Nom officiel : République fédérale du Nigeria
Nature du régime : république
Chef de l’Etat et/ou du Gouvernement : M.Goodluck Ebele Jonathan
Superficie : 923.768 km²
Capitale : Abuja
Villes principales : Lagos, Kano, Ibadan, Port Harcourt
Langue (s) officielle (s) : Anglais
Langue (s) courante (s) : haoussa, ijaw, igbo
Monnaie : Naira
Fête nationale : 1er octobre
Population : 158,3 millions d’habitants (2010, est. FMI)
Densité : 142,4hab. /km²
Croissance démographique : 2% (2009)
Espérance de vie : 47 ans (2009)
Taux d’alphabétisation : 72% (2007)
Religion (s) : Islam, christianisme, animisme
Indice de développement humain : 142ème sur 177 (2010)
PIB : 216 milliards de dollars (2010)
PIB par habitant : environ 1944 US$ (2010, est. EIU)
Taux de croissance : 7,8% (2010, EIU)
Taux de chômage (au sens du BIT) : Nd
Taux d’inflation : 11,7% (2010, EIU)
Principaux clients : Etats-Unis (34,2%), Brésil (10%), Inde (9,5%) Espagne (7%), (2010, EIU)
Principaux fournisseurs : Chine (15%), Etats-Unis (8,6%), Pays Bas (7,9%), Corée du Sud (5,7%) (2010, EIU)
Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB : Agriculture : 44,4%, Commerce : 17,6%, Services : 17,3%, Pétrole et gaz 15,2%, Industrie : 3,9%, Construction : 1,6% (2010, EIU)
Exportations de la France vers le Nigeria : 1, 589 Md € (2010)
Importations françaises depuis le Nigeria : 1,9 Md€ (2010)
Consulat (s) de France : Lagos
Communauté française au Nigeria : 2260 personnes inscrites au registre des Français établis hors de France (septembre 2009)
Communauté nigériane en France : 2 335 personnes (au 1er janvier 2003)
Un lien est proposé sur http://www.tresor.economie.gouv.fr/…
N’ayant pu, en vertu de la constitution nigériane, se présenter pour un troisième mandat, le Président OBASANJO a cependant pesé de tout son poids dans la nomination et la victoire du « ticket » présidentiel du PDP (People’s Democratic Party) en avril 2007 : le gouverneur de l’Etat de Katsina (Nord), Umaru YAR’ADUA, qui a fait équipe avec le gouverneur de Bayelsa (Sud), Goodluck JONATHAN. Au-delà d’une organisation chaotique, ces élections ont été entachées de multiples fraudes et de graves violences. Outre la Présidence, le PDP a enlevé la majorité des sièges de gouverneurs et de parlementaires. Les principaux candidats d’opposition, l’ancien vice-président Atiku Abubakar (Action Congress - AC) et le général Buhari (All Nigeria People’s Party - ANPP) ont contesté le résultat de ces élections et en ont demandé l’annulation. Le tribunal électoral présidentiel les a déboutés le 26 février 2008 et leur appel devant la Cour Suprême a été rejeté le 12 décembre 2008. Depuis l’été 2007, les élections de plusieurs gouverneurs, membres de la chambre des représentants et sénateurs (dont le Président du Sénat) ont été invalidées, mais les candidats du PDP ont été réélus par la suite.
Au lendemain de son élection, le nouveau président nigérian ne cachait pas qu’il était conscient du handicap que constituait le déroulement du scrutin, et avait affirmé sa volonté de travailler au renforcement de la démocratie et de la justice. Le Président a bénéficié de la sympathie de l’opinion, mais les réformes promises ont tardé à être mises en œuvre, en particulier son « agenda en 7 points » (électricité et énergie, sécurité alimentaire, bien être et création d’emploi, transports, reforme foncière, sécurité, éducation). Son absence prolongée de novembre 2009, date de son hospitalisation en Arabie Saoudite, au 6 mai 2010, date de son décès, a suscité une certaine instabilité politique.
Pour mettre fin au vide du pouvoir, Goodluck Jonathan avait été investi président en exercice (acting president) le 9 février. Malgré une image d’homme discret, Goodluck Jonathan a immédiatement pris une série de mesures fermes dont la dissolution du gouvernement fédéral puis les limogeages du ministre de la Justice et du conseiller national à la sécurité. Il a prêté serment le lendemain du décès du président Yar’Adua, devenant le nouveau président du Nigeria. Namadi Sambo, gouverneur de l’Etat de Kaduna, a été désigné comme vice-président.
Le président Goodluck Jonathan a été élu dès le premier tour de l’élection présidentielle qui a eu lieu le 16 avril 2011.
Les élections législatives, présidentielle et des gouverneurs ont eu lieu respectivement les 9, 16 et 26 avril 2011 après un report d’une semaine.
Le Nigeria doit faire face à des tensions communautaires chroniques qui dégénèrent parfois en accès de violence, comme les affrontements en novembre 2008, juillet 2009 et plus récemment en janvier 2010, entre chrétiens et musulmans dans le centre du pays (ville de Jos, Etat de Plateau). De fait, l’un des enjeux politiques majeurs est de préserver un équilibre entre le Nord-Nigeria majoritairement musulman (où la charia est officiellement en vigueur dans 12 Etats) et en déclin économique, et le Sud majoritairement chrétien qui fournit la majeure partie des ressources du pays. Des attentats lors de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance à Abuja, de Noel et du Nouvel An à Jos, ont également endeuillé le Nigeria.
