Présentation de la Mauritanie

Présentation

Données générales

Nom officiel : République islamique de Mauritanie Chef de l’Etat : Mohamed Ould ABDEL AZIZ (élu le 18 juillet 2009) Premier ministre : Moulaye Ould Mohamed LAGHDAF (nommé le 11 août 2009)

Données géographiques

Superficie : 1 030 700 km² (France : 675 417 km²)

Capitale : Nouakchott

Villes principales : Nouadhibou, Kaedi, Rosso, Zouerat, Atar

Langue officielle : arabe

Langues nationales : arabe, poular, soninké, wolof

Monnaie : ouguiya (1€ = 360 ouguiyas environ)

Fête nationale : 28 novembre (indépendance, en 1960)

Données démographiques

Population : 3,20 M

Densité : 1,95 habitant/km²

Croissance démographique : 2,3 % (Banque mondiale, 2009)

Espérance de vie : 60,7 ans (CIA Word Factbook, 2010)

Taux d’alphabétisation : 56 % (UNICEF, 2008)

Religion : Islam (religion officielle)

Indice de développement humain : 136e sur 182 pays (PNUD, 2010)

Données économiques

PIB (2008) : 3,03 Mds $ (Banque Mondiale, 2009)

PIB par habitant (2008) : 931 $ (Banque Mondiale, 2009)

Taux de croissance (2007) : 5 % en 2010 (CIA Word Factbook) ; 1 % en 2009

Taux de chômage : nc

Taux d’inflation (2010) : 5 %

Budget 2009 : 227,56 Mds ouguiyas (environ 866 M$)

Solde budgétaire (2008) : - 7,7 %

Balance commerciale (2008) : + 454 M$

Principaux clients (2008) : Chine (53,1 %), Italie (12,2 %), Japon (9,5 %), Côte d’Ivoire (7,7 %),EIU, 2009 -

Principaux fournisseurs(2008) : France (21,1 %), Pays-Bas (15,2 %), Chine (14,7 %), Brésil (7,4 %) - EIU, 2009 -

Part des principaux secteurs d’activités dans le PIB :
- agriculture : 12,5 %
- industrie : 46,7 %
- services : 40,7 %

Exportations de la France vers la Mauritanie : 190 M€ (Mission économique, 2009)

Importations françaises depuis la Mauritanie : 50 M€ (Mission économique, 2009)

Consulat de France : Nouakchott -

Communauté française en Mauritanie : 1 810 inscrits au registre des français de l’étranger au 24 janvier 2010 (+ 12 % par rapport à 2008) -

Communauté mauritanienne en France : 12 473 au 31 décembre 2007

Politique intérieure

La chute du président Taya, la transition démocratique (2005-2008)

L’histoire récente de la Mauritanie est marquée par plusieurs coups d’Etat militaires. Le Président Maaouya Ould Sid’Ahmed Taya, arrivé au pouvoir par la force en décembre 1984, a ensuite été élu en 1991 puis réélu en 1992, 1997 et 2003 dans des conditions ne permettant pas d’alternance. Impopulaire en raison notamment de son rapprochement avec Israël en 1999 et de son soutien à la politique américaine en Irak, il a été victime de plusieurs tentatives de coup d’Etat avant d’être renversé le 3 août 2005 par les généraux Abdel Aziz et Ghazouani.

Le coup d’Etat du 3 août 2005 a été suivi d’une transition démocratique, dirigée par le colonel Ely Ould Mohamed Vall, président du Comité Militaire pour la Justice et la Démocratie(CMJD). La transition a abouti au référendum constitutionnel de juin 2006, aux élections législatives et municipales de novembre 2006 et aux sénatoriales de janvier 2007. L’élection présidentielle de mars 2007, observée par la communauté internationale, a clôturé ce processus. Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi a été élu au second tour de cette élection avec 53 % des voix, face à Ahmed Ould Daddah, opposant historique au régime de Taya, qui a ensuite été officiellement désigné « chef de l’opposition ».

Coup d’Etat du 6 août 2008 et retour à l’ordre constitutionnel (2008-2010)

18 mois après le début de son mandat, le président Abdallahi a été renversé par des hauts responsables militaires, dont le chef d’état-major particulier du président, le Général Abdel Aziz, et le chef d’état-major des armées, le Général Ghazouani, tous deux déjà à l’origine du coup d’Etat qui avait renversé Maaouya Ould Taya en 2005.

