La France et la Norvège

Brève

Entretien d’Alain Juppe, avec son homologue norvegien Gahr Store (20 décembre 2011)

Le Ministre d’Etat abordera avec M. Støre les résultats du Conseil européen des 8 et 9 décembre. La gouvernance de l’espace Schengen, dont la Norvège est un membre associé, sera aussi évoquée.

Relations politiques

Relations politiques

Les relations politiques franco-norvégiennes ont connu, dans les années 90, un net regain, dû au souci des autorités d’Oslo de maintenir l’ancrage de la Norvège à l’Europe malgré le rejet de l’adhésion en 1994. Les contacts bilatéraux sont réguliers.

Le 16 mai 2008, le Premier ministre, M. Jens Stoltenberg a été reçu par le Président de la République. Le 11 mars 2009, M. Erik Solheim, Ministre du Développement international et de l’Environnement, a participé aux côtés de M. J-L. Borloo à la conférence ministérielle sur les grands bassins forestiers, et M. Borloo a assisté à la conférence de suivi le 27 mai à Oslo. Les 13 et 14 juin 2010, le Premier ministre M. François FILLON a effectué une visite officielle en Norvège, la première à ce niveau depuis 25 ans. Il était accompagné de Mmes Idrac et Jouanno ainsi que de M. Lellouche. Enfin, le ministre des Affaires étrangères norvégien, M. Stoere, a rencontré le Ministre d’Etat Mme ALLIOT-MARIE le 4 février 2011. Il avait également participé la veille au dîner de suivi de la Conférence de Paris sur le Proche-Orient, tout comme le 26 janvier 2010 et le 1er juillet 2010.

Les positions de la Norvège sont proches des nôtres sur de nombreux dossiers internationaux : assurer la stabilité en Europe par des relations de confiance avec la Russie, attention portée aux opérations de maintien de la paix et au renforcement de l’efficacité de l’ONU, aide au développement…. La Norvège soutient les efforts français en matière de financements innovants (membre du Groupe pilote, elle applique la taxe de solidarité sur les billets d’avion et affecte par ailleurs une partie de sa taxe sur le CO2/kérosène à UNITAID). Elle est, avec nous, l’un des six membres fondateurs de l’initiative « diplomatie et santé mondiale ». Un partenariat a été lancé en 2010 entre nos deux pays sur la lutte contre la déforestation (conférence de Paris le 11 mars et d’Oslo le 27 mai).

Un dialogue stratégique en matière d’énergie et de climat a été mis en place à l’initiative des deux ministres des Affaires étrangères, dont la cinquième session a eu lieu à Paris le 17 novembre 2010. De fait, un dialogue bilatéral plus intensif sur le Grand Nord et les enjeux énergétiques de cette région constituera une partie importante de notre relation bilatérale dans les années à venir.

Relations économiques

Le commerce de la France avec la Norvège est traditionnellement déficitaire en raison des fortes importations françaises d’hydrocarbures : la Norvège est l’une des deux premières sources de la facture énergétique française en étant depuis 2007 le premier fournisseur de gaz naturel et le troisième fournisseur de pétrole brut. Avec un déficit de la balance commerciale de 3,424 Mrds€ en 2010 (contre 3,376 Mrds€ en 2009), la Norvège représente ainsi notre 8èmedéficit bilatéral. La Norvège se place comme le 17èmepays fournisseur de la France (les importations françaises en provenance de Norvège atteignent 4,897 Mds€ en 2010), tandis que la Norvège est le 42èmeclient de la France (exportations françaises de 1,473 Mds€ en 2010).

Le secteur de la pêche et de l’aquaculture est générateur d’importations significatives, la France étant le principal débouché de ce secteur au sein de l’Union européenne et dans le monde. Il ne représente pourtant qu’environ 8 % des importations en provenance de la Norvège. Celle-ci est le premier fournisseur de la France pour les poissons frais ou réfrigérés avec 303 millions d’euros. La France est, en effet, un centre important de transformation de saumon norvégien dans des unités qui sont, pour l’essentiel, détenues par des capitaux norvégiens.

