrée de son pays dans l’Union européenne (1972 et 1994). A la suite du second référendum, les gouvernements successifs ont cherché à maintenir des liens aussi étroits que possible entre leur pays et l’Union. En témoignent la participation de la Norvège à l’espace Schengen, sa participation depuis 1994 au marché intérieur de l’EEE, et depuis 2001 à la Convention de Dublin (demandes d’asile) et à Europol. Elle s’aligne en outre le plus souvent possible sur les positions européennes et participe à des opérations et aux structures de la politique européenne de sécurité et de défense.

La question de l’adhésion n’est pas à l’ordre du jour, puisque le gouvernement, qui comprend des petits partis opposés à l’adhésion, y a renoncé. L’euroscepticisme largement majoritaire tient au souhait de la Norvège de conserver toute la maîtrise de sa politique en matière de pêche et d’agriculture (exclues de l’accord EEE), à sa prospérité économique fondée sur ses importantes ressources en hydrocarbures, à la préservation de son modèle social (« scandinave ») et au fait qu’elle bénéficie déjà du marché intérieur européen via l’accord EEE. Il faut aussi y voir le souci de préserver une indépendance somme toute assez récente.

Soucieuse d’éviter une marginalisation redoutée, la Norvège est par ailleurs très attachée à la préservation du rôle et des compétences de l’OTAN. Elle participe ainsi aux opérations en cours en Libye sous le commandement de l’OTAN, après avoir décidé d’apporter une contribution militaire (avions F-16) pour mettre en œuvre la résolution 1973 du Conseil de sécurité de l’ONU dès le début des opérations.

La région du Grand Nord(délimitée à l’Ouest par la mer de Norvège et à l’Est par la mer de Barents) est dorénavant considérée comme un enjeu stratégique en matière de sécurité des approvisionnements énergétiques, de gestion durable des ressources et de protection de l’environnement, dans un contexte marqué par le voisinage avec la Russie. Les perspectives d’exploitation de l’immense potentiel en hydrocarbures de la région (25% des ressources pétrolières et gazières mondiales non encore découvertes y seraient localisées) devront en effet être conciliées avec la protection d’un environnement particulièrement fragile (réchauffement climatique deux fois plus important que la moyenne dans les pôles, pollution nucléaire dans la presqu’île de Kola, risques entraînés par l’activité pétrolière, triplement prévu du trafic maritime en moins de 10 ans du fait de la fonte de la banquise), avec notamment la définition de règles claires et strictes en matière de pêche (la zone abrite le plus important stock de poissons consommés en Europe).

Le président russe Medvedev s’est rendu en visite d’Etat en Norvège les 26 et 27 avril 2010. Cette visite a notamment été marquée par la signature d’un accord de principe sur la délimitation de la frontière maritime bilatérale, succès majeur pour Jens Stoltenberg puisque cet accord mettra fin à un différend vieux de 40 ans. L’Accord entre la Norvège et la Russie sur la délimitation et la coopération en Mer de Barents et dans l’Océan Arctique a été signé à Mourmansk (Russie) le 15 septembre 2010 par les Ministres des Affaires étrangères des deux pays (en présence du Premier ministre Jens Stoltenberg et du Président russe).

L’appartenance de la Norvège à l’ONU depuis sa création a joué un rôle de premier plan dans la politique étrangère du pays. Les Norvégiens ont fourni un effort considérable dans ce domaine (plus de 41.000 casques bleus depuis l’origine et un secrétaire général). Oslo considère qu’il revient à l’ONU de jouer un rôle central comme promoteur de la paix et des droits de l’homme et comme acteur du développement international. La Norvège est, selon les années, le 7èmecontributeur volontaire aux Nations-Unies (1erpar habitant). Le Premier ministre, Jens Stoltenberg, a co-présidé le groupe de Haut niveau sur la réforme du système des Nations unies et co-préside actuellement, avec son homologue éthiopien Meles Zenawi, celui sur le financement des mesures climatiques. M. Stoltenberg parraine également les Objectifs du Millénaire pour le Développement 4 (santé infantile) et 5 (santé maternelle).

La Norvège se situe en tête du Comité d’Aide au Développement (CAD), en termes d’effort d’aide par rapport au PIB (1,06 % en 2009, 1,02 % prévu en 2010 et 2011). En 2008, la Norvège a été le 5èmeplus important contributeur aux institutions de développement de l’ONU et, en 2009, le plus important contributeur du PNUD et le 2èmeplus important contributeur de l’UNICEF. Ses priorités bilatérales traditionnelles vont à l’Afrique orientale et australe (Soudan en particulier), à l’Afghanistan et aux territoires palestiniens.

Depuis les accords d’Oslo, le Proche-Orient fait l’objet d’un engagement constant de la diplomatie norvégienne. La Norvège préside le « Comité ad hoc de liaison des donateurs » (AHLC, où la France est membre « invité spécial ») et Jonas Gahr Stoere participe régulièrement depuis trois ans aux dîners de suivi de la Conférence de Paris.

La Norvège est également active en Afghanistan et dans les Balkans. Elle a en outre entrepris de jouer un rôle de facilitateur du dialogue entre protagonistes des conflits intérieurs de la Colombie, du Sri Lanka, du Sud-Soudan où Oslo mise clairement sur une prochaine indépendance et propose son expertise pétrolière. La Norvège joue également un rôle de facilitateur dans le conflit qui oppose aux Philippines le gouvernement à l’opposition communiste.

Par ailleurs, la décision du Comité Nobel norvégien d’attribuer le prix Nobel de la Paix 2011 au dissident chinois Liu Xiaobo a été condamnée par la Chine. Néanmoins, il est encore difficile de prévoir l’ampleur des conséquences du choix du Comité Nobel sur les relations bilatérales sino-norvégiennes.

Mise à jour : 16.11.11

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