Dans la région du delta du Niger, les autorités sont confrontées à de multiples prises d’otages et actes de sabotage contre les installations pétrolières. Les revendications des communautés locales (demande d’une meilleure redistribution des richesses issues de leur sous-sol) sont doublées de la montée en puissance de groupes criminels. Cette insécurité se concentre à terre et près des côtes, même si certains « militants » sont en mesure d’opérer à plus de 100 km au large. Un programme d’amnistie proposé aux militants avait permis de ramener temporairement le calme dans cette région mais ce projet, porté par Yar’Adua, est en suspens depuis novembre. Les actes de sabotage, enlèvements et attentats ont repris.
L’économie nigériane reste dominée par le secteur des hydrocarbures, qui représente 39% du PIB et plus de 90% des IDE.
L’insécurité dans la zone du delta du Niger, ainsi que le vol de pétrole à grande échelle entraînent une chute de la production qui s’établit aujourd’hui à 1,8 millions barils/j, pour une pleine capacité de 3 millions barils/j. Le Nigeria a même du céder sa place de principal producteur subsaharien au profit de l’Angola. Le développement des champs pétroliers et gaziers offshore - davantage en sécurité et où gisent d’importantes réserves - se poursuit.
Bien que riche en hydrocarbures, le pays est confronté à un état d’urgence énergétique. 70% de la population dépend encore du bois pour son énergie, la capacité de production électrique est inférieure à 4000 MW (par comparaison, l’Afrique du Sud avec une population de 48 millions d’habitants a une capacité de production supérieure, 36 000 MW) et les gaz issus de l’exploitation pétrolière sont mal valorisés. Les capacités de raffinage sont insuffisantes et le Nigeria doit paradoxalement importer des produits pétroliers raffinés.
L’agenda en 7 points du Président YAR’ADUA accordait une place prioritaire au développement économique, en poursuivant la résolution de la crise énergétique, la sécurité alimentaire, la création d’emploi, le développement des transports, et une reforme foncière.
Même si la récente chute du cours du baril prix du baril génère des tensions budgétaires non-négligeables, le Nigeria est débarrassé du fardeau de la dette. A la faveur d’un accord avec ses bailleurs bilatéraux en 2005, il a remboursé intégralement sa dette auprès du Club de Paris (24 milliards de dollars d’abandon de créances et 12 milliards rachetés par le Nigeria).
Le Nigeria s’est imposé comme un acteur diplomatique de premier plan en Afrique de l’Ouest et au sein de l’Union africaine.
Il contribue à promouvoir la CEDEAO, dont le siège est à Abuja. En 2007, le Nigeria a pesé de tout son poids au sein de cette organisation pour que celle-ci refuse de signer dans les délais impartis un Accord de Partenariat Economique (APE) avec l’UE. La CEDEAO constitue un instrument fondamental de l’influence du Nigeria en Afrique et dans sa relation avec l’UE.
Le Nigeria a multiplié les initiatives en matière de résolution des conflits : il s’est particulièrement investi dans la sortie de crise du Libéria en participant à l’ECOMOG, a conduit des réunions de médiation ou de facilitation au cours des dernières années pour le Soudan, la RDC ou le Zimbabwe. Le Nigeria est engagé dans de nombreuses opérations de maintien de la paix, passées, comme la MUAS (Mission de l’Union africaine au Soudan) ou présentes, comme la MINUL. 4.700 nigérians sont engagés dans 10 opérations en cours (le Nigeria, qui fournit de nombreux officiers de police, à l’ONU, a récemment déployé une force de police entièrement féminine au Liberia).
Le Nigeria a élargi son horizon comme pays promoteur du NEPAD (Nouveau Partenariat pour le Développement de l’Afrique). Cette initiative vise à inscrire le développement du continent dans une dynamique régionale et une gouvernance qui attire l’investissement privé. Le Nigeria a par ailleurs accueilli le premier sommet Afrique-Amérique du Sud en novembre 2006. Il est actuellement membre permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
Le litige relatif à la souveraineté de la presqu’île de Bakassi a été tranché par un arrêt de la Cour internationale de Justice du 10 octobre 2002, mais il a fallu attendre 2006 et l’accord de Greentree pour que le Nigeria s’y conforme. Le 14 août 2008, le Nigeria a rétrocédé la dernière partie de la presqu’île de Bakassi qui était encore sous son autorité.
Enfin, le Nigeria exerce une influence importante sur son environnement régional grâce à son poids démographique et l’importance de sa diaspora, sans oublier la puissance financière de ses banques et le rayonnement de sa production audiovisuelle (troisième producteur de films au monde). Le Nigeria a notamment joué un rôle clé dans la crise ivoirienne, en adoptant une ligne claire et rendant en grande partie possible le vote de la résolution 1975. Il a également voté aux côtés de la France et de ses partenaires tant sur l’Iran que sur la Libye et la Syrie.
Mise à jour : 10.11.11