Après plusieurs mois de crise politique, la junte au pouvoir et l’opposition, en partie regroupée dans un Front national de défense de la démocratie (FNDD), ont accepté d’engager des négociations sous l’égide du Sénégal. Ces discussions ont abouti à la signature le 4 juin 2009 à Nouakchott d’un accord intermauritanien (dit « accord de Dakar ») prévoyant notamment l’organisation d’élections présidentielles pluralistes.

Ce scrutin, observé par la communauté internationale (OIF et UA notamment) a consacré la victoire du candidat Abdel Aziz, élu dès le premier tour avec 52,47 % des voix, devançant Messaoud Ould Boulkheir (président de l’Assemblée nationale, principal candidat du FNDD), Ahmed Ould Daddah (président du Rassemblement des Forces Démocratiques (RFD), chef de l’opposition), et le Colonel Vall, qui avait dirigé la transition de 2005.

La priorité du nouveau gouvernement, dirigé par Moulaye Ould Mohamed Laghdaf, est de relancer le développement économique et social, après un an d’isolement diplomatique et de suspension de l’aide internationale. Les menaces terroristes qu’Al Qaida au Maghreb Islamique fait peser sur la Mauritanie mettent au même rang de préoccupation les questions de sécurité que le président Abdel Aziz regarde, de même que la réforme de la justice, comme des conditions du développement.

Le président Abdel Aziz s’est également engagé à régler la question du « passif humanitaire » (violences interethniques de 1989 et séquelles de l’esclavage). Accélérant, sous l’égide du Haut Commissariat aux Réfugiés (HCR), le processus de rapatriement des négro-mauritaniens réfugiés au Sénégal, le gouvernement a également commencé à réintégrer dans l’administration des fonctionnaires négro-mauritaniens expulsés en 1989.

Situation sécuritaire

Pays de transit pour les trafics de stupéfiants (cannabis, cocaïne) et les migrations clandestines, la Mauritanie est également de plus en plus vulnérable à la menace terroriste. Le rattachement en 2007 du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) à la mouvance Al Qaida avec la création d’Al Qaida au Maghreb Islamique (AQMI) a sensiblement renforcé la menace terroriste dans la région sahélo-saharienne. Les modes d’action de ce groupe se caractérisent par des attaques contre les forces armées, des enlèvements et assassinats de ressortissants occidentaux, voire des attentat-suicides.

La Mauritanie constitue la cible privilégiée d’AQMI après l’Algérie : assassinat de 4 touristes français à Aleg le 24 décembre 2007, attaque de Tourine en septembre 2008 faisant 12 morts parmi les militaires mauritaniens, assassinat d’un ressortissant américain le 23 juin 2009 à Nouakchott, attentat suicide contre l’ambassade de France à Nouakchott le 8 août 2009, enlèvement de 3 Espagnols le 29 novembre sur la route Nouakchott-Nouadhibou et de 2 touristes italiens le 19 décembre près de la frontière malienne, attentat déjoué contre une caserne militaire à Nema le 25 août 2010, attentats déjoués dans la nuit du 1er au 02 février 2011 à proximité de Nouakchott contre l’Ambassade de France, une caserne militaire et la Présidence de la République islamique de Mauritanie -

Dans ce contexte, et dans la mesure où les intérêts et les ressortissants français constituent des cibles identifiées par AQMI, il est fortement recommandé de suivre les consignes de vigilance et de prudence du site Conseils aux voyageurs du ministère des affaires étrangères et européennes .

Situation économique

Le cadrage macro-économique retient pour 2011 un taux de croissance du PIB global de 5,2%, contre 5% en 2010, grâce notamment aux industries extractives (fer et or) et au secteur agropastoral favorisé par la bonne pluviométrie du deuxième semestre 2010. L’augmentation des capacités de production de la Somelec devrait par ailleurs soutenir les industries manufacturières tandis que la production de pétrole poursuivra sa baisse, à 7000 barils/jour. Le PIB avoisinera ainsi 4 milliards de dollars en 2011. L’envolée des prix alimentaires (+25% sur un an) accroîtra la pression inflationniste au-delà de la prévision de 5,2%.

