Présentation de la Moldavie

Présentation

Données générales

Données géographiques et générales

Nom officiel : République de Moldavie

Superficie : 33 700 km²

Population : 4,3 millions dont : Moldaves : 64 % ; Ukrainiens : 14 % ; Russes : 13 % ; Gagaouzes (Turcophones christianisés) : 3,5 % (soit environ 150.000 personnes).

Capitale : Chisinau (717.000 habitants en 2005)

Villes principales : Tiraspol (182.000 habitants en 1994, « capitale » de la Transnistrie), Balti (128.000 habitants en 2005), Tighina (ou Bender, 133.000 habitants en 1992)

Langue officielle : le moldave (un dialecte du roumain). A noter que le russe est « langue officielle » de la région séparatiste de Transnistrie, non reconnue par la communauté internationale

Monnaie : le leu moldave (environ 1 euro = 16 lei)

Fête nationale : 27 août (jour de l’indépendance, acquise en 1991)

Données démographiques

Croissance démographique(est. 2007) : - 0,09 %

Espérance de vie(est. 2008) : 70,5 % (74,4 ans pour les femmes, 66,8 ans pour les hommes)

Taux d’alphabétisation (2007) : 98,6 % pour les hommes, 94,5 % pour les femmes

Religion(s) : population presque entièrement orthodoxe (les fidèles se partagent entre l’Eglise métropolitaine de Bessarabie, rattachée au patriarcat de Bucarest, et l’Eglise métropolitaine de Moldavie, rattachée au patriarcat de Moscou)

Indice de développement humain (Classement PNUD 2010) : 99ème rang

Données économiques

PIB (2009) : 5,4 milliards USD ( 6,05 milliards USD en 2008)

PIB par habitant PPA (2009) : 2850 USD

Taux de croissance (2009) : - 6,5 % (contre 7 % en moyenne annuelle depuis 2001)

Taux de chômage (2009) : 3,1 % (note : près de 25 % de la population moldave en âge de travailler serait employée à l’étranger)

Taux d’inflation (2009) : - 0,1 %

Solde budgétaire : (2009) : - 6,8 % du PIB (- 1 % en 2008)

Balance commerciale(2009) : - 1,95 milliards USD - 3,22 milliards USD en 2008)

Principaux fournisseurs(2009) : Ukraine (14 %), Russie (11,4 %), Roumanie (9,5 %) - pour mémoire, Union européenne 43 %

Principaux clients (2009) : Russie (22,1 %), Roumanie (18,5 %), Italie (10,5 %) - pour mémoire, Union européenne 52,3 %

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB (2009) :
- agriculture : 10,5 %
- industrie : 10,4 %
- services : 79 %

Communauté française en Moldavie : 80 personnes

Politique intérieure

Frappée en 2009 par une grave crise politique qui a marqué la fin de huit ans d’hégémonie du parti communiste (contestation par l’opposition non-communiste du résultat des élections législatives d’avril, manifestations parfois violentes suivies de l’organisation d’un nouveau scrutin en juillet), la Moldavie tente depuis, difficilement, de trouver une certaine stabilité politique : l’Alliance pour l’intégration européenne (AIE), coalition de centre-droit qui dirige le pays depuis juillet 2009 mais dont la cohésion n’est pas absolue, s’est en effet montrée incapable d’aboutir à la désignation d’un président de la République (plusieurs essais au Parlement ont échoué en 2009 et la tentative de l’AIE d’introduire par référendum l’élection du Président de la République au suffrage universel direct en septembre 2010 s’est soldée par un lourd échec, le scrutin ayant été annulé faute du quorum requis).

Les élections législatives du 28 novembre 2010, dont l’organisation était imposée par la constitution dans les douze mois suivant l’échec de la dernière tentative d’élection présidentielle (décembre 2009), ont vu la victoire des partis de l’AIE, qui sont passés de 53 à 59 sièges. Ces élections ont toutefois vu un changement du rapport de forces au sein de la coalition, un des quatre partis n’ayant plus d’élus faute d’avoir atteint le pourcentage légal minimum de suffrages, alors que par ailleurs le parti libéral démocrate de M. Filat a presque doublé son score pour obtenir 32 élus. Le parti communiste, en retrait, reste la première formation du pays avec 42 élus.

Des négociations entre les trois partis de l’AIE représentés au Parlement ont abouti à la décision de poursuivre la coalition gouvernementale, et à un accord sur la répartition des principaux postes. Le chef du parti démocrate, Marian Lupu, a été élu le 30 décembre 2010 Président du Parlement, et exerce depuis cette même date l’intérim de la Présidence de la République. Vlad Filat a été formellement reconduit le 14 janvier au poste de Premier ministre, date à laquelle le nouveau gouvernement a également été investi. En son sein, Iurie Leanca a été reconduit dans ses fonctions de Vice-Premier ministre, Ministre des affaires étrangères et de l’intégration européenne.