Les investissements norvégiens en France sont en retrait par rapport à ceux des autres pays nordiques mais sont loin d’être négligeables. NORSK HYDRO a plusieurs investissements dans la filière aluminium (aval). YARA, leader mondial dans les engrais pour l’agriculture, détient plusieurs unités en France. Le secteur de la transformation des produits de la pêche et de l’aquaculture attire également des capitaux norvégiens dont ceux du leader mondial de l’industrie des produits de la mer et de l’aquaculture, MARINE HARVEST.

Même s’il n’apparaît pas dans les IDE, il convient de rappeler que le fonds pétrolier, fonds souverain norvégien, détenait fin 2009 environ 16 milliards d’euros d’investissements de portefeuille dans près de 170 valeurs françaises, en particulier celles du CAC 40 : le fonds détient ainsi 1,8 % du capital de Total. La participation moyenne varie de 0,5 à 1,5% du capital de ces sociétés. C’est l’un des principaux investisseurs institutionnels étrangers sur la place de Paris.

La France est le 6e investisseur en Norvège, celle-ci étant la 16e destination des stocks d’investissement français. C’est le stock le plus important dans la zone nordique. C’est évidemment le secteur énergétique qui est le plus significatif (environ les deux tiers des investissements totaux) avec Total Norge qui fédère sur place les investissements effectués par Total et ELF, tous 2 présents depuis le milieu des années 1960. La production de Total est de l’ordre de 350 000 barils/jour en 2007 : la Norvège est ainsi le premier pays au monde pour Total en termes de production d’hydrocarbures. La société est présente en mer du Nord, en mer de Norvège et en mer de Barents. Total et GDF-Suez sont engagés avec la compagnie norvégienne Statoil dans la première exploitation de gaz dans l’Arctique (Snøvhit) et Total est partenaire de Gazprom et de Statoil pour Chtokman, en Russie.

Coopération culturelle, scientifique et technique

Nos relations de coopération s’inscrivent dans un cadre institutionnel composé de trois accords : deux de type classique, signés en 1953 et en 1983, et un troisième signé en 1986 dans le cadre des accords gaziers de Troll.

Notre dispositif culturel se situe au premier rang des implantations étrangères en Norvège, avec quatre établissements : le centre culturel français d’Oslo, le centre culturel franco-norvégien de Stavanger, le lycée français René Cassin d’Oslo et le lycée français de Stavanger. La Norvège étant traditionnellement tournée vers le Royaume-Uni et les Etats-Unis, la coopération éducative et linguistique a pour vocation de soutenir l’enseignement du français en Norvège et de favoriser la connaissance de la langue et de la culture françaises dans une démarche de coopération avec les professionnels de l’éducation norvégiens. Le français est à la 3ème place en langue vivante 2 (hors anglais), après l’espagnol et juste derrière l’allemand, avec 50 000 élèves qui étudient le français. 750 étudiants norvégiens suivent également des études en France, dont 150 lycéens. Outre la promotion du français, le poste a mis au premier rang de ses priorités la coopération scientifique, ainsi que l’organisation de débats d’idées.

Sur le plan artistique, le poste coopère avec de nombreux opérateurs locaux, notamment les festivals qui occupent une place centrale dans la vie culturelle norvégienne : festival international de Bergen, festival Ibsen d’Oslo… Le cinéma tient également une place significative dans l’action du poste.

Les autorités norvégiennes sont désireuses, depuis quelques années, de renforcer leurs partenariats scientifiques et technologiques avec la France. Cette coopération repose, entre autres, sur deux piliers que sont le programme d’actions intégrées (PAI) "Aurora" et la Fondation franco-norvégienne pour la recherche scientifique et technique, créée en 1983 pour soutenir des recherches conjointes à court terme. A signaler également, la formation en France d’étudiants et de jeunes professionnels norvégiens ; les recherches au Svalbard(la France, tout comme la Norvège, la Russie et la Pologne, détient en effet depuis trente ans une base permanente au Svalbard, destinée à la recherche en glaciologie, géologie et climatologie) ; la coopération en matière de pollution nucléaire.

Mise à jour : 16.11.11

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