La loi de Finances 2011 traduit la poursuite de l’assainissement des finances publiques. Elle vise pour le déficit de base un objectif de seulement 1,6 % du PIB hors pétrole. Les dépenses de lutte contre la pauvreté devraient passer à 10,3 % du PIB. Le déficit budgétaire global s’établira toutefois à 23 MD UM (82 M$), soit 2,7% du PIB hors pétrole. Son financement sera assuré par l’aide budgétaire et les emprunts concessionnels, par un prélèvement sur le compte pétrolier et par le recours aux Bons du Trésor. Sur ce dernier point on notera toutefois que l’appel au marché domestique est actuellement proche de ses limites, à 78 MD UM d’encours de Bons du Trésor. L’apport des partenaires au développement sera donc essentiel. Les subventions mises en place fin janvier 2011 afin d’alléger la facture alimentaire des populations démunies alourdiront le déficit budgétaire d’environ 3 MD UM (10 M€) dès le premier semestre. Les produits subventionnés (riz, huile, sucre, blé et farine de blé) seront distribués dans 600 boutiques de la SONIMEX à un prix inférieur de 30% aux prix du marché. Alors que les produits seront dans un premier temps fournis par les grossistes de la place, la Sonimex se donne les moyens d’importer directement ces produits en signant une ligne de crédit de 4,2 MD UM (15 M$) avec une filiale de la BID, l’Institution internationale islamique de financement du commerce. L’achat de riz local, à hauteur de 40 000 tonnes, sera privilégié, au rythme de la mise sur le marché de la récolte 2010-2011. Globalement, le Budget 2011 s’écarte peu de la récente loi de Finances rectificative 2010 et présente en ressources et en charges une augmentation de 1,5%, à 269 milliards d’ouguiyas (957 M$) et 25% du PIB hors pétrole. A ce montant doit s’ajouter la part du Budget d’investissement financée sur ressources extérieures, soit 113 MD UM (402 M$), ce qui porte le total effectif des dépenses publiques à 382 MD UM (1,36 MD$).

Les comptes extérieurs seront favorisés par la bonne tenue des exportations de minerai de fer et d’or. Les exportations devraient connaître en 2011 une hausse en valeur de 12,8%, après le rattrapage spectaculaire déjà observé en 2010 (+41%). Sur un total exporté de 2,2 MD$, le minerai de fer interviendra pour 51%, si le prix de 145$/t se maintient. La production d’or dépassera en 2011 la barre des 500 M$, avec le retraitement des haldes de la mine de Tasiast. Le canadien Kinross Gold Corporation, opérateur de la mine, prépare un investissement sur trois ans de 1,5 MD$ afin de porter la production à un million d’onces par an en 2014. Les importations seront en hausse de 14%, à 2,1 MD$. Sur ce total, 800 M$ seront importés par les secteurs minier et pétrolier, au titre des programme d’investissement de la SNIM (300 M$), des mines de Tasiast et d’Akjoujt et des programmes d’exploration pétrolières de Total, Tullow Oil et Petronas. Le déficit de la balance courante restera pratiquement stable en valeur absolue, à 319 M$, et en baisse relativement au PIB, à -8%, contre -8,8% en 2010.

La dette extérieure est en forte réduction grâce à l’annulation partielle de la dette due au Koweït, tandis que les bailleurs de Fonds arabes montent en puissance. Le service de la dette publique extérieure, excluant la SNIM, représentera 61 M$ d’amortissement en 2011 (contre 54 M$ en 2010) et 30 M$ en intérêts. Ces intérêts sont théoriques et sont en majorité relatifs à la dette passive (non réclamée, non payée) due aux créanciers arabes ; ils sont contrepassés sous la rubrique « financement exceptionnel » dans les comptes de la Mauritanie et constituent une accumulation d’arriérés. En termes de stocks, les autorités mauritaniennes ont obtenu de leurs créanciers arabes l’annulation en 2010 de 1,053 MD$ de leurs arriérés, et devraient obtenir le traitement de 143 M$ de dette en 2011. A lui seul, le Koweït a effacé en 2010 près de 900 M$ d’intérêts de retard, le capital impayé se montant à 434 M$. Ce solde serait incompressible, l’Emir n’ayant pas le pouvoir d’annuler la dette des pays qui avaient à l’époque rejoint le Front du refus pro-Saddam. La Libye a annulé en 2010 101,7 M$ d’intérêts et rééchelonné sur 15 ans dont 3 de grâce le capital restant dû de 102,7 M$. L’Algérie, dont la créance s’élevait à 93 M$ en 2007, aurait renoncé à mettre en place un C2D et devrait annuler sa créance. En conséquence, le FMI estime que le ratio de la Dette devrait diminuer à 49% du PIB en 2011, contre 55% en 2010 et 93% en 2009. Depuis 2008, les financements accordés par la Chine atteignent un montant cumulé de 634 M$, mais depuis la Table ronde de Bruxelles en juin 2010, les engagements des bailleurs de Fonds arabes s’élèvent à 500 M$. Ces Fonds ont été majoritaires dans les décaissements enregistrés en 2010, 410 M$, tandis que l’Union européenne reconnait avoir décaissé moins de 16 M€ sur l’exercice. Les décaissements attendus en 2011 sont chiffrés à 504 M$, sachant que les financements extérieurs constituent deux tiers du Budget d’investissement.