Aucun parti ou coalition n’ayant, encore une fois, atteint la majorité qualifiée nécessaire pour l’élection du Président de la République (61 députés sur 101), celle-ci demeure un problème institutionnel non résolu. Une révision par voie parlementaire de la constitution, permettant l’abaissement de la majorité qualifiée requise, est envisagée.

Les élections locales et municipales (premier tour le 5 juin 2011, deuxième tour le 19) s’annonçaient assez difficiles pour l’AIE, qui fait face à une certaine lassitude de l’électorat à l’égard de la politique de réformes du gouvernement (rapprochement des normes d’Etat de droit et d’économie de marché de l’Union européenne dans le cadre du Partenariat oriental), qui a produit jusqu’à présent peu de résultats tangibles pour la population, et des relations parfois difficiles entre les partis de la coalition. L’Alliance a finalement obtenu de bons résultats, en enlevant presque les deux tiers des postes de maires et en plus de la moitié des sièges de conseillers municipaux (qui en Moldavie sont élus séparément). Le maire sortant de Chisinau, le libéral Dorin Chirtoaca, a gardé son siège d’une très courte tête contre le candidat communiste, mais se trouve face à un conseil municipal majoritairement communiste. Globalement, ce scrutin a confirmé la poursuite de l’érosion de l’électorat communiste.

Malgré ce succès, les relations entre les dirigeants de l’AIE semblent de plus en plus tendues, en raison de rivalités personnelles, de désaccords sur la manière de mettre en œuvre les réformes, et de la lancinante question de l’élection du Président de la République. Bien qu’une décision du 20 septembre 2011 de la Cour constitutionnelle ait exclu le recours à une loi organique pour abaisser la majorité qualifiée nécessaire pour élire le Chef de l’Etat, les dirigeants de la coalition se disent déterminés à résoudre définitivement le problème d’ici la fin de l’année 2011.

Situation économique

Petit pays enclavé, fertile mais dépourvu de ressources naturelles, la Moldavie a beaucoup souffert de l’effondrement de l’Union soviétique et de la perte d’une grande partie de ses débouchés commerciaux, puis de la crise monétaire russe de 1998. L’industrie agroalimentaire représente environ le tiers de son PIB, et 30 % de sa main d’œuvre. Malgré d’importantes réformes économiques depuis son indépendance, elle reste le pays le plus pauvre d’Europe (environ 30 % de la population sous le seuil de pauvreté).

L’économie moldave est encore très dépendante des transferts d’argent des travailleurs migrants, qui sont évalués à environ un tiers du PIB du pays et contribuent à certains résultats macroéconomiques flatteurs (croissance d’environ 7 % par an entre 2001 et le début de la crise financière). Plus de 500000 Moldaves vivraient à l’étranger (plus de 40 % des 25-40 ans), ce qui constitue un problème structurel majeur et obère les chances du pays de se développer et se moderniser.

La Moldavie a fortement souffert de la crise financière et économique de 2008-2009 (- 6,5 % de croissance en 2009, et - 7,9 % de consommation des ménages), sous le triple effet de la baisse des transferts des travailleurs migrants, de la baisse des investissements étrangers dans le pays et de la diminution des échanges commerciaux avec ses principaux clients, avec des conséquences en chaîne : chute de la production industrielle liée à l’affaiblissement de la demande extérieure (- 22,2 % en 2009), effondrement des importations de biens de consommation et d’équipement (-3,27 milliards USD en 2009) et chute corollaire des recettes budgétaires de l’Etat, dépendantes à hauteur de 60 % des taxes à l’importation.

Dans ce contexte, l’année 2010 a semblé marquer un début de sortie de la crise, avec un redémarrage de la croissance (qui pourrait dépasser 4 %) et une réduction du déficit budgétaire (de - 6,8 à - 5,5 % du PIB), même si les déséquilibres structurels de l’économie moldave demeurent.

Politique étrangère

La Moldavie s’efforce d’entretenir des relations de bon voisinage avec la Roumanie et l’Ukraine. Elle a la volonté de s’ouvrir vers l’Ouest (relations d’intensité croissante avec l’UE -cf infra-, participation au Partenariat pour la paix de l’OTAN depuis 1994), tout en étant constitutionnellement neutre et en demeurant membre de la CEI. La Moldavie est membre de l’ONU, de l’OSCE et du Conseil de l’Europe, et a adhéré à l’OMC en 2001. Elle participe en outre à plusieurs initiatives régionales (Organisation économique de la Mer noire, GUAM, Pacte de stabilité pour l’Europe du Sud-est). La Moldavie est par ailleurs membre à part entière de l’Organisation Internationale de la Francophonie depuis 1996.

Les relations de la Moldavie avec la Russie sont complexes, en raison du poids historique, culturel et économique de cette dernière dans le pays et de l’influence qu’elle cherche à y conserver, notamment au travers du conflit transnistrien. Après le point bas de la période 2003-2006 (refus du Président Voronine de signer le plan Kozak de règlement du conflit transnistrien, très favorable aux intérêts russes ; renégociation des conditions de livraison de gazrusse ; embargo sur les exportations de produits agroalimentaires moldaves vers la Russie), les relations entre les deux pays se sont à nouveau normalisées dans les dernières années, même après l’arrivée au pouvoir en 2009 d’une majorité pro-occidentale à Chisinau. Pour autant, malgré quelques signes d’ouverture (notamment mémorandum germano-russe de Meseberg en juin 2010), la Russie se refusait toujours, jusqu’à très récemment, à favoriser activement un règlement politique du conflit transnistrien (cf supra).