Le besoin de financement extérieur s’établit à 380 M$ en 2011. Ce besoin de financement pourra être entièrement couvert, selon le Fonds, par l’investissement direct étranger net (74 M$ en 2011), par les flux en capital des bailleurs de fonds (191 M$) et par le financement apporté par le FMI (35 M$ au titre de la FEC). La France figure à hauteur de 13 M$ au titre de la deuxième tranche du prêt concessionnel de 20 M€ accordé en 2010. L’exercice permettra de dégager une hausse des réserves de change de 39 M$, afin d’atteindre l’objectif fixé par le Fonds d’un montant de réserves de 317 M$ à fin 2011, soit l’équivalent de 2,7 mois d’importation.

Politique extérieure

Du fait de sa position au contact des mondes arabo-berbère et africain, la Mauritanie, où coexistent des Maures et Haratines arabophones et des Négro-africains, a vocation à mener une diplomatie de compromis. Si son retrait de la CEDEAO en 1999 et la poursuite de son intégration au sein de l’Union du Maghreb Arabe (UMA) montrent la volonté du pouvoir de privilégier l’ancrage arabo-berbère, elle reste néanmoins membre d’organisations spécifiques avec ses voisins du sud (Organisation pour la Mise en Valeur du fleuve Sénégal, Comité Inter-Etats de Lutte contre la Sécheresse dans le Sahel).

La rupture des relations avec Israël (gel en janvier 2009, rupture en mars 2010) et l’attention soutenue portée à la Libye, aux pays du Golfe, au Soudan à la Syrie et à l’Iran (visite officielle du président Abdel Aziz en janvier 2010), confirment la volonté des autorités de jouer avant tout de l’identité arabo-musulmane de la Mauritanie. Les relations avec l’Algérie et le Maroc sont marquées par la question du Sahara occidental : depuis son retrait du conflit, la Mauritanie tente de respecter à l’égard de ses deux voisins un équilibre rigoureux (politique de « neutralité positive » vis-à-vis de la République arabe sahraouie démocratique).

La Mauritanie a témoigné de sa volonté de participer aux instances euro-méditerranéennes (processus de Barcelone, dialogue 5+5, dialogue méditerranéen de l’OTAN). Associée dès 1995 au dialogue euro-méditerranéen en tant qu’invité spécial (en sa qualité de membre de l’UMA), la Mauritanie est devenue membre du processus de Barcelone, sans remettre en cause son appartenance au groupe ACP, lors de la réunion Euromed de Lisbonne des 5 et 6 novembre 2007. Le Président Abdallahi a participé le 13 juillet 2008 au Sommet de Paris pour la Méditerranée.

Après la reprise des relations diplomatiques avec le Sénégal en 1992, le règlement des contentieux subsistants a connu une évolution satisfaisante, notamment s’agissant du rapatriement des réfugiés négro-mauritaniens établis au Sénégal. Le Président Abdallahi a effectué une visite de travail au Sénégal, du 9 au 10 juillet 2007. L’implication du président Wade et de son ministre des Affaires étrangères (Cheikh Tidiane Gadio) a été cruciale pour parvenir à un accord intermauritanien de sortie de crise en juin 2009 et la tenue d’élections présidentielles pluralistes.

La Chine occupe en Mauritanie une place importante, sur un plan essentiellement économique : premier acheteur de minerais, permis pétrolier, nombreux contrats et dons dans le domaine des BTP dont l’extension du port de Nouakchott et la réfection du terminal minéralier de Nouadhibou.

Mise à jour : 03.05.11

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