Les relations de la Moldavie avec l’UE sont allées en s’intensifiant depuis la fin des années 90, sur un plan aussi bien économique que politique. Elles sont fondées principalement sur l’accord de partenariat et de coopération entré en vigueur en 1998, un système de préférences commerciales autonomes pour les produits moldaves, le soutien aux réformes de l’état de droit et de l’économie moldaves apporté par la Politique européenne de voisinage (72 millions d’euros par an en moyenne entre 2007 et 2013) et les accords de facilitation des visas de court séjour entrés en vigueur début 2008. L’adhésion à terme de la Moldavie à l’Union européenne est depuis 2002 un des principaux objectifs de la politique étrangère du pays. Depuis mars 2009, la Moldavie a approfondi ses relations avec l’UE grâce au Partenariat oriental, qui lui offre, dans le cadre de la négociation d’un accord d’association entamée en janvier 2010, la perspective d’une zone de libre-échange complète et approfondie et, à terme, d’une libéralisation des visas. Ces différentes négociations ont pour objectif l’adoption par le pays de normes européennes en matière d’Etat de droit, d’économie de marché et de libertés publiques. La Moldavie bénéficie du taux d’aide européenne par habitant le plus élevé de tous les voisins orientaux de l’UE. Celle-ci est son principal partenaire commercial.

L’UE est également impliquée dans la résolution du conflit transnistrien. Elle a mis en place depuis février 2003 des sanctions (restrictions de circulation) contre les principaux dirigeants de la région séparatiste, dont la mise en œuvre est suspendue depuis mars 2010 pour tenir compte d’une amélioration du climat entre Chisinau et Tiraspol. En 2005, l’UE a mis en place une mission d’assistance au contrôle de la frontière entre la Moldavie et l’Ukraine, l’EUBAM, avec le soutien des deux pays. Elle a également fait accepter aux parties et médiateurs du conflit une modification du format des négociations visant au règlement du conflit, en devenant observateur en même temps que les Etats-Unis. L’UE a de plus nommé en 2005 un Représentant spécial pour la Moldavie, compétent pour l’ensemble de la relation politique mais chargé particulièrement du dossier transnistrien (c’est lui qui représente l’UE aux réunions 5+2). Le poste de RSUE a été supprimé début 2010, ses fonctions sont désormais remplies par le Directeur pour la Russie, le Partenariat oriental et les Balkans occidentaux au sein du Service européen d’action extérieure.

Le conflit transnistrien

La Transnistrie est une région de la République de Moldavie située pour l’essentiel sur la rive gauche du Dniestr, qui longe la majeure partie de la frontière terrestre avec l’Ukraine, et qui, contrairement au reste du pays, est majoritairement peuplée de russophones et d’ukrainophones. Elle a fait sécession de la Moldavie en 1990, au moment où un rattachement de celle-ci avec la Roumanie semblait envisagé. Des tensions croissantes entre les deux rives du Dniestr ont débouché en 1992 sur un conflit bref mais violent (plusieurs centaines de morts), qui a été interrompu par l’intervention de troupes russes stationnées sur place.

Depuis, la région, dirigée par des autorités de fait, se donne toutes les apparences d’un Etat constitué (président, organes gouvernementaux, parlement, armée, police, monnaie, etc), mais est en réalité une zone de non-droit qu’aucun pays n’a reconnu. Des troupes russes y sont toujours présentes (environ 1200 hommes, sans armement lourd), contre la volonté des autorités moldaves, au titre d’une mission de "maintien de la paix", et pour garder un dépôt où sont encore conservées 20.000 tonnes de munitions de l’époque soviétique (en grande partie obsolètes). Depuis 1992, des négociations en vue d’un règlement du conflit ont lieu, de façon plus ou moins régulière, sous l’égide de l’OSCE, depuis 2005 dans un format dit 5+2 (les deux parties, trois médiateurs -OSCE, Russie, Ukraine- et deux observateurs -UE et Etats-Unis-). Ces négociations sont formellement arrêtées depuis 2006, la Russie et les autorités de Transnistrie estimant la situation politique en Moldavie trop instable depuis les législatives de 2009. La Russie a toutefois semblé vouloir relancer le processus de négociations, en organisant une réunion au format 5 + 2 le 21 juin 2011 à Moscou. Bien que celle-ci se soit soldée par un échec, les participants ayant « suspendu » la rencontre sine die faute de pouvoir s’entendre sur le principe même d’une reprise des négociations, une nouvelle réunion tenue le 22 septembre à Moscou a décidé de la reprise formelle des négociations en 5+2. Une première réunion dans ce format pourrait avoir lieu avant la fin 2011.

Mise à jour : 01.10.11

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